‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 66 sur 94 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Dés divers Genres de maladies, des Espèces et des Variétés. |

Lx nombre dés maladies auxquelles l'homme est exposé est très-grand ; il serait infini si l'on considérait comme des maladies distinctes les innombrables variétés qu’elles offrent. La même afféction né s’est peut-être jamais présentée deux fois sous une forme rigoureusement semblable.

Tant qu’on a considéré les faits isolément, sans distinguér parmi éux ceux qui étaient analogues ,

il n’y a point eu descience. Le rapprochement des

faits, la similitude reconnue entre plusieurs d'entr’eux et leur réunion sous une dénomination commune, marquent véritablement le commencement de notre art : C’est seulement alors qu'on à pu s'élever à quelques connaissances sur la marche des maladies et sur les moyens de les modifier avec avantage. |

Il est naturel de croire que lés genres de maladies admis par les premiers hommes qui se sont livrés à l'observation étaient fort différens de ceux qu'on admet aujourd’hui, surtout pour les mala-

dies internes. Nul doute. que souvent ils n'aient

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pris le symptôme pour la maladie, qu'ils n'aient vu

des affections différentes dans les diverses phases

d’une affection unique, et qu'ils n’aient confondu

DES MALADIES. 431 soûs une même dénomination des maladies très- - distinctes les unes des autres. |

À mesure que l'observation et l'expérience ont éclairé les médecins, des changemens nombreux ont dû être successivement apportés dans les genres primitivement admis. L'étude de l'anatomie pathologique a, sous ce rapport, produit en médecine une révolution presque complète. Toutefois, les médecins sont aujourd’hui même bien loin d’être d'accord sur la détermination des genres de mala= dies. On n’a pas même cherché a établir de principes d’après lesquels cette distinction pût être faite, Nous essaierons de remplir cette lacune.

Parmi les maladies, il en est quelques-unes qui consistent en uné lésion matérielle et appréciable

des solides ou des liquides qui entrent dans la composition du corps humain ; il en est d’autres dans lesquelles nous ne trouvons aucune altération sensible ; il en est d’autres enfin dans lescuelles il n’y a que des lésions variables.

Les lésions bien déterminées d’un organe, comme la fracture d’un os, une plaie des tégumens, une brûlure, constituent des maladies bien tranchées. IL en est de même de quelques autres lésions dont le développement est spontané, comme l’inflammation, le cancer, les tübercules. Dans chacune de ces affections, à la vérité, la lésion matérielle n’est pas Ja même pendant toute sa durée ; mais les changemens qu'elle présente sont les mêmes, et des ob= Servations répétées ont fait connaitre leur succes-

- sion régulière et leur enchaînement constant. Quelques maladies exanthématiques sont dans le même

La GENRES, ESPÈCES ET VARIÉTÉS

cas : la rougeur érysipélateuse qui a lieu dans leür, début est une lésion très-différente des pustules, qui se forment dans leur seconde période, et cellesci ne diffèrent pas moins des croûtes épaisses qui. les remplacent : ici, comme dans le cas précédente et plus clairement encore, 1ln y a qu'une seule affection.

La présence, dans l’intérieur de nos organes , dé, corps étrangers , soit inanimés , Comme je calculs de toute espèce, soit vivans, comme les kystes , qui participent à la vie générale, ou les animaux, parasites, qui ont une existence isolée, constitue, plasieurs genres de maladies très-distincts.

Les collections de liquide dans l’intérieur, des organes, sans lésion sensible des tissus solides forment encore des genres de maladies bien déterminés : tels sont les épanchemens de sérosité et de sang dans les membranes séreuses et dans le tissu | Le Ces épanchemens, il est vrai, sont souvent | consécutifs à des lésions très-manifestes des solides 5. mais comme quelquefois aussi l'accumulation du 4 liquide est la seule altération matérielle appréciablé, cette accumulation constitue alors la maladie. Il en est de même dans le cas où certains liqui- … des s’écoulent au dehors en quantité excessive et . souvent avec quelque changement dans leurs qua | | | lités, comme l’urinedans le diabètes, la bile dans le choléra. Dans certaines hémorrhagies, l'écoulement du sang hors des vaisseaux qui doivent naturellement le M , est également la seule lésion sensible. :

La pléthore sanguine et l’anémie peuvent en— core tre rangées parmi les affections dans les-—

DES MALADIES, UE 453 quelles il existe une lésion matérielle constante. La diminution dans la quantité du sang à été rigoureusement constatée dans l’anémie : son aug=mentation chez les sujets qui offrent les symptômes de la pléthore générale ne peut guère être révoquée en doute. | sn tqs

-Lés maladies dues à des causes spécifiques forment encore des genres ‘très-tranchés: La piqüre de labeille , le contact de lortié Piquante , la morsure de la vipère, les virus variolique, vaccin, morbilleux , .Syphilitique ; les: poisonñs de toute espèce ‘donnent lieu à des affections spécifiques très-distinctes de toutes les autres ; dans lesquelles la Lésion matérielle, quelle qu’elle soit ; n'est qu'un Phénomène secondaire. C’ést ici lacause qui con= stitue la maladie. Les fièvres intermittentes , dans k production desquelles lès émanations Marécageuses-jouent un rôle si remarquable, sont Éégalement, dans la plupart des cas, dés maladies bien dessinées. Si leurs Symptômes , leur type, ‘si Pac tion spécifique du quinquina dans leur dlraitement les distinguent si clairement des autres maladies , n’est - ce pas à l'identité de leur cause qu'il faut rapporter la ressemblance qu’elles montrent dans leurs phénomènes ? ha : 0 Quant aux maladies qui m’offrent ni lésion maté- rielle. des ofganeS ni cause Spécifique dans leur développement , comme les névroses ; ou qui n'offrent que des lésions variables , comme les fièvres continues ; c’est ‘uniquement d'après les Symptômes qu'on peut établir des genres : aussi la plus grande dissension sur ce point a-t-elle

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