‹ Élémens de pathologie générale (volume 3)Chapitre 6 sur 62 · DE LA PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

DE LA PATHOLOGIE

Si, comme nous l'avons vu , le domaine de la pathologie générale a ëtë mal fixé , et s'il est nécessaire de la dégager des théories erronées et dangereuses qui l'ont jusqu'à présent obscurcie , il n'est pas moins indispensable d'adopter dans son exposition une marche différente de celle qu'on a suivie jusqu'à ce jour. En rapportant^ comme on l'a fait, à la nosologie ou classification des maladies, leur définition , leur siège , leur marche , leur durée , leurs complications, on comprend dans un même cadre des choses qui devaient être distinctes, et qui diffèrent bien plus entr'elles que les signes et les symptômes dont on a fait deux branches séparées. Si l'on rapporte à la nosologie le siège, la marche, la durée des mialadies qui n'ont, avec la classification, qu'un rapport très-vague , il n'y a pas de motifs pour ne pas rapporter à cette branche toutes les autres parties de la pathologie générale. C'est ce que Sprc7?gel a fait : il rapporte à la nosologie les causes , les symptômes et les signes , sur lesquels il revient ensuite , dans les articles EtiologiCy Séméioiique et Sjmptomatologie. Il semblerait que cet auteur , en s'astrelgnant de cette manière à l'ancienne division , ait voulu en faire ressortir les défauts.

L'ordre à suivre dans l'étude de la pathologie générale mérlte-t-il une grande importance.^ Est-il d'une nécessité "absolue d'étudier, par exemple , le prognostlc avant le diagnostic , les causes avant le siège? Nous ne le pensons pas ; mais nous croyons qu'il est dans l'histoire des maladies certains points qui doivent naturellement être exami-

ncs aTaiit d'autres : la définition de la maladie est la première chose qui se présente ; la marche des maladies ne peut pas précéder l'exposition des symptômes, et les causes sont placées plus naturellement avant ces derniers qu'à leur suite; les signes diagnostiques et prognostiques ne viennent qu'après les symptômes , et le traitement doit suivre les signes. Ainsi parmi les objets qu'embrassje la pathologie générale, il en est quelques-uns dont la place relative est en quelque sorte fixée; il en est d'autres qu'on peut également, et sans inconvénient, placer dans divers points.

Une chose qui nous parait importante dans la distribution des objets qui formc^it la matière de la pnlhologie générale, c'est d'ado[)ter un ordre qui convienne également à l'étude des maladies en particulier. Cet ordre, étant le môme pour la pathologie générale et j)0ur chaque afîéction , se grave plus fortement dans l'esprit; on sait d'ailleurs combien une méthode uniforme est avantageuse pour aider la mémoire, ])our accoutumer l'esprit à coordonner ses pensées et à classer les connaissances nouvelles qu'il acquiert chaque jour.

Voici l'ordre que nous suivrons dans l'exposition <* de la pathologie générale.

Nous examinerons d'abord ce que c'est que la maladie en général, et nous indiquerons lesiègles d'après lesquelles on peut di'fuiir chaque maladie en particulier. Après quelques considérations sur la nomenclature y Yéljmolo^ie et la s) non j mie y nous parlerons du sic^e des maladies et de leuis

causes y des phenoînènes précurseurs et des sjmplô-

t Ai

12 DE Li PATnOLOClE GKISKRALE.

nies , de la marche , de la durée et des ierminaisoiis variées des maladies. Nous serons ainsi conduits à l'examen de la doctrine des crises et des jours critiques. h2i convalescence y les phénomènes coïisécu^ tifs , les rechutes et les récidives , les espèces , les variétés et les complications , le diagnostic et le proi^nostic seront le sujet de considérations générales. Nous consacrerons aussi un chapitre particulier à V ouverture des cadavres et aux altérations qu'elle fait connaître; nous exposerons ensuite les hases fondamentales du traitement des maladies ; nous terminerons en présentant quelques remarques sur leur nature et leur classificaiion.

DÉFlXITIO^i DE LA MALADIE.' l5

Page 1