CLASSIFICATION DES MALADIES
familles, auxquels on rapporte tous les genres et toutes les espèces connues.
Fclix Plaier paraît être le premier qui ait conçu et mis à exécution 1 idée d une distribution méthodique des maladies.
La division proposée par Plaier était peu connue lorsque Sauva9es lHlljlia’ dans le dix-huitième siècle, sa Nosologie méthodique, qui fut alors accueillie avec une grande faveur, et considérée comme le premier ouvrage de ce genre. Les maladies y sont distribuées en dix classes, sous les noms do vices, fièvres, phlegmasics, spasmes, anhélations, débilités, douleurs, vésanies, flux, cachexies . Chacune de ces classes est divisée en plusieurs ordres* à chacun desquels se rapportent un certain nombre de genres qui présentent tous les caractères de la classe et de l’ordre auxquels ils
appartiennent , et offrent en outre des caractères qui leur sont propres.
Linnèe donna une classification qui ressemblait beaucoup à celle de Sauvages; il fit de plus une classe de maladies qu’il désigna sous le titre de suppressions, et reporta une partie des fièvres de Sauvages dans la classe des maladies critiques , ou qui se jugent par un dépôt briquelé dans les urines.
v°gd, Sagar et Viiet ont admis à peu près les mêmes classes sous des noms différais.
Cutten réduisit à quatre les classes des maladies; savoir • trois classes d'affections générales, les pyrexies , les névroses et les cachexies , et une classe d affections locales.
Macbnde n admit également que quatre classes qu’il désigna sous les noms de maladies générales, locales, sexuelles et pué-
Toutes ces classifications présentent tant de défectuosités et d incohérences qu’elles ont été généralement abandonnées. Celles e Darwin, de lourdes et de Baumes reposaient sur des théories trop peu solides pour pouvoir être accueillies.
La classification de Pinel a sur les précédentes une supériorité incontestable. Ce médecin a divisé les maladies en cinu classes, les fièvres, les phlegmasies , les hémorrhagies, les nc-
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vroses et les affections organiques. Celte classification est, beaucoup moins éloignée que les autres du genre de perfection dont ce travail est susceptible. Si , dans sa distribution des maladies , Pinel a quelquefois rapproché des affections qui semblent devoir être séparées , s'il en a éloigné d’autres qui seraient plus naturellement réunies, ces imperfections n’empôchent pas que son système nosologique ne tienne à juste titre le premier rang. Du reste , il est fort douteux que l’on parvienne jamais à faire , comme l’espérait Gaubius (1), une classification nosologique aussi régulière que celle des plantes ou des animaux, parce que les caractères de ceux-ci sont beaucoup plus fixes et plus lacdes à saisir que ceux des maladies.
Ces diverses classifications ne comprennent que les maladies qui sont du ressort de la pathologie médicale. Les maladies chirurgicales ont eu aussi leurs classifications, qui sont généralement établies d’après le siège plutôt encore que d’après les formes particulières de ces maladies : aussi quelques auteurs ont-ils objecté que les divisions des maladies externes, quelque méthodiques quelles pussent être , ne devaient point être considérées comme des classifications proprement dites. Peu importe, au reste, que les maladies soient distribuées méthodiquement ou classées, poui \ u qu’elles soient présentées dans un ordre qui en rende l’exposition plus facile.
Les classifications ne sont pas indispensables à l'élude de la pathologie. On s’en est passé pendant fort long-temps , et il n est pas bien certain quelles aient eu quelque influence sur les progrès de la science. Toutefois , une bonne classification aide et abrège l’étude, et dès lors son utilité ne peut être contestée. De plus, en présentant dans un cadre déterminé toutes les maladies
(1) Non est cur disperent medici, fore aliquandà , ut ingens morborum humanorum numerus , exemplo al) historiés naturalis scriptor iius petit o , in ordinem systematicum redigatur , qui ab omni hypothesi , seclarumque commentis liber, sold nixus fideli observations , classes , généra, species exhibeat, suis singula charactei istnis, ceitis, manifestiSyplenis interstincta. (Institut. Pathol.)