‹ Élémens de pathologie générale (volume 3)Chapitre 31 sur 62 · SECTION V · texte numérisé non relu

SECTION V

Des Symptômes Jourjiis par les Exhalations et les

Sécrétions.

L'action de certains organes qui séparent du sang des fluides c[uelconques se nomme sécrétion. On distingue deux sortes de sécrétions : les unes, qui ont lieu dans toutes les parties du corps , et plus spécialement à la surface libre des diverses membranes^ sont comprises sous le nom ^exhalations ; les autres, qui ont des organes partlculieis, munis de conduits excréteurs, ont conservé plus spécialement celui de sécrétions. Nous examinerons successivement les unes et les autres. .

§ V\ Exhalations.

Les exhalations n'ont pas seulement pour usage de maintenir la souplesse, de prévenir les adhérences, ou de favoriser le glissement des surfaces

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membraneuses; elles jouent encore im rôle important dans requlllbre général : elles préparent , en élaborant les fluides , des matériaux à la n utrition. Nous ne suivrons pas les physiologistes dans leurs discussions sur la forme et la manière d'agir des organes exlialans; les fluides exhalés^ seuls appréciables aux sens , doivent seuls aussi appeler l'attention du médecin.

On peut partager en trois groupes les symptômes qui apj)articnnent aux exhalations : au premier se rattachent les divers changemens qui surviennent dans les exhalations naturelles : nous nommons ainsi celles (jui ont lieu chez l'homme sain ; nous rappoiterons au second les j)liénomènes propres aux exhalations morbides; nous rangerons dans le troisième tout ce qui a trait aux exhalations artificielles. A la première série appartiennent les exhalations cutanée, muqueuse, séreuse, synoviale, graisseuse, les menstrues et quelques autres hémorrhagies analogues; à la seconde , l'exhalation du pus et de f[uelques autres fluides : l'exhalation fournie y)ar les ])laies des "vésicatoires , des cautères , trouve sa place dans la troisième série.

A. Exhalations naturelles,

i". Uexlialation cutanée o\\ perspî ration est continue, douce, égale dans toutes les parties , chez l'homme bien portant. ]*îir intervalles, elle devient plus abondante et constitue la sueur, (jui est toujours provoquée par une cause évidente, counnc

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la chaleur de 1 air , l'exercice , une emolion vive , etc.

Chez rhomme malade , cette exhalation peut n'être pas troublée , et conserver à la surface cutanée la souplesse qui lui est propre. Lorsqu'elle est médiocrement augmentée, elle rend la peau humide, et produit la moiteur (mador). Si l'augmentatioii €st plus considérable, si le fluide se réunit en gouttelettes sur la peau et mouille les vêtcmens, c'est la sueur Çsudor). Celle-ci peut être générale ou partielle; dans le premier cas , tantôt elle est égale partout , comme au déclin de quelques maladies aiguës ; tantôt elle est plus abondante au cou, à la ]3oitrine, au front , comme on le voit chezles phthisiques. Lorsqu'elle est partielle, elle est souvent bornée a la paume des mains , à l'épigastre , au front. — La température de la sueur peut être douce, très-élevée , ou froide.

La sueur présente beaucoup de variétés sous le rapport de sa densité et de sa couleur; quelquefois elle est épaisse, collante et même poisseuse; ailleurs ténue et aqueuse : le plus souvent elle est incolore; dans quelques cas elle donne aux linges qui la reçoivent une teinte jaunâtre; dans d'autres , les malades ont eu des sueurs rougeâtres (sueursde sang). On a cité aussi , d'aprèi^ Borelli y Borricliius et Fourcroj , quelques observations de sueur bleue ou noire; mais ces faits extraordinaires sortent en cruekfue façon du domaine de l'art. — Les sueurs diffèrent encore sous plusieurs autres rapports ; elles peuvent être légères , médiocres , abondantes , passagères , continuelles ou périodi-

DES SYMPTÔMES. ^l^

ques; survenir par le seul elFet de la maladie , ou être provoquées par des causes particulières, comme un changement de position, la toux, une boisson chaude, etc.; elles peuvent soulager ou ailaiblir le malade, produire même le dépérissement: on les nomme alors collicj natives (sudores colliquativi); elles peuvent se montrer au début, vers le inilicu, au déclin des maladies, ou persister pendant toute leur durée.

La transpiration cutanée ]icut aussi être dnuinuée ou suspendue , comme on le voit souvent dans la première période des maladies aiguës , dans le diabètes etdansriiydropisie, oîi la peau est liabituellem<'nt sèche.

Quelle (jue soit son abondance , la matière de la transpiration j)eut olirir d'autres changemens appréciables i)ar l'odorat, et dont le médecin doit tenir compte. En général, l'odeur de la matière de la transpiration est un i>eu acide; quelquefois elle est fétide; elle a été comparée, dans la rougeole et la variole, à celle de la moisissure; elle est cadavéreuse dans quelques fièvres ndynamiques. Quant à l'odeur de souris, présentée par les auteurs comme un des synq)tômes qui accompagnent fréquemment les fièvres putrides, elle déi)end souvent de l'écoulement de l'urine dans le lit du malade, et pluS souvent encore des toiles cirées f(u'on i)lace sur les matelas, et qu'^, en s'échanllant , exhalent cette odeur particulière. Dans quelques cas, l'odeur exhalée par le malade est due aux alimens dont il fait usage tt aux qualités de l'air qu'il respire habiUiclle-

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ment. Chez les gens qui mangent beaucoup dalî et d'ognon , l'exhalation cutanée est chargée de cette odeur. Nous avons soigné à l'hôpital un palf renier qui , pendant le cours d'une fièvre Lilîeuse inflammatoire , exhala continuellement une forte odeur di! écurie. Nous nous assurâmes c{u'il n'avait conservé aucun de ses vêtemens, et que l'odeur qui frappait toutes les personnes qui s'approchaient de lui était exhalée par le malade lui-même.

2". Les troubles de XcxJialaiion muqueuse sont plus dinicilesà apprécier , parce que les membranes cil elle a lieu sont presque entièrement inaccessibles à la vue. Cependant l'oeil peut reconnaître les altérations qu'elles offrent à leurs orifices , et l'examen des matières excrétées peut éclairer sur leschangemens que présente l'exhalation muqueuse dans les organes situés profondément , dans les intestins , la vessie , etc.

Dans fétat de santé , le mucus , dont la consistance et la quantité varient dans les diverses parties du système muqueux , est exhalé en proportion telle que , sans être assez abondant pour s'écouler au dehors , il l'est assez pour prévenir les adhérences de ces membranes , faciliter le passage et la progression des substances qui sont portées dans leurs cavités.

Dans l'état de maladie , l'exhalation muqueuse peut être augmentée, diminuée , suspendue et altérée de diverses manières. Ces changemens n'ont presque jamais lieu à la fois dans toute Tétendue de ce système -, il est un peu moins rare qu'ils se

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monlrent successivement dans toutes ces parties , rornmeoii le voit dans quelques affections catarrlia- !es ; le plus souvent ils sont partiels. L'augmentation du mucus exhalé est manifeste dans la seconde période des catarrhes; sa diminution est sensible à leur début et dans le cours des fièvres graves : la membrane des fosses nasales et celle de la bouche oifrent souvent, dans ces maladies, une sécheresse plus ou moins complète.

Le mucus présente, dans ses qualités , des altérations nombreuses : il prend une odeur fade, spermatiqne , cpielquefois acide , ou même fétide ; sa couleur devient jaune ou veite dans les écoulcîîiens chroniques; quehpiefois rouge dans la dysenterie , noiie dans quel({ues fièvres graves; ailleurs il est dûn blanc mat. — Sa consistance diminue dans le ilux pituitaire , dans la diarrhée séreuse, alfections dont Alorgngni a rapporté des exemples remarquables ; elle augmente dans les catarrhes chroniques ; le mucus prend même, dans quelques cas, une apparence iloconneuse, membraneuse, une forme tubulée , sous hujuelle il est rejeté par l. imbeaux plus ou moins considérables. — Le mucus peut être excj'été seul , eommc dans le coryza , l'aNgin(; , l;i blennorrhagie ; il peut être mêlé ù d'autres substances , à furine, par exemple, dans le catarrhe de la vessie , aiiv matières fécales dans la dysenterie , aux alimens ou aux boissons dans le vomissement. Ouelle (\\\() soit la surface d'où il vienne, d j)cnt ètic uni à une certaine; cpiantité de sang. — L^ne autre altération bien remarrpiablo que présente le mucus chez l'homme malade , c'est

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la propriété contagieuse qu'il acquiert clans la bleniiorrhagie, et même, selon quelques auteurs , dans ])lusleurs autres aiïections catarrliales ; en vertu de cette propriété , il peut développer , chez uu individu suin , une affection semblable à celle dont il est lui-même le produit.

5°. Dans l'état de santé, Y exhalation séreuse doit être en proportion telle , que les membranes et les aréoles qu'elle est destinée à lubrifier soient sans cesse humides, sans jamais contenir de liquide. Les troubles de cette exhalation sont difllciles a apprécier, parce que ses organes sont , dans toute leur étendue, inaccessibles à l'œil du médecin, et qu'aucune excrétion n'éclaire sur les changemens qui s'y passent.

On n'a aucun moyen de connaître , peildant la vie, la diminution ou la suppression de l'exhalation séreuse; on n'a pu que la constater, après la mort , chez des individus qui avaient succombé en peu de jours à F inflammation de la plèvre ou du péritoine. Marandel , dans sa Thèse sur les irritations , a rapporté quelques faits dans lesquels il a lui-même reconnu la sécheresse de ces membranes.

L'augmentation de fexhalation séreuse est facile à reconnaître quand elle occupe le tissu cellulaire (p. 145 )• 1^ n'en est pas tout-a-fait de même quand cette accumulation de liquide a lieu dans les membranes séreuses; néanmoins, elle y donne encore lieu à des phénomènes qui permettent de la soupçonner quand elle est peii considérable , de la reconnaître quand elle est par-

DES SYiSlPTOMrS. OIC)

venue à un reiiain cle^ré. La distension de la cavifc qui renferme le licjuide , les symptômes dus ;i la cuuipression des organes voisins, et dans cjuelcjues cas la iluetuation et les chaiî-gemens survenus dans la rësonnance des parlies , conduisent, dans la j)lnpart des cas , à distinguer Taccumulation de sérosité.

Quant aux changemens qui surviennent dans la couleur, la consistance et la nature du liquide oxhale, ils ne sont jamais a])precial)les pendant la vie , à moins qu'il ne se fasse accidentellement une ouverture aux parois de la cavité qui le contient, ou (jue Fart ne lui j)ro(ui(> mu; issue artificicdle. C]es cliang(Mnens aj)j^arli('nn(Mit , par consecfuent , à Tanatomie j)atliologique , plutôt qu à la symptoluatologie.

4". L'exhalation qui a lieu dans les surfaces artîrulaiies fournit peu de symptômes. La distension des parties molles et une Iluetuation obscure font connaître raccumulation de la synovie. Dans cpieltjues cas aussi , nu houve dans ce liquide des concrétions calculeuses qui sont entièrement libres et ,se font sentir jiar intervalles dans diiférens points de l'articulation.

5°. L'aiiiimentation de l'exhalation dans Vœ\i produit rhydrojjhthalmie; dans l'oreille inierne, cdle amène la ruj^turedu tympan , etc.

G°. Nous avons parle ailleurs du l'exhalation de la r.aisse dans ses vtfsicules et des gaz dans le conduit digestif; nous n'y reviendrons point ici. îSous ne parlerons pas non plus de certaiiu^s exhalations fjui ne se montrent chez Thouime malade

par aucun pliënouiène sensible : telle est celle qui a lieu à la surface interne des \aisseaux sanguins et lymphati crues, etc.

7°. Les exhalations sanguines qui, dans Vélat sain , reparaissent périodiquement et concourent à maintenir l'équilibre général des fonctions, peuvent être au2;mcntées , diminuées , supprimées dans la maladie, ou seulement déviées. L'exhalation menstruelle présente fréquemment ces divers phénomènes dans les maladies des femmes , et des troubles analogues ont plusieurs fois été observés chez les hommes accoutumés au llux hémorrhoïdal ou à l'épistaxis, etc.

Il n'est pas rare non plus de voir survenir dans la maladie des exhalations sanguines ou hémorrhagles (i) spontanées , qui n'avaient pas lieu dans l'étal de santé. Ces hémorrhagies accidentelles ont presqvie toujours lieu par les membranes muc|ueuses , rarement par d'anciennes cicatrices ou par queîcpe autre point de la surface cutanée ; quelquefois elles se montrent dans le tissu cellulaire , oii elles forment les taches et les ecchymoses dont nous avons parlé précédemment. Le sang peut aussi être exhalé dans les membranes séreuses , dans le parenchyme des viscères , dans les muscles, etc. ; mais souvent alors l'hémorrhagie ne se manifeste par aucun signe certain. Le sang qui s'écoule audehors présente des variétés à raison de sa couleur, qui est vermeille ou livide, de sa consistance^ qui est molle ou ferme, de sa ciuantité, cjui est bornée

(ij At^a^ sang : pcw ; je couie.

Q quelques gouttes ou peut aller jusqu'à une ou plusieurs livres , des substances qui y sont mêlées» Les hémorrhagies diffèrent encore relativement i l'époque de la maladie où elles ont lieu et à l'influence qu'elles exercent sur sa marche et sa terminaison : sous ce dernier rapport , on a distingué des hémorrliagies favorables, nuisibles ou indif-; férentes.

B. Exhalations morbides.

En tête des exhalations morbides , se place naturellement celle du pus , ou. piiogcnie (i).

Les opinions des médecins sur la formation du pus ont été trcs-divisées : les uns, avec Dehiicn / ont prétendu que le pus était formé dans tout le système artériel, pour être exhalé exclusivement dans une partie; les autres, dont l'opinion est la seule admise aujourd'hui, pensent que ce liquide} est formé dans le lieu même où il est versé. Parmi ces derniers, les uns ont regardé» le pus comme provenant des débris de la partie où la suppuration a lieu : d'autres y ont vu le résultat d'une combinaison chimique entre les divers liquides de la partie affectée et particulièrement entre la lymphe et la graisse. Ces deux opinions, dont la première a long-temps été en faveur dans les Écoles , et dont la seconde n'a compté qu'un petit nombre de partisans, sont aujourd'iiui généralement abandonnées, et l'on s'accorde à regarder le pus comme le résultat d'une exhalation morbide qui paraît

(i; IIvov^ pus j yîvo^ai^ je nais.

E^ÎJ t>£S SYMPTOMESi"

avoir les mêmes organes que T exhalation natu-^ relie.

Un phénomène très-remarquable dans T exhala-* tion du pus, c'est qu'il n'offre l'aspect et la consistance qui lui sont propres qu'après avoir séjourné ]>endant un certain temps sur l'organe qui le fournit. J^an-Swiéten a remarque que , quand on enlève , toutes les heures, avec une éponge^ le liquide fourni par une blessure, ce n'est pas de véritable pus que l'on recueille , mais seulement une sérosité ténue et trouble.

Tous les tissus ne sont pas également propres à la formation du pus; mais il n'en est aucun, à l'exception peut-être des tendons et des aponévroses , cil la suppuration ne puisse avoir lieu a la suite de l'inflammation. Celle-ci ne produit pas toujours du pus, mais on pense généralement que le pus n'est jamais formé sans inflammation préalable.

Toutefois le ramollissement des tubercules est Un phénomène qui paraît en opposition avec cette théorie. Un corps, en apparence privé de toute organisation, se forme dans le tissu du poumon ou de quelque autre organe ; il acquiert un certain volume, et présente alors, si on l'examine, une couleur mate , une dureté médiocre jointe à une grande friabilité. Au bout d'un temps plus ou moins long il se ramollit, quelquefois dans toutes ses parties, quelquefois à son centre, et se convertit en une raiatière semblable au pus exhalé par un organe enflammé : souvent , à la vérité , il survient , en même temps que ce changement s'opère , de la rougeur; du gonflement; de la chaleur dans les

parties environnantes, comme on le voit dans les tubercules sous-cutanës ; mais ces phénomènes mflammatoires ne sont pas constans, et dans quelques cas la matière tuberculeuse se convertit en pus sans le secours de l'inflammation. Toutefois il convient de faire remarquer que ce liquide est Srumeleux, inégal , et qu'il n'offre presque jamais 1 homogénéité du pus ordinaire.

Le pus exhalé à k surface de la peau ou dans es plaies extérieures , s'écoule librement au dehors. Celui qui est formé à l'intérieur est tantôt dissémine dans le tissu des organes , comme on le Toitdans le poumon, et tantôt réuni en un seul ou en plusieurs foyers qu'on nomme aUès. Le pus réuni en abcès, se fraie ordinairement un passa.^é vers les tégumens, ou vers les conduits qui peuvent le transmettre au dehors, par l'amincissement graduel des parties qui l'en séparent. - Tant qu ,1 reste disséminé dans le réseau d'un oreane Je pus ne peut pas être évacué de cette manière • a.nsi dans la pneumonie, où il „e forme peut-être jamais de foyer , il ne peut pas se faire jour dans es bi-onches, et la résorption est le seul moyen par lequel il puisse être enlevé. Cette résorption est manifeste dans quelques abcès sous-cutanés et en' particulier dans les bubons : telle tumeur inflammatoire qui était tendue et fluctuante, s'est affaissée et n a plus offert de fluctuation dans l'espace de auelques jours, et quelquefois même du matin au soir. i^e pus, considéré en lui-même, présente des vanetcs relatives à ses propriétés physiqiu^s et chimiques , et a son action sur l'économie animale

Sa quantité est relative à Tëteiidue de la surface qui suppure , à l'ëpoque de la maladie et à plusieurs autres circonstances. Des erreurs dans le régime , des émotions morales vives , quelqu'autre évacuation qui survient , diminuent la quantité du pus : Jlaller a observé que l'exhalation de ce liquide était généralement plus abondante la nuit que le jour. — La couleur du pus est ordinairement d'un blanc jaune ou verdâtre, quelquefois il est rougeâtre , livide; il est d'un jaune clair chez les individus affectés d'ictère. Tantôt il offre la même couleur dans toutes ses parties; tantôt il est diversement nuancé ; dans quelques cas , [il est épais et homogène, c'est ce qu'on a noraxaé pus louable.; dans d'autres, il est clair et mêlé de flocons opaques. *— Son odeur est ordinairement fade , quelquefois d'une fétidité piquante , nauséeuse ou insupportable. — La saveur du pus , au rapport de Sckwil-* gué y est fade et c[uelquefois acre ; sa pesanteur est supérieure à celle de l'eau distillée. Les mêmes causes qui influent sur sa quantité modifient ordinairement ses autres qualités physiques , et particulièrement sa consistance et sa couleur. Quant aux propriétés chimiques du pus , nous n'en parlerons point ici, comme n'étant d'aucune utilité au médecin.

L'action du pus sur l'économie mérite une attention particulière : elle varie selon les tissus. Sur la peau, le pus détermine seulement de la rougeur et des excoriations ; dans le tissu cellulaire, où il fuse , il provoque la forra^ation d'un nouveau pus. S'il est dans un foyer , e^t s'il s'y trouve eu

DÈS symptômes;^ 52 s

contact avec Falr , il ne tarde pas à acquérir uns odeur très-forte , à perdre son homogénéité , et dès-lors il produit le trouble général des fonctions et le dépérissement. Le même phénomène a lieu toutes les fois que le pus , même sans être altéré , est accumulé dans une des cavités splanchniques ou dans un des viscères importans à la vie. Enfui ce liquide devient, dans quelques maladies, le véhicule de la contagion , comme on le voit dans la variole et dans la syphilis.

La distinction du mucus et du pus est un des points qui ont le plus occupé l'attention des médecins du dernier siècle. Ils croyaient que le pus était constamment le résultat d'une solution de continuité, et que jamais il n'était dû à une simple exhalation : aussi , pour conserver le nom de pus a certains liquides qui leur en offraient tous les caractères, étaient-ils obligés de supposer des ulcérations hi oii il n'y en avait pas ; ils en voyaient dans l'urètre, dans l'utérus affectés de catarrhe. Les expériences chimiques qu'on a tentées dans le but de déterminer les véritables caractères du pus n'ont eu aucun résultat satisfaisant. Les réactifs de la chimie sont inutiles quand le mucus et le pus n'offrent pas le même aspect; ils sont insuffi^ans lorsqu'ils se ressemblent.

n est encore quelques autres exhalations essentiellement morbides : telles sont celles qui ont îleu entre le tissu réticulaire de la peau et l'épiderme dans le pemphygus, dans l'éruption miliaire, etc. ; telle est encore celle qui forme chez lesenfans les feux volages de la face ; les croûtes laiteuses du

cuir chevelu. Dans la teigne il y a aussi , outi^ l'altération de la peau , une exhalation d'une matière jaunâtre qui se dessèche par le contact de l'air et ^gglutine ensemble les cheveux des malades ; etc.

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