DE MALADIES
S il est impossible, comme on est fondé à le croire d’après les efforts inutiles des nosologistes, d’avoir pour la distinction des espèces une règle uniforme applicable à toutes les maladies, il faut au moins avoir partout , dans cette distinction, le but de la plus grande utilité, et déterminer les espèces de chaque maladie d après les circonstances qui exercent le pins d 'influence sur le traitement . Pour toutes les phlegmasies aiguës , c’est , selon nous , le caractère inflammatoire, bilieux, ad\ mimique ou ataxique qui doit déterminer les espèces, parce que le caractère d’une maladie importe autant et quelquefois même plus que le genre à son traitement. Une maladie, quel qu’eu soit le genre, présentc-t-clle les symptômes généraux de la fièvre inflammatoire? c’est la saignée et le régime antiphlogistique que l’on emploie; a-t-elle le caractère adynamique? c’est aux excitons et aux toniques qu’il faut recourir ; est-elle légitime , c’est-à-dire , n’olïrc-t-elle que les phénomènes généraux qui lui sont propres , sans aucun des signes qui caractérisent la fièvre inflammatoire, adynamique, etc.? le repos et une diète légère sont le plus souvent les seules conditions nécessaires à la guérison : encore ne sont-elles pas toujours indispensables, comme on le voit dans quelques cas d’érysipèle, de catarrhe pulmonaire , etc. On doit en outre admettre, pour les inflammations, des espèces aiguës et chroniques ; cette distinction n est pas moins importante pour le traitement que la précédente. Quant aux hémorrhagies, leur division en deux espèces, actives et passives, offre le but pratique qu’elle doit avoir ; mais comme il est beaucoup d hémorrhagies qui n’appartiennent ni aux unes ni aux autres, il nous parait absolument nécessaire d en admettre une troisième espèce, qui ne peut pas être confondue avec les deux autres. Cette division est d’ailleurs applicable aux flux , aux épanchemcns et en particulier aux hydropisies ; elle pourrait enfin être étendue avec avantage à certaines maladies nerveuses. Les bons effets des toniques, auxquels on a eu généralement recours pendant long-temps , semblent démontrer l’existence des névroses passives ; les cures presque merveilleuses obtenues dans quelques cas par une méthode tout opposée portent, avec beaucoup d’au-