SECTION V
Sjmptôme s fournis par les fondions affectives.
Ces fonctions offrent, dans l'état de santé, la plus grande variété chez les divers individus.
L'état de maladie détermine presque toujours de la tristesse ou de l'impatience, de l'ennui ou de finquiétude ; le plus souvent même il produit simultanément ou successivement tous ces effets ; mais dans beaucoup de cas, les fonctions affectives sont dérangées d'une manière plus notable. Quelquefois elles sont exaltées ^ comme on le voit chez les hypochondrlaques : ces malades sont susceptibles à la fois d'un attachement ])lus fort et d'une haine plus profonde ; le moindre témoignage de bienveillance leur arrache des larmes de plaisir, et sur le plus léger indice, ils forment les plus noirs soupçons. Chez d'autres sujets, on observe une disposition inverse : ils sont dans une sorte d'indifférence sur leur propre sort , et sur celui des personnes qu'ils affectionnent le plus ; dans quelques cas même, et particulièrement dans les fièvres graves , dans la manie, la sensibilité morale est tout-
2o4 ^^s sympt6?.îes.
à-fait abolie. Ailleurs on observe une pen^ersion remarquable dans le caractère et les affections : ou voit les personnes les plus douces dans l'ëtat de santé , être acariâtres lorsqu'elles sont malades ; les hommes les plus impérieux et les plus obstinés devenir dociles ; les plus fermes , pusillanimes ; les plus timides, résignés et courageux. Cette observation n'a point échappé aux personnes étrangères h la médecine , et l'on dit vulgairement que les gens les plus doux en santé sont les plus mauvais malades. Le désordre des affections morales est plus marqué encore chez quelques individus, qui prennent en aversion leurs amis les plus intimes, leurs parens les plus proches , pendant tout le cours de leur maladie ou pendant une partie de sa durée : ce symptôme n'est point rare dans les fièvres ataxiques et dans la manie.