‹ Élémens de pathologie généraleChapitre 11 sur 62 · DU SIEGE DES MALADIES · texte numérisé non relu

DU SIEGE DES MALADIES

pondans de ces mêmes vaisseaux (1). Il est toutefois quelques organes pairs qui font exception : les deux testicules ou les deux mamelles qui, isolément, sont souvent le siège d'une inllamma- 1 ion ou d'un cancer, sont très-rarement atteints en même temps de l une ou de I autre de ces maladies.

On a remarqué depuis fort long-temps que les âges influent d'une manière bien prononcée sur le siège des maladies. Dans l'enfance, un grand nombre des affections occupent la tète: c'est à cette époque qu'on observe l'hydrocéphale , la méningite granulée, les croûtes diverses du cuir chevelu, les gerçures et les excoriations des lèvres, du nez et tics oreilles, les aphthes , la gangrène de la bouche , l'épistaxis: le délire accompagne les affections les plus légères; les glandes sous-maxillaires sont souvent engorgées , et le larynx est le siège de quelques affections très-graves; le croup se manifeste rarement aux autres périodes de la vie. — A l'époque de la puberté et dans la jeunesse , les maladies do poitrine, telles que les inflammations île la plèvre et du poumon, l'hémoptysie, la bronchite, deviennent plus fréquentes ; c’est souvent alors que se développent les premiers signes des maladies du cœur, et la phthisie pulmonaire est tellement commune alors , qu’on a cru pendant long-temps qu’elle n’attaquait point avant la quinzième année et après la trentième. — Autant les maladies du thorax sont fréquentes dans la jeunesse, autant celles du ventre le sont dans l’âge mùr; c'est alors que se développent la plupart des affections organiques des viscères abdominaux ; celles de l'estomac, des intestins, de l'ovaire, des testicules, du foie, de la vessie et de l'utérus, ne se montrent presque jamais avant cette époque. A l'hémoptysie des adultes, qui avait remplacé l’épistaxis des enlans, succède le llux hémorrhoïdal, aussi fréquent dans celte période que les deux autres hémorrhagies dans les âges précédons. — Enfin , chez le vieillard , en même temps que le ventre continue à être le siège de diverses affections, et que celles des voies urinaires en particulier deviennent de plus

(1) Mémoires de la Soc. méd. û' observation , Paris, 1836, 1. 1, p. 3‘jy.

du sieue des maladies.

(mi plus fréquentes , c'est de nouveau vers la tète que se portent la plupart des maladies : la démence, la paralysie, les épanchemens de sang dans le cerveau, le ramollissement de sa substance, la surdité, la cataracte, sont des affections aussi communes dans la vieillesse que rares dans les autres âges.

Cette observation sur la fréquence des maladies de la tète, de la poitrine et du ventre à certaines époques, bien que généralement vraie, offre des exceptions nombreuses. Sans parler des maladies produites par des causes mécaniques, et dont le siège est déterminé par des circonstances placées hors de l’individu , on voit souvent les enfans être atteints de catarrhe pulmonaire, de péripneumonie, de phthisie et des diverses formes de l’entérite. L’ongorgement scrofuleux des glandes mésentériques n’a presque jamais lieu que dans l'enfance , et les vers intestinaux se montrent le plus souvent à cet âge ; la manie, qui parait avoir son siège dans le cerveau, est plus fréquente dans la jeunesse et l’âge mûr ; l'inflammation simple des méninges se montre à peu près indistinctement dans toutes les périodes de la vie, et la pneumonie est une des maladies aiguës qu’on observe le plus fréquemment chez les vieillards. Mais ces exceptions , quoique nombreuses, ne le sont pas assez pour détruire la règle générale.

On a avancé que les saisons avaient, sur le siège des maladies, la même influence que les âges, que pendant l’hiver on voyait dominer les maladies de la tète, que celles de la poitrine régnaient au printemps, et celles du bas-ventre en été et en automne. Cotte assertion n’est pas d’une application aussi générale que la précédente; toutefois elle n'est pas dénuée de fondement , surtout lorsqu’on l’applique, comme on doit le faire, exclusivement aux maladies aiguës.

Tels sont les points de vue généraux sous lesquels peut être considéré le siège des maladies. Nous nous occuperons (1rs difficultés et des moyens de déterminer le siège des maladies en particulier dans le chapitre consacré au diagnostic.

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