TURE NE FÛT NI SUREXCITÉ PAR LA CHALEUR , NI RÉPERCUTÉ
» PARLii froid, la plupart du temps la guérison se faisait. Mais il y » eut une infinité de gens qui succombèrent tout de suite au fléau, » avant qu'on eût acquis des lumières sur le mode de traitement » et le régime du malade. L'opinion fut que cette maladie n'était » point de celles qui sont contagieuses en même temps qu'épidé- » miques , et vont se propager d'un individu à l'autre , mais » qu'elle provenait d'une certaine malignité de l'air, inhérente à » l'air lui-même pour y avoir été engendrée par la disposition des » saisons précédentes et par les fréquentes et insalubres variations » du temps. Et c'est ce que la courte durée de l'épidémie semblait » démontrer. »
Sleidanus (célèbre historien). — (De statu religionisetreipublicœ, Carolo VCœsare. Strasbourg, 1555, in-fol.). — Voir, au livre VI, le passage intitulé : Morbi genus inusitatum, Invasion de la suette anglaise ou pestilentielle en Allemagne (année 1529.)
Sennert. — (De febribus) Lib. IV , c. xv , De sudore anglico. — Coup d'œil historique sur les épidémies de suette qui avaient régné en Angleterre et dans les autres contrées de l'Europe, vers la fin du
xve siècle et pendant le premier quart du xvie. Quoique, à l'époque où Sennert écrivait (en 1619), de semblables épidémies n'eussent point reparu depuis environ un siècle, ce savant et judicieux médecin en prévoyait le retour comme un événement des plus naturels. Les principes qu'il pose en fait de traitement se fondent sur les vues nosologiques les plus vraies et les plus sages.
Sauvages. — (Nos. meth.). — Class. II (Febres), gen. i, Ephemera, sp. 7 , E. sudatoria. — Voir aussi Class. III (Phlegmasiœ) , gen. v , M Maris, sp. 1, M. benigna; — sp. 2, M. maligna ; — sp. 3, M. recidivans ; — sp. k, M. Boïa (?) ; — sp. 8 , M. sudatoria (celle de Vandermonde).
Tessier (l'abbé). Mémoire sur la suette qui a régné à Hardivilliers, en Picardie, au mois de mai 1773. (Dans Mém. de la Soc. roy. deméd., année 1777-8, p. 46-52.)
Vandermonde. Description d'une fièvre maligne putride vulgairement appelée la suette , qui a régné à Guise en juin et juillet 1759. (Dans l'ancien Journ. deméd., avril 1760.)
Joseph Frank. — {Praxeos medicœ universœ prœcepta. — T. III. Leipzig, 1827, in-8°). C. II, De ephemera sudatoria anglicâ.
Rayer. Histoire de l'épidémie de suette qui a régné en 1821 dans les départemens de l'Oise et de Seine-et-Oise. Paris, 1822, in-8°. — Excellente monographie , analysée dans le Journ. gén. deméd., t. LXXXII, p. 341-55.
Ménière. Note sur l'épidémie de suette miliaire qui a régné dans le département de l'Oise en 1832. (Dans les Archives, mai 1832.)
Hourmann. Sur la suette de l'Oise. (Dans Gaz. méd., année 1832 n° 36.)
Ern. Barthez, N. Gléneau de Mussy et Landouzy. Histoire de l'épidémie de suette miliaire qui a régné dans plusieurs communps de l arrondissement de Coulommiers pendant les mois de mai et juin 1839. (Dans Gaz. méd., année 1839, nos 39, 41 et 43.)
Gaillard. Considérations sur l'épidémie de suette miliaire qui a régné à Poitiers. Paris, 1845, in-8°.
Loreau. De la suette du Poitou considérée d'une manière générale. Paris, 1846, in-8°.
Fauconneau-Dufresne. Rapport sur une épidémie de suette miliaire qui a régné dans l'arrondissement de Poitiers pendant une partie de Vannée 1845 ; suivi d'un exposé historique des épidémies du même genre. Lu à la Société de médecine de Paris , le 17 juin 1846. (Dans Revue méd., juillet et août 1846.)
Morineau. Lettre sur la suette qui a régné à, Poitiers en 1845. (Dans Revue méd., juin 1851.)
— Deuxième lettre, etc. (Ibid., juillet 1851.)
Marrotte ei Requin. — Témoignage et discussion, en séance de la
MUl PATHOLOGIE MÉDICALE.
Société médicale des hôpitaux, le 23 juillet 1851, pour démontrer qu'il y avait alors, à Paris même, une suette semblable h celle qui régnait, d'une manière plus manifeste, il est vrai , dans diverses villes de province ; et que , nonobslant l'insignifiance , si ce n'est même la complète absence de l'éruption miliaire dans la plupart des cas , cette petite épidémie-là ne devait ni passer inaperçue , ni être systématiquement méconnue. (Voir le compte rendu de la séance, dans l' Union méd. , année 1851 , n° 104 ; — ou dans le Bulletin de la Soc. méd. des hôp., n° 9.)
Bonnet (de Bordeaux). Du mode de propagation de la mette. . (Dans X Union méd., année 1851, n°' 121 et 122.)
Gtjérin. Etudes sur la suette miliaire ëpiidémique, et en particulier surïépidémiede\%h<è. (Dans Gaz. méd. , année 1837, nQ 37.) — Rapport lu à l'Académie de médecine, séance du 9 septembre 1851.
Folcart. De la suette miliaire et de son traitement. Relation d'une épidémie observée dans plusieurs communes des départemens de la Somme , de l'Aisne et de l'Oise, en mai , juin et juillet 1849. Mémoire inédit , mais qui sera prochainement pnblié dans les Mém. de l'Acad. de méd. M. Jules Guérin l'a très justement loué ; et , après en avoir moi-même pris connaissance , grâce à l'obligeance de l'auteur, je ne saurais, certes, y donner moins d'éloges que ne l'a fait le savant rapporteur de l'Académie.
1656. Définition. — Sous le nom de Suette, nous rapprocherons, ou , si l'on veut, nous confondions en un seul genre nosographique toutes les épidémies, grandes ou petites, d'autrefois ou d'aujourd'hui, qui rentrent sous la formule générale que voici: — Fièvre idiopathique(97. D.) doublement caractérisée par une prostration immédiate des forces et par un flux de. sueurs abondantes et continuelle?, avec ou sans exanthème vésiculeux, communément désigné sous le nom d'éruption miliaire ; possibilité , voire même, en certaines épidémies surtout , fréquence de la mort dès les premiers jours, parfois môme dès les premières vingt-quatre heures.
iNous ne prétendons pas , à Dieu ne plaise , affirmer que toutes les épidémies de ce genre-là sontd'une nature identique ; que toutes ont une éliologie commune ; que toutes, en un mot, doivent leur origine à la même espèce de cause occulte, à la même espèce de virus ou de miasme. En vérité, nous n'épousons pas une semblable thèse, pasplus que nous ne la rejetons absolument. Ceque nous proclamonsici, ce n'est pas l'identité de spécificité palhogénique entre toutes les épidémies de suette , mais seulement une analogie nosographique : ce qui, toutes réserves faites sous le rapport de Féliologie et de la thérapeutique, a l'avantage d'abréger notre tâche, sansaucun inconvénient pour la saine, pratique de l'art.
1657. Synonymie. — A. Suette anglaise; Suette pestilentielle; Peste
ÉPIDÉMIES PAKTICULlÈREMEtNT MÉMOIIAISI.KS. /48U
britannique : — particulièrement pour les épidémies qui , au XVe cl au XVIe siècle, ravagèrent le nord de l'Europe.
B. Suette des Picards; Suelle picarde; Suclle périgourdine ; Suelte miliaire ; .Miliaire épidémique , etc. : depuis le dernier siècle.
1658. Historique très succinct de la suette anglaise du XVe siècle. — L'étrange et meurtrière épidémie dut son nom au pays où elle commença et aux sueurs abondâmes qui la caractérisaient à litre de symptôme constant. C'est en Angleterre qu'elle prit commencement, dans l'automne de l'année 1485. Pendant environ quarante ans, ce l'ut là un fléau pour ainsi dire familier aux Anglais, et qui ne leur laissa presque pas de trêve ; à peine s'il s'interrompait durant le froid des hivers, et ce n'était que fort peu de temps : ce n'était que pour reprendre bientôt de plus belle ; bref, il fit en Angleterre un nombre immense de victimes. Enfin, cette maladie passa le détroit, et se répandit, de 1525 à 1530 , en Artois, en Picardie , en Flandre , en Zélande , en Hollande, en Brabaut , en AVestphalie, en Danemark, en Norwége , etc. ; elle sévissait surtout dans les mois d'automne. Les débuts de l'épidémie furent d'une violence horrible ; quelques villes, par exemple, eurent tout de suite , nous dit- on , cinq à six cents malades par jour, et à peine en réchappait-il alors un sur cent. Ces malheureux, en effet, sans avoir sur le corps, ainsi que les auteurs du temps l'ont expressément remarqué, ni les bubons ou les charbons de la peste proprement dite, ni aucun autre exanthème quelconque, se trouvaient frappés sur-le-champ d'une sorte d'anéantissement , se sentaient défaillir, éprouvaient en un mot les symptômes de l'asthénie la plus profonde , avec fièvre, douleur de tête , agitation , angoisses épigastriques, et , très souvent aussi, des palpitations de cœur , palpitations demeurant même habituelles chez quelques uns de ceux qui réchappaient, et continuant ainsi de se produire pendant deux ou trois ans, parfois même toute la vie. Ce que la maladie avait de plus particulier, c'est qu'une sueur abondante ruisselait continuellement par tout le corps, et ne cessait qu'au dénoûment même de la maladie, dénouaient accompli d'ordinaire dans les vingt-quatre heures. Ceux qui prétendaient couper court à la sueur, qui ne faisaient point usage de remèdes cardiaques, qai ne savaient pas souffrir la chaleur et cherchaient imprudemment le frais , ceux-là mouraient tous ou presque tous en un si court espace de temps. Mais lorsqu'on eut appris à respecter les sueurs et à tirer parti des cardiaques , la mortalité devint moins considérable.
Aux yeux d'un certain nombre d'auteurs de ce temps-là , et d'entre les plus érudils assurément, la suelte était ce qu'elle nous paraît être à nous-mêmes, nue maladie toute nouvelle , une maladie inconnue à l'antiquité ; opinion fort remarquable pour une époque où l'inclination générale des esprits n'était guère d'admettre des maladies qui n'appartinssent pas à In pathologie des Grecs ou des Arabes. Toujours est-il ,
PATH0L06ÎB MÉDICALE.
certainement, que les nionumens de la médecine ancienne ne nous retracent rien qui ressemble à une épidémie de suette.
1659. Aperçu général de la symptomatologie des épidémies de suette du XVIIIe et du xixe siècle (Suelte picarde, et, plus communément aujourd'hui, Suette miliaire). — A. Distinguons d'abord deux formes principales, savoir : 1° la suette bénigne; 2° la suette maligne. Distinction pour ainsi dire classique , et que les auteurs les plus en crédit s'accordent à suivre pour y réduire la description de l'infinie variété des cas individuels , pour y comprendre , en un mot , toutes les nuances et les combinaisons formées par le plus ou moins d'intensité des différons symptômes qui peuvent précéder ou accompagner les sueurs patliognomoniques, et par l'adjonction de différentes affections dont la suette peut se compliquer.
a- Décrivons d'abord la suette bénigne. Quelquefois la maladie a des préludes : un malaise général , un sentiment de lassitude, la perte de l'appétit, une douleur sus-orbitaire, etc., précèdent d'un ou plusieurs jours l'exanthème et les sueurs. D'autres fois , au contraire , point de phénomènes avant-coureurs : tel individu qui s'était couché bien portant, se réveille malade et déjà tout en nage. Il est rare , cependant , qu'avant d'entrer en sueur le malade ne ressente pas, ne fût-ce du moins que quelques heures, que quelques inslans, un tant soit peu de fièvre, une chaleur brillante qui serpente dans tous les membres, et surtout un très vif degré d'anxiélé épigastrique. Bouche pâteuse; langue sale ; altération du goût; inappétence; envies de vomir; constipation ; dyspnée ; fréquence du pouls, et autres attributs fébriles ; surtout idées lugubres, pressentimens sinistres: voilà généralement l'état des malades qui viennent de tomber en proie à la suelte. Chez bon nombre d'entre eux, quelquefois dès le second jour de la maladie , plus souvent au troisième jour, quelquefois au quatrième jour , et même plus tard encore, on voit survenir à la peau ', après de légers picotemens , une éruption miliaire, générale ou partielle, discrète ou confluente, subite ou successive ; on la trouve , dans bien des cas , bornée à une seule région , à un très petit espace : elle peut , par exemple , n'exister qu'au dos ou sur le ventre , qu'à la face interne des bras ou des cuisses, qu'à la nuque ou sur les côtés du cou , voire même uniquement derrière Ips oreilles , ou sous les mamelles chez les femmes. Quoi qu'il en soit , les vésicules de cet exanthème-là sont petites comme un grain de millet , perlées et diaphanes, mais fort sensibles au toucher , et deviennent plus distinctes à la vue lorsqu'on tend la peau et qu'on regarde obliquement. Assez souvent elles se trouvent entremêlées de papules rouges qui rendent la peau toute rude et comme chagrinée ; parfois même c'est sur un fond complètement érylhémaleux et, pour ainsi dire, scarlatineux qu'elles viennent à se montrer. N'oublions pas dénoter que, dans certains cas, le molimen exanlhérnatique va jusqu'à produire çà
et là de véritables bulles (U5. D. e. 3.). Chacune de ces vésicules , au surplus, ne dure que deux à trois jours ; et , par suite de leur dessiccation, on observe une desquamation plus ou moins considérable. De l'aveu même des observateurs qui persistent à ne pas séparer l'épithète de milictire d'avec le nom de suette (Hourmann, M. Rayer, etc.), l'éruption n'est pas, il s'en faut de beaucoup , un symptôme aussi constant que les sueurs. Celles-ci ne font jamais défaut , sont toujours abondantes, ont une fétidité particulière, comparée par quelques observateurs à l'odeur de la paille pourrie : une fois qu'elles ont commencé à paraître, elles continuent sans interruption. Toujours est-il que tous les accidens finissent par diminuer peu à peu , et qu'ils disparaissent tout à fait du huitième au dixième jour de la maladie.
6. Quanta la suette maligne, voici sommairement quels accidens divers la constituent dans les différens cas. Tantôt c'est l'inflammation de l'estomac et de l'intestin la plus forte et la plus vive; tantôt une pneumonie grave se met de la partie ; ou bien il survient des symptômes encéphaiitiques, tels que délire, convulsions, coma, etc. D'autres fois , sans apparence d'aucune affection locale de nature dangereuse , l'état général du malade n'offre pas moins un spectacle alarmant , tant l'asthénie est extrême, tant les angoisses épigastriques sont cruelles, tant le courage est à bas sous la peur , ou , pour mieux dire, sous le pressentiment de la mort ! La suette maligne tue quelquefois en vingt-quatre heures : souvent elle n'a son dénoûment heureux ou funeste qu'au bout du premier septénaire ; plus souvent encore elle va jusqu'à la lin du second : elle peut même se prolonger au delà du troisième.
B. Insistons sur ce que l'exanthème fait très fréquemment défaut (A. «.) : c'est là, je le répète, un point reconnu par les observateurs les plus scrupuleux, les plus consciencieux à tout regarder et à tout palper, les plus éloignés de négliger le témoignage des sens pour s'abandonner à l'idéal. M. Rayer, par exemple, avoue expressément que, dans l'épidémie par lui observée en 1821, « l'éruption manqua chez un grand » nombre de malades. » Et, depuis lui jusqu'à M. Foucart , combien ne pourrions-nous pas encore citer de témoignages contemporains à l'appui du fait dont il s'agit ! Comme l'a fort bien remarqué M. Rayer lui-même [Maladies de la peau , t. Ier, p. hll), « l'étude comparative » des épidémies de suette miliaire , de rougeole, de variole et de scar- » latine démontre incontestablement que, dans la suette miliaire, l'ab- » sence de l'éruption est beaucoup plus fréquente que dans les autres » fièvres éruptives ; » d'où force nous est donc bien de professer que , si le développement de vésicules miliaires a beaucoup de valeur pour le diagnostic de la suette, ce n'est pourtant pas là un caractère essentiellement inhérent à celte maladie , et que , en fait de nomenclature , on a tort de maintenir une alliance de mots qui n'est bonne qu'à fortifier le préjugé contraire.
1G60. Nécroscopie. — Jusqu'ici fort stérile, en tant, du moins, qu'il s'agit de la snctle prise en elle-même et sans complications.
1661. Analogie incontestable entre la mette anglaise (1658) et la suette picarde (1659). — C'est ce qu'a très bien reconnu M. Rayer luimême; c'est ce qu'il a démontré, autant que cela peut l'être, dans sa savante histoire de l'épidémie de 1821, quoiqu'il ait encore attaché à la considération de l'exanthème plus d'importance qu'il ne faut, quoiqu'il soit resté fidèle à la dénomination du suette miliaire , et qu'il ait résolument classé la maladie parmi les inflammations cutanées et l'ait considérée comme une espèce de fièvre éruptive. Pour inculquer en peu de mots à l'esprit de nos lecteurs le sentiment de cette analogie, je ne sache rien de mieux que de reproduire textuellement un passage du beau et philosophique rapport de M. Jules Guérin :
« L'examen comparatif des diverses épidémies de suette anglaise et » de suette picarde porte à croire qu'il s'agit, au fond, de la même ma- » ladie, ne différant que par le degré d'intensité. L'absence et la pré- » sence de l'éruption miliaire , d'une importance abusive au point de » vue nosologique, disparaît devant cette considération étiologique que, » dans le premier cas, l'intoxication est telle qu'elle foudroie pour ainsi » dire les malades et prévient toute réaction de l'organisme, tandisque, » dans le second, elle laisse à l'action éliminatoire de la peau le temps » et le moyen de se manifester, comme elle le fait dans toutes les affec- » tions fébriles éruplives. — Une étude attentive des cas de suette an- » glaise , dans lesquels un amoindrissement de l'action toxique a permis » au cortège des symptômes de se produire, montre évidemment que » la plupart d'entre eux n'étaient qu'une manifestation exagéréede ceux » qu'on retrouve dans les cas les plus accentués de la suette picarde. » Les taches rouges qui précèdent l'éruption miliaire , la gravité des » symptômes de constriction gastrique et de strangulation , les phéno- » mènes nerveux les plus intenses, ont été fréquemment observés dans » la suette anglaise. Par contre, l'extrême rapidité de la mort, surve- » nue en deux ou trois heures, l'absence de l'éruption miliaire et même » de la sueur, ont, dans quelques cas de suette picarde ou périgour- » dine , nivelé toute différence ; en sorte qu'avec les cas les plus bénins » de la suette anglaise, on pourrait établir le type des cas les plus graves » de la suette picarde, et vice versa, avec les cas les plus graves de la » suette picarde on pourrait établir le type de la suette anglaise; et si » l'on réunissait, dans un tableau méthodiquement dressé, toutes les » épidémies de suette observées depuis la fin du XVe siècle jusqu'à nos » jours , il ne serait peut-être pas impossible de présenter la série dé- » croissante des deux types, de manière à montrer la transition insen- » sihle de l'un à l'autre. Un tel travail ne serait pas sans intérêt ni sans » fruit. »
1662. Etiologic, — A, C'est seulement entre le 43e et le 59" degré
EPIDEMIES PARTICULIÈREMENT MÉMORABLES. 487
de latitude boréale que se sont montrées les épidémies de suette ; en d'autres termes , la zone où elles sont venues régner çà et là de temps à autre a pour limites , au sud , la ligne des Pyrénées , et au nord le parallèle qui passe à la pointe septentrionale de la Grande-Bretagne. En France , particulièrement, elles ont souvent visité la Picardie , la Normandie , l'Alsace, le Berry , le Périgord , le Languedoc , etc. Et , à ce qu'il parait, c'est surtout dans les endroits boisés, humides, ombragés, mal exposés, qu'elles trouvent la facilité de prendre un large développement , de manière à frapper beaucoup de monde et à décimer la population.
B. On a remarqué que , maintes fois , l'invasion de l'épidémie dans une ville, ou dans une certaine étendue de pays jusque-là restée intacte, eut pour avant-coureurs certaines vicissitudes météorologiques , l'élévation soudaine et considérable de la température , l'abaissement du baromètre, la surcharge électrique de l'atmosphère.
C. Il est des pays , la Picardie par exemple , où la suette se montre endémique, c'est-à-dire règne tous les ans ou à peu près, sinon dans de grandes proportions, du moins en guise de petite épidémie.
D. À.UCUU âge n'est exempt de la suette -, mais ce sont surtout les adultes qui paient tribut à cette maladie , et particulièrement les femmes plus que les hommes.
E. Les gens qui vivent dans la misère , qui ont un logement insalubre, qui se nourrissent mal, etc. : voilà toujours la classe où la suette fait, sans comparaison, le plus de malades.
F. La suette est-elle contagieuse ? Restons-en à ce point d'interrogation-là , tant la question suscite de doutes et de controverses ! Ce qu'il y a de positif, c'est que plusieurs observateurs se sont inoculé impunément l'humeur des vésicules. Mais de là à une négation absolue de la contagion , quel abîme !
G. Contagieuse ou non , la suette ne paraît pas, une fois subie, assurer au corps humain le privilège d'en être désormais exempt pour toujours. M. Ménière a constaté que plusieurs personnes qui en avaient été atteintes dans l'épidémie de 1821 en furent frappées de nouveau , et même en moururent dans l'épidémie de 1832.
H. Qu'il faille , en bonne logique , admettre l'existence de miasmes \irulens ou non (92), mais assurément trop réels , qui sont, à chaque fois , la cause spécifique de la suette , c'est là un point incontestabfe. Mais ces miasmes ont-ils été toujours de la même espèce dans les épidémies de diverses époques? Est-ce à cause de la diversité de nature des miasmes que les épidémies ont différé sous le. rapport de leurs apparences symplomatiques , comme aussi sous celui de leur gravité intrinsèque ? Est-ce tout simplement, au contraire, à cause de la quantité plus ou moins grande, ou bien à cause de quelque modalité accidentelle des miasmes spécifiques d'une seule et même nature? Là -dessus, rien
que des conjectures, ou plutôt des controverses : point de solution péremptoirc.
1663. Diagnostic. — Ne pas méconnaître la suette lorsque l'exanthème miliaire n'est que fort peu de chose ou même n'existe pas du tout.
Ne pas la voir là où sont seulement les sudamina , cet épiphénomène de tant de maladies différentes, et notamment de la fièvre typhoïde de la fièvre puerpérale, même ordinaire et toute simple (1575. A.V.— du rhumatisme articulaire aigu généralisé, — de la phlhisie pulmonaire , etc.
Voilà surtout à quoi nous devons prendre garde.
Quant à confondre l'exanthème miliaire de la suette avec une éruption aiguë d'eczéma simple (357. B. «. — et D. «.) , ou bien avec la varicelle vésiculeuse (Chicken-pox) (1502), ce serait là une bien lourde méprise, et qu'il est à peine permis de supposer possible de la part du praticien le moins expérimenté.
166ft. Thérapeutique. — Avant tout, stigmatisons une routine qui ne s'appuie que sur de vieux préjugés, et à laquelle, de nos jours encore, en certaines provinces et surtout dans les campagnes, tant de praticiens se laissent aller aveuglément. Disons-le donc bien haut : pousser à outrance la production des sueurs à grand renfort de boissons chaudes et d'épaisses couvertures ; se faire une règle banale de tirer toujours du sang dès le début de la suette , et même d'en tirer à titre prophylactique : voilà qui est absurde , nuisible , meurtrier.
Couvertures suffisantes pour préserver du froid et pour empêcher la répercussion de la sueur ;
Renouvellement de l'air clans l'appartement du malade , mais selon toutes les règles de la prudence ;
Boissons fraîches et même acidulés, données souvent , mais en petite quantité chaque fois :
C'est là tout ce qu'il convient de faire dans les cas de suette bénigne.
Et , en cas de malignité et de complication , que ferons-nous ? Médecine symptoinatique (1U. E.) et surtout faite selon l'état des forces (114. C). Souvent, la médication stimulante, les médicamens cardiaques. La révulsion cutanée, et principalement le sinapisme épigastrique ou épislernal , contre les accidens de suffocation. Au besoin, les émissions sanguines, mais plutôt locales que générales, et rien que sur indications impérieuses , dans une maladie si essentiellement asthénique. Les purgatifs me paraissent pouvoir être ici utiles à double titre : d'abord, pour remédier à la constipation, qui est un symptôme assez ordinaire dans la suette ; puis, pour susciter dans l'économie animale une perturbation qui a, ce semble, plus de chances salutaires que de périls. Comme moyen perturbateur, on peut aussi mettre à profit l'ipécacuanha : bien des observateurs ont eu à s'en louer, et, récemment
ÉPlDÉMlliS PARTICULIÈREMENT MÉMORABLES. 489 encore, M; Foucart s'en esi servi ayee beaucoup de succès [Mémoire inédit).
ARTICLE III
ACK0DYN1E.
(Auteurs contemporains. — De Axpoç, extrême, et 'Oiûv», douleur, c'est-àdire : Douleur des extrémités.)
1665. Bibliographie. — Genest. Recherches sur l'affection épidémique qui règne maintenant à Paris. (Dans les Archives, octobre et décembre 1828 ; mars 1829.)
Dalmas. — Dans le compte rendu de la clinique de M. Chomel [Journal hebdomadaire, numéro du 29 novembre 1828, p. 333-38). — Très bonne description du mal, toute brève qu'elle est.
Requin. — f Tbèse inaug. Paris, 1829 , n° 21.) — P. 17. — lrc observation. Il s'agit d'une femme qui succomba à la maladie épidémique de Paris , et dont l'auiopsie, faite par M. Louis, ne démontra aucune altération , ni dans l'encépbale , ni dans la moelle épinière, ni dans les nerfs, ni dans les organes thoraciques et abdominaux, ni dans les articulations ; observation que Dalmas s'était borné à mentionner dans son compte rendu, mais que j'ai rapportée tout au long.
Defermon. An epidemia nuperrimè observata [prœsertim Lutetice) causis , symptomatibus et therapeiâ ab aliis popularibus morbis discernenda. Thèse du concours d'agrég. Paris, 1829, in-4°.
Cayol. — [Constitution médicale pendant le semestre
d'été de l'année scolaire 1828-9. Dans la Revue médicale , avril 1830.) — P. 48-54 [Epidémie de Paris , dite rachialgie épidémique, ou chiropodalgie).
Chardon. De l'acrodynie. (Dans Revue médicale, juillet et septembre 1830.)
Dance. — (Dans le Répertoire , t. Ier, p. 515-26.) — Art. Acrodynie.
Rayer. — Dans son Traité théorique et pratique des maladies de la peau (292). — §1425-30 [Acrodynie). — (T. II, p. 890-3.)
1666. Définition. — Sous le nom d'acrodynie, nous désignons, après bien d'autres auteurs, une maladie épidémique qui régna dans Paris en 1828 et 1829, et qui était principalement caractérisée par des douleurs ou des engourdissemens dans les membres inférieurs et supérieurs , et par des phénomènes inflammatoires, surtout à la paume des mains et à la plante des pieds.
1667. Synonymie. — Vulgairement, Épidémie de Paris; Mal des pieds et des mains. — Chiropodalgie, de M. Bally.— Rachialgie épidé-
490 PATHOLOGlli MÉDICAL!-:.
lllique, de M. Cayol (tG65). — Krythème épitléiiiique, d'Alibert, Dermatoses eczémateuses, genre rr, esp. B. (292.)
I068. Historique. — C'est au mois de juin 1828 que la maladie dont il s'agit fixa J'alienlion des médecins de Paris. M. Cayol, le premier, la signala pour en avoir vu plusieurs cas survenir coup sur coup à l'infirmerie Marie-Thérèse, dont il était médecin, et qui paraît avoir été , pour ainsi dire , le premier théâtre de l'épidémie. Peu de temps après , M. Chomel en fit le sujet d'une intéressante communication à l'Académie de médecine (séance du 26 août). Effectivement, une fois que l'épidémie se fut manifestée dans l'établissement hospitalier que je viens de dire, elle n'avait pas non plus tardé à se montrer sur plusieurs points de la capitale , et à désoler notamment le quartier des Arcis, celui des Bourdonnais, celui de l'Hôtel-de-VilIe, comme aussi le faubourg Saint-Marceau. En même temps elle se mit à frapper à coups redoublés plusieurs casernes , nommément celles de Lourcine et de la Courlille : àLourcine, par exemple, sur un effectif de 700 hommes , il y eut 560 malades (Chardon , article cité). On la vit pareillement sévir dans les prisons. L'hiver venu , elle perdit de son intensité ; mais, au mois de mars 1829, elle offrit une recrudescence, dont les débuts eurent lieu à la caserne de la Courlille. Elle parut ensuite s'éteindre au milieu de l'hiver de 1829 à 1830. Néanmoins, quelques cas d'acrodynie se firent observer en 1831 et même en 1832.
Était-ce là une maladie toute nouvelle et dont les archives de l'art ne présentent pas d'autre exemple ? C'est l'opinion que .M. Genest , l'un des premiers historiens de celte épidémie, s'était faite après de consciencieuses recherches d'érudition ; c'est l'opinion qui a prévalu dans le monde médical, et à laquelle nous-même avons cru devoir souscrire.
Quoi qu'il en soit , l'acrodynie ne resta pas strictement confinée dans l'enceinte de Paris; elle se montra aussi tout alentour, et même dans un rayon assez grand : elle régna, par exemple , à Saint-Germain en Laye, à Soisy-sous-Éliolles , à Corbeil, à Coulommicrs, à Meaux, voire même à Sézanne, à Montmirail , à Yitry-le-Frauçais et jusqu'à Troyes.
1669. Symptomatologie. — A. Notons, tout d'abord, que, durant le cours de l'épidémie , on observa beaucoup de variété dans les manifestations symptomatiques du mal chez les divers individus. Chez les uns, en effet, l'altération de la sensibilité était le phénomène prédominant ; chez les autres, c'était le trouble des voies digeslives ; chez d'autres, enfin, c'était la coloration brune de la peau, ou bien un œdème plus ou moins prononcé soit à la face , soit ailleurs , plus ou moins étendu, plus ou moins près de mériter le nom (Yanasarque. Quelques malades éprouvaient à peine un peu d'inquiétude et de dégoût, tandisque d'autres, au contraire, présentaient des apparences complètes de gastrocntérile, nausées, épigastralgie, vomissemens d'alimens ou débile, coliques, diarrhée ; souvent aussi, chez ces derniers malades surtout, les
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yeux se montraient rouges et larmoyans, tout comme dans le prélude catarrhal de la rougeole.
B. Dansions les cas , ou du moins à forl peu d'exceptions près, la peau de la plante des pieds et de la paume des mains offrait, quelquefois dès l'invasion même de la maladie, un érylhème qui formait souvent un liséré des plus vifs et des plus évidens sur les bords de ces régionslà. Sur d'autres parties du corps, et en particulier sur les jambes, c'étaient des plaques d'un rouge plus ou moins ardent, de configuration irrégulière et de dimensions variées; elles étaient quelquefois tout à fait semblables à des ecchymoses.
Ci Chez certains malades, comme je l'ai déjà dit (A.), mais ils étaient en petit nombre, la peau prenait dans une étendue plus ou moins considérable une teinte brune et noirâtre , comme si elle eût été recouverte de suie; cela se rencontrait surtout aux plis des articulations , à l'abdomen et au cou ; rarement voyait-on une telle coloration s'étendre à la face.
D. Au pourtour des pieds et des mains, on voyait bien des fois, indépendamment de l'éry thème, survenir des papules rouges et coniques, voire même des phlyetènes, des pustules, et jusqu'à des furoncles.
E. Les surfaces érylhémateuses devenaient le siège d'un travail successif de desquamation , qui se trouvait favorisé par le développement de sueurs locales très abondantes aux pieds et aux mains , et surtout aux pieds, ce qui finissait souvent par amincir l'épidémie et mettre entièrement à nu le corps muqueux.
F. Quelquefois, au lieu d'être aminci, l'épidémie présentait un épaissîssement sensible , surtout à la région plantaire et au cou-de-pied. Assez souvent cet épaississement formait entre l'ongle et la pulpe de l'orteil une sorte de bourrelet saillant et douloureux. Citons aussi , à ce propos, le fait qu'Alibert observa, et qu'il nous raconte dans les termes que voici : « Nous reçûmes, entre autres, un colporteur dont les talons » étaient cornés et durs comme du marbre; il avait les parties infé- » Heures des deux jambes comme enchâssées dans une demi-botte. »
G. Des engourdissemens , des fourmillemens et quelquefois de véritables élancemens se faisaient sentir à la plante des pieds et à la paume des mains ; mais, il faut le noter , les mains se trouvaient moins constamment atteintes que les pieds. Ces douleurs, au surplus, étaient ordinairement plus fortes la nuit que le jour. Quelquefois, elles remontaient le long des jambes et des cuisses, le long des avant-bras et des bras , jusqu'au tronc. Tantôt un .sentiment de froid occupait les membres et surtout leurs extrémités; tantôt c'était une chaleur brûlante, qui forçait quelquefois les malades à tenir les pieds hors du lit. Chez quelques uns, l'hypertrophie des pieds et des mains était poussée à tel point , que la moindre pression ne pouvait être supportée, en sorte qu'il devenait impossible a ces pauvres gens de se tenir debout, ni même de rien saisir
entre leurs doigls. Cliez d'autres, au contraire, on observait l'anesthésie plus ou moins prononcée de ces mêmes parties ; en un mot, tous les degrés d'engourdissement , jusqu'à l'abolition presque totale du sentiment et du tact.
H. Certains malades , mais heureusement ils étaient en très petit nombre, tombaient dans la paralysie proprement dite (46. C,)j ils n'avaient plus que des membres inertes qui allaient s'amaigrissant et dans lesquels ils ressentaient encore, par intervalles, des élancemens douloureux. Les soubresauts des tendons et les crampes se faisaient observer dans quelques cas ; mais c'était là un accident assez rare.
I. Dans la plupart des cas, l'acrodynie était une maladie complètement apyrétique.
J. Cette maladie se prolongeait ordinairement plusieurs mois; mais, pourtant, chez certains individus, elle se terminait au bout de quelques semaines.
K. Bien des malades, après une guérison apparente, furent repris de la maladie, qui souvent, en pareil cas, ne cessa qu'avec le règne même de l'influence épidémique.
L. L'acrodynie se terminait rarement par la mort , excepté chez les vieillards.
4670. Nécroscopie.— Sans résultats positifs.— Ni MM. Chôme], Louis et Genesl, ni Dance et Dalmas, tous deux de si honorable mémoire, ni moi, ni bien d'autres encore, n'avons pu découvrir aucun vice matériel d'où il fût permis de faire dépendre l'acrodynie. La cause organique de cette maladie est demeurée invisible. Tout ce qu'on a constaté d'altérations viscérales nécroscopiquement appréciables chez les sujets qui succombèrent, appartient au domaine des complications.
1671. Etiologie. — A. Rien de plus énigmalique que la cause spécifique de l'acrodynie. Elait-ce le fait de la viciation de l'air, comme on l'a prétendu sans preuve? Mais la maladie a régné dans les casernes les plus salubres , dans les salles les mieux aérées. A mon sens, je n'hésite pas à le dire, il n'y a pas lieu du tout de penser que la cause ait été de nature miasmatique. Ce qui , en vérité , me semble une. opinion plus plausible, une thè.se mieux fondée, c'est d'accuser l'altération des alimens. Mais de quel aliment? M. Cayol , par exemple , accusa le pain; d'autres accusèrent le vin , le lard , les pommes de terre , le sel. C'est à l'idée de M. Cayol que nous souscririons le plus volontiers.
B. Il n'y a pas du tout d'apparence que l'acrodynie ait été contagieuse.
C. On a remarqué que cette maladie fut plus commune chez les hommes que chez les femmes; plus commune dans l'âge mûr et la vieillesse que dans la première moitié de la vie ; plus commune , enfin , chez les pauvres que chez les gens aisés.
1672. Nature de la maladie. — Les bons esprits se sont accordés à
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considérer l'acrodynie comme une altération particulière et vraiment spécifique du système nerveux, et principalement de la moelle épinière.
1673. Analogie de l'acrodynie avec la pellagre et avec l'ergotisme convulsif. — A. Les symptômes caractéristiques de l'acrodynie se ramènent naturellement à la même formule que ceux de la pellagre (1611), c'est-à-dire à la triple formule que voici : Phénomènes exanlhématiques, phénomènes d'irritation gastro-intestinale, phénomènes de perturbation encéphalo-rachidienne. Et , sans que j'aie besoin d'insister , le lecteur, une fois averti, ne manquera pas de reconnaître jusqu'où va la similitude de l'une et l'autre maladie dans celte triple manifestation de symptômes cutanés, gastro-intestinaux et nerveux.
B. Dans l'ergotisme convulsif, et dans plusieurs autres épidémies plus ou moins vraisemblablement imputables à la mauvaise qualité des céréales , on retrouve aussi la plupart des symptômes de l'acrodynie : fourmillemens et engourdissemens des pieds et des mains, et quelquefois jusqu'à la paralysie complète ; contractions tétaniques des doigts ; crampes dans les jambes; érythème des extrémités; souvent aussi développement de phlyctènes et d'cedème, etc. (1281. C).
167k. Thérapeutique. — Tisanes délayantes (132. F. a.) ; cataplasmes laudanisés; bains sulfureux ou bains ordinaires , ceux-ci dans les cas les plus simples, ceux-là dans les cas d'affaiblissement considérable et de détérioration de la constitution; opium le soir : voilà quels étaient les principaux remèdes que je vis mettre en pratique, non sans avantage, par mon maître , M. Chomel , suivant un sage système de médecine symptomalique (l'IZi. E.)
31. Cayol se loua beaucoup des purgatifs et des vomitifs dans les cas de paralysie les plus rebelles. Il nous raconte, entre autres, un succès très remarquable, obtenu après l'inutile emploi des bains sulfureux, des moxas sur le dos et les lombes, et des préparations de strychnine.
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