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/ion, bien que ce dernier, pris dans son sens le plus général , ail une signification différente.
§ 11. Après avoir défini In maladie en général, suivant les principes précédemment établis, nous allons entrer dans quelques considérations sur la manière de définir chaque maladie en particulier. Ces considérations appartiennent encore à la pathologie générale , par cela même quelles sont applicables à toutes "les maladies.
11 est beaucoup plus important encore de bien définir chaque maladie en particulier , que de se faire une idée nette de la maladie en général.
Nous n’ignorons pas seulement la nature de la maladie en général , nous ignorons de même celle de chaque affection en particulier : il faut donc aussi la définir d'après ses phénomènes sensibles.
On a avancé, dans ces derniers temps, que la seule manière de définir une maladie était de déterminer quel est l’organe affecté, et de quelle manière il est affecté ; mais ce genre de définition, qui n’est applicable qu’à un certain nombre de maladies, n’est Pomt une définition à proprement parler. Dire que la pleurésie est I inflammation de la plèvre; que le carreau est la dégénérescence tuberculeuse des glandes du mésentère; l’ascite, un épanchement de sérosité dans le péritoine; l’épistaxis, une hémorrhagie de la membrane pituitaire, c’est donner la signification du mot, ce n’est pas définir la chose. Un autre inconvénient plus grave attaché à ce genre de définition est l’incertitude où l’on est
sur le siège de certaines maladies, et le dissentiment des médecins à cet égard. Combien, par exemple , aurait varié la définition des fièvres intermittentes dont on a placé le siège dans le foie, la rate , 1 estomac, les intestins, le système nerveux, la peau, la veineporte, les vaisseaux lymphatiques du mésentère, et qui'lle confusion résulterait de toutes ces définitions contradictoires! C’est
donc nécessairement d après leurs phénomènes qu’il faut définir ces affections, si 1 on lient à en donner une définition qui soit intelligible dans tous les temps. Il est aussi des cas dans lesquels la
cause manifeste des maladies entre comme élément necessaire dans
leur définition: les contusions, les plaies, la colique saturnine ,
I asphyxie, la svphilis, la variole ne peuvent être definies exactement , si l’on n indique pas la cause qui les a produites.
En général, pour bien définir une maladie, il faut réunir le plus grand nombre possible de faits particuliers qui lui soient relatifs; les comparer attentivement entre eux, de manière à isoler les phénomènes qui sont constans de ceux qui sont simplement accidentels. Les phénomènes qui se retrouveront dans tous les faits particuliers, ou du moins dans le plus grand nombre, formeront les traits caractéristiques delà maladie; leur énumération succincte présentera 1 image de celle-ci ou sa définition.
Quelques maladies se présentent avec des degrés si divers d intensité qu il serait impossible de confondre dans une description commune ces formes diverses d un même mal: I hémonhagie cérébrale, par exemple, donne lieu à des phénomènes si variés, selon que le caillot hémorrhagique est petit ou volumineux , qu il est indispensable pour donner une idée juste de cette maladie de présenter la définition descriptive de ses formes principales , comme on donne, en histoire naturelle, la figure d’une plante, ou d un animal, aux principales phases de son existence, dans les diverses proportions qu il peut offrir. 11 n est donc pas exact de dire avec Grimaucl que, pour bien connaître une maladie, il faut 1 étudier dans l’àge, le sexe, le tempérament, le climat, dont 1 observation a montré la convenance avec cette maladie , « car chaque » maladie (l), comme chaque être de la nature, ne parait ce » qu’elle est, et ne jouit de toute la plénitude de son existence , » qu autant qu’elle se forme et qu elle se développe sous un con- » cours de circonstances qui lui sont analogues, et qui tendent » également à favoriser sa production. » Le médecin qui ne connaîtrait une maladie que dans son plus haut degré d'énergie n’en aurait qu’une idée imparfaite; il ne la connaîtrait que sous une forme exceptionnelle ; il faut qu'il l’étudie au contraire dans
(i) Grimaud, Cours de Fièvres, t. J, p. 2.