partie de la poitrine peut être permanente et fixe
ou passagère et mobile selon la cause qui y donne lieu; elle se présente sous la première forme dans l'hépatisation du poumon ; sous la seconde dans le catarrhe pulmonaire. Elle paraît due ; dans ce dernier, à l’occlusion momentanée de quelques rameaux
bronchiques par lemucus qu'ils sécrètent ; elle cesse
et revient alternativement, soit dans le même point, soil dans un autre.
Le murmure respiratoire devient plus intense dans plusieurs conditions très-différentes : 1°. lors: qu'un des poumons est devenu en partie ou en totalite impropre à la respiration , lemurmure respiratoireaugmente dans l'autrepoumon,etmême dans la portion saine du poumon malade. 2°, Lorsqu'ilexiste une cavité ulcéreuse près de la surface de la poitrine , l'air y pénétrant en plus grande quantité que dans le tissu pulmonaire sain, l'oreille , appliquée sur la région qui correspond à cette cavité, y distingue dans les mouvemens respiratoires un bruit plus fort, 5°. Dans les épanchemens pleurétiques, l'oreille perçoit dans tous les points où l'ésophonie existe. un bruit respiratoire aussi fort que celui qui a lieu dans la trachée , un bruit trachéal , qui sans doute est transmis, de la trachée où du larynx du malade à l'oreille du médecin, par le même mécanisme que la voix dans le phénomène de l'égophonie. | |
Ces changemens en plus ou en moins, que présentelebruit respiratoire, augmentent et diminuent avec la lésion matérielle quiles produit , et fournissent au médecin, dans le cours des maladies de poitrine, des signes très-précieux qui font connaître la diminution ou l'augmentation du désordrelocal dans un certain nombre de cas où tous les autres signes, sans excepter ceux que fournit la percussion, seraient insuflisans : le rétablissement du bruit de la respiration , par exemple, dans la pneumonie et la pleurésie aiguë, indique souvent la prochaine guérison du malade quelques jours avarit que la percussion cesse de donner un sonmat,
DES SYMPTÔMES, | TOM L'auscultation de la poitrine ne fournit pas seulement au médecin un moyen d'apprécier les change: mens qui surviennent dans l'intensité du murmure respiratoire, elle lui fait encore reconnaître différens bruits produits ordinairement par le passage de Pair à travers les liquides quelconques contenus dans les bronches. M. Laennec à désigné ces divers bruits sous la dénomination commune deréle, auquel ila donné les épithètes de crépitant, de muqueux, de sec so nore ou ronflant et de sibilant, selon les variétés qu'il présente. Hot Le râle crépitant ou la crépitation est un bruit léger que l’auscultation fait reconnaitre dans la poitrine des sujets atteints de pneumonie au premier degré, et qui peut étre comparé à celui du sel qu'on fait décrépiter en le chauffant dans une bassine. Il se fait particulièrement entendre dans l'inspiration et n'empêche pas de distinguer le murmure respiratoire, quiseulement devientmoins sensible dans cet endroit, Cette espèce de râle , qui est devenu un des signes pathognomoniques de la pneumonie, a lieu aussi dans l'hémoptysie et dans l’ocdème du poumon. Le râle muqueux ou gargouillement est pro duit par le passage de J’air à travers les crachats contenus dans la trachée, dans les bronches ou
accumulés dans les cavités ulcéreuses qui SUCCÈ—.
dent à la fonte des tubercules. Ce bruit est semblable à celui qu’on entend dans l'arrière-bouche des sujets agonisans. Il existe souvent dans une grande étendue de la poitrine chez les sujets affectés de catarrhe pulmonaire; il est toujours borné à un ou plusieurs points très-circonscrits chez les phthisiques.
Le râle sonore sec ou ronflement consiste en ur
son plus'ou moins grave, quelquefois très-bruyant, et qui ressemble tantôt au ronflement d’un homme qui dort, tantôt au son que rend une corde de basse que l’on frotte avec le doigt, tantôt enfin au roucoulement de la tourterelle. Il ne faut pas confondre ce phénomène avec le ronflement guttural qui existe chez quelques sujets dans le sommeil; et qui peut, chez tous, être imité à volonté. Celui ci est produit dans l’arrière-bouche; celui dont nous parlons est produit dans la poitrine même , comme. on peut s’en assurer par l’auscultation, Il paraît dû à un changement dans la forme des bronches, Hé, Far quelques cas d leur sécheresse plutôt qu’au passage de lair à travers un liquide. M. Laennec a cru pouvoir constater, par l'examen cles cadavres, que l'espèce de râle sonore analogue au roucoulement de la tourterelle est dû au passage de l’air des bronches dans une fistule pulmonaire ou dans un tuyau bronchique dilaté, à travers un rameau de moindre calibre. É
Le râle sibilant ou sifflement ressemble quel-
quefois à un petit sifflement prolongé , grave ou aigu , ailleurs au cri des petits oiseaux, au bruit d'une pompe, au cliquetis d’une soupape. IL parait être dû à une mucosité peu abondante, mais ‘très-visqueuse , obstruant incomplètement les petites ramifications bronchiques. Ces deux variétés du râle sec, mais la dernière surtout, ont particuliè- | rement lieu dans la première période du catarrhe bronchique.
Indépendamment du bruit que l'oreille distingue
DES SYMPTÔMES. | 249 dans les diverses espèces de râle, il existe quelquefois une sorte de frémissement, perceptible même à la main, dans l'endroit de la poitrine qui correspond au point affecté. Lorsque la lésion qui produit le râle est située profondément dans le poumon, ce frémissement n’est point appréciable : l’absence de frémissement devient alors un signe qui peut éclairer sur le siége particulier de la maladie, Le râle donnant souvent une sensation analogue à celle que produisent des bulles d’air soufflées avec un chalumeau dans de l'eau de savon, l'oreille peut jusqu’à un certain point distinguer si les bulles d'air sont grosses ou petites, rares ou abondantes. C'est ce qui a conduit M. Laennec à admettre à cet égard quelques autres variétés du râle, qu'il a désignées sous les noms de râle abondant et rare, gros , moyen, petit ou menu : cette dernière variété est propre à la pneumonie, lerâle gros au catarrhe . bronchique. Relativement à la quantité des bulles, : on observe de très-grandes différences : tantôt elles se - suivent de si près qu'ilest impossible de les compter; “ tantôt, au contraire, on n’en entend que quelquesunes çà et là, à plusieurs respirations d'intervalle. Il est une autre espèce de bruit, distinct du râle, qui peut être distingué par l’auscultation pendant . les mouvemens respiratoires , et mieux encore pendant que le malade parle ou tousse. Ce bruit, que M. Laennec a nommé tintement métallique ; ressemble .à celui que la percussion légère d’un corps dur produit sur une coupe de verre ou de métal. Ce phénomène n’a été observé que chez des sujets ayant, soit des cavités ulcéreuses dans les pou=
250 ù DÉS sUMPTÔMES:
mons , soit uñ ‘épanchement d'air et de sérosité dans la plèvre ; dans les deux cas , il paraît indispensable à la production de ce phénomène que la cavité contienne un liquide et de l’air, et qu'elle communique avec les bronches. Suivant M. Laennec , le tintement est l'effet de la résonnance de lair à la surface du liquide,
Ce phénomène peut être perçu dans une ènilue de la poitrine, semblable à celle de la cavité , presquetoujours circonscrite , dans laquelle il est produit; il est d'autant plusmanifeste, d’ailleurs, quele conduit fistuleux qui communique avec les bronches est plus large ; en sorte que, d’après les recherches de M. Laennec, ce tintement serait propre non-seulement à faire connaître l'existence d’une des deux affections dans lesquelles on l’a jusqu'ici exclusivement observé; mais encore à déterminer l'étendue de la cavité où 1l est produit et la largeur du trajet fistuleux qui unit aux bronches.
Outre ces phénomènes que l’auscultation de la poitrine a montrés, il en est plusieurs autres qu’elle fournira vraisemblablement dans quelques affections rares , qui ne seson* pas présentées depuis que ce mode d'exploration est connu,
Par exemple , dans les hernies du poumon à travers les muscles intercotaux, l'application du cylindre sur la tumeur fera sans doute entendre la pénétration et la sortie de l'air, et ajoutera un nouveau signe à Ceux qui ont servi Jusqu'ici à re connaître cette affection. Dans le cas où des borborygmes se feraient entendre dans un point supérieur à la région de l'estomac , on pourrait en con
clure avectoute certitude, suivant M. Laennec, qu'il existe une hernie de l'estomac ou des intestins au travers du diaphragme, Toutefois j'estime que cette
certitude n’existera que quand l'expérience aura
confirmé une assertion , très-probable, sans doute, mais non démontrée, Les variétés que présente le diaphragme dans sa concavité et celles qui existent par conséquent dans la position de l'estomac, la facilité avec laquelle certains bruits peuvent être transmis à quelque distance, le bruit particulier produit par les gaz qui remontent de l'estomac dans l’oesophage, me paraissent propres à justifier les doutes que je crois devoir émettre sur la valeur pathognomonique de ce phénomène.
S IL. Phénomènes respiratoires. Après avoir exposé les principaux symptômes fournis par la res-
iration elle-même, nous allons jeter un coupd'œil sur quelques phénomènes respiratoires, tels que le rire, le bâillement, l’éternuement, lehoquet,
. la toux, l’ expuition et l expectoration.
n°3 1 rire (risus) consiste dans une expiration entre-coupée, accompagnée de l'épanouissement des traits et de la diduction des lèvres en particulier. Le rire est plus souvent un phénomène de la santé
- qu'un symptôme de la maladie. Néanmoins il est
plusieurs affections dans lesquelles on l'observe,
soit qu'il dépende des idées qui occupent l'esprit,
comme dans le délire, soit qu'il résulte d’un
trouble spécial du système nerveux, comme on le voit dans l hystérie, etcommeona CrMéndu l'avoir
quelquefois observé dans les plaies et les inflamma-
lions du diaphragme.
252 DES SYMETÔMES.
2°. Dans le bdillement (oscitatio) il y a tout-à= coup une inspiration plus grande, plus lente et plus bruyante que les autres, avec écartement des mâchoires, et souvent avec flexion prompte, puis extension lente et graduée des membres et particulièrement des membres pectoraux. Ce dernier mouvement , qu'on nomme pandiculation ( pandiculatio), a lieu quelquefois sans le bâillement, qu'il accompagne presque toujours. Ces deux symptômes surviennent fréquemment au début des accès de fièvre intermittente et au déclin des attaques d'hystérie. | 5°. L’éternuement (sternutatio) consiste en une expiration violente et convulsive dans laquelle Pair, sortant avec rapidité, va heurter, avec un bruit remarquable, les parois anfractueuses des fosses nasales et chasse les mucosités qui s'y trouvent. L'éternuement, qui, comme le bâillement et la pandiculation, peut avoir lieu dans l’état de santé, est un symptôme fréquènt dans le coryza : ilaccompagne presque toujours la première période de la rougeole. 4. Le hoquet (singultus) est le résultat d’une contraction subite et involontaire du diaphragme, accompagnée d’un resserrement de la glotte qui em: pêche l'entrée de l'air dans la trachée. Ce symptôme a lieu dans beaucoup de maladies, et en particulier dans les inflammations et les hernies abdominales. 5°. Les physiologistes ont fait consister la toux (tussis) en des expirations violentes, courtes et fréquentes , dans lesquelles Pair expiré produit, en traversant le larynx, un bruit particulier. Cette définition de la toux n’est pas exacte, Un des phé-
DES SYMPTÔMES. 255 nomênes qui accompagnent constamment la toux est une occlusion momentanée , ou tout au moins un rétrécissement notable de la glotte, Ce rétrécissement ne concourt pas seulement à produire le son particulier qu'on observe ; il s'oppose en outre à la sortie de l’air, qui s’échappe ensuite avec une plus gran de rapidité , étentraine plus facilement au dehors, en leurcommuniquant l’impulsion qu'il a récue, les mucosités amassées dans les divers points des voies qu'il parcourt (ny,
On a admis un grand nombre d'espèces de toux : les principales sont les toux idiopathique et sympathique , humide et sèche. Si la cause qui provoque la toux a son siége dans Îes poumons, la trachée , le larynx et le pharynx, elle est idiopa- ‘thique : elle est sympathique lorsqu'elle dépend de l'affection d’un viscère plus ou moins éloigné: La toux idiopathique peut être gutturale où pectorale , selon que l'irritation qui la provoque a son siége au-dessus de la glotte ou au-dessous. La toux sympathique varie également à raison de l'organe qui la détermine. On nomme toux stomacale celle qui dépend d'une affection de: l'estomac; on ui a donné pour caractères d’être sèche, d'augmenter après le repas, d’être jointe à une douleur épigastrique, à des nausées, à des vomituritions ; de résister à l'emploi des remèdes béchiques, des mucilagineux, et de céder aux boissons acidules, aux
(1) M. Magendie a publié j postérieurement à la première édition de cet ouvrage, un Mémoire où il à parfaitement exposé tout ce qui est relatif à ce phénomène.
23% DES SYMPTONESS
vomitifs et au vomissement spontané. On a admis une toux vermineuse, liée à la présence des vers dans le conduit digestif. Certaines maladies du foie déterminent une toux qu’on pourrait nommer hépatique. On a vu quelques affections de l'utérus produire un semblable effet. Dehaen rapporte l’observation d’une femme qui toussait continuellement depuis fort long-temps, et qui re fut guérie de ce symptôme incommode qu’à l’époque où elle fut débarrassée spontanément d’un corps fibreux contenu dans la matrice.
La toux humide (tussis humida ) est celle qüi provoque uné excrétion plus ou moins abondante de mucosités par la bouche; la toux sèche (tussis sicca ) n’en amène aucune. Lorsque la toux est à la fois sèche et opiniâtre, on la nomme toux férine (tashe FIBRE Dans la plupart des cas la toux n’a lieu qu'une ou deux fois; elle cesse ensuite pour revenir à une époque plus on moins éloignée ; dans d’autres, elle se répète rapidement un grand nombre de fois; une seule inspiration est suivie de cinq à six ex= pirations successives, cé qui constitue Îles quintes ou accès de toux ( tussis accessus ): elle est alors accompagnée de rougeur de la face et des yeux, de larmoiement, de céphalalgie ; de tintemens d'oreilles, de bflément des veines cervicales, de vomituritions, et quelquefois de vamissemens j comme on le voit dans la coqueluche , dans la phthisie pulmonaire et dans quelques variétés du catarrhe des bronches. Enfin la toux présente, dans certainesaffections, telles que la phthisie pulmonaire et laryngée, la rougeole, le croup, un ton et un
DES SYMPTÔMES. 255" rhythme particuliers qu’il est assez facile de reconnaître, mais qu'il serait impossible de décrire.
L'exploration de la toux par l’auscultation fournit quelques phénomènes assez remarquables. Les diverses espèces de râle sont en général plus pro= noncées quand le malade tousse que quand il respire : aussi, dans les tas où Le râle est obscur doit-on faire tousser le malade. Chez Les sujets qui ont dans les poumons des tubercules ramollis, l'oreille, ap- . pliquée sur l'endroit qui nteiborid aux cavités ulcéreuses , distingue pendant la toux un gargouil= lement qui très-souvent n’a pas lieu dans les mouvemens ordinaires de la Hesse Quelquefois, au lieu de g gargouillement , c'est la fluctuation d’un liquide qui se fait entendre. Ailleurs ce bruit est semblable à celui d’une bouteille pleine que l’on vide en la renversant.
L’expuition (expuitio ) est l’action par laquelle les matières amassées dans l’arrière-bouche sont rejetées au dehors : c’est à l’aide de la toux gutturale . que s'opère l'expuition. Le mucus de la partie pos- . térieure des fosses nasales, qui est ramené dans l’ar- - rière-gorge par un mode particulier d'inspiration, par une sorte de reniflement; celui des bronches, qui est poussé dans le pharynx par la toux pectorale, sont également rejetés au dehors par Feat
L’expectoration (expéctoratio ) , qu'on ne doit pas confondre avec la matière expectorée, est l’action par laquelle les matières contenues dans la trachée-artère , et particulièrement dans les bronches , en sont expulsées. Elle a lieu de deux mamères différentes : 1°. lorsque les bronches ne con-
tiennent qu’une médiocre quantité de crachats, É toux pectorale a lieu une ou plusieurs fois et les entraîne jusque dans le pharynx , d’où ils sont poussés dans la bouche, puis rejetés au dehors ; 2°. dans les cas où une grande quantité de liquide est tout-à-coup ou rapidement versée dans les bronches, dans certaines hémoptysies, par exemple; ou lors de la rupture dans les voies aériennes d'un kyste anévrysmal où d’un abeès des plèvres,
V'expectoration ressemble au vomissement : le pou<
mon, fortement comprimé par une contraction presque convulsive des muscles expirateurs ; trans met celte compression aux bronches ; le liquide qui les remplit s'échappe par la glotte, sort en abondance par la bouche, et quelquefois mène par les narines : c’est une sorte de vomissement de poitrine ; les malades et les médecins même disent souvent alors que le malade a vomi du sang ou du pus. Chez les enfans à la mamelle et chez ceux qui n’ont pas encore atteint la cinquième ou sixième année ; l’expectoration n'à presque ja= mais heu Des d’une autre manière. À cet âge, les crachats sont presque toujours rendus par un vomissement de poitrine qui succède à des efforts de toux ; d’autres fois, après avoir été poussés dans le pharynx par la toux pectorale ; 1ls sont
portés par la déglutition dans l'estomac, d’où ils
sont transmis ‘ les intestins ou rejetés au de— hors par le vomissement proprement dit. |
Les matières peuvent être transmises dans Ja bouche par une seule impulsion lorsqu’ elles sont ver-
sées en abondance dans les bronches ; c’est ce qu'on
DES SYMPTÔMES; 257 observe dans certaines hémoptysies et dans quelques empyèmes y où le sanget le pus sont rejetés toutà-coùp en grande quantité ; mais le plus souvent elles s'arrêtent, comme nous l'avons dit, dans le pharynx, sont ensuite poussées par l expüition ‘dans la bouche, et de là transmises au dehors. |
L'action par laquelle on rejette les mucosités parvenues dans: la bouche ‘ou exhalées dans cette cavité, est spécialement désignée sous le nom: de crachement (excreatio), Lorsque l’action de cracher se répète très-fréquemment et que la quantité de matière ‘rejetée chaque fois est très-petite, on donne à ce phénomène le nom de crachottement ; il a particulièrement lieu dans l'embarras gastrique, et dans les cas où la bouche est amère et päteuse et les nausées fréquentes. Le crachement , l’expuition et l’expectoration ont cela de commun, qu'une expiration prompte les produit; mais la cause’ qui provoque l’expectoration est au - dessous de la glotte, celle qui excite l’expuition: est au-dessus , celle du crachement ‘est: dans la bou che ; et l'air expiré rénconire l'obstacle qui aug mente sa force, à la glotte dans un cas, à Pisthme du gosier dans le second , aux lèvres dansile troi= sième (1). : | ko 0, Hi
L’expectoration ; l’expüition .et le crachement
peuvent être rares ou fréquens, faciles où labo-
(1) Les mots expuition et crachement n'ayant été émployés par les auteurs que dans un sens vague , hous avons cru devoir leur donner une signification précise, |
258 DES SYNPTÔMES.
rieux , quelquefois impossibles. Xs sont souvent accompagnés de douleur, comme on.le voit dans la péripneumonie , l’angine et, l’inflammation de
la langue. PMP * al | On donne le nom de.crachats à des matières qui proviennent des bronches ;; de la trachée , du larynx, du pharynx, de l'isthme du gosier ; de la partie la plus profonde des fosses nasales ou de la bouche, et qui sont rejetées par l'ouverture de cette dernière cavité , ordinairement sous forme liquide, et en petite masse à la fois. Ges matières sont le plus souvent le produit d’une sécrétion. morbide de la membrane muqueuse qui tapisse ces organes, où des glandes et des follicules qui leur sont annexés ; elles: peuvent aussi avoir été formées dans lépaisseur même de ces parties, ou provenir de plus loin, et s'être frayé une voie jusque dans leur cavité. . La formation des crachats n’est pas incompatible avec l’état de santé. Beaucoup d'individus en rejettent,chaque jour une certaine quantité ,, soit de la bouche ou du pharynx, soit des voies aériennes, sans que pour cela ils puissent être regardés comme malades. : » SINAUE Les crachats, considérés indépendamment. de leur origme et seulement sous le rapport de leurs qualités physiques, offrent des variétés très-nombreuses, 44 hs lei ls sont le plus souvent clairs et semblables à de la Sérosité (séreux) dans le début des affections catarrhales. Dans le progrès de la maladie, ils re- | prennent l’aspect du mucus (crachats muqueux ), acquièrent par degrés une consistance plus consi-
DES SYMPTOMESs 259 dérable , et une couleur plus opaque. Dans quelques affections , ils sont formés de sang ou de pus , ou d'un mélange de mucus avec l’un ou l’autre de ces liquides. Les crachats formés de sang pur, ou mélés desang , méritent une attention spéciale. Les crachats de sang pur viennent plus souvent des fosses nasales ou des bronches : ils sont rendus par expuition dans le premier cas; ils sont mélés d'air et expectorés dans le second. Les crachats mêlés de sang peuvent en être simplement tachés : tels sont les crachats muqueux, parsemés de petits caillots rouges ou noirâtres , qui viennent ordinairement de l'arrière-bouche et des fosses nasales : ils peuvent être striés de sang , comme on l’observe dans quel-" ques pleurésies et dans beaucoup de catarrhes pulmonaires ; 1ls peuvent être semblables à de l’eau dans laquelle on aurait dissous quelques gouttes de sang, comme cela a lieu dans quelques flux salivaires et dans certaines pneumonies mortelles : dans ce dernier cas , il sont mélés à une certaine quantité d’air , qui forme, dans le vase où ils sont expectorés, une écume blanchâtre. Enfin , d’autres crachats sont composés d’un mélange intime de mucus et de sang, ou de sang et de pus: Le sang contenu dans les crachais est le plus ordinairement le produit d’une sécrétion morbide de la membrane muqueuse ; mais il peut avoir d’autres sources, telles que l’ulcération de cette membrane ; la rupture d'une tumeur anévrysmale dans le conduit aérien, ou d'un vaisseau sanguin ; dans une des cavernes produites par la fonte des tubercules. Dans tous ces cas, le sang peut être verséen abon-
»%6o DÉS SYMPTÔMES,
dance dans le conduit aérien, et être rejeté pur et par flots, ou y être porté en petite quantité, et être expectoré par petites masses, et mêlé à du mucus, à de l'air, à du pus. Les crachats purulens proviennent presque toujours , soit des abcès formés dans les parties contiguës, et spécialement dans les amygdales et dans les plèvres, soit des masses tuberculeuses ramollies , ou des excavations qui leur succèdent. Ces derniers , c'est-à-dire ceux qui sont dus à la fonte et à l’ulcération des tubercules, offrent d’abord quelques stries ou quelques grumneaux opaques , mêlés à un mucus d’une autre nuance , ou même à une sorte de sérosité claire. La proportion de matière purulente augmente par degrés à mesure que celle du mucus diminue, et dans les dernières périodes de la maladie ; les crachats deviennent tout-à-fait purulens. On observe, en général , une marche inverse lorsque le pus vient d’une collection purulente formée dans le tissu des amygdales ou dans la cavité des plèvres : le pus est tout d’un coup rejeté pur ou presque pur : la proportion du pus dans les crachats diminue ensuite progressivement. Quant au pus fourni par les simples ulcères du pharynx et des voies aériennes , il ne forme jamais que des stries ou de petites taches dans les crachats.
Le produit de la sécrétion de la membrane muqueuse des voies aériennes offre, dans quelques cas, J’aspect du pus qui provient de son ulcération , de celle des tubercules, ou de la rupture d’abcès formés dans les parties voisines. On a senti de tout temps combien il serait important de distin-
DES SYMPTOMES. : ta6a guer les crachats purulens de ceux qui sont simplement puriformes , et l’on a cherché des signes propres à établir cette distinction. De nombreuses expériences chimiques ont été tentées, le microscope a été mis en usage pour examiner le pus et le mucus ; mais ces travaux n’ont été jusqu'ici d’aucune utilité pratique. |
Les crachats offrent encore d’autres différences très-nombreuses. Leur couleur présente beaucoup de wariétés ; ils peuvent être blancs, jaunâtres, rouillés, verdâtres , rouges , bruns, noirs ou gris; tantôt transparens et tantôt opaques; soëkent imcolores : ils peuvent aussi présenter à la fois plusieurs nuances très-tranchées. Leur forme est ordinairement arrondie, quand ils se détachent bien et qu “ils nese collent pas aux parois de la bouche ;'ils sont, au contraire, allongés, filamenteux ou étoilés lorsqu'ils sont gluans. Tantôt ils sont fermes, distincts encore les uns des autres dans le vase qui les reçoit , et presque hémisphériques ; tantôt mous, aplatis et confondus les uns avec les autres, de manière à former une masse homogène. Leur consistance n'offre pas moins de variétés ; elle est quelquefois aqueuse, ailleurs semblable à une dissolution de gomme arabique , à du blanc d'œuf, à de la glu ; ils sont plus épais encore dans quelques catarrhes chroniques, où ils se présentent sous forme de pelotons presque solides. Leur odeur est le plus souvent fade , quelquefois très-fétide chez les phthisiques, ammoniacale dans l’alcère des poumons, alliacée dans quelques pleurésies chroniques avec perforation du parenchyme pulmonaire. Leur saveur est douceàtre
TO Es -.
ou sucrée chez quelques sujets, salée , amère on àcre chez d’autres ; mais souvent la saveur LE les malades attribuent aux crachats appartient : l'n-
duit qui couvre la membrane de la bouche ou.
aux boissons dont ils font habituellement usage. Chez quelques sujets , les crachats causent une sensation de froid ou de chaud dans les parties qu'ils traversent ; mais le plus souvent leur £empérature estla même que celle du corps. Leur vofume est très-variable chez les mêmes sujets; cependant ; chez quelcpues-uns, ils sont remarquables par RE ou par leur extrême ler eRre Leur quantité Varie à l'infini : tel malade n’en rend que quelques-uns chaque jour, tel autre crache presque sans interruption, au point de remplir plusieurs fois en vingt-quatre heures le vase destiné à cet usage. Du reste, il est encore à observer que, chez les mêmes individus, les crachats offrent , sous tous
ces, rapports , des différences très-grandes , non-
seulement dans les diverses périodes d’une même maladie; mais même dans chaque nycthémère : ils sont en général plus abondans , plus consistans, plus opaques, plus facilement re] etés, le matin que dans le reste du jour. Enfin il n’est pas rare de voir Je même individu rejeter, dans l'espace de quelques minutes , plusieurs crachats très-différens les uns
des autres; principalement sous le mi Lo de la.
couleur et de la consistance.
Les crachats offrent encore quelques particularités remarquables sous le rapport de certaines matières qu'ils contiennent , ou qui sont rejetées avec eux. Les diverses poussières portées avec l'air dans
DES SYMPTÔMES. 263 les voies aériennes peuvent donner leur couleur aux crachats; la vapeur de-l’huile ou du suif en combustion leur communique une couleur noire; certaines substances formées dans le poumon luimême, où transmises dans les voies aériennes par suite de perforations accidentelles , telles, que des calculs, des fragmens de tubercules, des hydatides , des kystes, quelquefois même des vers lombricoïdes , et, au rapport de quelques auteurs, de petites portions du parenchyme même du poumon, ont été ainsi rejetés avec les crachats.
Les crachats présentent des différences assez remarquables relativement aux parties d'où ils proviennent.
Les crachats formés dans la Do ithal sont le plus souvent dus à une augmentation de sécrétion des glandes parotides, sous-maxillaires et sublinguales. Issontordinairementclairset presqueséreux comme la saliveelle-même ; ils n’acquièrent presque jamais beaucoup de consistance et d’opacité, si ce n'est dans Les maladies aiguës les plus graves. Quelquefois ils sont mélés au tartre détaché des dents , à l’enduit muqueux de la langue , à des fragmens d'aphthes , à des résidus d’ D , rarement à du sang exhalé dans la bouche elle-même , à du+pus provenant d’un ahcès formé dans ses parois. Ils peuvent s’écouler de la bouche par leur seul poids; ils peuvent en être retirés sans le concours de l’organe qui les contient ; mais le plus souvent als sont expulsés par l'acte particutier auquel on donne le nom de crachement.
Les crachats de l'isthme du gosien et du pharynx
sont presque toujours dus à l'inflammation dé ces parties ; ils sont clairs , tenaces et filans ; quelquefois mêlés à de petits grumeaux caséiformes fournis par les folliculés des tonsilles , et dans certains cas à du pus formé , soit dans le tissu de ces glandes, soit, ce qui est rare, dans les parois du pharynx : ils sont rejetés par expuition.
Les crachats qui viennent du larynx et de la tra-
€chée sont en général peu abondans ; du reste, ils
diffèrent peu de ceux qui viennent des ramificalions bronchiques dans des affections analogues:
Ces derniers sont les plus importans à étudier sous tous les rapports ; ils sont le plus souvent le résultat d’une sécrétion morbide de la membrane muqueuse ; mais dans beaucoup de cas ausst ils viennent d’autres parties , et spécialement du parenchyme des poumons, de la plèvre; quelquefois des grosses artères voisines , du foie même, ou du moins du tissu cellulaire qui unit ce viscère au diaphragme.
Les crachats expectorés offrent beaucoup plus de variétés que ceux dont il a été précédemment question: ils peuvent être, comme ceux-ci , clairs et séreux , muqueux. ét opaques, sanieux dans quelques affections ulcéreuses, mêlés à des concrétions membraneuses , qui sont moins fermes en général et moins distinctes que celles qui viennent du larynx et de la trachée; ils ont de plus quelques conditions qui leur sont propres : leur quantité peut être beaucoup plus grande , leur viscosité plus marquée. Ils offrent assez souvent des stries de sang qu'on nerenContre presque jamais dans les autres ; ils pré-
DES SYMPTÔMES. 265 sentent seuls un mélange intime de mucus et de sang ( crachats sanguinolens de la pneumonie), et peutêtre de sang et d'air (crachats rouges et spumeux de l’hémoptysie) ; ils sont, dans un plus grand nombre de cas , purulens, et peuvent former une masse de pus ou de sang beaucoup plus considérable; ils contiennent, dans quelques cas, des
concrétions calculeuses, des fragmens de tuber- cules, etc., qu'on ne rencontre point dans les crachats des autres parties.
4. Les médecins avaient attaché jusqu’à ces derniers temps une grande importance à la distinction du mucus et du pus dans la matière de l’expectoration en particulier ; ils pensaient que le pus. était constamment le résultat d’une ulcéfation, tandis
. que le mucus était fourni par des membranes non ulcérées. L'existence du pus dans les crachats était pour eux le signe vaactéristique de l’ulcère des poumons ; ou, ce qui était la même chose à leurs yeux, dela phthisie pulmonaire : aussi n’ont-ils négligé aucun des moyens propre à distinguer les uns des autres les crachats purulens et muqueux. Nous n’entrerons ici dans aucun détail sur les
. expériences comparatives qui ont été faites à ce su-
. jet : nous nous contenterons d'observer que cette question, si long-temps agitée dans les écoles, ne
. présentait pas les avantages qu’on s'en promettait, relativement au diagnostic de la phthisie. La présence du pus dans les crachats n’est pas le signe
. pathognomonique de la phthisie pulmonaire, et
l'absence du pus est loin d'indiquer que le sujet n’est pas phthisique.
En effet, 1°. les crachats des individus atteints de phthisie pulmonaire ne peuvent jamais contenir de pus qu'à une époque très-avancée de la maladie , lorsque les tubercules , après s'être ramollis forment des foyers qui s'ouvrent dans les bronches. Mais ce n’est pas à cette époque ordinairement que le diagnostic offre de l’obscurité, et la présence du pus dans les crachats n’est alors que d’une utilité très-secondaire, puisque la maladie se montre avec tous les symptômes qui la caractérisent. Le diagnostic ne présente d'incertitude que dans le second et surtout dans le premier degré de la phthisie: or, à cette époque, les crachats ne peuvent pas être purulens, puisque la maladie ne consiste encore que dans l'existence de tumeurs blanchâtres et solides qui gênent les fonctions des poumons, déterminent un trouble particulier dans l’exhalation muqueuse, mais ne peuvent assurément pas verser de pus dans le conduit aérien, puisqu'elles n’en: contiennent pas. Il y a plus, la phthisie pulmonaire entraine dans quelques cas la mort des individus avant que les tubercules soient ramollis ; où avant qu'il y ait de communication établie entre les foyers qui résultent de la fonte des tubercules et les divisions des bronches. Dans tous ces cas, à quoi aurait servi cette distinction du pas et du mucus ? À méconnaître la phthisie jusqu’à l'ouverture du cadavre chez quelques individus ; à la méconnaître chez tous dans les premières périodes de la maladie, époque où il importe le plus de la dis tinguer. ; | | R
DES SYMPTÔMES. 267 . Non-seulement les crachats des phthisiques ne Deere pas toujours de pus, même dans le dernier degré de la maladie; mais encore il existe plusieurs affections distinctes de la phthisie pulmonaire dans lesquelles le malade peut cracher du pus. Sans parler ici de lulcère du larynx et de la trachée-artère, n'est-il pas arrivé souvent que … des abcès formés dans le voisinage des bronches, et plus fréquemment dans la plèvre, se sont fait jour dans les voies aériennes, et y ont versé de véritable pus, sans que le tissu pulmonaire füt le siége de l’altération organique qui constitue la phthisie ? Ainsi la présence du pus dans les cra- . chats n'indique pas d’une manière certaine l’existence de la phthisie pulmonaire, de même que l'absence de ce liquide ne prouve point que cette affection n'existe pas.
Avant de terminer ce qui concerne > leë crachats s . nous ferons remarquer que ceux qui ressemblent davantage au pus phlegmoneux ne sont pas toujours purulens , et que c’est le plus souvent dans le catarrhe pulmonaire chronique qu'on les rencontre ; tandis que les crachats qui caractérisent le plus sûrement l'espèce la plus commune de phthisie sont formés de stries opaques disposées en zigag ; - mélés à un mucus d’une autre couleur , et nageant . dans une sorte de pituite , souvent écumeuse , dont . l'abondance diminue par degrés à mesurè que la . maladie approche de son terme fatal.
Ainsi la solution de cette question) qui paraissait si importante, n'était pas propre à répondre aux vues de ceux qui s’en occupent ; nous sommes loin
toutefois de prétendre qu’elle n'aurait aucune utilité : nous avons voulu seulement prouver qu’elle n'avait point celle qu’on lui supposait.