I)U SIEGE DES MALADIES
successivement les parties voisines, tels sont certains ulcères rongeans, le cancer, les érysipèles, et peut-être le grand nombre des phlegmasies dites spontanées. Il en est d’autres dont le siège , essentiellement vague et mobile, varie d’un instant à l'autre, comme on l’observe pour la goutte et le rhumatisme dont la mobilité forme un des caractères les plus essentiels. Quelques affections nerveuses se montrent successivement dans des parties plus ou moins éloignées, et les hémorrhagies sont également sujettes à changer de siège.
Parmi les maladies, il est un grand nombre qui n’occupent qu’une partie de 1 économie ; d’autres qui se montrent simultanément dans un grand nombre de points plus ou moins éloignés, et portent sous la même forme et avec les mêmes caractères. Les premières ont un siège unique, les secondes sont disséminées ou à siège multiple. Aux premières se rattachent les phlegmasies viscérales et membraneuses, comme la pneumonie ou la péricardite; aux secondes l’urticaire, la variole, la rougeole, les éruptions syphilitiques, le morbus maculosus, etc. Ces dernières affections, auxquelles j’ai donné le nom de disséminées, méritent une attention particulière à raison des conditions qui président à leur développement. En effet, ces lésions multiples sont presque toujours secondaires , et, dans la plupart des cas, les médecins peuvent reconnaître l’affection qui leur a donné naissance et contre laquelle doivent être dirigés les moyens thérapeutiques.
Les organes qu'on nomme pairs sont souvent affectés simultanément de la même maladie. II est rare de voir l'ophthalmie spontanée bornée à l’une des conjonctives ; la bronchite ou l’emphysème, à l’un des poumons. Certains exanthèmes chroniques occupent simultanément les deux aisselles, les aines, les points correspondans des mêmes membres. Dans les attaques de rhumatisme, les articulations semblables se prennent généralement l'une après l’autre. La même loi existe pour les organes profondément placés. M. ilizot a démontré, en effet, que les altérations nombreuses qui frappent les artères se développent presque toujours slimultanément dans les vaisseaux symétriques et dans les points corres-