‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 86 sur 94 · LEE RP · texte numérisé non relu

LEE RP

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NATURE DES MALADIES. Got tive et la susceptihilité aux maladies d'autant plus

grande que les individus sont plus jeunes et la prédominance des liquides: plus considérable, on sera

convaincu que le système des solidistes n’est pas

mieux fondé que celui des humoristes. En envisa- . geant ainsi la question soustoutes ses faces, etsurtout en considérant le concours intime et indispensable des liquides et des solides dans tous les actes de la vie, on.ne peut s'empêcher d'accorder aux uns et aux autres une importance égale , et de rejeter entièrement l’humorisme et le solidisme exclusifs. Nous ne doutons point que le solidisme, qui semble régner encore aujourd’ hui dans les écoles,

. ne soit tôt ou tard abandonné pour faire place 2 à

une Opinion moins exclusive. Mais il était difficile

‘ de renverser l’humorisme sans être entraîné au-

delà du but qu'on se proposait d'atteindre; lesprit humain passe presque toujours d’un extrême à l’autre; ce n’est qu'après plusieurs oscillations opposées qu'il peut revenir à ce juste milieu qu'il est si difficile et si important de conserver:

Nous ne suivrons pas les humoristes et les soli-

distes dans les nombreuses altérations qu'ils ont supposées pour expliquer l’essence des maladies ; ‘ici, comme dans beaucoup d’autres choses , il faut

savoir ignorer ce qu'il n’est pas donné d'apprendre. Toute discussion sur des questions insolubles est inutile et dangereuse; ; inutile, parce qu elle ne peut conduire à aucun résultat satisfaisant ; dangereuse, parce qu *elle entraîne presque toujours à lêk eur. Quand une fois on s’est lancé dans le domaine des hypothèses et des théories, on n’est jamais sûr de

6o2 NATURE DES MALADIES.

pouv oir s'arrêter, et si l’on revient ensuite à l'étude

des choses positives , elles sont tellement froides à côté des spéculations séduisantes auxquelles on s'est

livré, qu'elles ne sauraient offrir d'intérêt : la vé-"

rité n’a plis de charmes pour l'homme à qui SX eur a Su plaire. |

Quoiqu'il soit démontré é œue la nature titine des

choses est au-dessus de notre intelligence, quoique cette vérité ait été proclamée dans notre siècle plus hautement qu’elle ne l'avait été jusqu’ ici, cepehdant quelques hommes d’un vrai mérite se flattent encore d’expliquer Îes secrets de la nature , et trouvent un certain nombre de prosélytes. On cessera de s’en étonner si l’on jette un coup-d’œil sur l'histoire de la médecine : l'esprit humain est tou-

jours le même, et l'on peut juger de ce qu 1l sera :

par ce qu'il a été. De tout temps on a créé des systèmes ; on ne cessera point d’en créer : ces sy stèmes ont trouvé des admirateurs, ils en trouveront encore; on les oubliera, comme on les a oubliés (x). DEL ON | Soen AL CREER QE EN cr RSR , (r) Le système de l'irritation , qui compte aujourd’hui un tas grand nombre de partisans , repose comme les autres sur

de pures suppositions.

« La santé et la maladie sont, dit M. Broussais , des fers

hi

variés qui se rattachent à un même principe , et ce principe est l'irritation.

» Quand la santé s’altère , c’est toujours parce que les stimuläns extérieurs destinés à entretenir les fonctions ont cu= :

mulé l'excitation ou l’irritation dans quelque partie, ou parce qu'ils ont manqué à l'économie.

» Les fonctions peuvent étre (HitHLee de deux. manières ? è ellés s’exercent avec trop ou trop peu d'énergie.

» Lirritation est donc la cause première ou le point de dés

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; NATURE DES MALADIES 6Go3 Mais, objectera-t-on , comment traiter une maladie si l’on ignore la cause intime qui la produit ?

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part de tous les dérangemens qui surviennent dans la santé : les phlegmasies', les hémorrhagies , les névroses, les dégénérescences de toute espèce, n’en sont que les eflets , et l’on ne doit pas les considérer comme des maladies, ou bien il faudra

. Voir aussi dans la suppuration une affection idiopathique. »

Examinons succinciement cette théorie, et voyons jusqu’à quel point elle est fondée.

Il est généralement reconnu, et il est, je crois , incontestable , que les maladies de tout genre sont dues à un changement dans l’action de nos organes; ce changement intime précède et produit toutes les aliérations de tissu ; en sorte que, à proprement parler, tout ce que nous appelons maladie est consécutif à ce changement. Mais, comme ce changement intime échappe à tous nos moyens d'invesligation, et comme nous ignorons même Ja structure naturelle des parties infiniment déliées dans lesquelles se passent ces premiers phénotmènes , la raison veut que celte première vérité reconnue, nous dirigions notre étude et notre observation vers les phénomènes appréciables.: C’est en suivant celte marche que la médecine a fait des progrès réels ; elle a rétrogradé toutes les fois qu’on a voulu la faire remonter vers les causes premières : ï premier vice de la théorie de l'irritation. LA

Un autre vice non moins remarquable, est de restreindre à deux modes ce changement d’acuon, qui.est la source de tous pos maux. Suivant M. Broussais , les stimulans ont été ou‘trop. forts ou trop faibles , et l’action des organes a été ou augmentée ou affaiblie : or, s’il était permis de raisonner sur une matière à la connaissance delaquelleil ne nous est pas donné de parvenir , je demanderais s’il n’est pas vraisemblable qu'outre cette diminution et cette augmentation d'énergie , il faut admettre une perversion d’action susceptible elle - même de se montrer sous des formes variées à l'infini. Si les eflets de ce changement primitif d'action se montrent avec des mo-

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On pourrait d’abord , comme le ait Sydenham (1}-J,2

répondre à Ceux qui raisonnent ainsi, que tous les actes de la nature sont enveloppés de la même -obscurité » €t que l’Intelligence qui a coordonné Punivers s’est réservé à elle seule la connaissance des ressorts qui en maintiennent l'harmonie ; mais en outre, comme le remarque ce célèbre praticien, ce n'est pas sur la connaissance des causes premières que repose la thérapeutique ; Mais bien sur lobservation et l'expérience » ui seules peuvent et doivent guider le médecin dans l'exercice de son art.

Nous aurions pu nous dispenser de faire un cha-

prire sur la nature des maladies > Pour arriver à ce:

résultat , qu’elle est inconnue, et qu'on doit même s abstenir de diriger vers ce but inaccessible d'impuissans efforts; mais il n'importe guère moins, dans l'étude des sciences, de signaler des erreurs dangereuses que de moñtrer des vérités utiles.

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difications sans nombre , comme le prouvent les altérations

organiques , infiniment variées > Qui ont lieu dans l’état de maladie , n’est - il pas naturel de groire que les causes qui nous échappent varient Comme les eflets qui tombent sous nos sens ?

Ces considérations me paraissent plus que suffisantes pour

démontrer combien sont incértains et fragiles les fondemens de la doctrine de l'irritation. Si c'était ici le lieu d'examiner ce système, là fausseté des conséquences nous fournirait de

nouvelles preuves de la fausselé du principe. . , (1) Opera omnia , tom. 1, pag. 66.

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