‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 7 sur 94 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

. Nous n’ignorons pas seulement la naturé de le maladie en général, nous ignorons de même celle de chaque affection en particulier : il faut donc aussi la définir d’après ses phénomènes sensibles.

. On a avancé, dans ces derniers temps, que la seule manière de définir une maladie était de déterminer quel est l'organe affecté, et de quelle manièreilest affecté; mais ce genre de définition, qui n’est applicable qu'à un certain nombre de ae dies, n’est pointunedéfinition à proprement parler. Dire que la pleurésie est l’inflammation de la plèvre ; que le carreau est la dégénérescence tuberculeuse des glandes du mésentère ; l’ascite, un épanchement de sérosité dans le péritoine ; l’épistaxis, une hémorrhagie de la membrane PHAoitte c’est expliquer, c’est développer le mot, ce n’est pas définir la chose. Un autre inconvénient plus grave attaché à ce genre de définition, est l'incertitude où l’on est sur le siége de certaines maladies , et le dissentiment des médecins à cetégard. Combien, par exemple, aurait varié la définition des fièvres intermittentes dont on a placé le siége dans le foie, la rate, l'estomac, les intestins, le système nerveux, la peau, la veine porte , les vaisseaux lymphatiques du mésentère, et quelle confusion résulterait de toutes ces définitions contradictoires ! C’est donc encore d’après les phénomènes qu'il faut définir cette affection , si l’on tient à en donner une définition qui soit intelligible dans tous les temps. Il est aussi des cas dans lesquels la cause manifeste des maladies entre comme élément nécessaire dans leur définition : les contusiops, les plaies , la colique

DES MALADIES, at saturnine , lasphyxie, la syphilis, la varioke ne peuvent être définies exaciement, si l’on n indique pas la cause qui les a dtodtites >

En général, pour bien définir une maladie , il faut réunir le plus grand nombre possible de faits particuliers qui lui soient relatifs ; les comparer attentivement entre eux, de manière à isoler les phénomènes qui sont communs à tous de ceux qui sont simplement accidentels. Les phénomènes qui se retrouveront dans tous les faits particuliers , ow du moins dans le plus grand nombre, formeront les traits caractéristiques de la maladie ; leur énumération succincte présentera l’image de celle-ci ou sa définition. Ces traits caractéristiques ne se feront pas remarquer seulement par leur existence constante , mais aussi par leur intensité, qui Sera toujours proportionnée à celle de la maladie ellemême , tandis que les phénomènes accidentels pourront Ctre très-légers quand la maladie sera fort grave, ou très-intenses quand la maladie sera légère. Aussi, pour donner une image exacte d’une maladie, faut-il la dessiner dans les circonstances où elle est le plus développée, parce qu’alors les phénomènes principaux sont eux-mêmes plus prononcés, et qu'ils ressortent davantage au milieu des autres. Pour bien connaître une maladie , suivant Grimaud , il faut l’'étudier dans l’âge , le sexe, le tempérament, le climat, dont l'observation a montré la convenance avec cette maladie, « car » chaque maladie (1), comme chaque être de la

(1) Grimaup, Cours de Fièvre, tom. x, pag. 2.

» nature, ne paraît ce qu’elle est, et ne jouit de » toute la plénitude de son existence, qu'autant » qu'elle se forme et qu’elle se développe sous un » concours de circonstances qui lui sont analogues, » et qui tendent également à favoriser sa produc- » tion. ». |

C’est de ce petit nomhre de traits caractéristi-

ques qu'on doit former la définütion descriptive de la maladie. : ils devront se retrouver lors même que la maladie sera légère ; mais alors ils seront obscurs , et ils pourraient échapper à l'œil qui ne les chercherait.pas. Un ou même plusieurs de ces traits pourront-manquer dans quelques cas; mais ceux qui existeront devront être en nombre suffisant pour éclairer le jugement du médecin. Si nous prénons pour exemple la fièvre inflammatoire , nous verrons constamment l'intensité des phénomènes caractéristiques proportionnée à à celle de lamaladie en général. Si la maladie .est très-intense, la peau présentera une teinte rouge, qui sera plus marquée encore au visage et à l’origine des membranes muqueuses ; la soif sera vive, le pouls plein , haleine chaude, a peau balitueuse , les chairs fermes , l’urine rougeâtre, la pesanteur générale considérable. Si læ maladie est très-lésère , plusieurs de ces phénomênes manqueront entièrement, et les autres se— ront peu prptioncés. Dans les degrés intermédiaires, on verra $ exaspérer simultanément la maladie et les phénomènes énumérés, et l’on reconnaîtra amst que ces phénomènes forment‘ véritable:nent les traits caractéristiques de la maladie. -

NOMENCLATURE DES RALADIES, elc. 23

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