CHAPITRE IX
De la Durée des Maladies.
La durée des maladies {morhi mora) est l'espace de temps
compris entre le début et la terminaison.
11 n’est pas toujours facile de connaître d une manière rigou-
rouse la dm éc il une maladie, parce que souvent l'invasion en est obscure, et que I instant où la maladie cesse n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire; pour peu qu’une de ces deux époques soit incertaine , la durée ne peut être déterminée que d’une manière approximative.
Il est encore une autre circonstance qui ajoute à l’obscurité inséparable de ce point de pathologie, c’est la dissidence des médecins sur la manière de compter les jours. Les uns, avec Hippocm/c , veulent que le premier jour, quelle que soit l’heure à laquelle 1 invasion ait lieu , se termine avec la nuit suivante, et que les autres jours se prennent d’un lever du soleil à l’autre. Les autres tout le jour médical de vingt-quatre heures , et chaque’jour
de la maladie commence et se termine à l’heure où l’invasion a eu lieu.
La durée des maladies est extrêmement variable : on a nommé ephemeres (1) celles qui ne durent qu’un jour ou tout au [dus deux ou trois ; aiguës , celles dont la durée ne dépasse pas quarante ou soixante jours ; chroniques, celles qui se prolongent au-delà de ce terme. Les maladies éphémères ont été distinguées en éphémères proprement dites, qui ne durent qu’un jour, et en éphémères prolongées, qui s’étendent jusqu’au second ou troisième. On a egalement subdivisé les maladies aiguës en maladies très-aiguës ( morbi acuiissimi) qui, offrant des symptômes très-graves se terminent bien ou mal dans l’espace de trois ou quatre jours • maladies sub-très-aiguës [morbi subacutissimi vei peracuti) qui en durent sept ; maladies aiguës proprement dites ( morbi acuti ) dont la durée est de quatorze jours ; maladies sub-aiguës (morbi subaCUt' \ ^nt la durée est de vingt-un à quarante jours. Quant aux maladies chroniques, elles n’ont pas été l’objet de pareilles subdivisions. Ces distinctions scolastiques ne sont plus en usage , elles sont a peine connues dans les nouvelles écoles, et n’ont aucune utilité dans la pratique; la division des maladies en aiguës et en chroniques est la seule qui soit généralement admise.
(1, Efyipipoç : ênl, dans ; ÿpépz, jour.
La durée des maladies varie depuis quelqes mornens jusqu a des années. Quelques fièvres ne durent qu’un jour; le choléra asiatique a souvent déterminé la mort en quelques heures; certaines hémorrhagies ne durent pas au-delà de quelques minutes , et les blessures du cœur ou d’une grosse artère peuvent faire périr en un instant. Certaines affections rhumatismales ne finissent qu'avec
la vie.
Il est quelques maladies dont la durée est presque fixe : telles sont la rougeole, la scarlatine, la variole discrète, quand elles surviennent chez des individus sains : les causes spécifiques qui les produisent déterminent généralement des phénomènes semblables, qui se succèdent de la même manière, et cessent après un temps égal. Il en est à peu près de même des plaies et des fractures simples, dont la durée peut être approximativement calculée d’avance d’après le siège de la maladie , l’âge du malade et quelques autres circonstances. Quant aux affections produites par des causes
internes, leur durée est beaucoup plus variable; celle de la pleurésie, par exemple, peut être de quatre à cinq jours , comme elle peut se prolonger jusqu’à trente , et bien au-delà encore quand
elle passe à l’état chronique.
Quelques circonstances exercent une influence assez remarquable sur la durée des maladies. On a observé que plusieurs allée- (ions étaient plus longues lorsqu’elles se reproduisaient, quelles ne l’avaient été dans leur première invasion. I ne seconde op 1 thaï mie dure communément plus long-temps qu’une première; il en est souvent de même d’une seconde blennorrhagie. Cette règle n’est pas néanmoins sans exception, et il n est pas inn m voir une seconde péripneumonie , une seconde attaque de rhumatisme être plus courte que la première; l’érysipèle offre généralement une durée et une gravité décroissantes dans ses attaques
successives. . .
Le traitement et les complications exercent aussi une influence
remarquable sur la durée comme sur la marche des makd.es :
nous reviendrons ailleurs sur ces deux points.
TERMINAISON DES MALADIES