‹ Élémens de pathologie générale (volume 3)Chapitre 29 sur 62 · P. palpitant · texte numérisé non relu

P. palpitant

34. P. co«w«/.ç//': Tarière est tendue et se roidil comme une corde,

35. P. scrrin : Tarière frappe les doigts ine'galement comme une scie.

3G. P. ardent : s'e'lève en poinlC; el frappe promplement et forlement.

Les me'decins chinois , qui ont ^ à ce qu'on rapporte y la prétention de connaître le genre et la dure'e de la maladie par le seul examen du pouls, ont fait des variétés bien plus subtiles encore. Ils admeltent un pouls picolant comme le bec d'un oiseau 5 un autre semblable à des gouttes d'eau qui tombent par une fenle , ou à une grenouille eiuburrasbée dans Tlicrbe , et qui semble ne pouvoir ni avancer ni reculer j il^ ont aussi un pouls qui est pareil à Teau bouillante, un aulre qui est frélillant comme un poisson qui se plonge à chaque instant , puis remonte quelquefois assez lentement pour qu'on croie le tenir

par la queue {^Recherches Jiist. sur la Méd. des Chinois. )

Cet échantillon sulTil pour faire juger du reste. Le P. Lecomte remarque que les médecins chinois, avant de visiter un malade, ont soin de s'informer de tout ce qu'il éprouve; puis après avoir long-temps examiné le pouls , sans faire aucune question , ils débitent d'un air proj)héliquc tout ce qu'ils savaient d'avance.

Les pouls critiques seront énuméré.') à Tarticledcs crises.

tion. Toutes ces distinctions minutieuses de Vixrt sphjgmique ont été justement abandonnées.

Mais il n'importe pas seulement, pour le médecin y de n'admettre qu'un petit nombre d'altérations du pouls , telles que la vitesse, la grandeur, la du- 3 été , la fréquence ; il est au moins aussi nécessaire de ne reconnaître ces altérations que là où elles sont bien évidentes , que là où les reconnaîtrait tout médecin ayant des sens aptes à recevoir ces impressions, et habitués à les juger. Le pouls 31'est pas nécessairement faible ou fort , dur ou mou, petit ou grand; dans une multitude de cas il n'offre évidemment aucun de ces caractères. Kous n'insisterions pas sur une vérité aussi triviale si nous n'avions eu par nous - même mille occasions de nous convaincre qu'un grand nombre de médecins semblent l'avoir entièrement oubliée.

Les organes de la circulation artérielle fournissent encore quelques autres S3'mptômes : telle est leur dilatation ou leur rupture anévrysmLatique ; tels sont les battemens qui se font sentir, soit dans jces tumeurs , soit dans celles qui sont contiguës à ces vaisseaux sains ou malades ; telles sont encore leurs hémorrliagies souvent mortelles, leur dénudation , leurs plaies, leurs déchirures; telle est enfin leur ossification , qui est souvent manifeste pendant la tie chez les vieillards , dans les artères superficielles.

Les symptômes fournis par la circulation dans le système capillaire, les veines , etc. , sont beaucoup jnoins nombreux que ceux qu'on observe dans lai ciiculation artérielle.

DES SYMPTÔMES. sgB

C. La rougeur lleurie ou livide de la peau de tout le corps ou de quelque partie , les marbrures , les taches sanguines ou ecchymoses , la pâleur , les hémorrhagies spontanées, sont autant de phénomènes qui paraissent appartenir à la circulation capillaire.

Parmi ces phénomènes, les uns, tels que la couleur rouge lleurie de la peau, les hémorrhagies actives , co-existent presque toujours avec une augmentation apparente des forces : on les considère généralement comme étant dus a une action augmentée des vaisseaux capillaires. Les autres , tels que les marbrures, les taches livides, les hém^orrhagies passives qui se montrent ordinairement chez les individus affaiblis, sont attribués à la débilité du même système.

Les vaisseaux capillaires paraissent également fournir les ecchymoses qui succèdent aux contusions, et être le siège de certaines hémorrhagies iraumatiques , dans lesquelles le sang coule en nappe de la surface d'une plaie ; dans ces deux cas , l'hémorrhagie est due à la rupture ou à la section des vaisseaux capillaires , indépendamment de toute augmentation ou diminution dans leur mode d'agir.

Quelques auteurs ont pensé que le sang pouvait avoir, dans le système capillaire, une marche rétrograde. La j)âleur subite qui résulte d'une émotion vive ou de l'impression du froid ne pourrait pas être expliquée , selon Sprengel (i) , si Ton re-

(i) bi'utMiiïL, IUiLIl. gc/u'r.j pag. i/^j.

2Q6 des SYMPTÔ31ES.

fusait d'admettre que le sang rétrograde rapidement dans tous les vaisseaux artériels et \eineux; niais il suffit , pour concevoir ce phénomène , de supposer que le sang contenu dans les vaisseaux capillaires en est brusquement chassé , et que le sang artériel cesse momentanément d'y pénétrer , ou seulement qu'il y pénètre en quantité moindre.

D. La circulation veineuse présente quelques symptômes assez importans. Les veines de la surface du corps peuvent être distendues dans certaines affections , et particulièrement dans la pléthore : elles disparaissent , au contraire, dans le froid qui marque l'invasion des maladies aiguës et des accès de fièvre intermittente, La dilatation partielle des veines accompagne diverses maladies : on l'observe dans les congestions locales, chez les apoplectiques, par exemple , où les veines du cou sont souvent fort grosses ; on la rencontre également dans le voisinage des tumeurs cancéreuses, oii elle est ordinairement très-marquée; mais elle n'est nulle part aussi considérable que dans le cas où une tumeur comprime les veines qui rapportent le sang d'un membre. Cette dilatation des veines d^ toute une partie est un symptôme trèsimportant pour faire soupçonner fexistence de certaines tumeurs situées profondément dans le thorax ou l'abdomen.

La distension des veines, lorsqu'elle est permanente , amène par degrés l'affaiblissement de leurs parois , et leur donne une largeur considérable. Cette dilatation permanente constitue les varices , si fréquentes dans les vaisseaux superficiels des

DES SYMPTOMES.' SQy

jambes^ où la circulation ne se fait qu'avec dilficulte pendant la station.

Le sang veineux peut avoir un cours re'trograde, mais seulement dans quelques vaisseaux. Ce phénomène n'est point rare dans les veines jugulaires externes, chez les individus atteints d'un anévrysme des cavités droites du cœur. L'œil distingue^ à chaque contraction de ce viscère , le reflux du sang , dont les ondulations décroissantes remontent souvent jusqu'à la partie supérieure du cou. Il est encore une autre aflection dans laquelle le sang peut oiTrir dans les veines une marche rétrograde : c'e.st l'ancvrysme variqueux. Au moyen de la communication accidentelle établie entre deux vaisseaux contigus , le sang artériel passe en partie dans la veine, y produit des pulsations isochrones à celles des artères , et transmet au sang une impulsion opposée à son cours naturel.

La manière dont s'échappe le sang n'est pas la même dans les plaies des artères , des vaisseaux capillaires et des veines. Dans le premier cas , il sort avec force et par jets interrompus ; dans le second, \\ con\id en nappe ; dans le troisième, il forme une arcade continue, dont la force et le volume varient suivant plusieurs circonstances.

Un phénomène très-remarquable , est l'absence de tout écoulement sanguin dans certaines plaies des vaisseaux, et même dans celles des crosses branches artérielles et veineuses ; c'est ce qu'on observe dans les plaies par arrachement ou ])ar armes à feu , et plus particulièrement après l'ablation d'un membre par un projectile.

ZgS DES SYMPTÔMES.

E. Après avoir énumëré les principaux symptômes fournis parles organes de la circulation sanguine ^ il nous reste à dire quelque chose sur ceux que fournit le sang lui-même. Cet objet , si intéressant pour Fart, a été presque entièrement abandonné depuis la fin du dernier siècle , époque à laquelle les professeurs Parmentier et Dejeux publièrent le résultat de leurs expériences sur ce liquide, et où le célèbre auteur de la Nosographie philosophique sapa dans ses fondemens la doctrine surannée de riiumorisme. Depuis ce temps , la plupart des médecins , persuadés que le sang n'est susceptible d'aucune altération dans le corps vivant , ont négligé toiite espèce de recherches propres à éclairer cette importante question.

Toutefois le Mémoire des deux célèbres chimistes^ par cela même qu'il était en opposition avec l'ancienne doctrine, semblait plus propre à appeler l'attention des hommes sages sur l'objet de la discussion qu'à l'en éloigner; et s'il a produit un effet contraire, le tort en est, non pas à l'ouvrage, mais à la disposition des esprits à l'époque où il a paru. Ce n'est c[u'en se reportant à cette époque c[u'on peut concevoir l'influence qu'il a exercée sur l'opinion.

Son objet était de ((déterminer, d'après des dé- » couvertes modernes chimiques et par des expéyi riences exactes , la nature des altérations cjue le » sangéprouvedans les maladies inflammatoires, dans » les maladies fébriles putrides et dans le scorbut, » Les expériences furent faites, i"". sur le sang d'un jeune homme affecté de pneumonie i 2"". sur celui de

DES SYMPTÔMES. 2gg

trois individus offrant des symptômes de scorbut , joints a des signes de pléthore générale chez deux d'entre eux , et à une douleur de côté chez le troisième ; 5*^. sur le sang d'un certain nombre de malades atteints d'affections vaguement désignées sous le nom de fébriles putrides ^ dans plusieurs desquelles il n'est pas survenu de putridité.

Supposons un instant que les résultats des observations et des expériences faites sur ce petit nombre de malades aient tous été contraires à la doctrine précédemment admise, suiïisaient-ils pour la renverser? Non, sans aucun doute; et nous ne craignons pas dédire qu'une oj)inlon qui a traversé tant de siècles, tant de systèmes ou de théories souvent opposés , méritait qu'on l'examinât d'une autre manière avant de l'abandonner entièrement. Rien qu'une grande masse de faits , et de faits bien observés et bien décrits , ne devait la^ faire rejeter. Or, le Mémoire sur lequel on s'est fondé pour la proscrire ne contient qu'un seul fait, et ce fait est favorable à l'opinion qu'il combat. Les autres expériences entreprises dans des cas de scorbut exigeant la saignée, de maladies fébriles putrides dont plusieurs noni point eu ce caractère , n'offrent pas les conditions nécessaires pour servir de base à des conclusions ligoureuses.

Passons maintenant au résultat de ces expériences. 1°. L'analyse chimique n'a offert aucune différence entre le sang d'un péripneumonlqne et d'un scorbutique; mais, sans parler ici d'une sorte d'incertitude inhérente aux analyses chimiques qui donnent des résultats variés à mesure que la science

5oO DES SYMPTOMES.

fait quelques progrès, nous rappellerons qu'il est beaucoup de corps de la nature , et surtout de corps organises, qui sont très -distincts les uns des autres par leurs propriétés physiques et par leur action sur l'économie, bien que les réactifs chimiques n'y signalent aucune différence. Cette remarque, dont la vérité est de toute évidence , doit suffire pour mettre en garde contre l'application de la chimie aux corps organisés : le sang des scorbutiques et celui d'individus atteints d'une maladie inflammatoire peuvent offrir à l'analyse chimique des résultats semblables, bien qu'en réalité il puisse y avoir entre eux autant de différence qu'entre telle substance salubre et telle matière vénéneuse que la chimie ne distingue point Tune de l'autre , qu'entré le pus variolique et le pus d'un phlegmon, par exemple, qui sont cependant susceptibles de produire des effets très-différens sur l'économie. :2°. Quant aux propriétés physiques du sang, à sa consistance, à la formation de la couenne , MM. Parmentier et Dejeux ont observé qu'elles n'étaient pas constamment les ra.émes dans des affections semblables , et qu'elles étaient quelquefois pareilles dans des maladies opposées. Si l'on se rappelle la manière peu précise dont les maladies ont été caractérisées dans ce Mémoire , on devra être , au moins , très-réservé sur les conclusions qu'on peut déduire de ces résultats.

Nous n'avons point eu d'autre but ^ en paraissant attaquer ce Mémoire , que de combattre les conséquences qu'on en a tirées, et qui sellaient peut-être désavouées par les auteurs eux-mêmes. Ils ont ^

DES SYMPTO:,ÎES.~ 001

avec raison , appelé le doute sur une opinion qu'on n'avait point assez pesée avant eux , et ils ne sont pas responsables d'erreurs qu'ils n'ont point enseignées. Nous n'avons pas non plus prétendu soutenir l'opinion contraire à celle qu'ils ont émise ; nous nous sommes seulement proposé de ramener la question à ce qu'elle doit être , et d'appeler l'attention des bons observateurs sur un objet trop légèrement abandonné. En attendant que de nouveaux faits aient répandu plus de jour sur ce point obscur de la pathologie, nous exposerons ce qu'il olFre dte moins incertain.

Tant que le sang circule dans ses vaisseaux, il échappe à nos sens , et ne peut être l'objet d'aucun examen ; c'est seulement lorsqu'il s'écoule au dehors que ses qualités physiques peuvent être étudiées.

Il est rare qu'on puisse bien apprécier les qualités du sang dans les hémorrhagies spontanées. Ce liquide , en s'écoulant goutte à goûte, se coagule ])ar petites masses , et dès-lors on ne peut apprécier que sa couleur et sa consistance : encore arrive - t - il souvent qu'il est mêlé à des matières qui rendent ce jugement difïicile. Ce n'est guère que dans les saignées, où une certaine quantité de ce liquide sort ra])idement d'un vaisseau de moyen diamètre , qu'on peut apprécier toutes ses qualités. — La force avec laquelle le sang s'échappe dans l'opération de la phlébotomic mérite quelque attention , surtout dans ses deux extrêmes. — Le prétendu bruit qu'il fait en sortant de la veine, et la quantité d'écume

5o2 CES symptômes;

dont il se couvre en tombant dans la palette, n'eïî méritent aucune. — Sa couleur ne peut être bien connue qu'au moment où il coule ; son contact avec l'air, et surtout la séparation qui s'opère entre ses différentes parties , y produisent plus tard des changemens toujours marqués. Il est plus rouge dans ies maladies inflammatoires que dans les affections adynaraiques et le scorbut , où il est noirâtre , que dans les maladies de langueur, comme la chlorose et riiydropisie, où il est généralement plus pâle. Quelques médecins assurent avoir observé, au moment où il sort de la veine , une odeur fétide du sang chez des sujets atteints de fièvres putrides; mais de telles assertions ont besoin d'être confirmées.

Le sang, mis en repos pendant quelques heures, se sépare ordinairement en deux parties^ le sérum et Viusula ou caillot. La proportion varie, entre le caillot et la sérosité ^ à raison de diverses circonstances, dont quelques-unes seulement nous sont connues. En, général, au début des fièvres inflam^ matoires et des phlegmasies, le sérum est peu abondant , quelquefois même il manque entièrement ; mais dans le cours ultérieur de la maladie, on voit, dans la plupart des cas, le caillot devenir proportionnément plus petit et le sérum plus copieux , à mesure qu'on répète un plus grand nombre de fois la saignée ; quelquefois aussi une partie du sérum reste dans le caillot, comme l'ont constaté MM. Parmejitier et Dey eux y et ce n'est qu'en le déchirant qu'on peut l'exprimer.

La sérosité devient jaunâtre ou verdâtre dans diverses affections. Elle offre une couleur jaune très-

marquée chez les sujets atteints de fièvre bilieuse, et plus prononcée encore chez les ictériques. Cette partie ilu sang a jusqu'ici beaucoup moins attiré 1 attention des médecins que le caillot.

Celui - ci présente des variétés relatives à sa forme, à sa consistance et h l'aspect particulier de sa surface. lia ordinairement la forme du vase dans lequel on reçoit le sang, celle d'un disque dont la iace supérieure est plate, tandis que l'inférieure est convexe. Dans quelques cas, su face supérieure devient concave par le renversement de ses bords: on dit alors qu'il est en champignon : c'est particulièrement lorsque le caillot est petit qu'il présente cette forme; c'est prescjue toujours aussi dans la deuxième période des inllaniinalions et après que la saignée a été répétée plusieurs fois. On attache beaucoup d'importance à la consistance du caillot. Il est généralement plus ferme dans les maladies inilammatoires, plus mou dans les autres affections A une éjioque oi. l'on employait la saignée dans le scorbut et les maladies réellement «dynamiques on a reconnu qu'il était presque constamment aune mollesse remarquable, et cette observation est confirmée de nos jours par la nature du sang qui s écoule s|)onlanémeiit dans ces alfections.

La surface du caillot n'a pas ordinairement le même aspect que le reste de sa masse ; elle est d une couleur et même d'une nature différentes, «lans une épaisseur plus ou moins considérable. Dans 1 état de santé, et dans plusieurs maladies cette surface offre seulement une couleur rosée ou vermeille, dans une épaisseur d'une demi-ligne

5o4 I>ES SYMPTOMES r '

OU d'une ligne. Dans les intlamniations , et particulièrement dans celles qui durent depuis plusieurs jours , le sang se couvre presque constamment d'une croûte plus ou moins épaisse et solide , souvent lardacëe , à laquelle on a donné le nom de couenne in^ Jlammatoire incrusta injlammatorla) , Cette couenne est si fréquente dans les plileguiasies de la poitrine, que beaucoup d'auteurs l'ont désignée sous le noiu de couenne pleuréti que (crusta pleuritica); on la trouve moins souvent dans la plétliore et la fièvre inflammatoire sans phlegmasie locale; on ne la rencontre que très-rarement dans les autres maladies.

Cette couenne est généralement d'autant plus épaisse et plus ferme que l'inflammation est plus vive et le sujet plus robuste. Sa couleur est presque toujours d'unblancgrisâtre: elleparaîtrosée lorsqu'elle est mince , et jaune lorsque la sérosité qui la surnage présente cette couleur. La pression qu'exerce sur elle un instrument qui la soulève en fait suinter des gouttelettes d'une sérosité qui semble être enveloppée par un réseau très-délié.

* Telles sont les principales altérations fournies par le sang chez l'homme malade; ces altérations , nous le répétons , ne sont pas constantes : elles ont lieu seulement dans la plupart des cas. Ici , plus encore qu'ailleurs, la règle générale offre des exceptions nombreuses.

§ IL Circulation de la Ijmplie. — Il est rarement possible d'apprécier les phénomènes qui se passent dans les vaisseaux lymphatiques. La rougeur qui survient dans quelques cas sur leur trajet ^ les no-

DES SYMPTOMES. !^o5

dosltes qui s'y forment , peuvent faire souj3çonner quelque changement dans leur dlspositlou naturelle ; mais on n'est pas bien certain que ces A aisseaux soient réellement le siège des phénomènes qu'on observe albrs.

Les glandes lymphatiques qui concourent avec les vaisseaux du même nom à la circulation et à l'élaboration de la lymphe, présentent des symptômes moins obscurs. Leur volume au<2;mente dans quelques circonstances et leur sensibilité devient ])lus vive. Cet elfet a lieu particulièrement lorsqu'un virus ou quelque substance acre est ap- ])liquée sur les jiarties d'oii naissent les vaisseaux lymphatiques ([ui se rendent dans ces glandes. On l'observe aussi dans l)eaucoup d'afTcctions cutanées y comme les dartres , la teigne , l'érysipèlc : rengorgement chroni({ue do ces glandes accompagne les scrojjhules , le cancer , etc. Un symptôme particulier que présentent les glandes lymjjhatiques à la suite de la suppuration, ou des l)h\ssures de leur tissu , est un écoulement de lymphe incolore , f[ui persiste quel([ucfo;s pendant un temps fort long, comme on Ta observé à la suite de quelques inllammations syphiliticiues des "landes iniiuinales.

Quelques médecins ont admis le cours rétrograde d(; la lymphe pour expliquer comment certaines boissons ])euvent ])asser ra|)idement de l'estomac dans la vessie; mais celte hypothèse fùt-elle d'ailleurs satisfaisante , jamais le besoin d'expliquer ne devra f-ire admettre des phénomènes de pure suppositioii, surtout quand ces [)hénomèncs sont en-

5o6 DES SYMPTOMES.

tièi enient opposes à ce qu'on sait, de plus positif sur le même objet.

Quant aux altérations de la lymphe, son épaississement, son acrimonie, etc., ils n'ont jamais été ni pu être constatés d'une manière précise : le raisonnement nous porte à croire que ce fluide est susceptible, comme toutes les autres parties du corps, de certains clian£!;emen>; mais jusqu'ici ces cîiangemens ne sont point appréciables à nos sens.

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