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lie font que développer ou augmenter. Aussi oï)serve-t-on, dans beaucoup d'épidémies, que les personnes qui habitent depuis peu de temps le lieu où elles régnent n'en sont point atteintes , et qu'elles frappent en particulier sur les anciens liabitans. Quelques médecins ont cru trouver, dans les alimens , dans les boissons , mais surtout dans les qualités sensibles de l'atmosphère , les causes de toutes les épidémies. D'autres ayant remarqué que les changemens qui surviennent quelquefois dans l'atmosphère , pendant le cours dé l'épidémie , n'ont pas toujours sur elle une influence marquée, en ont déduit cette conclusion, que les causes qui provoquent l'apparition des maladies régnantes et qui les entretiennent, ne consistent point dans les qualités appréciables de l'air. Ils ont été ainsi amenés a admettre dans ce fluide des qualités cachées , auxquelles ils attribuaient les maladies dont la production ne pouvait pas être expliquée par les changemens sensibles de l'atmosphère. De là est née la doctrine des causes occultes , admises sous des noms variés par beaucoup de médecins très-célèbres et très-judicieux , depuis Hippocrate jusqu'à Sydenham et Mertens,
Rien n'était plus propre à fournir des lumières sur cette question que les nombreuses constitutions médicales publiées depuis deux siècles. Il semblait qu'en comparant avec soin, pendant un grand nombre d'années, d'une part, les conditions variées de l'atmosphère et les autres causes morbifiques générales; de l'autre, les maladies qui se seraient développées sous leur influence (et tel est l'objet des
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constitutions médicales), on parviendrait à reconnaître un rapport constant entre les épidémies et les conditions dans lescjuelles elles se montrent. Toutefois, le résultat n'a point répondu à l'espoir, en apparence bien fondé, qu'avait donné ce genre de travail, soit que les constitutions médicales n'aient pas été convenablement observées et décrites , soit que les épidémies dépendent de causes qui échappent jusqu'ici à nos moyens d'investigation.
Sans prononcer d'une manière positive sur une question aussi obscure, nous ferons remarquer que, parmi les épidémies décrites jusqu'à ce jour , il en est quelques-unes dont les causes appréciables paraissent avoir été bien constatées : telles sont les épidémies de Lausanne, de Modèle; mais qu'il en est un bien plus grand nombre dont les causes sont restées inconnues malgré le soin extrême que beaucoup de médecins ont mis à indiquer toutes les circonstances qui ont précédé et accompagné leur développement.
Parmi les maladies qui attaquent à la fois un grand nombre de personnes, il en est quelquesunes qui sont dues à la contagion, et qu'il importe bien de ne pas confondre avec les autres, quoique la plupart des auteurs les aient comprises sous la dénomination commune de maladies épidémie qiies.
Il n'est pas toujours facile de déterminer si une maladie qui attaque à la fois un grand nombre de personnes est due aux causes prédisposantes générales; ou si elle dépend d'un principe conta-
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gieux. Il peut arriver (i) qu'une maladie soit réellement contagieuse et qu'elle paraisse simplement épidëmique , parce que la contagion ne frappe pas tous ceux qui s'exposent à son action , ou parce que les véhicules de la contagion et les principCvS contagieux étant presque infinis , la contagion atteint les personnes mêmes qui se croyaient hors de toute communication avec les malades. Et d'autre part , telle autre affection qu'on regarde comme contagieuse y parce qu'elle attaque des individus qui communiquent ensemble, peut être due aux influences ëpidémiques qui sont communes à tous. Ainsi lorsqu'on voit plusieurs des habitans d'une même maison tomber simultanément ou successivement malades , on soupçonne presque toujours la contagion ; et cependant , comme le remarque Ramazzini (2) , il est naturel que plusieurs individus , soumis d'une manière égale et depuis un temps pareil à l'influence des mêmes causes, soient atteints d'une affection semblable vers la même époque. C'est , comme Ta dit ingénieusement ce médecin célèbre^ une sorte de maturité qui survient dans l'économie , exposée depuis un certain temps à l'action des causes morbifiques.
Dans quelques cas , la difficulté d'écarter tout soupçon de communication nous empêche de nier avec certitude la contagion ; et dans d'aiitres nous ne pouvons admettre la contagion y parce que nous ne pouvons pas être sûrs que la maladie n'est
(1) ToMMASixi, Fièvre jaune,
(2) Epid. Modène.
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point clae à la constitulioii atmosphérique ou à quelque autre cause générale.
Plus le principe contagieux est volatil et sa transmission facile, plus l'obscurité est grande.
Une autre circonstance , qui rend encore la distinction plus difficile, c'est que la plupart des maladies contagieuses n'attaquent un très -grand nombre d'individus qu'autant que la contagion est favorisée par une constitution particulière de l'air alniospliérique ou par d'autres causes prédisposantes générales auxquelles on peut attribuer la maladie régnante. Enfin la contagion perd quelquefois son activité au bout d'un certain temps , et tous les faits qu'on observe alors disposent à croire que l'affection n'est point contagieuse. C'est ce qu'on a vu dans la plupart des maladies pestilentielles , dans le typhus et la fièvre jaune en particulier. Il serait même difficile de concevoir leur cessation graduée si l'on refusait d'admettre ce principe.
Il est néanmoins quelques circonstances propres à faire distinguer clairement les maladies contagieuses et épidémiques : telles sont X inoculatioji et V importation. Toutes les fols qu'une maladie peut être manifestement transmise d'un individu qui en est affecté l\ des personnes saines , et que cette transmission a été reconnue par des expériences répétées, la contagion ne peut plus être révoquée en doute. C'est ainsi qu'on a constaté d'une manière certaine la contagion de la variole et de la rougeole (i). L'importation est un autre moyen qui
(i) Linoculalioii de la rougeole a éle' praliqne'c par Hoinu.
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présente à-peu~près la même certitude. Lorsqu'une maladie n'est pas connue dans un pays et qu'elle vient à s'}^ développer tout-à-coup, si son apparition succède à l'arrivée de quelques étrangers qui en soient actuellement atteints ou récemment guéris, ou qui arrivent d'un lieu où elle règne , il est de toute évidence qu'elle est contagieuse. C'est ainsi que l'apparition de la variole, au cap de Bonne- Espérance, dans les lies Ferroë et dans plusieurs points de la Russie, oii elle était inconnue, démontrerait, au besoin , la contagion de cette maladie. Le développement delà scarlatine en Podolie (i) , tel que le rapporte Hildenbrand y en établit également la propriété contagieuse. L'importation de la peste et celle delà fièvre jaune me paraissent aussi ne laisser aucune incertitude sur la cause qui les produit. Nous ne parlons point ici de la syphilis et de la vaccine, qui^ exigeant un contact intime pour être transmises , ne peuvent être confondues avec les maladies épidémiques (2). Nous terminerons en
(i) Voici le fait rapporté à ce sujet par Hildenbrand , « Un habit noir que j'avais en visitant une malade attaquée de » scarlatine , et que je portai de Vienne en Podolie^ sans Fa- » voir mis depuis plus d'un an et demi;, me communiqua, dès » que je fus arrivé , cette maladie contagieuse^ que je répandis » ensuite dans cette province, où elle était jusqu'alors presque 3> inconnue. « {^Du Tjphus contagieux.)
(2) D'après l'opinion de plusieurs auteurs , appuyée de quelques monumens historiques, il semblerait prouvé que la maladie vénérienne aurait présenté, à l'époque où elle a paru, une contagion aussi facile que celle de la pesie et de la variole^ et qu'elle serait devenue par la suite de moins eu moins active.
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faisant remarquer que toutes les fois qu'il y a de l'incertitude sur la contagion , il est de la prudence du médecin d'agir comme si la contagion était démontrée. Il y a sans doute de graves inconvéniens à voir la contagion là où elle n'est point ; mais il y en a bien davantage à la méconnaître quand elle existe (i).
On a aussi distingué les maladies, relativement aux causes qui les produisent, en essentielles ^ primitives ^ idiopathiques ou protopathiques (2); et en sjmptoinatiques ^ secondaires ou deutéropathiques (5). Les premières sont celles qui résultent immédiatement des causes morbitiques; les secondes dépendent d'une autre affection, dont elles ne sont, à proprement parler, qu'un symptôme. Les liémorrhagies appartiennent tantôt à celles - ci , tantôt à celles-là. Elles sont essentielles quand elles ne sont liées à aucune lésion se?isihleàe l'organe qui en est le siège ; elles sont symptomatiques dans le scorbut et dans beaucoup d'affections organiques.
Il est quelquefois facile de reconnaître si une maladie est primitive ou secondaire: ainsi, dans le cancer de la matrice parvenu à un certain degré, l'écoulement, habituel ne peut pas en imposer pour
Aucune aulre afTeclion conlan;ieuse n\i ofïerl de chan'^emens analogues dans son mode de transmission.
(1) Ce inolif aurait pu nous suffire pour placer la fièvre jaune elle typhus parmi les maladies contagieuses^ lors même que nous n'eussions pas éie' persuade's, comme nous le sommes . de leur conlagion.
(2) nxOoç , maladie; t(îio; j propre j Trpwros, premier.
(3) llaOo;, maladie: dij-zr,')^^ secondaire.
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iiii catarrlie utérin, et les hémorrhag^Ies qui se montrent par intervalles ne peuvent pas être considérées comme primitives; mais il en est autrement lorsque la même maladie ne fait que commencer , et que le col de l'utérus n'offre pas encore la dureté et la déformation qui caractérisent la maladie.
Il est un certain nombre d'affections qui , quelque bien dessinées qu elles puissent être , sont essentielles suÎA^ant les uns , et symptomatiques suivant les autres : tels sont la courbure des os, leur ramollissement, que quelques médecins ont regardés comme des maladies primitives , tandis que d'autres y ont vu des affections secondaires , liées a l'existence des scropliules ; tels sont encore les ulcères des intestins dans la phthisie pulmonaire etMans les fièvres adynaniiques. La même dissension règne au sujet de toutes les fièvres dites essentielles et de plusieurs névroses. ^
Il est de la plus haute importance pour le médecin de bien distinguer les maladies idiopatliiques de celles qui sont symptomatiques : le prognostic et le traitement diffèrent souvent du tout au tout dans les unes et dans les autres. L'hémorrliagie essentielle est communément une affection bénigne , qui exige des moyens débilitans ; liiémorrhagie scorbutique réclame des remèdes tout opposés ; celle qui est liée à un cancer de l'estomac ou de l'utérus est au-dessus de toute ressource. On voit dans quelles erreurs serait entraîné celui qui confondrait ensemble des cas aussi différens , et combien il est indispensable au m.édecin de les dis-
tinguer.
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ARTICLE YI.
Du temps qui se passe entre V applicatloji des causes et le développement des maladies.
Il est un certain nombre de maladies qui sont produites au moment même oii agit la cause qui les détermine: c'est ce qu'on observe dans les contusions, dans les plaies , dans les fractures. L'inflammation qui résulte de l'application des rubéfians se manifeste ordinairement au bout d'un temps assez court, d'une heure , par exemple ; le virus vaccin ne commence à agir qu'au bout de trois jours; le rhumatisme, dit-on , ne survient, dans quelques cas, que douze ou quinze jours après l'impression du froid, qui parait en être une des causes déterminantes ; la syphilis ne s'est développée quelquefois que trois ou quatre semaines après le coït; et communément les premiers symptômes de la rage ne se montrent chez les adultes que quarante jours après la morsure.
Quelques auteurs ont nommé période d' incubation le temps qui s'écoule entre l'application des principes contagieux et leurs premiers effets sur l'économie.
Il est presque toujours impossible de mesurer exactement le temps depuis lequel ont agi les causes prédisposantes : quelques-unes de ces causes sont d'ailleurs inhérentes à la constitution de l'individu , commérage, le sexe, le tempérament, etc. Quant aux causes occasionelles , le développement de la maladie suit toujours immédiatement ou du moins de très-près leur application.
X OO i»HÉN0MÈI9ES