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CHAPITRE IV

Bu Siège des Maladies.

-Lk siège des maladies est, sans contredit , un des points les j.lus impoitans de leur histoire. Celte proposition est d'une telle évidence, qu elle n'a besoin que d'être cnoncee.

ARTICLE PREMIER

De la Manière de connaître le sicge des Maladies,

Parmi les maladies, il en est quelques-unes dont le siège est facile à constater jnir la simple application des sens; il en est d'autres où cette connaissance ne peut être acquise quepar le raisonnement; et d'autres enfin dont le siège reste obscur ou même inconnu, soit pendant la vie, soit même après la mort des malades.

§ V\ Lorsque la maladie est extérieure, comme Térysipèle, le zona, etc., le siège est si facile à connaître que, dans la plupart des cas, les personnes étrangères à l'art peuvent le constater aussi bien que le médecin. 11 en est de même pour toutes les allections qui occuj)ent le tissu de la peau et le coiuinencement des membranes muqueuses : on re^ < onnait par la ^uc rinflammation de la conjonctive, les ulcérations et le boursoufflcmcnt de lu

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de la membrane de la Louche^ le gonflement deâ amygdales , les excroissances qui se développent dans les fosse»nasales , sur le gland , à la vulve , au pourtour de Tanus. Il en est encore à-peu-près de même des cas dans lesquels l'organe malade , caché primitivement dans le thorax ou même dans le crâne, finit y à raison de l'accroissement morbide qu'il acquiert , par user les parois de ces cavités , et se montrer sous la peau comm^e le ferait une maladie du tissu cellulaire ou des muscles ; les tumeurs fongueuses de la dure-mère, les anévrysmes de l'aorte deviennent ainsi, chez quelques sujets, des maladies extérieures. Plusieurs affections des viscères abdominaux peuvent être reconnues de même au travers des enveloppes : la main, appliquée méthodiquement sur le ventre , distingue en général facilement les tumeurs formées par la rate, par le foie, par l'ovaire. Ailleurs on parvient à toucher le mal , et par conséquentà en reconnaître le siège , en portant le doigt dans quelques conduits où la vue ne peut pas pénétrer, dans le vagin ou le rectum, par exemple, ou mêmedanslefond de labouche, lorsque le gonflement des amygdales s'oppose à l'abaissement de la mâchoire inférieure. On a encore proposé, dans le même but, l'emploi d'un instrument connu sous lenomde spéculum y espèce de cylindre creux qu'en introduit dans les organes génitaux de la femme ou dans le rectum , et qui permet de distinguer , par la vue , les changemens survenus dans leur structure. Malgré la résistance des parois du thorax , le toucher peut discerner le siège de quelques maladies de cette cavité; et spécialement de celles du cœur.

DES IVIALADJES. Ù'J

Vouïe n'est pas non plus inutile pour cet objet : la crépitation des fragmens osseux dans la fracture , le bruissement dans ranévrysme , le son plus clair ou plus obscur rendu par le thorax et Fabdomen percutés, les diverses espèces de râle appréciables à l'oreille , appliquée immédiatement sur le thorax ou armée du stéthoscope, conduisent, avec d'autres circonstances , à faire connaître le siège de quelques aflections.

§ II. Mais il est beaucoup de cas dans lesquels le médecin ne peut pas reconnaître , par la simple ap plication des sens, le siège des maladies, et particulièrement de celles qui sont du ressort de la ])atliologic interne. Il a alors deux moyens de s'élever h cette connaissance. Le premier repose sur l'observation exacte des phénomènes de la maladie, comjjarés avec l'altération qu'on rencontre dans les organes après la mort ; le second sur les lois de la ])hysiologie.

^. Quand une série déterminée de phénomènes a coïncidé constamment à une lésion toujours semblaijle des mêmes ])artics, on en déduit cette consé{[uence , que toutes les fois que les mêmes phénomènes se reproduiront, le même oigane sera affecté de la même manière. Par exem])le , chez tous les malades qui ont succombé après avoir eu dans , \\n des cotés une douleur profonde, accompagnée d'oppression , de crachats visqueux, sanguinolens , et de fréquence du ])0uls, on a trouvé une altération très-remarciuable dans le tissu du poumon , devenu pesant, com[)acte et privé d'air. Toutes les fois qu'on observera la même réunion de phéno-

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mènes, on en conclaera d'une manière certaine que le poumon est l'organe affecté.

i) . Un certai n nombre de maladies, légères ou gra- \es , ne produisent aucune altération sensible dans li^ tissu des organes. Si les individus qui en sont atteints viennent à succomber , soit par l'effet de ces maladies, soit par quelque autre affection co-existante , on nedécouvre.rien qui puisse rendre raison des phénomènes précédemment observés , soit que ,Ies lés'fons qui les accompagnent ne soient point appréciables à nos sens , soit qu'on n'ait pas mis jusqu'à ce jour, dans des recherches aussi délicates^ toute l'attention qu'elles exigent. Beaucoup d'individus succombent tout-à-coup ou dans un temps fort court avec les signes de l'apoplexie, avec les convulsions du tétanos, les spasmes de l'hydrophobie; d'autres meurent paralytiques , sans que l'ouverture du cadavre offre aucune espèce de lésion. Si un individu, attaqué de rhumatisme aigu ou de quel({ue affection nerveuse, vient à être atteint d'une autre maladie qui lofasse périr, on ne rencontre également, dans les parties où la douleur se faisait sentir^ aucune altération a])prcciabie , au moins dans la très -grande majorité des cas. L'ouverture des corps n'a donc pu jusqu'ici servir à déterminer le siège de ces maladies, et c'est uniquement d'après les lois de la physiologie qu'on a pu s'élèvera quelques notions sur ce point.

La physiologie nous fait connaître les fonctions départies à chacun de nos organes. Le désordre d'une fonction nous porte à admettre une lésion quelconque dans l'organe auquel cette fonction est confiée.

Ainsi, lorsqu'une douleur \ivc se manifeste dans une partie sans autre phénomène remarquable , ou lorsque la faculté de sentir y est suspendue^ nous jugeons que la maladie a son slégc dans les nerfs ou dans le cerveau, parce qu'ils sont les agens de la sensibilité. Si , au contraire , cette douleur augmente par le mouvement , et diminue ou cesse par le repos; si son intensité est toujours proportionnée à la force de la contraction musculaire, nous jugeons que le mal a son siège dans les organes actifs du mouvement , c'est-à-dire dans les muscles; mais il n'y a pas ici démonstration absolue : le concours des nerfs et des muscles étant nécessaire aux mouvemens , il est dillicile de distinguer si la cause qui les trouble est dans les muscles ou les nerfs, ou dans les uns et les autres à la fuis. Celte distinction est ('gaiement dillicile dans les maladies con>uisivcs , dont les muscles sont les agens immédiats, et dans les([uels le système nerveux j)arait jouer un grand rôle. Ce que nous dirons plus tard sur les sympathies prouvera mieux encore dans quelles erreurs on serait conduit si Ton prétendait pouvoir dt'.termincr quel est l'oiganc malade d'après le trouble des fonctions.

^ m. La dliîicullé de fixer le siège des maladies devient plus gnmde encore quand on arrivcà celles tjui sont caractérisées par le tiouble^'^énéral des fonctions, sansalfection locale primitive : je veux parler des fièvres. L'habitude extérieure est altérée , la circulation , la chaleur, la digestion , les sécrétions, les sensations, les fonctions intellectuelles, les alFectlons morales , olîrent presque toujours un trouble

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