‹ Élémens de pathologie généraleChapitre 28 sur 62 · S GO · texte numérisé non relu

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ques ; comme il ni est d’autres aussi qui ont une marche chronique, bien que, ; ;:r leur duree, elles appartiennent aux maladies aiguës. Une maladie a une marche aiguë lorsque le développement , la succession et l’intensité des symptômes qui la caractérisent annoncent une affection qui doit se terminer dans un court espace de temps, au contraire, lorsque les symptômes se développent, s’accroissent, se succèdent avec lenteur, sa marche est essentiellement chronique. Une fièvre typhoïde qui dépasse le quarantième et même le soixantième jour est encore une maladie aiguë 5 une affection tuberculeuse appartient aux maladies chroniques , lors même qu’elle entraîne la mort dans un espace de temps moins iong.

$ III. Le cours des maladies a été partagé par tous les auteurs en un certain nombre de périodes (1) : c’est ainsi qu’on nomme chacune des phases quelles doivent successivement parcourir. On n'est pas d’accord sur le nombre des périodes qu’on doit admettre dans les maladies : la plupart des médecins en ont reconnu quatre ou cinq -, d’autres en ont distingué jusqu’à huit pour certaines affections. A l’exemple de M. L. Beauvais , nous n’en admettrons que trois , marquées chacune par une condition importante et durable, comme l’augmentation , la persistance et la diminution des symptômes , et nous les nommerons, avec tous les auteurs, période d’accroissement ou d’augment , période d’état , période de déclin. L’invasion, n’étant que le commencement de la mala-

die, nous paraît ne devoir pas être considérée comme une période ; ou bien on devrait faire aussi une période du moment où la maladie cesse.

A. La première période, augment , progrès (meremenhim) , s’étend depuis l’invasion jusqu’à ce que les symptômes aient acquis toute leur intensité.

V invasion ou le début ( invasio , initiummorbi) est le moment où commence une maladie. Elle n’est jamais ou presque jamais appréciable dans les affections chroniques-, ce n’est , en général, que dans les maladies aiguës qu’on peut la connaître avec exacti-

(1) [Ispîotfoç, circuit; chemin ; r.ep'i, autour.

lUAllCIIC DUS MAL VOIES.

(udc : encore, dans ces dernières, est-elle souvent si peu marquée qu'il est diHicilc ou même impossible de la distinguer du temps qui la précède ou qui la suit. C’est ce qui arrive toutes les fois que les phénomènes précurseurs augmentent peu à peu d’intensité, de manière à conduire par degré de la santé à la maladie; ou lorsqu’une affection se déclare dans certaines conditions naturelles qui ont déterminé dans les fonctions un grand changement, à la suite de l’accouchement , par exemple. Quelquefois , à la vérité, il survient alors un frisson, une défaillance, ou quelque autre phénomène remarquable , qui peut être considéré comme marquant le début; mais souvent il reste de l’incertitude.

L’invasion des maladies aiguës, et surtout de celles qui sont graves, a ordinairement lieu par un frisson dont la longueur et la \iolence varient ; ce frisson est remplacé par la chaleur , et alterne quelquefois avec elle pendant un temps variable ; tantôt il se manifeste tout-à-coup chez des individus jusqu’alors bien portails, tantôt il survient après plusieurs jours de malaise; dans la plupart des cas , il oblige les malades à prendre le lit.

Il est encore quelques autres phénomènes qui accompagnent l’invasion : tels sont une altération notable dans la physionomie , des tremblcmens , des convulsions , des syncopes , une douleur fixe dans quelque organe , le délire , les vomituritions , les vomissemens , la dyspnée, 1 accélération du pouls, une hémorrhagie, etc.

L’invasion de la plupart des maladies peut avoir lieu à toute heure du jour et de la nuit ; il en est quelques-unes qui débutent plus spécialement à telle ou telle heure. Par exemple, les accès d’asthme surviennent le plus souvent pendant la nuit; les fièvres intermittentes quotidiennes ont ordinairement leurs accès le matin ; les tierces, vers midi ; les quartes, dans la dernière partie du jour ; les fièvres intermittentes symptomatiques , dans la soirée. Ce fait explique l'observation faite par plusieurs médecins, que les fièvres intermittentes dont les accès se reproduisent constamment le soir, résistent ordinairement au quinquina; ce médicament ne joint de la plénitude de son action que contre les fièvres intermittentes essentielles.

Les phénomènes qui signalent 1 invasion de la maladie sont quelquefois ceux qui la caractérisent; ils persistent alors dans les autres temps de sa durée ; mais , le plus souvent , ils cessent dès le premier jour, comme le frisson qui est commun a toutes les alléchons aiguës, et sont remplacés par d’autres.

La première période se présente sous une forme variée dans 1< s diverses maladies. Dans les maladies aiguës , le dérangement des fonctions devient de jour en jour plus marqué pendant 1 augment ; la coloration de la peau se prononce davantage; les sensations et les fonctions intellectuelles sont quelquefois troublées, la soi! devient plus vive, la digestion se déprave complètement , la surface de la langue se charge d'un enduit plus ou moins épais ; le pouls est plus fréquent, la chaleur plus élevée, la plupart des évacuations sont diminuées ou suspendues. Dans les maladies chroniques, celte période est marquée par le développement graduel des principaux symptômes. Sa durée peut être tort courte dans quelques maladies aiguës ; elle est communément de plusieurs mois dans les affections chroniques.

Zj. La deuxième période, qu'on nomme la violence, \ état ( status , à*pi), est marquée par 1 intensité permanente des symptômes, et quelquefois par 1 apparition de nouveaux phénomènes plus ou moins graves. Elle commence lorsque les symptômes cessent de s'aggraver; elle se termine lorsque leur intensité diminue, ou lorsque la maladie marche vers une terminaison funeste. Sa durée dans les affections aiguës est ordinairement moins longue que celle de l’augment ; dans quelques cas neanmoins elle l’est davantage.

C. Quant à la troisième période, le déclin ( decrementum ) ou la terminaison , nous ne faisons que 1 indiquci ni > pam quelle

sera l'objet d un chapitre particulier.

Ces trois périodes n’existent pas dans toutes les maladies aigues ou chroniques : dans certaines lièvres les symptômes offrent, dès le début, toute leur intensité, la période d’accroissement na pas lieu. Dans l’apoplexie foudroyante, il uy a qu une période, encore est-elle souvent instantanée. 11 en est de même dans quelques

maladies chroniques : la paralysie d’un sens, la surdité ou l’amaurose, par exemple, est quelquefois, dès l'instant où elle a lieu, portée au point où elle restera jusqu’à la mort de l’individu : on n'observe alors ni augment ni déclin. Dans quelques maladies chroniques qui doivent infailliblement se terminer par la mort , les symptômes s’exaspèrent progressivement depuis le début jusqu’à la leiininaison : il J a , pour ainsi dire, un accroissement continuel : aussi la division en périodes ne leur est-elle pas applicable ; dans le cancer stomacal , par exemple, il y a plusieurs degrés , mais il n’y a point, à proprement parler, de périodes.

Il est, d'un autre côté, quelques affections dans lesquelles les trois périodes sont très-manifestes ; telle est , par exemple, la fièvre typhoïde, dans laquelle l'examen de l’habitude extérieure subit le plus souvent pour reconnaître à la fois le genre et la période de la maladie.

Dans les maladies dont la marche est intermittente, chacun des accès présente une succession de phénomènes qui a quelque analogie avec les trois périodes d’une affection aiguë. On désigne sous le nom de stade ( s/adium ) chacune des parties dont se compose I accès, savoir, le frisson, la chaleur et la sueur. Le premier a été considéré comme l’accroissement, la chaleur a été comparée al état, et la sueur à la terminaison. Indépendamment des trois slades que présente chacun des accès, on peut quelquefois distinguer dans l’ensemble des accès les trois périodes des maladies à type continu. On voit, par exemple, dans la première semaine, les accès acquérir progressivement une intensité plus grande; puis, pendant un temps à peu près égal , les accès conserver une intensité uniforme, puis offrir une diminution graduée, et cesser spontanément. Mais, le plus ordinairement, on suspend, après quelques accès, la marche de la maladie, et dès lors il n’y a pas lieu a observer ces modifications dans leur cours.

Ce n est pas seulement dans les affections produites par des causes internes qu’on observe ces périodes , on les retrouve aussi dans celles qui sont le résultat de causes externes. Dans les plaies des tegumens , par exemple, on voit d’abord les parties divisées

devenir rouges, se gonller de plus en plus et exhaler un liquide séro-sanguinolcnt ; lorsque les phénomènes inflammatoires sont parvenus au plus haut degré, la suppuration s établit, et apres un ou plusieurs jours, la phlogose commence à diminuer en même temps que les bords de la plaie s’agglutinent et que la cicatrice s’opère. On voit clairement dans cette série de phénomènes une période d’accroissement , d’état et de déclin ; il se passe quelque chose d’analogue dans la fracture des os , si ce n est qu il n y a point exhalation de pus , et que du phosphate calcaire est déposé dans le tissu d’abord celluleux, puis cartilagineux, qui sert de moyen d’union aux fragmens.

Nous ferons remarquer, en terminant ce paragraphe , que , quelque distinctes que soient les périodes , le passage de 1 une a l’autre est presque toujours graduel et insensible , et qu on ne peut distinguer la lin de l’une du commencement de l’autre.

§ IV. Les circonstances propres à modifier la marche des maladies sont très-nombreuses. La jeunesse et l’àge adulte, le tempérament sanguin ou bilieux et une constitution forte , impriment en général aux maladies une marche plus prompte et provoquent une réaction plus vive. Les révolutions diurnes paraissent aussi avoir sur leur marche une influence bien marquée. Quelques médecins de l’antiquité avaient pensé que les quatre parties du jour pouvaient être comparées aux quatre saisons de l’année, savoir : le matin au printemps , le milieu du jour à l’été , le soir à 1 automne, la nuit à l’hiver , et que chacune d’elles avait sur l’exercice des fonctions , dans l’état de santé ou de maladie , une influence analogue à celle des saisons. Testa , qui a publié sur les périodes un ouvrage justement estimé , n’est pas éloigné de partager cette opinion , qu’on ne doit admettre qu’avec des restrictions. Le malin avant le lever du soleil , on observe fréquemment des sueurs, soit dans les maladies aiguës, soit dans les affections chroniques : à cette époque , l’absorption semble être un peu augmentée ; l’œdème disparaît lorsqu’il est peu considérable ; il diminue lorsqu’il l’est davantage. C’est à ce moment, comme nous 1 avons dit précédemment , qu’il convient d’employer les remedes qui

doivent agir par absorption : Cruishsank assure que des maladies vénériennes qui n’avaient pu être guéries par des frictions faites le soir ou la nuit, furent dissipées par des frictions matinales. Au moment où le soleil se lève, les signes de pléthore sont communément plus marqués qu’à toute autre heure; c’est à ce moment que le corps est plus lourd , la tète plus pesante ; chez quelques sujets, les doigts sont tellement distendus , qu’ils peuvent à peine être fléchis-, la chaleur est souvent incommode; c’est aussi à ce moment que les symptômes des inflammations cutanées sont ordinairement plus intenses. Le milieu du jour amène dans quelques affections chroniques , dans la phthisie pulmonaire en particulier, un léger paroxysme, et certaines douleurs périodiques reparaissent constamment à cette heure. C’est ordinairement le soir que commencent les redoublemens ou paroxysmes dans la plupart des maladies aiguës ou chroniques ; ils persistent et deviennent plus intenses pendant la nuit, qui a généralement une influence fâcheuse sur les affections graves. Les malades à cette époque, fatigués par les impressions qu’ils ont reçues pendant le jour, ressentent plus de malaise; leurs douleurs , s’ils en éprouvent , deviennent plus vives ; ils fixent mal leur attention, et leur mémoire est moins sûre que le matin. C’est presque toujours pendant la nuit que le désordre des fonctions intellectuelles commence à se manifester; chez quelques malades il réparait chaque soir, et cesse complètement pendant la journée; chez d autres, le délire, qui est tranquille pendant le jour, devient furieux pendant la nuit. C’est généralement pendant la nuit que la figure est plus animée, la soif plus vive, la langue moins humide ou plus sèche, la respiration plus accélérée, le pouls plus fréquent, la chaleur plus élevée et I urine plus foncée en couleur.

Bien que la nuit ait une influence fâcheuse sur la plupart des maladies, il en est plusieurs dans lesquelles cette influence est plus marquée encore que dans les autres : telles sont celles du cœur et des poumons, et en particulier l’emphysème, les tubercules pulmonaires et les douleurs rhumatismales, etc. II est même quelques affections dont les symptômes disparaissent entièrement pendant

le jour et ne se montrent que pendant la nuit : telles sont certaines douleurs syphilitiques et plusieurs maladies éruptives, comme l’épinyctis. Nous avons vu également une éruption morbilliforme reparaître toutes les nuits pendant un mois environ chez un individu qui n’en conservait aucune trace pendant le jour.

Quelques médecins ont fait des efforts pour remonter aux causes qui produisent dans la marche des maladies ces variations régulières qui correspondent aux révolutions diurnes. Selon M. Balhj (l), la présence ou l’absence de la lumière, 1 élévation différente de la température, et l'inégale quantité d eau répandue dans l’air seraient les principales circonstances qui détermineraient les changemens que le jour et la nuit apportent dans la marche des maladies : « Celles qui se manifestent par une exaltation des lorces » vitales s’aggravent pendant le jour, et celles qui se déclarent et » s’annoncent par une prostration de ces mêmes lorces s exaspè- » rent le soir et pendant la nuit. » Ce médecin ajoute, à 1 appui de son opinion, que sur huit fièvres avec faiblesse, il y en a sept dans lesquelles la mort arrive pendant l’absence du soleil. Si 1 opinion de M. Bal/y peut être fondée relativement aux affections adynamiques , il n’en est certainement pas de même a 1 égard des maladies opposées; l’expérience journalière ne permet pas d’admettre que les paroxysmes des fièvres inflammatoires et des phlegmasies aient lieu pendant le jour; c’est presque constamment la nuit qu’on les observe. Avant de terminer ce qui a rapport à l’influence de cette dernière sur la marche des maladies, d convient de faire remarquer qu elle n est pas toujours nuisible, et que c’est fréquemment pendant son cours que commencent dans les maladies ces sueurs douces et générales qui annoncent un commencement de détente, selon l’expression usitée, et lent esperei une heureuse et prochaine solution.

Les variations passagères qui surviennent dans la température et 1 humidité de 1 air, dans la direction des vents, n ont qu une influence incertaine sur la marche des maladies chroniques , et pa-

(!) le V in fluence de la nuit , etc. Thèses. 4807, n° 6.

missent n'en avoir aucune sur celle des maladies aiguës. Néanmoins un changement brusque qui survient dans la température,

particulièrement un froid subit et rigoureux, hâte la fin des maladies chroniques parvenues à leur dernière période. C’est ce qu on observe souvent dans les hôpitaux : lorsque la température devient tout-a-coup très-froide après avoir été douce pendant longtemps, on voit succomber, dans l’espace de vingt-quatre â trentesix heures, la plupart des malades qui luttaient depuis plusieurs jours avec la mort. Dans les hospices des vieillards, l’impression fâcheuse d’un froid subit sur les moribonds est encore bien plus marquée ; mais 1 époque de la chute des feuilles , si formidable aux yeux du vulgaire, n’est pas généralement plus funeste pour les phthisiques que les autres temps de l’année où la température offre un changement brusque.

Beaucoup de malades , et en particulier ceux qui sont atteints d affections rhumatismales ou nerveuses, sont persuadés que constamment, sous l’influence de certaines conditions atmosphériques, leurs douleurs deviennent plus fortes ou plus légères : plusieurs d’entre eux croient même pouvoir annoncer avec certitude d’après 1 intensité de leurs maux, les changemens qui doivent s opérer dans 1 atmosphère; mais l’observation ne confirme pas ordinairement le rapport de ces malades.

Si les changemens passagers qui surviennent dans l’atmosphère n ont que peu d’influence sur la marche des maladies , il n’en est pas de même des grands changemens produits par la succession des saisons: leur influence est bien constatée et ne peut être révoquée en doute. Ainsi pendant l’hiver, les catarrhes et les écoulemcns chroniques deviennent plus graves, la phthisie pulmonaire fait des progrès plus rapides, le rhumatisme chronique est plus douloureux, l’hydropisie augmente plus promptement, et l’œdème des membres inférieurs se montre chez beaucoup de malades qui n avaient pas encore présenté ce symptôme.

(juanl à 1 influence des astres sur le cours des maladies, elle est aussi obscure que leur action comme cause morbifique, au moins dans notre climat. Le lover doc nl<iiü<Lic ,in ,

les équinoxes et les solstices n’effraient point les médecins modernes, quelque respectable que soit à leurs yeux, sous d autres rapports , l’autorité qui a signalé l’influence funeste de ces époques sur la marche des maladies : toutefois cette opinion comptait encore quelques sectateurs dans des temps rapprochés du nôtre. BaiUou raconte, dans le premier livre de ses Épidémies, qu’une malade éprouva, pendant une éclipse de soleil, une sjncope qui ne cessa qu’après que cet astre eut reparu. Ramcizzini rapporte que, pendant la nuit du 21 janvier I6l.)3, où la lune s’éclipsa (il régnait alors une épidémie de fièvre pétéchiale), la plus grande partie des malades moururent , et presque a I heure même où l’éclipse eut lieu. « Facta lier noctern lanari eclipsi , major pars œgrotantium obiit, ac eâdempenè horâ cpiâ nwurum luna laborabai (1). » Balfour a cru reconnaître, au Bengale, que la lune agissait physiquement sur la marche de différentes maladies (2); Bruce assure avoir observé plus d’une fois, dans Sennaar (3), l’influence de cet astre sur les épileptiques , et les observations de Fonlana viendraient à l’appui de cette assertion; mais tout ce qu’on sait sur ce point ne pourrait servir de base a une opinion bien établie. Nous en dirons de même de l’assertion de quelques auteurs , de Daquin en particulier, qui ont prétendu que la lune avait une action réelle et constante sur la marche de la folie. M. Esquirol , à la vérité, a observé aussi que les fous étaient plus agités au moment de la pleine lune, mais il a pu s’assurer que cette agitation tenait à ce que la clarté pénétré souvent alors dans leurs chambres, car il a suffi , pour prévenir cette excitation, d’empêcher l’accès de la lumière par une clôture plus

exacte.

Parmi les circonstances qui agissent sur la marche des maladies, on ne doit pas oublier la plus ou moins grande salubrité du lieu dans lequel est placé le malade. Toutes choses égales d ailleurs, les maladies sont plus légères, et ont une durée plus courte chez

(1) üper. Sydenham , t. ii, p. 34.

(2) Juurn. de Mèd. , t. lxmi.

(5) voyage, aux sources du Nil, t. vtti . p. 4

les individus isolés; clics sont plus graves cl plus longues chez ceux qui sont réunis en grand nombre dans les hôpitaux II est fa elle <le constater cette différence lorsqu’une épidémie régne dans toutes les classes de la société : on peut également apprécier l'influence de cette cause, en comparant le succès des opérations pratiquées sur des malades isolés et sur ceux qui sont rassemblés dans les hôpitaux.

Le climat et Imposition .lu lieu d'hahitalion ont aussi quelque

"in,lence sur. ‘■«cho ''es maladies : nous renvoyons à re que

nous avons dit précédemment sur les climals et l’exposition, tonsidérés comme causes morbifiques.

L’impression du froid et de la chaleur sur le corps du malade

, "atUre 01 la 1l,»nt"é <les c» tics boissons, le mouvement

e! le repos, des sensations très-fortes, la contenlion de l’esprit les passions , la nostalgie, sont autant de causes qui peuvent moi er la n)arcllc des maladies, mais qui produisent des cITels trop \anes pour qu on puisse les décrire d’une manière générale il esl peu de maladies dans lesquelles l'influence de ces divers agens soit aussi remarquable que dans celles du cœur. Dans ces a cotions , on voit souvent les symptômes les plus graves tels que I orthopnée , l’infiltration dos membres, disparaître une ou plusieurs fois avant de persister définitivement : c’est particulièrement chez les mdi gens admis dans les hôpitaux que la maladie «lire celte marche rétrograde : chez ces sujets , les erreurs du régime, et surtout les fatigues, les veilles, ont déterminé, dans leaueoup de cas , le développement de cos sv Millièmes, i une épo-

r ™ !" du ne les aurait pas encore produits

ar le simple éloignement de ces causes, par le repos et la diète a maladie est réduite a cllc-mème , et l’on voit diminuer et souvent mémo disparaître pour un certain temps, les phénomènes prématurés auxquels des circonstances accidentelles avaient W u ssanre- du trois, è, ne degré, où elle semblait être parvenue, la maladie revient au second ou même ou premier.

Il esl une autre condition qui a sur le cours des maladies cliro- 1 UnC lnl,uonccsi remarquable, que nous ne pouvons pas

DUr.UIÎ DUS MALADIES.

nous dispenser d’en dire quelque chose : ccst la giosscsse. Nonseulement elle fait quelquefois cesser des affections rhumatismales et nerveuses, des éruptions, etc., mais encore elle parait suspendre la marche des maladies organiques les plus graves , lors même quelles sont déjà parvenues à un degré assez avancé. 11 est d’observation que la phthisie cesse souvent de faire des progrès chez les femmes qui deviennent enceintes : beaucoup d entre elles se soutiennent jusqu’à l’époque de l’accouchement, et succombent peu de temps après.

Avant de passer à un autre sujet , nous ferons remarquer que les circonstances variées qui modifient la marche des maladies n’empôchent point qu’elles n’offrent une grande ressemblance , non-seulement dans des temps et des lieux rapprochés, mais aussi dans des conditions très-différentes. Quand on ht avec attention les peintures des maladies tracées par les médecins observateurs de tous les âges , depuis Hippocrate jusqu’à nos jours , on ne peut s’empêcher de reconnaître une grande similitude entre les maladies observées dans des siècles et des pays très-éloignés, et malgré la différence des climats , des mœurs et des autres grandes circonstances qui sont propres à les modifier . Baillou, et Sydenham ont , en particulier, observé des fièvres épidémiques semblables a celles qu’ Hippocrate avait décrites dans la constitution de Thase, et plusieurs des descriptions d’Arétée de Cappadocc sembleraient faites d’après les maladies que nous observons tous les jours.

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