‹ Élémens de pathologie généraleChapitre 37 sur 62 · GENRES, ESPÈCES ET VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

GENRES, ESPÈCES ET VARIÉTÉS

chez l'autre, les pustules sont partout confondues entre elles, ou rassemblées en très-grand nombre dans quelque partie. Dans un cas, elle n’est accompagnée d’aucun danger; dans un autre, le péril est grand ; dans un troisième , la mort est presque inévitable. Or, serait-ce avoir une idée juste de la variole que delà connaître seulement sous une des formes nombreuses qu’elle peut offrir ? Non, sans doute : cette conséquence s’applique rigoureusement à l’histoire de toutes les maladies.

C’est donc un point essentiel de la pathologie que de bien connaître les modifications que chaque alleetion peut ofliii, neanmoins ces modifications n ont pas toutes une impoi tance égal* . il en est de si légères quelles peuvent être négligées; il en est d’autres qu’il est utile et même indispensable de distinguer. Ces dernières ont été distribuées en deux séries : dans la première , ou a placé celles qui ont paru les plus importantes; dans la seconde, celles qui le sont moins. On a donné à celles-là le nom d'espèces, aux autres celui de variétés , sans qu’on ait pu jusqu ici établir une règle fixe pour distinguer l’une de l’autre la variété et Y espèce. L’espèce en pathologie n’est pas la même chose qu’en zoologie et en botanique. Ici , elle est constituée par l'ensemble des individus qui se perpétuent eux-mêmes par la reproduction, et les variétés sont formées par les individus qui , quoique différons par leurs apparences , peuvent reproduire , dans des circonstances données , des individus semblables à ceux dont la variété tire son origine. En pathologie, les espèces ne sont que des abstractions; leur distinction est tellement vague et incertaine que les uns en ont admis le double ou le quadruple des autres. Saurages en porte le nombre à dix-huit cents , Sagar à deux mille cinq cents, tandis que Catien n’en reconnaît que six cents. Il y a plus, il est peut-être sans exemple, comme l’a remarqué Bayle (1), que le même auteur ait publié plusieurs éditions de ses ouvrages sans changer quelque chose aux espèces qu’il avait pr écédem mon l ad m i ses .

(l) Thèses de la Faculté , année 1801, n° 71.

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