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C. Exhalations artificielles

Quant aux exhalations artificielles , elles sont ^ sous le rapport de h\ syraptoniatologie, d'une moin- • dre importance que les autres. Cependant il n'est pas indiirërcnt pour le médecin de connaître la quantité et la qualité du pus fourni par les cautères , les vésicatoires , les moxas ou les sétons ; l'aspect de la surface exhalante mérite aussi une attention spéciale.

Dans les maladies où les forces se soutiennent , le pus des exutoires est en certaine quantité; il offre de la consistance, il est homogène, et son odeur n'est pas repoussante : la surface qui le fournit offre une couleur rosée ou rouge ; la sensibilité y est vive , sans être portée à un degré extrême. Dans les maladies qui marchent vers une terminaison funeste, le pus est presque toujours séreux ou d'une consistance inégale ; il est quelquefois mêlé de sang, et son odeur est souvent d'une fétidité extrême : la surface exhalante est pâle ou livide, quel-^ quefois ecchymosée ou noire; tantôt elle est insensible , tantôt le moindre contact y provoque des douleurs atroces. Lorsque les exutoires existent avant la maladie , il arrive souvent qu'ils se dessèchent peu de jours avant son développement, ou que la matière qu'ils exhalent offre des changemens :|:emarquables.

DES StMPTOMES. $27

§ II. Sécrétions proptrmeiît dites.

Dans rétat de santé, les sécrétions concourent, avec les exhalations , à maintenir réqullibre général > les premières augmentent lorsque les Secondes diminuent, et réciproc[uement. Dans l'état de maladie, cet ordre est quel([ucf()is conservé , mais ailleurs il est interverti , et I (►n voit les unes et les autres simultanément a\i£:;mentées ou diminuées. Dans la fièvre tahide observée à INaples par Cotiigno, il yavaitàla fois sueurs conllmielles, de% voiement , et flux copieux de furine. Dans la première et la seconde période de beaucoup de maladirs algues, les sécrétions et les exhalations sonten mrme temps suspendues ; la peau est sèche , le ventre serré , fm nu est rendue en petite qur.t titc.

Indépendamment de ce trouble général , on ol)serve , dans les diverses sécrétions en ])artitulier , des changemcns que nous allons exposer.

1". hcs lit rmcs , dans l'état de santé, sont sé^ Crétées en ])rQportion telle, que l'œil et les paupières sont humectés , et (ju'il ne s*écoule aucun liquide sur les joncs. Dans quelques circonstances, par reflet d'alfecllons morales vives , ])ar l'im- ])ression d'un vent très-froid sur la figure, etc., les larmes sont sécrétées en plus grande abondance ; elles roulent, comme on dit , dans les yeux, ou même elles coul<*nt sur le visage. — C\\v/. l'hounne malade, la sécrétion des larmes est rarement diminuée ; elle augmente dans cjuehpu's fièvres ataxl-

UQeS . et T)bls fténiu-nimciil d.iiis rii\ trri- ' ^'

mélancolie (i). Dans quelques cas , elles paraissent altcre'es dans leur nature, elles sont plus acres, au moins à en juger par l'efTet qu'elles produisent sur 3a peau des joues, où leur passage est marqué par des excoriations.

2°. La sécrétion de la salii'e , chez l'homme sain , est abondante pendant les repas; elle diminue et son excrétion cesse presque entièrement pendant l'intervalle qui les sépare , à moins qu'elle ne soit excitée par l'imagination ou parla mastication , etc. — Dans l'état de maladie , la sécrétion de la salive augmente quelquefois à un point considérable, soit par l'eiret de la maladie elle-même, comme dans les affections hystériques , soit par l'efTet des remèdes propres à la combattre, comme par l'emploi du mercure dans le traitement des maladies vénériennes. Oa désigne cet écoulement abondant de salive sous le nom de salivation ou de pt)'alisjne(2) ( salivatio , ptyalismus ) ; il est ordinairement accompagné de gonflement des gencives , des joues, de la langue , et de la région parotidienne. — La sécrétion de la salive paraît diminuée dans beaucoup de maladies aiguës , où la bouche est habituellement sèche. Elle paraît être altérée dans quelques névroses , où elle devient acre et brûlante ; dang

(i) L'écoulement des larmes sur la joue n'indique pas toujours une augmentation dans leur sécrétion. L'inertie des points et des conduits lacrymaux, Tobstruction du sac lacryîvial ou du canal nasal , ceriaines maladies des paupières , peuvent aussi produire le larmoiement.

(a) nT'>>«>i«rtxèç ; de TTTvw ; je crache.

DFS SYMPTOMES. 5^9

queUjiics maladies de la vessie , oii elle ofTre une saveur urlneuse ;\ dans riiydrophoLic enfin , où elle senihle acquérir la propriété contagieuse. Son excrétion devient difliclle ou impossible ;, par l'obstruction ou l'oblitération des conduits excréteurs. Ce liquide peut s'écouler à l'extérieur dans les cas de plaie ou de fistule des conduits ou des glandes elles-mêmes.

5°. La sécrétion et Texcrétion de la bile, chez 1 homme sain, ont lieu sans aucun phénomène apparent; la situation des organes biliaires ne permet pas de suivre les changemens qu'elles peuvent oiFrir. Il en est à-peu-près de même dans l'état de maladie; l'ouverture des ciidavres fait souvent reconnaître dans ce liquide lui-même et dans la dis- ])Osition de ses conduits excréteurs , des lésions qu'on n'avait pas même soupçonnées pendant la vie. Il est néanmoins plusieurs affections dans lesquelles on peut les apprécier. Dans le choléra- }iiorbus, j)ar exemple, et dans quelques llux de bile beaucoup moins graves, la sécrétion de ce rK[uide est manifestement augmentée; tout porte à croire qu'elle est diminuée, ou du moins très-altérée dans riiépatite, dans la cirrhose, dans la dégénérescence iiralsseuse du foie : mais cette dlminution et cette altération sont fort difficiles à constater pendant la vie, et restent quchjucfols même incertaines après l'examen cadavérique. Il est plus facile de reconnaître la suj)pression complète de rexcrétion biliaire : toutes les fois qu'(;lle a lieu , quelle que soit la cause cjui la produise, les matièrcs alvincs perdent leur couleur nalurcUc; de-

viennent grisâtres; en même temps les autres fluides excrètes , et spécialement l'urine , prennent la couleur de la bile, qui se trouve aussi répandue sur toute la peau, et qui existe profondément dans tous les solides à un degré variable. L'analyse chimique a fait reconnaître dans l'urine et dans le sé^ rum du sang de ces sujets les matériaux de la bile. L'analyse des tissus solides donnerait sans doute le même résultat si elle était faite avec l'exactitiulc convenable. Il resterait encore une question imjiortante à examiner : y a-t-il absorj)tion de la bile sécrétée dans le foie ; ou bien ses matériaux deviennent-ils plus manifestes dans la masse du sang, parce qu'ils n'en sont plus séparés ? C'est ce qu'il n'a pas été possible de décider jusqu'ici.

4"". Quelque obscurs que soient les changemens qui surviennent dans la sécrétion de la bile, ceux que la maladie apporte dans la sécrétion du suc pan-' créatique le sont bien davantage encore. Y a-t-il augmentation de cette sécrétion dans certains flux aqueux des intestins, dans la diarrhée séreuse, par exemple ? Le ptyalisme qui survient dans certaines affections abdominales indique-t-il, comme on l'a prétendu , que la sécrétion du iluide pancréatique est diminuée ou supprimée ? Dans l'état actuel de la science, il n'est pas possible de résoudre ce» questions,

5°. La sécrétion de Y urine est une des plus importantes, soit à raison de la quantité du liquide, soit parce que ses altérations sont facilement ap-^ préclées. Chez l'homme sain, la quantité de l'urine est à-peu-près la même chaque jour; toutefois elle

Diigmenlc ou dlinlnuc à raison de l'abondance des autres excrétions, de la boisson, des alimens, et des \niiations de la température , etc. — Au moment où elle est excrétée , l'urine est chaude, transparente, citrine, légèrement acide; son odeur est forte, sans fétidité. Souvent elle se trouble en se refroidissant, et reprend sa transparence après que les matières suspendues sont j)rècipitees ; au ])()iit de deux ou trois jours, elle devient ammoniacale et fétide. Certaines substances altèrent, d'une manière trèsremarquable, sa couleur et son odeur: elle est noire chez ceux cpii lont usage de la casse ou des ])rèj)arations martiales; 1rs ])()nlllnns d'oseille, la racine de fraisin- et la garance la reiulent rouce ; la

terrbcntliinr lui donne une odeur de violette, et les asperges lui communiquent une fétidité insup- ])ortable; elle est souvent trouble ])cndant le cours de la gestation.

Dans l'état de maladie, l'excrétion de l'urine et ce liquide lui-même offrent des changemens importans.

L'excrétion de l'urine peut être douloureuse, Comme dans la blennorrhagie ; si elle est difficile, comme dans le rétrécissement du canal de l'urètre, ccbihi fhsuric (cljsuria) (i); si elle coule goutte h goutte, c'est la strcin'^iiric. (strrwguria) (2), synqitomc qui accompagne assez fréquemment le catarrhe vésical ; si l'excrétion est im[>nsslble, c'est

YiscJmric {ischuna) , ou rétention d'urinr(^)) ; s'il ■ iii , ■■1^1.

(1) Aj<you|>îa; o\; , (lillicilemenl ; ov|iov, urme. ('i) Zrpyyou^îa; <rrpy.yÇ, gOUlle^ oùpov , urillC.

' >: l7/'y) , je rclictis ; ovr-ov . urinr.

5j2 des SYMPTOMES.

existe un besoin continuel et douloureux d'uriner, et si l'urine est excrétée en très-petite quantité à la fois, et avec un sentiment d'ardeur, c'est le ténesme njcsical. — L'excrétion a lieu quelquefois involontairement, comme on l'observe dans certaines affections spasmodiques delà vessie, où elle s'opère à l'instant même où le besoin se fait sentir, et malgré les efforts du malade pour la retarder : dans d'autres cas où l'excrétion de l'urine est involontaire, le malade n'en a même pas la conscience, comme cela arrive dans diverses maladies accompagnées de délire. — Il est d'autres cas dans lesquels l'urine, au lieu d'être excrétée par intervalles et en certaine quantité , coule goutte à goutte et sans interruption : c'est ce qu'on nomme mcoTitinejice d'urine. Le plus souvent l'urine ne s'écoule de cette manière que quand la vessie a acquis toute la distension dont elle est susceptible : on dit alors que l'excrétion a lieu par regorgement, — Dans d'autres cas, 1 urine coule à jets interrompus : son excrétion cesse tout-î\-coup , et recommence plusieurs fois avant d'être complète; on observe fréquemment ce symptôme lorsqu'un calcul est contenu dans la vessie ; on l'a vu plusieurs fois aussi dans des affections spasmodiques, — L'excrétion de l'urine est encore sujette, chez l'homme malade, à des déviations. On a vu quelques personnes rendre l'urine par le rectum , par l'ombilic , par des ouvertures accidentelles formées au périnée, au scrotum, sous la verge ou à Thypogastre. Les auteurs ont encore parlé de déviations de l'urine plus singulières : tels sont la salivation , les sueurs et les vomissemens

m:s SYMPTOMES. 5jj

urineux ; tel est le fait plus extraordinaire encore de Boerhaave , qui a cru trouver de l'urine dans les ventricules cérébraux. Ces dernières observations ne sauraient être adniises.avec confiance; en supposant que ces liquides eussent l'odeur et la couleur mineuses , il est plus que douteux que ce fût véritablement de l'urine.

L'urine, considérée en elle-même, présente, chez riiomme malade , de nombreuses diflérences : sa iiucmtilc i\\x'^n\Q\\\.G quelquefois au déclin des maladies; elle est excessive dans le diabètes : souvent elle diminue dans Tliydropisie , et sa sécrétion est entiè-^ rement suj)primée dans l'inllammation des reins.

— Elle peut être conq>lètemcnt altérée dans sa nature, comme on l'observe dans le (lux suci'é.

— Elle devient confagieuse dans la blennorrliâ^ic, comme Mcrtens , Astruc et Chaiissicr en ont rapporté des exemples. —Elle est incolore dans la p!u- ])arteles affections nerveuses, blanche dans diverses maladies, comme le croup et les scrophules chez les cnfans , la goutte chez les adultes ; elle est souvent citrine au déhut des maladies aiguës , jaune dans les fièvres bilieuses, safranée dans l'ictère, orangée dans diverses phlegmasies, rouge dans la fièvre inflammatoire, brune ou noire dans plusieurs maladies mortelles. Elle peut, quelle que soit sa couleur , être trans|jarente ou trouble. L'urine transparente est celle qui conserve sa diaphaiic-ité ou la rej)rend a|)rès l'avoir momentanément perdue en se refroidissant; l'urine trouble est celle qui reste telle , et ne redevient pas transparente par lu précipitation des matières qui y sont suspendues.

554 ^^^ symptômes;

On nomme jurticnteiise (i) celle qui est troiiMe et qui contient en même temps des corpuscules ou des flocons opaques qui y nagent ; quelquefois elle est trouble a Tinstant même où elle est excrétée. — Sa consistance olTre aussi quelques variétés : l'urine téîiue est pale et îujueuse ; on nomme huileuse celle qui oflVe une couleur foncée et une sorte de viscosité.— \j^ odeur àe l'urine devient ammoniacale dans le catarrhe chronique de la vessie; dans les lièvres adynamiques et dans quelques autres alï'ections , elle exhale une odeur de marée. — Dans beaucoup de maladies aiguës, elle dllFère d'un jour à l'autre , sous le rapport de la couleur, de la transparence, des dépôts, etc. : c'est l'urine variable. — Dans quel" ques inflammations gangreneuses, l'urine est presque, froide au moment oii elle est excrétée. — Diverses matières peuvent aussi se mêler a ce liquide : on y trouve du mucus en grande proportion dans le catarrhe chronique de la vessie ; CJiopart l'a vu former la moitié du liquide excrété. On y distingue du pus qui se dépose par le refroidissement, et qui peut provenir de tous les points des voies urinaires , et même, au rapport de quelqu^es auteurs , d'organes très-éloignés. Le sang qui est mêlé à l'urine peut venir des reins, de la vessie, ou du canal de l'urètre; il vient quelquefois des uretères, lorsque des calculs qui se sont engagés dans ces conduits en ont déchiré la membrane interne. — L'urine présente encore, dans certaines inflammations de la

(i) Jamentum y béte de charge; urine qui ressemble à celle des mulets, des chevaux, elc.

t)ES SYMPTOJIES." t-C

Tessie, des Huisses membranes pks ou moins éteu- (lues, et, dans quelques aHections organiques des voies unnaires, des caroncules roussàtres ou noires. Wle peut contenir une sorte de sable très-fin ou même des calculs du volume d'un pois. Quelquefois aussi l'on y rencontre des substances cmi ne viennent pas des voies urinaires; par exemple, Jorsqu ,1 s établit une communication entre la vessie et un intestin , l'urine contient des maticrcs fécales • ■ I peut même sechapper des vents ,,ar le canal dé J urètre; des vers se sont quelquefois introduits de cette manière dans les voies urinaires, et ont été e.cretes avec ce liquide. Dans queicp.es ntreetions, mais le plus souvent par une mauvaise conformation pnm.tive on a vu l'urine contenir du sperme, qui avait rellue dans la vessie pendant l'éjaculation. Enfin on y rencon.re des corps étrangers venus du dehors , soit qu ils aient pénétré par une plaie, so.t quils aient été introduits par le canal de 1 urètre.

L'urine, abandonnée à elle-même, ne conserve ps ordinairement cette liomo^onéilé qu'elle offre au moment de l'excrétion,- plusieurs des élémens qu. la constituent se séparent de sa masse et forment des pellicules, des dépôts et des suspensions variées. Tour bien apprécier les chanc-emens qui surviennent dans ce liquide, il faut qu'il soit reeu dans un vase transparent au moment même où'il est excrète, et qu'.l .este ensuite en repos pendant cinq ou siï heures au moins.

On >iom,ne pellicule , crâmc ovl couronne (urinœ c'^ona, cremor) , une sorte de membrane toujours

très-mince qui se forme sur T urine : on Va. particulièrement observée clans les fièvres hectiques.

La suspension qui se montre dans l'urine quelques heures après l'excrétion est de deux sortes : l'une, qui s'élève jusqu'à la partie supérieure du liquide, est le Jiiiage (^nubecula , iiuhes); l'autre, qui descend jusqu'au fond, est V énéorêine (enœorenia] (i). Dans quelques cas aussi l'on voit dans l'urine une suspension moyenne qui n'est pas plus voisine de la surface que du fond , et C[ui n'a pas reçu de nom particulier. L'urine offre ces diverses suspensions dans la plupart des maladies aiguës. Au rapj)ort dos auteurs , li suspension s'éloigne ou se rapproche du fond du vase, selon que la maladie est plus ou moins éloignée de sa terminaison ;mais cette assertion générale olTre des exceptions sans nombre.

Le dépôt , qu'on nomme aussi sédiment ou hj^pO" stase (^sedimentum, hjpostasis) (2)^ est produit par les substances les plus lourdes, qui se réunissent au fond du vase et forment une couche plus ou moins épaisse. Le sédiment ne se montre ordinairem.ent que vers le déclin des maladies aiguës. 11 n'a pas toujours lieu à cette époque, mais il est assez rare qu'on l'observe à une autre. Il ne se dépose pas seulement à la partie la plus déclive du vase qui a reçu l'urine ; il forme souvent sur ses parois latérales un enduit mince, mais assez marqué pour donner au liquide un aspect trouble, qui disparaît quand on incline le verre : alors on voit d'un côté,

(l) Eva:ojo7îpia ; deatwpiw, j'élève.

(a) YTvôi^affeç / de vtto^^.w, je suis dessous.

DÈS SYMPÎÔSÎES^;' 35/

de Turiiié parfaitement transparente au-dessus du dépôt, et de l'autre, le dépôt seul formant une couche opaque sur les parois du vase. La couleur du sédiment est ordinairement blanchâtre ou grise ; assez fréquemment il est rosacé ou hriqiieté ( sedi-^ mcntum laieritium) , c'est-à-dire semblable à de la brique pilée. 11 est quelquefois brun ou noir dans l'ictère et dans quelques maladies aii^uës mortelles; dans quel({ues cas extrêmement rares, il a oHért Une couleur verte ou bleue. Le sédiment a le plufi souvent l'apparence de poussière, de farine ou de son grossièrement moulu : c'est le sédimenty«r/i^racé {sedimcutuni furjuriicciun) (i). D'autres fois il est formé \m\' une matière muqueuse, ([m taiitôt est réunie en llocons, et tantôt est rassemblée au fond (iu vase en une couche égale et demi-transparente : c'est le sédiment miiqueux. On désigne pai^ réj)ithètede sahlonneux ou graveleiijc (sed. are-' jiosiLiu) celui ([ui contient du sable ou des graviers^ Le sédiment pundcjit est celui qui est formé pat* du j)us, etc.

Après avoir successivement examiné les principaux jdiénomènes morbides ([ue peuvent présenter^ les sécrétions , il nous reste encore à dire quelques mots de certains dérangemcns (ju'olFrent les excré^ tions, inthipendannnent de toute espèce de trou-* ble dans les sécrétions elles-mêmes.

Parmi les excrétions, les unes, comniè on le saity ^ont, clans l'état sain, sous l'empire de la volonté } les autre» en sont indépendantes : quelques-aned.#

r; Fiirfur , scnv

BT)S DES SYMPTÔMES.

comme celles de riirliie, et jusqu'à un certain pomt celle de la i^iive , appartiennent à ces deux ordres : dans la première partie de son trajet, le liquide sécrété n'est nullement sous l'influence de la volonté , tandis que dans la seconde il y est enticremeiii; soumis.

Les excrétions qui sont sous l'influence de la Toionté sont les seules qui oifrent quelque chose de spécial et dont il doive être ici question. Ces excrétions peuvent devenir , dans l'état de lïîaL'idie , plus fréquentes ou plus rares ; elles peuvent exiger des ellorts considérables ou avoir lieu trop facilement; elles peuvent s'opérer sans le secours de la volonté, comme on l'observe dans beaucoup de maladies graves; il peut arriver aussi que la volonté ne puisse pas les provoquer , comme cela a lieu dans la rétention d'urine et dans l'occlusion du rectum par ùesjœces endurcies; quelquefois le besoin d'excréter est continuel, douloureux, presque inutile, comme on l'observe dans le ténesme du rectum ou de la vessie. Nous ne devons que rappeler ici ces phénomènes, qui déjà ont été exposés , et nous attacher à ceux qui ne pouvaient point l'être ailleurs : tels sont en particulier ceux qui dépendent de Focclusion des conduits excréteurs.

Les causes qui produisent rocclusion de ces conduits sont très- variées : elles peuvent néanmoins être rapportées toutes à deux ordres. Tantôt le conduit est bouché par un obstacle contenu dans sa cavité, par un calcul, par exemple; tantôt ses parois sont rapprochées et sa cavité efi'acée par une

DÈS SYMPTOMES. SjQ

compression extérieure, par une tnmenr qui appuie sur lui. Cette occlusion a plusieurs elï'ets : i". l'excrétion tlu liquide est suppriaiëe. Cette suppression est quelquefois cliiîicile à constiiter pendant la vie, soit parce que les organes sécréteurs sont doubles comme ceux de l'urine, soit parce <[ue leurs fonctions ne sont pas très- importantes ou qu'ils ont des auxiliaires; mais lorsqu'ils sont uniques et très- niiportans , comme l'organe sécréteur de la bile, l'interruption du cours de ce liquide se montre très-promptement par des phénomènes remarquables , tels que la couleur jaune de la peau et de l'urine, la décoloration des matières fécales. 2°. Un autre effet qui résulte de cette occlusion est la distension du conduit , depuis son origine jusqu'à l'obstacle, et au bout li'un certain temps le rétrécissem^ènt de ce même conduit , depuis l'obstacle juscju'à sa terminaison. Cette distension est manifeste dans le canal de Stenon , dans les conduits déférens , dans le sac lacrymal ; elle échappe pendant la vie à nos moyens d'observation quand l'organe est situé profondément, comme le foie^ le rein , le pancréas. 3". La distension progressive des conduits par le liquide qui y est versé sans cesse , représente une force C[ui tend à surmonter l'obstacle qui produit l'occlusion , à soulever, par conséquent, la tumeur qui presse sur le conduit, ou h pousser en avant le corps étranger qui y est contenu. Dans ce dernier cas , la distension même du conduit jusqu'au calcul semble devoir en favoriser la progression ; car il est difficile de supposer qu'étant

aussi conslderaLle au niveau du calcul ; elle ne s*e-* tende pas un peu au-delà.

SECTION YI.

Des Symptômes fournis par les absorptions.

Nous Tenons d'exposer les principaux desordres cpie peuvent oH'rir les sécrétions et les excrétions; il nous reste à parler de ceux que présentent les diverses absorptions

Nous ferons d'abord remarquer que dans lui assez grand nombre de cas les troubles de Ffibsorption se confondent avec ceux de l'exhalation; le même phénomène, en elfet , l'accumulation de sérosité y par exemple , dans la plèvre ou dans le péritoine , ]>eut être également le résultat d'une diminution survenue dans l'absorption y et d'une cugmentation dans l'exhalation.

11 est, toutefois, un certain nombre de cas dans lesquels il est impossible de ne pas attribuer à l'absorption les phénomènes qu'on ob&erve : leîs sont^ entr'autres, la disparition lente ou rapide du pus amassé dans un bubon , du sang extravasé sous la peau par suite d'une contusion, de la sérosité accumulée dans le tissu lamineux ou dans une membrane séreuse. L'ulcération primitive, celle des tégumens en particulier, est encore regardée par un certain nomlire de médecins comme le résultat d'une absorption morbide qui agit sur les solides eux-mêmes^ et entraîne dans le torrent de la circulation les élémens qui les constituent.

DES SYIMPTOMES. 54 î

Il paraît anssl qu'il existe enire les diverses absorptions ([iielque chose d'analogue à ce qu'on ol)serve entre les diverses exhalations : elles semblent se supj)lccr mutuellement. Ainsi au moment ou l'ahsoi'ption est énergique dans le canal digestif, dans les heures qui suivent Tingestion des alimens, par exemple, l'absorption culaiiee est presque nulle; elle devient à son tour tiès-aetive le matin, avantle premier repas , ej)o<^[ue de la journée à laf[uelle le corps augmente de poids. Plusieurs praticiens pensant, non sans cjueh{U(î apparence de raison, que les médicamens f|ui sont absorbes par la p( au , l'onguent mercuriel en fiKtion, par exeuq>le, dnivent être préi'erablement en)|)loyes à ce moment.

L'absorption de la gi-aisse dans les vésicules qui la renferme, chez les suj(!ts soumis à un régime se'- \ère^ vient encore à raj)pui de cette opinion , que quand l'absorption languit dans une partie, elle augmente tlans une autre. On peut en dire autant des ellél-s avantageux qui résultent quelcjuefois d'une diète rigoureuse , dans le traitement de certains engorgemens : l'absorption qui , faute de matière , ne peut pas s'exercer dans le canal digestif, agit avec plus d'énergie sur les autres parties; elle détermine la dimiinition progressive d'une tumeur, comme celle de tout le corps. La résolu-tioiiy dojit il sria fjuestion plus loin, semble n'cln; autre chose qu'une absorption inrcHcdlricc,

Outre ces rapports cprollient entr'cHes , chez l'homme malade, les diverses ^sécrétions d'une part et lesabsoi'ptlous de l'autre , il en estaussi rpii lient ensemble les abswrDlions el i. s sc< 1 1 i h>m< i,)«>.I>iJ.^

542 DES S\?,IPTÔMES.

ÎJ:iLis le cours crime j^liiegmasie aiguë, d'une pleurésie, par e\emj)le, tant que la maladie lait des progrès et qu'un licjuide séro-purulent est exhalé dans la plèvre, la peau est sèche, l'urine rare, l'expecloration nulle. Lorsf|ue l'absorption commence à reprendre le li(|uide é[)anchè , on voit souvent la j)eau s'humecter ^ l'urine couler en abondance, ou la inrinbiane muqueuse des voies aériennes foiuMiir des crachats plus ou moins copieux. Les mêmes j)hènomènes ont lieu et sont ]ilus faciles encoi-e à suivre dans la diminution progressive de Tanasarque et de l'ascite : l'exha- ]ation transmet au dehors par la peau , par les reins , par la membrane mucpieuse des voies digestives , une quantité de îif[uide à-peu-jn^ès semblable à celle que rabsor})tion a rej)rise dans les tissus séreux et cellulaire. L'augmentation considérable de certaines sécrétions, de l'urine , par exemple, dans le diabètes, de la sérosité abdominale dans Tasclte, est nécessairement liée à une augmentation semblable dans l'absorption , et particulièrement dans l'absorption pulmonaire ou cutanée : l'excrétion de vingt, de quarante livres d'urine chaque jour pendant plusieurs mois cht^z .les diabétiques, une augmentation journalière de dix à douze livres dans le poids du corps chez quelques ascitiques, qui prennent à peiiie quelques livres de boissons ou d'alimens, ne laissent aucun doute a cet égard. En règle générale, cpuuid l'absorption devient très -active dans quelques tissus ou dans quelques organes, les sécrétions le deviennent dans d'autres, et réciproquement.

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