‹ Élémens de pathologie générale (volume 3)Chapitre 9 sur 62 · OME^XLATURE, SYNONYMIE^ ETYMOLOGIE · texte numérisé non relu

OME^XLATURE, SYNONYMIE^ ETYMOLOGIE

elle à résoudre, que nous n'essaierons pas de la discuter.

Il est quelques circonstances dans lesquelles il est indispensable d'ajouter à la nomenclature pathologique : c'est lorsqu'on découvre une aflection qui n'a point été décrite; c'est encore lorsque des affections différentes entr' elles ont été confondues sous un même nom. Dans ces deux cas , il est d'une nécessité indispensable , aux yeux même des ennemis du néoloi^isme, d'exprimer par un mot nouveau l'une ou l'autre maladie. C'est ce qu'a fait, dans ces derniei'S tem]is , avec l'assentiment général, le professeur Alihert ^ dans son magnifique ouvrage sur les maladies de la peau.

§ II. Sjnonjmie, La même maladie ayant reçu plusieurs noms , et le même nom ayant été donné Il plusieurs maladies par diilerens auteurs, il est devenu nécessaire d'ajouter à l'étude des maladies l'étude de leurs noms variés et des acceptions diverses données à chacun de ces noms. C'est, pour ainsi dire , une branche artificielle que l'homme a ajoutée à la pathologie, sans aucun profit réel , mais non pas sans nécessité. En conséquence , la Sjnonjmie des maladies est devenue un point assez important de leur histoire. A l'aide de la synonymie, la confusion cesse au moins en grande partie, mais l'étude est plus compliquée. Cet inconvénient est moins grave sans doute, mais il est sans remède.

§ III. h'Etjmologie des maladies est un des points les moins intéressans de la pathologie. Toutefois, il en est de cela comme de plusieurs autres choses

DES MALADIES. 2g

dont la connaissance est peu utile , mais qu'on ne peut ignorer sans inconvénient. Nul doute qu'un médecin ne puisse traiter parfaitement une maladie sans connaître l'origine du nom par lequel on la désigne; mais il est également certain qu'il serait pénible, et même nuisible pour lui d'ignorer cette circonstance, si quelqu'un par hasard lui en faisait la question. En outre, il est convenable que le médecin connaisse la valeur exacte des termes qu'il emploie : autrement le langage médical serait, eu quelque sorte, pour lui un langage étranger. Au reste , la plupart des dénominations données aux maladies sont tirées des langues latine ou grecque, et comme l étude de ces deux lancjucs doit toujours précéder celle de la médecine, le médecin ii*aura besoin de faire aucune recherche pour apprécier le sens ctjnioloi^iquc de la plupart des mots qu'il cnqiloic.

I/étymologie des différens termes usités en patliologie n'in(lif[ue pas en général le sens qu'on y doit attacher. Presque jamais elle ne doinie une idée exacte de la chose , et quehjuefois elle en doime une idée entièrement fausse. Par exemple, les mots phlci^rnon , plilci^masies , de o).£ya) , je brûle , présentent seulement l'idée de la chaleur, qui n'est qu'un des symptômes de la mala(li( ; h; mot /xvvpncumonie, de rJ.ù, autour, et de TTJVj[j.^Vy poumon, indique une alfection (jui a son sic'gc autour du ])oumon y bien que la p('ri pneumonie consiste dans l'inllammation de ce viscère lui-même, et non des |)arties qui Tcntourent. Ainsi, Tétymologle fournit, dans le premier cas, une imaj^'C

So KOMENCL\TURt: DKS MALADIES, e\C.

imparfaite de la chose : dans le second, une idecffausse (i).

(i) Quoique Telymologie des maladies soit en ge'ne'ral de fort peu d'imporlance, elle otïre néanmoins, dans plusieurs cas, un certain inle'rêl. Les de'nominalions donne'es aux maladies se lient souvent à l'histoire de la médecine^ et des théories auxquelles elle a donné naissance : tels sont les mois Jici'ie humorale y Jitvre neiveuse. L'étymologie peut aussi donner lieu à quehjues conjectures sur certaines circonstances relatives à riiisloirc particulière de la maladie^ etc. Par exemple, la dénomination de Morbilli ^ pclilc maladie j, sous laquelle on a désigné la rougeole, porterait à croire qu'elle a paru en même temps qu'une autre afleclion qui avait quehpie ressemblance avec elle, mais qui était plus grave, et qiTon désignait, par ce motif, sous le nom de morbusj la maladie ^ nom qu'on donne toujours aux allections qui régnent épidémitpjement. Cette circonstance peut ajouter quehpie poids à roj)inion où Ton est généralement <|ue la rougeole, qui est originaire des mêmes lieux que la variole, a paru à-peu-prcs vers la niéuie époque.

DU SIÈGE DES MALADIES. Jj

^'^ »»»(%»»»» ♦%^V*VWVV%

Page 1