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b94 | Mn NATURE DES MALADIES - 47 TR ETS la circulation sanguine ou lymphatique ils disaient qu’elle avait son s6ge dans le sang, la bile oula lymphe. Les causes morbifiques agissaient toutes sur les liquides ; les alimens, élaborés par lestomac et convertis en chyle, modifiaient les qualités du sang ; les poisons, les virus , agissaient de la même manière. Dans l'exposition des symptômes , leur langage était encore tou humoral ; la couleur et la consistance du sang, du mucus, des matières alvines, de l'urine, du pus, attiraient surtout leur attention : ils parlaient à peine des autres symptômes, ou les rattachaient, au moyen * de noms collectifs, à leur nomenclature favorite. | C'était d'après l’altération des humeurs qu'ils ex— pliquaient la liaison des symptômes et leur succes— sion. Ils désignaient sous le nom dé crudité, de coction , d'évacuation , les trois principales périodes des maladies , à raison de l’état de la matière morbifique. Dans la première période; cette matière, douée de toute sa puissance délétère , n’ayant pas subi d'altération dela part des organes , avait encore toute sa crudité ; dans la seconde, où la coction s'opérait , la nature prenait par degrés le dessus, et enfin dans la troisième, le principe matériel rendu mobile était évacué par les urines, les sueurs, les | matières fécales ou par quelqu'autre voie, et les: 4 quilibre se rétablissait. Lorsqu'aucun phénomène À ne se manifestait , ils jugeaient que la matière | morbifique , après une élaboration convenable , | avait été assimilée aux humeurs naturelles, et qe dès=lors elle avait cessé d’être nuisible ; la coctionr pouvait être parfaite ou imparfaite , et la transfor-
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nation d'une maladie dans une autre s'expliquait
. facilement'au moyen du transport ou de l’émigra-
tion de l'humeur morbifique. C'était surtout " a= près l'inspection des liquides évacués qu'ils portaient un jugement sur la terminaison et la durée des maladies ; l urine en particulier, comme nous l'avons vu, leur fournissait à cet égard des signes auxquels ils attachaient beaucoup d'importance. L'ouverture des corps les confirmait dans leur opinion : dans la rougeur etlegonflement des parties enflammées, ils voyaient tata ltton du sang ; dans les hydropisies, la dissolution de ce liquide : la dégenérescence tuberculeuse n’était que l’épaississement de la lymphe , et la plupart des autres altérations organiques, des obstructions produites par la con-
sistance ou la coagulation des liquides. Les indica-
tions Eh ben hgués étaient en harmonie avec les autres points de la doctrine humorale. On saignait
pour renouveler le sang , diminuer sa viscosité ou
enlever une portion dé h matière morbifique qui ]ui était mêlée ; on purgeait, on faisaitsuer, on pro:
voquait le cours de l'urine dans un but tan :
en un mot, toutes les indications consistaient à HU ger la quantité ou la qualité des liquides , ou à déterminer leur afflux vers tel ou tel organe.
Les solidistes considèrent les mêmes objets sous un point de vue tout opposé : selon eux , les liqui= des ne jouent qu'un rôle passif dans les phénomènes j} Jde la vie; privés des forces vitales , de sensibilité et de CL: ils sont entièrement subordonnés à l'action des organes sensibles et contractiles qui les contiennent, La maladie, par conséquent, réside
essentiellement dans les solides, qui seuls peuvent :: recevoir l’impression des causes morbifiques, et
qui seuls fournissent des symptômes importans. La sympathie, qui a pour DES les ysteme ner—
veux, explique d’uné manière satisfaisante la connexion des symptômes et le trouble général qui accompagne l'affection de telle ou telle partie. Les
métastases , les crises , sont , selon eux, plus favora-
bles à leur système qu’à celui des humoristes. « En effet, l'écoulement d’une petite quantité de sang, d'urine, de matières fécales, de sueur , est insuffisant pour expliquer le passage de la cn nl à la santé, d'autant que la présence de ces liquides dans l’économie est incapable de déranger la régularité des fonctions ; il y a ici transport d’action (1) ou d’irritation (2), et non pas de liquide; il est beaucoup plus facile à la nature, ajoutent-ils, de transporter l’une que l’autre. Les organes , dans l’état de maladie, conservent ou acquièrent entre eux des rapports en-vertu desquels ils se transmettent leurs impressions ; l'irritation qui occupe
depuis plusieurs jours un organé peut ainsi se por-.
ter sur un autre : le premier reprend ses fonctions, et si l'affection transmise au second est légère, la santé se rétablit; si elle est sérieuse, elle forme une métastase. La preuve la plus convaincante qu'il y a seulement transport d'irritation , c’est qu’on voit | des métastases et des crises qui consistent seulement dans le transport de la douleur on de quelqu’ autre
(x) SpnenGez, Pathol. cénér.
{2) Mananvez, Thèse sur Les [rritations.
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NATURE DES MALADIESe 597
phénomène nerveux, sans exhalation d'aucun liquide , comme on le voit dans les névroses et les affections rhumatismales. Enfin, dans les cas oùil y a afllux de liquide vers ui organe, on observe: dans les qualités de ce liquide la plus grande va-, riété ; la seule chose constante est une irritation qui le précède et qui est caractérisée par le prurit, la douleur , la chaleur, le gonflement , la rougeur ou quelqu’autre changement analogue dans la parte où doit s’opérer la crise ou la métastase. » Quant aux signés diagnostiques et prognostiques offerts par les liquides , ils n’ont jamais qu'une importance secondaire, et les résultats de l’ouverture des corps, qui montrent d’une manière si évidente les altérations des solides, prouvent combien était peu fondée la pathologie humorale. Enfin, les érdications . les plus précises naissent des changemens survenus dans l’habitude extérieure, les mouvemens, la chaleur, dans les organes digestifs, respiratoires, et dans ceux de la circulation ; tous ces symptômes sont évidemment fournis par les solides , auxquels ces fonctions sont départies.
Tels sont les principaux points de la doctrine des humoristes et des solidistes : nous avons voulu en présenter l’ensemble, sans yméler aucune réflexion.
L'humorisme exclusif a été si fortement attaqué dans ces derniers temps, et si généralement abandonné, qu’il serait superflu de chercher à en combattre les principes. Il en est tout autrement du solidisme , qui compte aujourd’hui un très-grand nombre de sectateurs, et vers lequel inclinent, au moins d’une manière très-prononcée , beaucoup:
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de médecins qui ne l’adoptent pas ouvertement.
Une des causes qui ‘ont fait rejeter entièrement
l’humorisme, c'est que la plupart des fauteurs de ce système ne se sont pas contentés d'admettre des altérations dans les humeurs , mais qu'ils ont voulu encore les spécifier et Les MUR LE à celles qu'éprouveraient les mêmes liquides dans des vases inertes : ils ont vu la putréfaction et les diverses espèces de fermentation là où certainement elles ne sauraient avoir lieu. Mais de ce qu'il n’y a ni fermentation ni putréfaction dans les liquides de l’économie, s’ensuit-il qu'il ne puisse y avoir d’autres altérations ?
aucun homme raisonnable n’admettra une sem
blable conséquence.
Rien ne démontre ; jasqu’ ici que les liquides vi
vans soient à l'abri de toute altération dans leur nature, et beaucoup de circonstances portent à , Croire qu'ils ne le sont pas : 1°. l’analogie conduit à penser que si les solides offrent des changemens
dans leur organisation, les liquides doivent éprou-
ver quelque chose de semblable ; 2°. l'observation des malades nous montre dans les fluides excrétés
des altérations aussi notables, et quelquefois même.
plus évidentes que celles des solides : dans le scor-
but, par exemple, en même temps que les gencives se boursoufllent, que les fibres musculaires deviennent flasques et perdent en quelque sorte la faculté de se contracter, on voit survenir des alté— ablons au moins aussi remarquables dans les liquides, et surtout dans le sang, qui s "échappe tantôt pe un point, tantôt par D , avec des carac- tères physiques fort différens de ceux qui lui sont
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NATURE DES MALADIES. 599 propres dans l’état sain ; 3°. l'ouverture des cadavres confirme encore ce qui vient d'être dit : elle montre des altérations ou des congestions notables de plusieurs liquides , avec ou sans lésion dans les- solides : telle est la concrétion de la-bile dans. le conduit hépatique et ses ramuscules , la formation de calculs dans la vessie, l'accumulation de sérosité dans les grandes cavités , sans lésion appréciable des membranes et des parties qu’elles enveloppent. 4°. Enfin, les expériences chimiques , bien qu’elles soient souvent insuflisantes pour apprécier les qualités des corps organisés (1); démontrent ;, suivant MM. Parmentier et Deyeux, des changemens sensibles dans lalbumine du sang, qui ; chez l'homme malade, « n’a plus la consistance et » la continuité qui lui sont propres dans l’état de » santé. » Des recherches plus récentes ont fait découvrir la présence de la bile dans le sang .des ictériques , et une altération singulière dans la nature de l'urine chez les individus atteints du diabetes : ce fluide contient alors en assez grande propor-
tion une matière sucrée, plusieurs de ses principes constituans ont disparu, bien que la structure des
reins ne soit pas sensiblement altérée. |
Mais, objectera-t-on, dans tous ces cas l’altération des hquides est subséquente à celle des solides ; comme ceux-ci jouissent de la vie à un degré beaucoup plus grand , et reçoivent toujours, les premiers ee
(1) MM. Parmentier el Deyeux , dans leur Memoire sur le sang, admeltent eux-mêmes dans ce liquide des altérations insensihles pour le chimiste , mais bien sensibles par leurs effets dans l’économie animale. |
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l'impression des causes morbifiques, ils sont d’abord
seuls affectés, et l’altération qui survient dans les
liquides n’est jamais que l'effet de la première.
$'il arrive qu'à louverture des corps les solides ne
présentent aucune altération appréciable aux sens ;, cette altération n'existe pas moins ; elle est, dit-on, manifestée par le trouble même des fonctions. On peut répondre à cela que ce n'est point. par des assertions nouvelles, mais par des faits, qu'on soutient une première assertion ; que si lon admet dans les solides des changemens imappréciables aux sens ;, on perd le droit de nier Pexistencé de lésions semblables dans les liquides, et l’on autorise les humoristes à voir des maladies humorales là oùleurs adversaires voient aujourd’hui des affections nerveuses. Tous les cas dans lesquels on n’observe après la mortaucune lésion, ne peuvent servir d'appui ni à uu système ni à l'autre; c’est uniquement sur des lésions sensibles qu'on doit s'appuyer : or,ces lésions pouvant être bornées aux liquides comme aux
solides , on'doit admettre que les'uns et les autres.
peuvent être le ‘siége primitif des maladies. On est encoré confirmé. dans cette opinion par la manière
dont agissent les causes morbifiques, dont les uness
telles que l'air, lesalimens, Les boissons, sont transmises par absorption dans la lymphe et dans le sang, landi Sque d’autres semblent Porter spécialement sur les organes solides : tels sont tous Îes agens des impressions morales et physiques. Enfin, si l’on a égard à la composition du fcetus > Qui he Contient dans les Premiérs temps deson existence aucun organe solide : Si l’on fait attention que là vie est d'autant plus ac-