GENRES, ESPECES ET VARIETES
rëgnë jusqu'ici parmi les médecins : elle ne potirni cesser que par la connaissance plus exacte des causes qui les produisent ou des lésions cpii les constituent. Déjà un grand nombre de névroses ont été rattachées a des lésions organiques dont elles dépendent évidemment. Les fièvres continues ont été rattachées par les partisans de Virritation à rintlammation du conduit digestif; mais la médecine marche avec les faits et non avec les systèmes.
Quelque soit le genre d'unemaladie, elle ne se montre pas ( onstamment avec les mêmes sym])tômes , la même marche, la même durée et la même tendance à telle ou telle terminaison. La variole , par exemple , présente toujours une éruption sut generis ^[\\\ ne permet pas de la méconnaître; mais quelle variété n'oIFre-t-elle pas ensuite sous le rapport des phénomènes généraux qui l'accompagnent, du nombre et de la forme des pustules ! Ici le pouls est plein , la chaleur élevée, les pustules rondes, distendues , entourées d'une aréole vermeille ; là , au contraire , la peau est presque froide , le pouls est faible, les boutons flasques ^ brunâtres y et leur aréole pâle ou livide ; chez l'un, l'éruption est rare et disséminée à-peu-près uniformément sur toute la peau ; chez l'autre, les pustules sont partout confondues entr'elles, ou rassemblées en très-grand nombre dans quelque partie : dans un cas, elle n'est accompagnée d'aucun danger; dans un autre, le péril est grand ; dans un troisième , la mort est presque inévitable. Or , serait-ce avoir une idée juste de la variole que de la connaître seulement
COUS une des formes nombreuses qu'elle peut ©fFrir? Non, sans doute: cette conséquence s'applique rigoureusement à l'histoire de toutes les maladies.
C'est donc un point essentiel de la pathologie que de bi^n connaître les modifications que chaque alFection peut olTrir; néanmoins ces modifications n'ont pas toutes une importance égaler il en est de si légères qu'elles doivent être négligées; il eu est d'autres qu'il est utile et même indispensable de distinguer : ces dernières ont été distribuées en deux séries : dans la première, on a jdacé celles qui ont ])aru les plus importantes ; dans la seconde^ celles ([iii le sont moins. On a donné à celles-là le nom lY espèces, aux autres celui de variétés , sans cju'on ait pu jusqu'ici établir une règle fixe pour distinguer rime de lautre la variété et l'espèce. 1/espèce en pathologie n'est pas la inème chose qu'en zoologie et en botanique. Ici , elle est constituée par renscmble des individus qui se perpétuent eux-mêmes |)ar la ie|)rod action , et les variétés sont formées par les individus qui , quoique diilérens par leurs apparences , peuvent reproduire, dans des circonstances données, des individus semblables à ceux dont la variété tire son origine. En pathologie , les espèces ne sont que des abstractions; leur distinction est tellement vague et incertaine ([ue les uns en ont admis le d()u])le ou le quadruple des autres. Saui'cfges en j)orte le nombre à dix-huit cents, Sagarlx deux mille cinq cents, tandis que Ciillcn n'en reconnaît que six cents. Il y a plus , il est peut-être sans exeuq)le, comme l'a remarqué