X. Endémies singulières
1208. Quelques remarques préliminaires. — A. Lorsque, dans mon premier volume, j'annonçais, en termes exprès et formels (67. B. ç. ) , devoir prendre pour l'une des bases principales de ma classification des maladies la considération de la cause morbiflque ; lorsque, en un mot, je posais catégoriquement la nosographie étiologique comme l'une des divisions primaires de mon plan, je fus bien loin, assurément, de me targuer d'une semblable conception, et de faire grand bruit de ce qui était, pourtant, en nosographie, une véritable innovation. Après tout, je le disais alors et je le répèle aujourd'hui , je n'ai fait là rien autre chose que d'élever à un plus haut degré de généralisation un point de vue sous lequel divers genres de maladies se trouvaient déjà isolément institués et consacrés par une sorte de sentiment unanime du monde médical; je n'ai fait que rapprocher en un seul groupe, grâce à une analogie commune jusque-là inaperçue ou négligée malgré son importance , bien des maladies que les nosographes qui m'ont précédé laissèrent éparses, les unes loin des autres, dans les différentes classifications par eux imaginées.
Je ne m'attribuerai pas d'autre mérite, Dieu m'en garde. Tant je tiens pour vrai et pour évident ce que dernièrement encore, je ne dirai pas d'après moi, mais du moins , puis-je dire, après moi , M. le professeur Schuzemberger, de Strasbourg , dans un intéressant aperçu, Des idées scientifiques qui doivent dominer la direction des travaux cliniques [Gaz. méd. , année 18Zi6 , n° 8) , formulait de la façon suivante : « Un » autre principe de spécification, » dit-il, après avoir rappelé et jugé le règne absolu de la nosographie symptomalique dans l'enfance de la science, « fut appliqué, à la vérité, à quelques individualités nosologiques dès «les temps anciens. Certaines analogies frappantes, soit de forme, de » marche ou de succession phénoménale , soit, que l'on permette l'ex- » pression , de réaction thérapeutique, entre des groupes de symptômes, » du reste différons, avaient fait admettre entre eux une identilédecause. y C'est ainsi qu'en dehors des unités symptomatiques se sont constituées » quelques unités éliologiques de valeur pratique réelle : telles que la » goutte, le rhumatisme , la syphilis, les scrofules. »
Mais enfin, je ne sache pas qu'avant moi aucun nosographe se soit fait un principe et une loi de recenser , de grouper et de sommer en quelque sorte toutes ces unités étiologiques, suivant la phraséologie qu'adopte le professeur de la Faculté alsacienne; ou bien, en d'autres termes , — dans un langage plus simple, plus scolastique, plus terre à terre, qui est le mien, — de classer tous ensemble les genresde maladies dont le caractère essentiel ou principal gît en une éiiologic toute spéciale.
Ce qu'on avait à cœur, c'était d'édifier des nosographies méthodiques, des nosographies philosophiques, des nosographies organiques, etc. Mais , de nosographie étiologique , point. Cette nouvelle alliance de