SECTION IV
Des Troubles de la sensibilité et des sensations^ considérés
comme symptômes,
La faculté de sentir est , dans Tétât naturel , départie , avec des modifications variées, à un grand nombre de nos organes ; il est
(i) De ausciiltare^ écouter.
reconnu qu’elle peut , dans l’état de maladie , se développer dans tous les autres, à l’exception de l’épiderme et de ses productions. En vertu de cette faculté , diverses impressions sont transmises au sensorium commune; les unes, qu'on a nommées sensations intérieures, nous avertissent de certains phénomènes qui se passent dans notre corps lui-même ; les autres, qu’on désigne plus spécialement sous le nom de sensations, nous font connaître certaines conditions ou qualités des objets extérieurs qui sont en rapport avec nous. La faculté de sentir considérée en général, et les sensations intérieures et extérieures, offrent, dans l’état de maladie, des changemens nombreux que nous allons exposer.
§ 1er, — Les dérangemens qu’offre la sensibilité chez l’homme malade ont été considérés par quelques médecins comme l’effet d’une répartition inégale de cette faculté elle-même. Les douleurs excessives qui se font sentir dans une partie sont, à leurs yeux , le résultat d’une accumulation morbide de la sensibilité, accumulation qui pourrait avoir lieu constamment vers un même organe chez quelques sujets, et se montrer chez d'autres successivement dans un grand nombre de parties différentes. Cette théorie nous paraît loin d’être d'accord avec les faits. S'il est quelques individus chez lesquels la sensibilité diminue dans le reste du corps quand elle augmente dans une partie , il s’en faut qu’il en soit ainsi chez le plus grand nombre. Le plus souvent, en effet, comme on l'observe dans Thypochondrie, dans l'hystérie , la sensibilité est augmentée ou diminuée dans tous les organes à la fois : elle est egalement exaltée dans tous les organes pendant la première période de quelques affections aiguës du cerveau ; elle diminue et s’éteint simultanément dans tous pendant la seconde et la troisième période de ces affections.
L’abolition de la sensibilité est souvent jointe à celle de la contractilité musculaire , surtout dans les cas qui entraînent la perte de connaissance : une même cause, telle que la compression d'un hémisphère du cerveau, peut produire ces deux effets. On dit alors qu’il y a du mouvement et du sentiment. Dans
beaucoup de cas de compression cérébrale, où le mouvement
est diminué ou suspendu , la faculté de sentir est conservée , comme aussi dans quelques affections rares dont la cause matérielle n’est pas bien connue , les muscles conservent la liberté de leurs contractions , tandis que les tégumens qui les recouvrent sont privés de sentiment. Des recherches fort ingénieuses ont été entreprises dans ces derniers temps dans le but d’éclairer ce point de pathologie : elles ont conduit à penser que les faisceaux antérieurs et postérieurs qui naissent de la moelle allongée et de la moelle épinière étaient chargés exclusivement de transmettre, les premiers le mouvement, les seconds le sentiment, en sorte que les lésions bornées aux uns ou aux autres , ou aux parties dont ils naissent, ne devraient produire de dérangement que dans l’une ou l’autre de ces deux fonctions, tandis que celles qui porteraient à la fois sur les cordons antérieurs et postérieurs , ou sur toute l’épaisseur de la moelle, produiraient le trouble simultané du mouvement et du sentiment. Quelques faits communiqués à l’Académie de Médecine, ou publiés dans les recueils périodiques, viennent à l’appui de cette opinion ; mais ces faits, contredits d’ailleurs par d’autres expérimentateurs , sont trop peu nombreux encore et demandent à être vérifiés de nouveau.
§ II. — Les sensations intérieures , chez l’homme bien portant , consistent surtout en des besoins qui se rattachent à l’exercice régulier des fonctions ; chez l’homme malade , ces besoins sont troublés avec les fonctions dont ils dépendent ; il se manifeste, en outre, d’autres sensations qui appartiennent exclusivement à la maladie , et qui appellent toute l’attention du médecin : telles sont les diverses espèces de douleurs.
Tout le monde sait ce que c’est que \d, douleur (^dohr) pour l’avoir éprouvée; il est inutile de chercher à la définir.
La douleur peut être produite par des causes très-variées que nous ne connaissons qu’en partie; elle peut, à son tour, produire des effets divers qu’il nous est moins difficile d’apprécier ; elle varie elle-même à raison de sa nature, de son intensité, de son type et de son siège.
Les causes qui produisent la douleur dans l’état de maladie
sont : des altérations notables dans le tissu des parties qui en
sont le siège, comme les plaies, les inflammations, les ulcérations, les affections organiques ; 2^ une action trop yiye ou trop longtemps soutenue-, 3® une modification tout-à-fait inexplicable dans le jeu des organes , qui deviennent primitivement ou sympathiquement douloureux , sans que rien puisse nous en faire connaître la raison.
Les effets de la douleur sont, en général, plus évidens : P elle trouble les fonctions de Torgane qu’elle occupe ; dans le muscle , elle gène ou empêche le mouvement -, dans la bouche , la mastication -, dans le thorax, la respiration, etc. ; elle détermine aussi, dans quelques cas , un afflux de liquides, soit à la surface , soit dans le tissu même des organes ; 3^ elle produit dans des parties éloignées des troubles sympathiques , comme le vomissement dans les douleurs de tête, les convulsions dans plusieurs espèces de douleurs ; 4^ elle peut déterminer, quand elle est portée au plus haut degré, le désordre de presque toutes les fonctions, et même la la mort , surtout si elle se prolonge.
La douleur se fait sentir avec des modifications variées : on a donné des noms particuliers aux principales : 1° celle qui consiste en un sentiment de distension a été nommée tensive : elle a lieu spécialement dans les inflammations phlegmoneuses ; 2® la douleur gravative est un sentiment de pesanteur qui accompagne les collections de liquide dans les cavités naturelles ou accidentelles , et qui se montre aussi dans plusieurs autres affections ; 3® la douleur puJsative est marquée par des pulsations qui sont toujours isochrones aux battemens du cœur ; elle se fait sentir en particulier dans les tumeurs inflammatoires où la suppuration se prépare -, 4° la douleur lancinante est caractérisée par des élancemens passagers qui ne répondent pas aux pulsations artérielles : cette espèce de douleur est propre au cancer et aux névralgies ; 5^ on a admis aussi une douleur tcrèhrante, parce que les malades qui l’éprouvent la comparent à la sensation que produirait un viibrequin ou une vis qui pénétrerait, en tournant sur elle-même , dans la partie souffrante ; elle a particulièrement lieu dans quel-
ques rhumatismes ; la douleur contusive est semblable à celle qui succède à la contusion : quelques malades Texpriment par le mot brisement : elle est fréquente dans le prodrome des maladies aiguës ; la douleur qui se fait sentir dans le charbon , dans l’érysipèle gangréneux , est comparée par les malades à celle que produirait le contact d’un corps en ignition : c’est la douleur bridante; la douleur lorurigineuse n’est autre chose que la démangeaison : elle a surtout lieu dans les maladies de la peau ; 9^ une autre espèce de douleur a reçu le nom de fourmillement (formicatio), parce quelle est semblable à la sensation que produirait une multitude de fourmis qui s’agiteraient à la fois dans toute la partie souffrante. Enfin, la douleur est quelquefois cliirante J loongitire ou poignante. Quelques malades comparent celle qu’ils éprouvent à une plaie dont les bords seraient écartés ou dont la surface serait irritée par quelque agent mécanique ; d’autres, à un lien , à une griffe de fer qui comprimerait quelque partie, à une barre qui pèserait sur elle, etc. La douleur peut changer de caractère pendant le cours d’une maladie : dans le phlegmon , par exemple , elle est tensive au début , pulsative dans la seconde période, et grayative lorsque la suppuration est établie,
\d intensité de la douleur offre beaucoup de degrés : on en juge par le rapport du malade , par le trouble qu’elle détermine dans sa physionomie et dans ses fonctions. Elle dépend à la fois de la cause qui la produit, du degré de sensibilité de l’individu en général , et de l’organe souffrant en particulier. Elle augmente et diminue dans diverses circonstances; tantôt elle est exaspérée par la chaleur et tantôt par le froid *, la pression extérieure excite l’une et modère l’autre; celle-ci devient plus forte, celle-là plus faible par le mouvement prolongé. L’expression que la douleur imprime à la physionomie varie ellc-mème à raison de la constitution et du caractère des malades.
Le type de la douleur est tantôt continu avec ou sans exacer^ bation , tantôt intermittent avec ou sans régularité. Dans le pre^ mier cas , la douleur se fait sentir sans interruption avec une in-
DES SYMPTO:«ES.
tensité variée ou égale ; dans le second , elle cesse et reparaît à des intervalles semblables ou d\me manière irrégulière. Toute douleur qui se reproduit sans un des types propres aux fièvres intermittentes, et dont la durée dans chacune de ses réapparitions est à peu près celle d’un accès, mérite une attention spéciale, parce qu elle est généralement due aux causes qui produisent les fièvres intermittentes, et qu’elle cédera au même moyen.
Il est certaines douleurs qui se font sentir simultanément dans tout le corps : telles sont celles qui précèdent et accompagnent l’invasion de quelques maladies aiguës; mais, le plus souvent, elles sont partielles y et elles sont même bornées à une petite étendue. Tantôt elles restent constamment dans le même lieu, tantôt elles changent une ou plusieurs fois de siège; elles sont fixes dans le premier cas, mobiles ou vagues dans le second (1). Les douleurs fixes doivent toujours éveiller l’attention du médecin , car elles révèlent souvent des altérations plus ou moins profondes dans les viscères. C’est ainsi qu’une céphalalgie vive, circonscrite
(1) La douleur a reçu des noms différens , à raison de la partie qu’elle occupe. On nomme céphalalgie (*/£(paV/3, tête, aXyoç, douleur), celle qui a son siège à la tête ; hémicrânie demi . ypavtov, tête) ou migraine
{hemicrania, par corruption, migraine)^ celle qui est bornée à un de ses côtés, etc. ; on donne à la céphalalgie l’épithète de frontale, de sus-or- Mtaire, de syncipltale ou occipitale, quand elle se fait sentir exclusivement dans l’une de ces régions. La douleur d’oreille se nomme otalgie (wç, wTo;, oreille) ; celle des dents, odontalgie (orlovç, o^ovtoç, dent). On désigne ordinairement sous le nom de pomt de côté celle qui occupe la partie latérale du thorax. La douleur qui a son siège dans la région épigastrique a reçu beaucoup de dénominations , telles que cardialgie orifice de l’estomac), cardiogmus douleur du cardia), épigastralgie [ztzi, sur, ventre). La douleur des
intestins est connue sous le nom de colique (7.w).ov, intestin colon). Celles des reins, du foie, du rachis ont été nommées par quelques auteurs néphralgie (vscppoç, rein), hépatalgie (f'Trap, foie), rachialgie (pcc/j;, épine du dos). On appelle névralgies Çvivpovy nerf) toutes celles qui ont leur leur siège spécial dans quelque nerf, et douleurs ostéocopes os, je romps) celles qui se font sentir dans les os.
et continue qui survient chez un vieillard annonce souvent le commencement d’un ramollissement cérébral.
Il est encore quelques sensations pénibles qui ne sont pas précisément des douleurs, mais qui s’en rapprochent beaucoup : tels sont le malaise general et les inquiétudes des membres qui accompagnent diverses maladies *, telle est \ anxiété, qui consiste en un malaise extrême , souvent plus pénible , plus difficile à supporter qu’une douleur aiguë , et qui , répandu en général dans tout le corps , semble néanmoins porter spécialement sur la région épigastrique et oblige les malades à changer presque continuellement de position ; telle est encore X angoisse , qui est le plus haut degré de Tanxiété, et qui est ordinairement accompagnée de palpitations, de dyspnée , d'une altération profonde des traits et d’une respiration plaintive ; tels sont enfin ces mouvemens intérieurs que les malades attribuent au déplacement de quelque viscère, à un corps étranger, et souvent aune boule, à un globe (^glohus kystericus), qui , s’élevant de l’hypogastre ou du flanc gauche, semble monter jusqu’au pharynx , où il détermine une suffocation imminente.
On pourrait rapporter à la même série de symptômes la sensation de froid et de chaud que quelques malades éprouvent dans tout le corps ou dans une partie; mais nous avons pensé que les altérations de la chaleur trouveraient plus naturellement leur place dans un autre endroit.
§ III. Sensations extérieures. — Dans l’état de santé, les organes des sens reçoivent l’impression des objets extérieurs, et la transmettent au cerveau avec promptitude et précision ; dans l’état de maladie , l’impression des objets extérieurs peut devenir fatigante, la perception confuse, irrégulière ou fausse. Le trouble des sensations est produit , tantôt par une affection qui a son siège dans l’organe même qui leur est propre , tantôt par la connexion ou l’association qui existe entre cet organe et la partie souffrante.
La vue , l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher , peuvent offrir, chez l’homme malade, les mêmes troubles que les autres fonc-
lions , Texaltation , la diminution , l’abolition , et les diverses espèces de perversions , parmi lesquelles les auteurs ont rangé les hallucinations et les illusions des sens. Mais , comme l’a observé avec raison M. Esquirol (l), dans les hallucinations y tout se passe dans l’intelligence ; les hallucinés sont des gens qui rêvent tout éveillés , et dont le cerveau malade donne un corps et de Factualité aux images que reproduit la mémoire ou qu’enfante l’imagination sans l’intervention des sens. Dans les illusions y au contraire, les malades se trompent sur la nature et la cause de leurs sensations actuelles. Les illusions ne sont pas rares dans l’état d’intégrité du système nerveux et des organes des sens; mais la raison les apprécie et met en garde contre elles. Chez l’homme malade, au contraire, et surtout chez l’aliéné, cette rectification manque souvent, et la sensation est acceptée comme réelle et vraie.
A, L’exaltation de la vue a lieu dans l’ophthalmie et dans l’inflammation de la rétine et des méninges; la diminution, dans le typhus, etc.; l’abolition complète ou la cécité, dans ramaurose, la cataracte , et dans quelques affections nerveuses. La vue peut être pervertie de plusieurs manières : elle montre des objets
qui n’existent point , comme des étincelles , des bluettes , des mouches qui voltigent dans l’air , des réseaux déliés , des ombres légères ( c’est la ; 2® elle change la couleur, la
forme , le nombre des objets placés devant les yeux : dans la pléthore et l’ophthalmie interne, tout ce qu’on voit est revêtu d’une teinte rougeâtre ; les objets ont quelquefois paru colorés en jaune pendant les premiers jours d’un ictère; dans quelques névroses et dans certaines amauroses ou cataractes commençantes , iis ne sont vus que dans la moitié ou dans une portion quelconque de leur étendue : c’est Thémiopsie (2) (yisus dimidiatus) ; d’autres fois ils paraissent doubles ; c’est la diplopie (3) ou vue double
(1) Esquirol , des Illusions chez les aliénés , mémoire lu à l’Académie des Sciences. 1852.
(2) H , moitié ; oTrro^at , je vois.
(3) àÎTtldoç, double; œil.
(vîsiis duplicahis) , qui n'a lieu ordinairement que quand les deux yeux sont ouverts , mais qui persiste quelquefois quand un des deux est fermé, comme Maurice Hoffmann en a rapporté un exemple très-remarquable (1). La diplopie n existe presque jamais sans strabisme ; si le désaccord des axes optiques n’est pas appa-» rent de prime-abord , il suffit d’engager le malade à diriger successivement ses regards à droite et à gauche, en haut et en bas , pour que le strabisme devienne évident.
B, La finesse de Voiiie est augmentée dans quelques affections nerveuses, dans l’inflammation des méninges, etc.; diminuée dans le typhus et les fièvres graves , elle n’est tout-à-fait abolie que dans les maladies de l’oreille, les otites chroniques avec carie; perforation du tympan , lésions qui ne sont pas rares après la variole, les fièvres typhoïdes et dans les deux dernières périodes de la phthisie pulmonaire. L’ouïe peut être dépravée de deux manières : le malade croit entendre des sons qui ne sont pas produits, tels que des battemens, des tintemens, le bruit des cloches, du vent, d'un ruisseau, d’un instrument de musique, des paroles, des discours même ; ou bien il apprécie mal les sons qu’il entend, et qui lui paraissent plus aigus ou plus graves qu’ils ne le sont réellement; il ne reconnaît pas la voix de ses amis.
C, L’exaltation de \ odorat a été observée dans les névroses et quelques autres maladies. M. Balhj rapporte que, pendant le cours de la fièvre jaune dont il fut atteint à St-Domingue, il distinguait dans l’eau froide qu’il buvait le parfum des végétaux qui bordaient les rives du fleuve où elle était puisée. 11 est beaucoup plus fréquent de voir l’odorat affaibli , comme cela a lieu dans le coryza , Tozène , et dans toutes les maladies aiguës où la mem-
' brane pituitaire perd son humidité naturelle. Si elle est complètement sèche, le sens de l’odorat est entièrement aboli. Quelques malades , dans le cours des fièvres ataxiques , ou dans de légères attaques d’hystérie, se plaignent de sentir des odeurs qui ne sont pas répandues dans l’air , ou trouvent aux substances une odeur différente de celle qui leur est propre.
(1) Ephem. Natar, Carios., vol. ii, obs. 1.
Z). Le goût est rarement exalté chez l’homme malade ; on n’observe ce symptôme que dans les névroses. Il est diminué dans presque toutes les affections aiguës, souvent aboli dans la troisième période des fièvres graves , où l’on voit les malades mâcher , sans aucune répugnance , les mêmes remèdes qui auparavant provoquaient en eux des envies de vomir, quoiqu’ils ne fissent que les avaler. Le goût offre aussi plusieurs anomalies : quelques malades trouvent une saveur acide, amère, salée, cuivreuse ou putride à toutes les boissons et à tous les alimens ; d’autres trouvent à des substances dégoûtantes ou insipides une saveur délicieuse, tandis que les alimens les meilleurs ne leur inspirent que du dégoût. C’est particulièrement dans l’hystérie qu’on observe ce symptôme.
E, Le toucher , pris dans l’acception la plus limitée, fournit rarement des symptômes remarquables : il peut être diminué ou aboli : bien rarement il est dépravé. Sarcone a observé , dans l’épidémie de Naples, que de tous les sens celui-ci était le dernier qui s’altérât.
Pris dans une acception plus étendue, le toucher peut être exalté dans toute la surface du corps, ou dans une partie seulement , dans les affections nerveuses générales , par exemple , et dans les plilegmasies locales. Il offre une diminution plus ou moins marquée, ou une abolition complète dans l’apoplexie, j^o^ralysie du sentiment; il peut être perverti, soit que les malades apprécient mal des sensations réelles , soit qu’ils en éprouvent qui paraissent imaginaires , comme lorsqu’ils croient sentir une goutte d’eau qui tombe sur quelque point des tégumens , une épingle qui pénètre dans la peau, un animal qui se meut dans quelque partie profonde du corps; mais ces derniers phénomènes appartiennent aux hallucinations autant qu’aux illusions des sens , et révèlent souvent le désordre de l’intelligence.