‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 67 sur 94 · GENRES) ESPÈCES ET VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

GENRES) ESPÈCES ET VARIÉTÉS

régné jusqu'ici parmi les médecins : elle ne pourra cesser que par la connaissarice plus exacte des causes qui les produisent ou des lésions qui les constituent. Déjà un grand nombre de névroses ont été rattachées à des lésions ‘organiques dont elles dépendent évidemment. Les fièvres continues ont. été rattachées par les partisans de Virritation à Yinflammation du’conduit digestif; mais la médecine:marche avec les faits et non avec les systèmes. ne DE | SAT Quel que. soit le genre d’une maladie, elle ne se montre pas constamment avec les mêmes symptômes , la même:marche, la même durée et la même tendance à telle ou telle terminaison. La variole ;! par exemple , présente toujours une éruption sui generis qui ne permet pas de la méconnaître ; mais quelle variété n’offre-t-elle pas ensuite sous le rapport des phénomènes généraux qui l’accompagnent, du nombre et de la formedes pustules ! {ci le pouls est plein , la chaleur élevée, les pustules rondes, distendues, entourées d’une aréole vermeille; là , au contraire, la peau est presque froide, le pouls est faible, les boutons flasques, brunâtres , et leur aréole pâle ou Jivide ; chez l'un, l’éruptionest rare et disséminée à-peu-près uniformément sur toute

* la peau ; chez l’autre, les pustules sont partout con-

fondues entr’elles, ou rassemblées en très-grind, nombre dans quelque partie : dans un cas ,.elle n’est accompagnée d'aucun danger; dans un autre, le péril est grand ; dans un troisième , la mort est presque inévitable. Or , serait-ce avoir. une idée

juste de la variole que de la connaître seulement

DES MATADIES, 40 455 sous une des formes. nombreuses qu’elle peut offrir Non, sans doute: cette conséquence s'ap— plique rigoureusement à l’histoire detoutes. les maladies. Au Y- tr a FLO

Cest donc un point essentiel de la pathologie que de bien connaître les modifications que chaque affection peut offrir; néanmoins ces modifications n'ont pas toutes üne importance égale; il'en: est. de si légères qu’elles doivent être négligées ; il;6n est d’autres qu’il est utile et même indispensable de distinguer: ces dernières ont été distribuéesien deux séries : dans la première, on! a placé::celles quiont paru les plus importantes ; dans la seconde, celles qui le sont moins. On a donné à celles-là le nom d'espèces ; aux autres celui de variétés , sans quon ait pu jusqu'ici établir une règlé fixe pour distinguer l’une de l’autre la variété et l'espèce. L'espèce en pathologie n’est pas. la mêmé chose qu’en zoologie et en botanique. Ici, elle ‘est consutuée par l’ensemble des individus quiise perpétuent eux-mêmes par la reproduction , et les variétés sont formées par les individus qui, quoique différens par leurs apparences, peuvént reproduire, dans des circonstances données, des individus semblables à ceux dont la variété tire son origine. En pathologie , les espèces né sont que des abstractions ; leur distinction est tellément vague et incertaine que les uns en ont admis le double ou le quadruple des autres. Sauvages en porte le nombre à dix-huit cents, Sagar à deux mille cinq cents , tandis que Cullen n’en reconnait que six cents. Il ya plus , il est peut-être sans exemple, comme l'a remarqué

456 GENRES, ESPÈCES ET VARIÉTÉS M..Bayle r), que le même auteur ait publié plusieurs éditions de ses:ouvrages sans changer quelque chose auxespèces qu'ilavait précédemment admises. S'il est impossible, comme on est fondé àlecroire d'après les efforts inutiles des nosologistes ; d’avoir pour l distinction des espèces une règle uniforme applicablertoutes les maladies, il faut au moins avoir partout, dans cette distinction , le but de la plus! grande utilité, et déterminer les espèces de châquemaladie d’après Jes circonstances qui influentilé plus sur: le traitement. Pour toutes les phlegmasies aiguës, c’est, selon nous , le caractère inflammatoire, biliéux, muqueux , dynamique ou aiaxique qui doit déterminer les espèces ; parce que le caractère d’une maladie-importe autant et quelquefois même plus'que le genre à son traitement. Uné maladie, quel qu’en soit le genre, présentet-elle les symptômes généraux de la fièvre inflammatoire? c'est la saignée et le régime anti-phlogistique que l’on emploie; a-t-elle le caractère adynamiqué? c’est aux excitans et aux toniques qu'il faut recourir ; est-elle légitime , c’est-à-dire, n'offre-t-ellé que les phénomènes généraux qui lui sont propres ; sans aucun des signes qui caractérisent la fièvre inflammatoire , adynamique , etc? le repos et unediète légère sont le plussouvent les seules con: ditions nécessaires à la guérison : encore ne sont-elles pas toujours indispensables’, comme on le voit dans quelques cas d’érysipèle, de catarrhe pulmonai re, etc. On doit en loutre admettre , pour les in-

(1) Thèses de la Faculté , année 1807, n° 74.

DES MALADIES. AU 437 flammations, des espèces aiguës et chroniques ; cette distinction n’est guère moins utile pour le‘traitement que la précédente. Quant aux hémorrhagies, leur division en deux espèces, actives et passives, offre lebut pratique qu’elle doit avoir ;rmais comme il est beaucoup d’hémorrhagies qui n’appartiennent n1 aux unes ni aux autres, il nous paraît absolument nécessaire d’en admettre une troisième espèce qui ne peut pas être confondue avec les deux autres. Cette division est d’ailleurs applicable aux flux, aux épanchemens et en particulier aux hydropisies; elle pourrait enfin être étendue avec avantage aux maladies nerveuses. Les bons effets

des toniques auxquels on a eu généralement recours pendantlong-temps, semblent démontrer l'existence des névroses passives : les cures presque merveilleuses obtenues dans quelques cas par une méthode tout opposée , portent, avec beaucoup d'autres eirconstances, à admettre des névroses actives. Il est hors de toute espèce de doute qu'il s'en présente aussi Qui n’appartiennent ni aux unes ni aux autres. Quant aux maladies organiques , chacune d’elles n'offre dans ses symptômes et son traitement que des modifications peu importantes qui forment plutôt des variétés que des espèces , à moins qu'elles ne soient liées à une diathèse particulière, comme le vice scrophuleux, dartreux, scorbutique, ou à une syphilis constitutionnelle (1). y SR Ur) à | (1) La distinction des maladies en fausses (morbi spurit , nothi), et en vraies (morbi exquisitt, legiimi) a été avec raison combattue par les médecins de ce siècle, Ces préten-

st

438 GENRES, ESPÈGES ET VARIÉTÉS DES MALADIES. Les variétés-dépendent d’une multitude de circonstances dont quelques-unes ont une certaine importance pour le traitement : telle est d': abord lintensité générale de la maladie , la prédominance de quelque symptôme ou l'apparition de quelque épiphénomène remarquable ; telles sont certaines particularités relatives au siége , à la cause , au type, etc. Le nombre et la forme des pustules dans la variole, le siége de l’éruption dans l'érysipèle ; l'intensité de la douleur dans la pneumonie, où du délire dans la fièvre ataxique constituent des variétés. Il en est de même de la marche continente ou exacerbante des maladies continues, du type quotidien, tierce, quarte, pour celles qui sont périodiques y etc. On admet aussi des! variétés dans les maladies selon qu’elles sont dues à des causes externes ou produites par une disposition intérieure, selon qu'elles sont fixes ou mobiles, qu’elles occupent des parties extérieures ou intérieures, les membres ou le tronc, et des organes plus ou moins essentiels à la vie. Les variétés sont quelquefois relatives à la manière dont la maladie se termine, à ses retours réguliers ou irréguliers, etc. ; elles dépendent aussi des complications. | IL €

dues espèces de maladies ont été entièrement rayées des ROSC= logies récentes.

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