‹ Élémens de pathologie médicaleChapitre 11 sur 63 · Nosologie — A. Synonymes · texte numérisé non relu

Nosologie — A. Synonymes

a. Au point de vue slrict de la seule inflammation du parenchyme encéphalique : Cephalitis , de Sauvages ( class. III , Phlegmasiœ , gen. xix); Céphaliie de Pinel (class. II, genr. xxxvii}; — Sphacelismus, de Linné, xxxir genre de son Gênera morbonm, ordre des Maladies phlogisliques parenchymatevses (voir n° 66), d'après les termes hippocratiques de SyaxsXo; et Stpa/eX^apoî ÈyxecpàXou (voir VOEconomia de Foës, art. StpaxfXoç), lesquels termes, très certainement, servaient à représenter, non pas tant la gangrène, que le ramollissement inflammatoire de l'encéphale, ainsi que beaucoup de nos devanciers, entre autres Amatus Lusitanus (centuria I, curatio ix), les ont effectivement entendus.

e. Sous divers points de vue déjà exposés à propos de la méningite encéphalique : — Phrmitis des anciens et de Cullen (561. A. a); Fièvre cérébrale (561. A. y); Hydrocéphale aiguë ou Maladie cérébrale des enfans (561. A. 5 — et e ); Calenture des marins (561. A.

y. Sous le point de vue des nosographes symptomatistes, et notamment eu ce qui touche aux cas chroniques : Folie, Aliénation mentale. Démence, etc. ; — Paralysie générale des aliénés, ou Paralysie générale chronique.

B. Nul doute qu'en théorie , et sous le rapport pur et simple de l'anatomie pathologique , on ne soit rigoureusement en droit de poser autant d'espèces d'encéphalite qu'il y a, dans l'encéphale, de parties distinctes, qui peuvent être, en effet, chacune à leur tour et selon le cas, le siège exclusif des phénomènes inflammatoires. On peut, par exemple, poser d'une part l'inflammation du cerveau, et, d'autre part, celle du cervelet {Cephalitis cerebelli, de Sauvages, gen. cit., sp. 8). Bien plus, dans le cerveau proprement dit, on peut très bien disiinguer, anatomiquemcnt parlant, l'inflammation du lobe antérieur , celle de la couche optique , celle du corps strié, etc. Pourquoi pas, même , l'inflammation de la glande iMlmc {Cephalitis L«7/rmHa, de Sauvages, î6<rf., sp. 5)? L'illustre nosographe de Montpellier avait bien eu la complaisance de consacrer dans son ouvrage cette espèce-là, sur la foi du célèbre analomiste Liltre , qui trouva, dans une autopsie, la glande piiuitaire enflammée, dure, rouge, deux fois plus grosse que d'ordinaire, et contenant du pus, et prétendit même assigner à cette inflammation des symptômes caractéristiques. [Observation sur la gl.piluit. d'un homme. Dans Histoire et Mémoires de C Académie royale des sciences, année 1707, pag. 12j-/i0). Faut-il remarquer que , dans le livre de Sauvages , au lieu de la glande piluiiaire, c'est la glande pinéale qui est accusée, sans doute par un lapsus cal(imi,ou plutôt par une faute typographique ? Ce n'est donc pas d'hier , on le voit , que datent les vaines prétentions de localisation rigoureuse et de ralfinemcns diagnostiques en fait de maladies cérébrales. Seulement aujourd'hui ces pré-

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leiui('ns se portent sur d'autres points du cerveau , voilà tout. Nos contemporains ne songent guère à la glande pinéale. IMais tel ou tel d'entre eux affirme hardiment que l'inflammation des lobes antérieurs du cerveau a des symptômes caractéristiques et bien tranchés; que celle des couches optiques a les siens, etc. Et pourtant, jusqu'à présent, en bonne conscience, tous les systèmes établis sur quelques faits particuliers dans le but d'assigner une symptomatologie spéciale et caractéristique à l'inflammation de telle ou telle partie de l'encéphale , se sont trouvés faux et de mauvais aloi devant le contrôle d'une observation impartiale et sévère; ils se sont écroulés sous la masse des faits négatifs qui ne tardaient pas de se produire et de s'accumuler de jour en jour. Il semblerait, au moins, que l'inflammation d'une partie aussi distincte, aussi franchement séparée d'avec le reste de l'encéphale que le cervelet, dût constituer une maladie particulière des mieux tranchées, une maladie sui generis , avec des symptômes , une marche et des terminaisons qui lui fussent propres. Il n'en est rien cependant, en tant que nous contemplons toutes les données de la science actuelle. Bien entendu que je ne veux point désespérer de la science à venir. Mais jusqu'ici il a été impossible de faire à l'inflammation cérébelleuse sa juste et légiUrae part dans la sphère de la symptomatologie; tant se montrent disparates, sous le rapport des symptômes, les cas où l'autopsie vient à constater l'existence de cette inflammation ! Ainsi, par exemple, lorsque Sauvages posait la Céphalite du cervelet en espèce nosographique à part , c'était d'après le fait que voici (fait observé sur la personne d'un soldat, en 1757, par un nommé Privât, médecin à Alais) : — « La " maladie avait commencé par une grave céphalalgie; ensuite le ma- » lade était tombé dans un assoupissement garotique très profond , '. où, gisant en supination, les yeux ouverts et fixes, avec un pouls égal,' » fort, et paraissant normal comme la respiration elle-même, avec une » CARPHOLOGIE continuelle, il mourut au bout de cinq jours, à dater » depuis l'invasion de l'assoupissement. A l'ouverture du crâne on ne » trouva rien autre chose qu'un abcès , de la grandeur d'une aveline » dans le cervelet. » (Sauv., loc. cit.] D'un autre côté , voici une observation d'inflammation et de suppuration du cervelet qui s'est offerte à moi dans mon service de l'Hôlel-Dieu annexe (en \m internat de iM. Charles Léger), et dans laquelle il n'y eut ni délire ni coma • - Ca thenne Fossefy, âgée de trente-trois ans, entre à notre hôpita/le 16 septembre (salie Sainte-Cécile. n° 8). Constitution robuste mens truaiion parfaitement régulière. Depuis un temps très long ' aue la malade ne saurait déterminer , mais qu'elle fait remonter à plusieurs années, il y a une otite de l'oreille gauche : cette oreille-là est sourde et, de plus, elle est le siège de douleurs continuelles et d'un écoulemcn't

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piuulont. Tout rôceinmciit , Catlierine F*** avait été traitée ii l'hôpital de la Charité, pour une exacerbaiion excessive, disait-elle, de ses douleurs d'oreille. Elle était sortie, après avoir obtenu un certain amendement de son mal. Elle réclame de nouveau les secours de l'hôpital , parce que les douleurs sont redevenues depuis quelques jours très aiguës et véritablement intolérables. Ces douleurs ne se font pas sentir seulement dans la région de l'oreille , mais s'étendent jusque dans la région occipitale. Gémissemeiis continuels. Insomnie opiniâtre. I.a malade a crié toute la nuit. Lorsqu'elle se lève, comme pour échapper à son mal par le mouvement et l'agitation , elle marche d'un pas très assuré. Elle a , comme on dit , toute sa tête. Point de fièvre. {Sangsues derrière . l'oreille gauche, à plusieurs reprises, et chaque fois en grand nombre ; opiacés , etc. ) Les douleurs persistent. Point de délire , point de phénomènes paralytiques ou convulsifs, point de coma. La perte de connaissance n'arrive qu'avec l'agonie. La mort eut lieu le 20 septembre , c'est-à-dire le cinquième jour que la malade était entrée à l'hôpital. Autopsie cadavérique : carie du rocher; destruction complète de la cavité tympanique, ainsi que du labyrinthe; nulle trace du limaçon et des canaux demi-circulaires : fusée de pus entre la duremère et le rocher , sur la face postérieure de cet os ; traînée manifeste d'altérations inflammatoires sur les méninges; dans le lobe gauche du cervelet , très près de la surface extérieure , un abcès de la grosseur en viron d'un œuf de pigeon; tout autour de l'abcès, infiltration purulente; la substance cérébelleuse, dans tout le reste de ce lobe , est convertie en une bouillie grisâtre. — Eh bien, en fouillant dans les archives de l'art, et à ne prendre, même, que les observations qui présentent les meilleures garanties d'authenticité, rien de plus facile, assurément, c^ue d'opposer par grandes masses les citations de faits aussi dissemblables entre eux que ceux que je viens de rapporter. Toutefois, l'avoueraije? je suis fort porté à croire que le véritable type de l'inflammation du cervelet, sous le rapport des symptômes, est dans l'exemple observé par moi, et non dans le cas raconté par Sauvages; je suis fort porté à croire que celte inflammation, par elle-même , ne peut ni causer le délire, ni produire un état comateux ou carotique; et que, si de tels symptômes se sont parfois montres dans les cas où elle existait , ils étaient dus alors à un ébranlement sympathique du cerveau même, du cerveau proprement /lit, si ce n'est même à une inflammation réelle , dont les vestiges analomiques étaient nuls ou équivoques, ou bien ont été méconnus par l'observateur , tout évidens qu'ils auraient pu être pour un observateur plus instruit ou plus attentif. Mais, après tout, ce n'est là qu'une présomption bien moins fondée sur l'observation clinique et nécroscopi<(ue que sur des inductions physiologiques ; ce n'est pas là une

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thèse qui me paraisse ctra snscepliblc d'une démonstration rigoureuse, et avoir le moindre droit d'être posée en dogme classique. En définitive, donc , l'a seule distinction sur laquelle il faille insister sous le rapport du siège en fait d'encéphalite, la seule qui soit importante dans l'intérêt de la pratique telle que la permettent les données positives de la science, c'est la distinction, d'ailleurs généralement admise, entre l'encéphalite diffuse et l'encéphalite locale : je dis 1" l'encéphalite diffuse, laquelle occupe tout ou grande partie de l'encéphale , et notamment des deux hémisphères cérébraux; I^V encéphalite locale, qui s'entend d'un foyer d'inflammation plus ou moins étroitement limité dans l'un de ces hémisphères ( car il paraît bien constant qu'un foyer isolé d'inflammation dans l'un des lobes du cervelet est un cas rare , relativement à la fréquence des inflammations cérébrales).

C. Les phénomènes que l'encéphalite peut produire à titre de symptômes plus ou moins caractéristiques ne sont autres que ceux-là mêmes que nous avons vus à pareil titre figurer dans la description de la méningite (563. A. et C). Ce sont la céphalalgie , les troubles et la perte des divers sens , le délire, les paralysies, les convulsions, les contractions tétaniques, et enfin le coma ou le carus. Ces symptômes, au surplus, se présentent, selon les cas, en combinaisons diverses, avec divers modes de manifestation successive , avec ou sans réaction fébrile et autres symptômes généraux , et suivant une marche sur-aiguë , subaiguë ou chronique. Cela dit et reconnu en thèse générale , je crois nécessaire, en outre, d'indiquer particulièrement, entre les diverses formes de maladie qui appartiennent ou sont prétendues appartenir à l'encéphalite, quelques unes des plus ordinaires, et, partant, des plus importantes : c'est là l'objet des propositions qui vont suivre.

a. La fevre cérébrale (561. A. y. — 563. B. — et 566. A.), — cette maladie terrible, que j'ai déjà signalée à propos de la méningite, et que j'ai particulièrement décrite en tant que maladie des enfans , qui , en effet, lui paient un si large et si pénible tribut, — la fièvre cérébrale, dis-je, n'est dans bon nombre de cas, sans le moindre doute , rien qu'une forme aiguë de l'encéphalite diffuse, rien qu'une encéphalite et pas autre chose , mais une encéphalite qui n'en arrive pas , il faut le dire, jusqu'à produire et à laisser dans le cerveau des empreintes décidément caractéristiques , des empreintes faites potir démontrer incontestablement lors de l'autopsie, par elles-mêmes et sans la considération rétrospective des phénomènes observés sur le vivant, la nature inflammatoire de la maladie. Il y a plus : puisqu'en pareille occurrence la maladie se montre foncièrement la même dans ses symptômes et dans sa marche que lorsque l'autopsie constate l'existence d'une hydrencéphale on d'une méningite, force est d'en conclure avec Abercromhie (557),

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avec Georgel (560), et hcancoiip d'auires auteurs excollcns, que, mC-me dans les cas de celte dernière sorte , l'hydrencéphalc et la méningite sont des circonstances accessoires, et que l'inflammalion du parenchyme encéphalique constitue le fond principal de la maladie. C'est là une opinion des plus fermement établies dans mon esprit. D'autant plus que , chez quelques sujets où j'avais réussi , à l'aide d'nn traitement énergique , à vaincre la violence d'une fièvre cérébrale, où le retour de la raison, la chute de l'appareil fébrile , l'appétit et autres heureux signes semblaient prouver le franc déclin de la maladie et presque la convalescence, j'ai vu ensuite se développer et marcher d'une façon assez rapide cet ensemble symptomatique communément nommé Paralysie générale des aliénés , que je vais tout-àl'heure enregistrer expressément sous une dénomination plus exacte (-y), qui est aujourd'hui unanimement reconnu comme le résultat d'une encéphalite diffuse chronique, et qui, en effet, chez les sujets en question, était, ainsi que l'autopsie le fit voir, liée aux altérations caractéristiques de cette affection. Témoin , entre autres, le fait suivant récemment observé dans mon service de l'Hôtel-Dieu annexe (salle Saint- Antoine, n" IZi, année 1843, internat de M. Émile Chauffard) : — Louis- Augustin Lemenne, âgé de vingt-six ans, menuisier, entre à l'hôpital le 16 avril. II était, disait-il, tombé malade ce jour-là même. Nous avons su depuis, par sa femme , venue d'Orléans , où il l'avait abandonnée, que quelque temps avant rin\ asion de cette maladie il s'était dérangé de son train de vie ordinaire, et n'avait cessé de se livrer à la fainéantise, à l'ivrognerie et aux excès de libertinage. Quoi qu'il en soit, les symptômes présentés par Lemenne étaient tels que, le lendemain môme de son entrée, le 17 avril au matin , je diagnostiquai une fièvre cérébrale, autrement dit , une encéphalite ou uneméningo-eucéphalite : diagnostic que, par malheur , l'autopsie n'a que trop bien justifié. Les symptômes principaux étaient, en effet, ceux que voici : décubitus dorsal ; immobihté; face grippée et presque hippocratique ; pupilles très dilatées; prostration des forces; céphalalgie atroce; cris et gémissemens continuels; tête ramenée en arrière, avec raideur du cou et même de toute la colonne vertébrale ( léger degré d'opislholonos) ; insomnie ; du reste, ni délire, ni phénomènes de paralysie musculaire, ni perle d'aucun des cinq sens; pouls rare (55 pulsations par minute], et faible chaleur fébrile. Ce ne fut que le surlendemain, le 18, que se déclara un délire bruyant. Traitement : le 16, saignée de trois palettes, cinquante sangsues à la partie interne des cuisses ; seize décigrammes de calomel, en huit doses, à prendre toutes les deux heures; le 17, nouvelle saignée de trois palettes , seize décigrammes de calomel; quatrevingt-dix grammes de sirop d'extrait gommeux d'opium , à prendre dans

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la journée par doses réfractées , comme le calomel; le 18 , cent dix sangsues derrière les oreilles, seize dccigrammes de calomel, cent vingt grammes de sirop d'opium. Les jours suivans, jusqu'au 23 avril, calomel et opium , suivant le même mode d'administi ation et aux jnèmes doses. Stomatite et salivation à peu près nulles malgré cet énorme emploi du calomel; quelques effets purgatifs. Enfin, le 23 avril, une amélioration notable commença de se montrer dansl'état du malade : plus de délire. Je diminue progressivement la prescription du sirop d'opium; j'accorde des bouillons et des potages. L'amélioration va continuant jusqu'au 10 mai , où le malade mange une portion ( nouveau régime alimentaire des hôpitaux de Paris). Le 15 mai, deux portions. Le malade, qui parle raisonnablement, qui se lève et marche, présente toutefois une grande lenteur de compréhension, un extrême affaiblissement de la mémoire, quelques douleurs sourdes dans la tête , une parole pénible et embarrassée, une diminution manifeste de la sensibilité cutanée. Le 30 mai , recrudescence de la céphalalgie; diminution de l'appétit, dévoiement, fièvre, subdelirium. Soixante grammes de sirop d'opium par jour: rien que des bouillons pour nourriture. Le 8 juin , la recrudescence de la maladie s'est apaisée ; mais il y a toujours une torpeur considérable de la sensibilité, de l'intelligence et de la mémoire. Un séton à la nuque : une portion. Dès lors, l'état du malade, au lieu de s'améliorer, empire de jour en jour. La fièvre hectique s'établit. L'ouïe devient de plus en dure. La sensibihté , l'intelligence et la contractilité musculaire vont s'affaiblissant davantage. Excrétion involontaire des urines et des matières stercorales. Le 11 juillet, le malade tombe dans le coma. Mort le 16 juillet. —^M/o/jste. Traces évidentes d'une méningite de date déjà un peu ancienne : exsudation fibrineuse déjà concrète et ferme le long de quelques circonvolutions delà partie inférieure et latérale du cerveau , et surtout le long de la scissure de Sylvius. Les ventricules contiennent une grande quantité de sérosité, environ un verre et demi, avec quelques flocons de pus. Leseptum lucidum, la voûte à trois piliers, les couches optiques, les corps striés, en un mot tout le plancher inférieur des ventricules latéraux présentent un ramollissement complet, ramollissement blanc sans injection : on dirait de la bouillie. Aucun autre vice organique dans les autres viscères du corps.

S. Les convulsions subites de la première enfance qui surviennent avec perte de connaissance, à l'improviste et sans symptômes cérébraux précurseurs (^c/amp-sî-c de plusieursautcurs, d'après Sauvages, class. IV Spasmi, gen. xviii, Eclampsia), convulsions si fréquentes surtout dans k-s deux premières années de la vie, convulsions qui se présentent tantôt comme seul et unique mal au milieu d'une santé florissante tantôt à titre de complication dans le cours de quelque affection aiguë

OU chronique , durant si peu de temps, quelques heures , quelques minutes , passant comme un rapide ouragan ou tuant comme un coup de foudre, doivent-elles, comme l'ont pensé certains auteurs, être rattachées à l'encéphalite? Eu sont-elles une forme suraiguë? Quant à moi, je n'incline guère à partager une telle opinion ; non, lors même que le sang est pour beaucoup dans la production du mal, lors même que les émissions sanguines sont le mieux indiquées et le plus efficaces, lors môme qu'à l'autopsie le cerveau se trouve très injecté. Il y a là , je crois, dans la plupart des cas du moins , une hyperénne encéphalique (IS^i) , et non pas une encéphalite, quoique, après tout , il faut bien l'avouer , la distinction de l'hyperémie sthénique et de l'inflammation soit quelquefois bien difficile, j'allais dire impossible à établir rigoureusement , et repose sur des nuances que le praticien sent jusqu'à un certain point, mais que le théoricien ne peut définir d'une façon absolue.

y. Un mot, maintenant, de la paralysie générale progressive. Ainsi proposerai-je de nommer la maladie qu'on a coutume de désigner sous les termes plus ou moins impropres de paralysie générale de Cliarenton, paralysie générale des aliétiés, paralysie générale chronique. Paralysie de Charenton : car la maison de Charenton fut le vaste champ d'observation où, dans les commencemens de notre siècle, Esquirol eut le mérite de constater et de proclamer , à titre d'espèce nosographique bien et dûment distincte, cette maladie jusque là passée sous silence par les auteurs, et, sans doute aussi , restée méconnue par les praticiens. Mais est-ce donc à dire que la maladie en question soit , sinon confinée dans une étroite localité, du moins beaucoup plus fréquente là qu'ailleurs? Pas le moins du monde. Loin de là, elle est de tous les pays, quoiqu'elle soit, à ce qu'il paraît, plus fréquente dans le nord de la France, en Angleterre, en Allemagne et autres latitudes septentrionales , que dans le midi de l'Europe. Paralysie générale des aliénés : car c'est chez des sujets qui étaient ou avaient été atteints d'aliénation mentale, que l'on voit le plus communément cette maladie se développer. Mais, quelquefois, on la voit aussi faire invasion chez des personnes jusque là saines d'esprit , et n'aboutir à la démence confirmée que plus ou moins tard, ainsi que j'ai'eu, il n'y a pas longtemps encore . la bien triste occasion de l'observer sur la personne d'un de mes amis, M. Amédée D***, qui en plein âge viril, à quarante ans à peine, fut d'abord frappé d'un'affaiblissement progressif des forces musculaires; puis, dans un laps de trois années environ, par une dégradation successive , conduit de là à la démence, et de la démence à la mort. Paralysie générale chronique : car. d'ordinaire, elle met des années à parcourir toutes ses phases. î\Iais, quelquefois aussi, pourtant, elle aune marche rapide, qui n'excède que peu ou point le maximum assigné à la durée des ma-

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ladics aiguës (52) ; citons pour exemple , ic cas sus-meiUionn6 du nommé Lcmemie (a). Quoi qu'il en soit , encore un coup , avec ou sans manie prodromique, voici comment se dessine, comment marche la paralysie générale progressive. En règle générale, les premiers signes de l'affaiblissement de la contraclilité musculaire consistent dans un certain embarras, une certaine lenteur, une certaine altération de la prononciation ; et cela n'a rien que de fort naturel, tant la parole exige de prestesse et de précision dans les nioiivemens de la langue et des lèvres. Puis, les membres abdominaux commencent à ployer sous le poids du corps dans leur pénible tâche de station et de marche. Puis, à mesure que la prononciation devient de plus en plus lente et confuse, à mesure que les jambes faiblissent , jusqu'à refuser leur office , les bras et lesmainsse montrent, à leur tour aussi, frappés d'inertie, sentent leur agilité et leur force s'amoindrir. La paralysie de l'appareil musculaire va se prononçant de plus en plus. En même temps la sensibilité tactile s'engourdit; les sens spéciaux, l'ouïe surtout, perdent aussi de leur énergie, et peuvent même en venir parfois jusqu'à s'éteindre toutà-fait. Dès la première période de la maladie , les facultés viriles ne tardent pas d'êire atteintes, et de tomber dans une impuissance complète. Par le progrès du mal, le rectum et la vessie participent à la paralysie : de là, d'une part, une opiniâtre constipation, ou bien la sordide incommodité de selles involontaires ; et d'autre part , l'ischnrie (46, F. C) et la nécessité de recourir quotidiennement au cathétérisme, ou bien, au contraire, un écoulement involontaire et continuel deâ urines. Àu milieu de tout cela , l'intelligence baisse, la mémoire décline et s'abolit ; en un mot , la démence vient, ou comme premier dérangement de l'état mental, ou comme transformation de la manie , si tant est que le sujet frappé de la paralysie en question soit déjà maniaque. Enfin, les fonctions digestives, après être demeurées longtemps intactes en présence de cette profonde perturbation de la vie animale , se troublent aussi; la fièvre hectique se déclare; le marasme consume peu à peu l'économie; les parties sur lesquelles le corps reste appuyé, comme la région sacro-coccygiennc, les talons, etc. , deviennent le siège de profondes escarres, auxquelles prélude, comme déraison, un érythème paratrime (316. C): bref, la mort est l'immanquable dénouement de la paralysie générale progressive.

lî. Pour ce qui est do Valiénation mentale, il résulte de ce qui précède (<z et y) que , dans bien des cas, elle est l'effet de l'encéphalite. Est-ce à dire qu'il en soit toujours ainsi? Question ajournée, comme je l'ai déjà fait à l'égard de la méningite (563. C), et réservée pour la Noxofjrapfn'e nymptomatique , où je présenterai ex prnfcsso l'histoire des formes principales de l'aliénation mentale.

£. Les jjlu'nomènes de paralysie et de contraction convtdsive ou tétanique dans l'une des moitiés latérales du corps sont quelquefois l'effet criiiie eiicéphalile locale , d'une encéphalite plus ou moins étroitement circonscrite dans l'hémisphère cérébral du côté opposé à celui où lesdits symptômes se manifestent.

D. En ce qui touche, maintenant, à l'anatomie pathologique, il est clair d'abord que dans un certain nombre de cas cette branche de l'observation médicale sulTit seule et par elle-même pour établir la réalité de l'encéphalite. C'est lorsque la substance encéphalique se trouve, dans un espace plus ou moins étendu , infiltrée manifestement de pus, ou qu'elle est le siège d'un abcès; car, là où il y a formation de pus, là l'existence d'une inflammation est à l'abri de toute contradiction (276. — et 281. C). Notons que les abcès de l'encéphale, qui, d'ailleurs, offrent, comme de raison, maintes variétés de volume , et qui peuvent être gros comme un œuf de pigeon , comme un œuf d'oie et même davantage , se présentent d'ordinaire , lorsqu'ils existent depuis un certain temps, sous les apparences d'un kyste, constitué par une pseudo-membrane qui a fini par s'organiser, par se sillonner de vaisseaux en tous sens et par former des parois très consistantes , de un à trois millimètres environ d'épaisseur ; généralement aussi , tout autour de l'abcès , la sub- -stance nerveuse est ramollie , convertie en une sorte de bouillie. Mais la suppuration n'est pas , ne peut pas être dans tous les cas , pas même dans la majorité des cas , le résultat de l'inflammation du parenchyme encéphalique , — ■ non , certes , pas plus là que dans les autres tissus de l'économie animale. Eh bien , est-ce donc à dire qne nous nierons l'existence de l'encéphalite partout où les altérations anatomiques sont par elles-mêmes insuffisantes pour caractériser cette maladie ? Non , cent fois non. Loin de là : nous appellerons à notre aide la considération des symptômes qui ont eu lieu sur le vivant ; nous mettrons, par exemple , en ligne de compte les symptômes généraux qui étaient les indices à peu près certains d'une inflammation quelconque (280. D.); nous mettrons en ligne de compte la couenne des saignées, ou , pour parler plus exactement , la surfibrination du sang , ce qu'on doit regarder, suivant toute apparence, comme un signe pathognomique (28^i. C.) ; bref, nous apprécierons toutes les circonstances qui , dans le cas donné , militent pour l'hypothèse d'une encéphalite, et peuvent la faire accueillir à titre de vérité démontrée , ou peu s'en faut. Ainsi donc , après une fièvre cérébrale, après cet ensemble symptomatique de nature si évidemment inflammatoire et à la suite duquel, tant de fois, l'autopsie constate les altérations les plus manifestement caractéristiques d'une méningite , lorsque nous rencontrons en pareil cas un ramollissement du parenchyme encéphalique , soit ramollissement rouge , ou ramollissement avec injec-

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tion , soit ramollisseiiieiit blanc , ramollissement purement crémeux et pultacé , et d'où , en un mot , toute trace d'iiyperémie a disparu , qui est-ce qui peut songer à mettre en doute que ce ramollissement ne soit là un résultat évident, un caractère positif de l'encéphalite? N'en est-il pas de même encore lorsque ce vice anatomique se trouve exister à l'autopsie des sujets chez lesquels la fièvre cérébrale a fini par tourner, comme chez le nommé Lemenne (C. a.), en une paralysie générale progressive? Et, pour mon compte, l'avouerai-je ? il me paraît fort légitime de prétendre, et par analogie spéciale avec les cas incontestables d'encéphalite qui viennent d'être signalés , et par analogie générale avec les divers ramollissemens qui, dans d'autres organes que l'encéphale, sont un des effets les plus ordinaires de l'inllammation (283) , que le ramollissement du parenchyme encéphalique doit toujours être considéré comme une altération phlegraasique, sauf, bien entendu , les cas où il n'est évidemment rien autre chose qu'un phénomène cadavérique, rien qu'un phénomène dû à la putréfaction, — et qui , par conséquent , n'est jamais circonscrit dans une portion de l'encéphale, comme c'est la règle en fait d'encéphalite. — ne se présentejamais, par exemple, à titre de ramollissement partiel dans un seul hémisphère, dans un seul lobe, ni à titre de ramollissement superficiel généralisé, ou de ramollissement des circonvolutions, — mais, au contraire, affecte la masse entière du viscère C'est l'i l'opinion que M. Durand-Fardel (618) a embrassée touchant lanature des ramolhssemens pathologiques de l'encéphale, etqu'il a soutenue et développée avec autant de talent que de savoir : je renvoie donc à cet auteur ceux qui veulent approfondir la thèse en question. Après cela , s'il nous est permis de considérer ces ramollissemens encéphaliques évidemment non cadavériques, même les ramollissemens blancs , parfaitement blancs comme une preuve à elle seule très forte , sinon absolue et pour ainsi dn-e pathognomonique , de l'inflammation , nous n'en dirons pas autant par exemple , des seuls phénomènes d'injection sanguine , ou même de rougeur uniforme, sans ramollissement, en un mot, des cas où l'autopsie ne peut constater rien autre chose que l'afflux extraordinaire ou 1 exiravasat.on du sang dans le parenchyme encéphalique. En pareille circonstance, effectivement, ce n'est point assez des données nécroscopiques pour trancher la question de savoir si l'on a devant les yeux une encéphalite plutôt qu'une simple hyperémie encéphalique (186) ou ciue la troisième variété, la variété y, de l'hémorragie intra-enc ;>haIiL par infiltration (261. B. y.) ; nous n'avons point alors le droit de rZ conclure sans la considération rétrospective des données symptomatologiques, et encore faut-il avouer que, même avec celles-ci, il y a bien I des cas ou la question susdite doit rester un problème insoluble pour Iles observateurs les plus expérimentés et les plus sagaces. Enfin i

me

y^l PATIIOI-OGIK MÉUÎCALE.

semble nécessaire et véritableiiieiU rationnel d'admettre qu'en fait d'encéphaliie , et surtout d'encéphalite suraiguë, l'anatomie pathologique n'est pas seulement condamnée à montrer fort souvent une regretiable insuffisance, mais peut même rester entièrement muetie. Je m'explique : ainsi, par exemple, lorsqu'après une fièvre cérébrale des mieux caractérisées , des plus franchement dessinées, l'autopsie ne découvre rien d'anomal, absolument rien, pas même le moindre vestige d'hyperémie, pas le moindre vestige , encore un coup, d'un des phénomènes les plus essentiels de l'inflammation , est-ce une raison d'admettre qu'il y ail eu là une tout autre maladie que lorsque le cadavre contient telles ou telles empreintes d'un travail inflammatoire ? En vérité, je ne pourrais le croire. Qu'y a- t-il donc d'impossible à ce que l'hyperémie inflammatoire, qui , dans son principe surtout, est au fond un phénomène plutôt physiologique qu'anatomique . plutôt dynamique que statique , plutôt vital que purement organique, se soit complètement évanoui avec la vie? N'est-ce pas un point incontestable de l'anatomie pathologique des inflammations , que l'absence de rougeur n'est pas une négation absolue de l'état inflammatoire (279. A.)? Et, surtout à l'égard d'un viscère aussi important, aussi délicat que l'encéphale, qu'y a-t-il d'incroyable, qu'y a-t-il d'inadmissible à dire que là, plus souvent sans doute que ne l'imaginent tant de gens qui ne savent rien voir par la pensée là où leurs yeux ne voient rien, l'inflammation , pour produire les symptômes les plus terribles, et pour porter un coup mortel, n'a pas besoin d'en venir à dépasser les limites des phénomènes susceptibles de disparaître avec le dernier souffle de la vie , et à produire des altérations dont les traces soient permanentes et puissent être constatées par l'autopsie? Encore une remarque, et c'est la dernière, pour compléter ce rapide aperçu de l'anatomie pathologique de l'encéphalite : c'est qu'on a signalé , dans quelques autopsies faites à la suite de ces fièvres cérébrales, que désormais nous devons regarder comme autant d'encéphalites aiguës, mie augmentation de volume, une exubérance du cerveau, qui faisait hernie, pour ainsi dire, aussitôt qu'on incisait la dure-mère; en pareil cas, assure-t-on, les circonvolutions sont aplaties, comme tassées entre elles, et les anfractuosités moins apparentes, et toi)t cela sans qu'il y ait un épanchement qui distende à l'excès les ventricules. Entre autres exemples de cette sorte, nous pouvons citer une observation habilement recueillie par M. Deslandes, et qui se trouve consignée dans h Nouvelle bibliothèqve médicale (année .1824, t. IV, p. 338-46).

E. Ce qu'il y a de très certain , c'est la fréquente coexistence de la méningite avec l'encéplialite A tel point que , en fait de diagnostic , la chance d'erreur serait moindre, ou la chance de parfaite exactitude serait bien plus grande, si l'on prenait pour règle de dire <' méningo-

liNFLA.MMATlOlNS PAUliiNCllYAlATEUSIiS. ^

l'iicépliulile, » — plulôt que de dire « niéniiigile » ou bien « encéplialite » tout court, comme c'est partout l'usage aujourd'hui.

620. £tiuloyie. — Voyez d'abord , cela va sans dire, l'éiiologie générale des indammations 1287). Puis , en ce qui touche particulièrement 1" à la déplorable primauté de l'enfance comme cause prédisposante dans la statistique des fièvres cérébrales, 2" à la désignation spéciale des causes occasionnelles et déterminantes qui ont les principaux rôles dans la production des encéphalites de quelque forme que ce soit, il n'y aurait qu'à répéter tout ce que j'ai dit dans l'étiologie de la méningite encéphalique (565), si ce n'est qu'il faut exclure ici la métastase rhumatismale, qui, à ce qu'il semble, appartient uniquement à la méningite, ou du moins, en tout cas, doit toujours y appartenir protopathiquement, en vertu de la loi de sympathie pathologique entre les membranes séreuses et les synoviales ■ 563. li. ).

621. Diagnostic. — Inutile de revenir sur les incertitudes et les obscurités que j'ai déjà signalées à propos de la méningite encéphalique (566), et qui, notamment même, ne laissent pas que d'entourer cette forme d'encéphalite , ou mieux, de méningo-encéphahle aiguë que l'on nomme fièvre cérébrale. (566. A.)

622. Thérapeutique. — Peu importe ici, il faut le dire , qu'il soit fort difficile , et à peu près impossible, de distinguer l'une de l'autre , au lit du malade, la méningite encéphalique et l'encéphalite même ; car le traitement de celle-ci ne saurait être, quant à présent du moins, autre que le traitement de celle-là (568). Il doit consister dans l'emploi des mêmes moyens et obéir aux mêmes indications. Émissions sanguines; réfrigération du crâne ; médication révulsive; hydrargyrose ; opium à haute dose.

AKTICXiE XXXVIII.

MYÉLITK.

(Auteurs contemporains. De Mue^éç, mo&lle, — et particulièrement , moelle épiniéie. — Mut/o? pax'^'îs ou vu-rtaros, — lilléralemenl, moelle. laehidienne ou dorsale.)

623. Bibliogrtiphie. — CLOT (aujourd'hui , Clot-Bey). Recherches et observations pathologiques sur le spinilis. Thès. inaug. Montpellier, 1820, n» 5a.

Fraisseix. Disserta tion sur la myélite. Th. inaug. Paris , 1830 , n» 233.

Constantin. De la myélite. Th. inaug. Paris, 1836, n°55. Ollivier (d'Angers). — {Tr. des mal. de la moelle épin.) — T. II , chap. VIII, Myélite.

Ife PATHOLOGIE MÉDICALE.

Calmlil. — (Dans le Rcpcrt. gén. des se. méd., — t. XX.) — Article iWoe//e épinicre ( maladies de la), § III , Des malad. de la m. ép. en particulier : xiv, Du ramollissement c'e la m. ép. {Myélite de beaucoup de palhologistes) ; — xv, De l'hydropisie centrale avec résorption partielle de la substance de la m. spinale (variété de myélite chronique); — xvi, De l'induration de la m. ép. {Myélite chronique de quelques auteurs. ) — Pag. 112-26.

Rilliet et Barthez. — {Tr. clin, et prat. des mal. des enf., — t. T', p. 67/1-87). I" classe, cliap. XXIV, Ramollissement de la moelle (Myélite).

MONNERET et Fleury. — {Compeudium, t. VI, p. 142-5^1.) — Art. Myélite.

62^1. Nosologie. — A. Synonymes: — Spinitis ou Spinite (ternie justement abandonné ; terme de forme hybride , et, d'ailleurs , de signification assez vague dans sa valeur intrinsèque) ; — Noliœomyelilis de quelques médecins allemands; — Racldalgitis, de Joseph Frank , qui comprend sous ce seul et même terme et la myélite et notre méningite rachidienne (voir plus haut, art. XXXI, §11), si difficile, en effet, nous l'avouons volontiers, à distinguer de la myélite sous le point de vue symptomatologique.

B. La myélite peut être générale ou partielle. C'est ce que la théorie prévoit, et ce que démontre l'observation, tant par l'appréciation des symptômes que par le fait des altérations nécroscopiqucs. Le plus ordinairement, la myélite n'est générale qu'après avoir été partielle. Le plus ordinairement aussi , c'est sur le renflement lombaire ou sur le renflement cervical de la moelle qu'elle frappe et sévit, à en juger du moins par la fréquence relative des raraollissemens qu'on observe dans ces deux portions de l'axe nerveux , toutes deux , comme on sait , si abondamment pourvues de substance grise. Aussi me paraît-il toutà-fait rationnel de croire et de professer, avec Ollivier (d'Angers), que la substance grise , par cela même qu'elle est éminemment vasculaire , est toujours le siège primitif, le point de départ des phénomènes inflammatoires, qui de là se propagent ensuite jusqu'à la substance blanche.

C. Voici, maintenant, d'une façon sommaire et générale, les divers symptômes qui , selon les cas , peuvent se produire dans (a myélite à titre de symptômes spéciaux , à titre de symptômes plus ou moins caractéristiques :

a. En ce qui louche aux troubles de sensibilité , nous signalerons : 1" la rachialgie , c'est-à-dire une douleur plus ou moins forte , plus ou moins profonde, qui se fait sentir, soit seulement dans une partie du

INFLAMMATIONS PARENCHYMATEUSES. 97

rachis, celle-là même où l'inllammalion a son siège, soit (ont le long de celte colonne osseuse; qui bien des fois accompagne les autres symptômes dès leur début, quelquefois même les précède tous, mais dans d'autres cas, il faut le dire, manque complètement; qui , lorsqu'elle existe, s'exaspère ordinairement par la pression que l'observaieur vient à exercer avec une cei-laine force sur les apophyses épineuses, s'exaspère quel([uefois aussi, mais bien moins constamment, par les mouvemens du tronc, par les déplacemens, les changemens de position et de décubitus, que le malade peut encore exécuter de lui-même, ou qui ne peuvent plus s'accomplir qu'à l'aide des bras d'aulrui ; 2" l'engourdissement , qui commence parle bout des doigts ou des orteils, pour envahir ensuite, par une marche progressivement ascendante, tout ou partie du membre, le plus ordinairement avec des fourmillemens, rarement avec une sensation de prurit; 3° quelquefois, au contraire, mais à titre de cas très rare , l'exaltation de la sensibilité tactile, à tel point que le choc le plus léger puisse déterminer la douleur la plus vive, à tel point que le poids des couvertures, et même d'un simple drap de lit , devienne intolérable; 4° enfin , l'anesthésie , le défaut absolu de sentiment , dans un ou plusieurs membres , et même , aussi, dans toute l'étendue du torse; et cela très rarement à titre de symptôme subit et survenu d'emblée, mais, en règle générale, après une diminution progressive de la sensibilité, soit que cette faculté ait éprouvé dès le début un affaiblissement plus ou moins remarquable, soit qu'elle ait présente préalablement une phase d'exaltation douloureuse.

Ç. En ce qui louche aux troubles de conlraclilité musculaire , il faut accuser: l'avant tout, et à titre de symptôme des plus constans et des plus essentiels, la paralysie d'un ou plusieurs membres, — qui s'établit , soit à la suite d'un affaiblissement progressif, soit tout d'un coup et d'emblée; qui , ainsi que la perte de la sensibilité, débute par l'extrémité des membres , et va se propageant de bas en haut; et qui , encore une fois, ainsi que la perte de la sensibilité, frappe le plus ordinairement les deux membres abdominaux ensemble (paraplégie), mais quelquefois aussi, dans certaines myélites partielles très étroitement circonscrites , peut se trouver bornée à un seul membre abdominal ou bien frapperles membres thoraciques; et rien que ces deux membreslà, ou même l'un des deux seulement ; 2" les convulsions , partielles ou générales, quelquefois en véritable forme d'épilepsie , qui survien nent tantôt à titre de symptôme primitif, tantôt, mais plus rarement a litre de symptôme conséculif et en pleine paralysie; 3» les contrac' lions tétaniques , — elles aussi , parlielles ou générales — elles aussi tantôt primitives , tantôt consécutives , - se produisant , par exemple ' assez fréquemment sous forme d'opislhotonos; 4° la paralysie du rectum

et de la vessie , et de là la constipation et l'ischurie, ces accompagneraens ordinaires de la paraplégie; 5" enfin, la dyspnée sulTocante , et l'apnée, lorsque la myélite atteint précisément les points d'où émergent les nerfs destinés à animer les muscles respirateurs.

y. Lîi coexistence de ces deux ordres de symptômes , troubles de sensibilité et troubles de conlraclilité musculaire , dans les mêmes régions du corps , dans la même étendue ou peu s'en faut , par suite d'une invasion simultanée ou à peu près telle, voilà la règle. Leur existence isolée est bien aussi un fait , mais un fait exceptionnel. Toujours est-il, enfin , qu'on voit tantôt la paralysie du mouvement exister sans celle du sentiment , tantôt , ce qui est plus rare , l'anesihésie exister toute seule. Cela tient-il alors à ce que , pour le premier cas , la myélite ait son siège uniquement dans la partie antérieure de la moelle, et, pour le second cas , dans la partie postérieure , conformément à la doctrine de M. Magendie, et des autres physiologistes qui affirment avoir réussi, dans leurs vivisections, à paralyser la sensibilité seule en coupant les racines postérieures des nerfs rachidiens, à paralyser les mouvemens, et rien que les mouvemens, en coupant les racines antérieures de ces mêmes nerfs?

S. Une diminution sensible de la chaleur animale est un phénomène constant dans les parties paralysées.

t. La cessation plus ou moins complète de la transpiration est aussi un des phénomènes qui se montrent propres à ces parlies-là.

D. Insistons maintenant un i)eu , en particulier , sur la diversité des régions où les symptômes se produisent , suivant le siège précis que les phénomènes inllammaloires occupent dans la longueur de la moelle. Et d'abord, un fait certain et unanimement admis, c'est que, dans les cas, fort rares d'ailleurs , où les symptômes spéciaux ci-dessus mentionnés ne se manifestent que sur l'une des moitiés latérales du corps , la myélite n'occupe qu'un seul côté de la moelle , et le côté même qui appartient à cette moitié du corps ; c'est le contraire de ce qui a lieu pour les affections cérébrales , où , comme on sait, l'hémiplégie et autres symptômes unilatéraux sont sous la dépendance de l'hémisphère cér. bral du côté opposé. Après cela, lorsque, ce qui est le cas le plus commun , une mvélite partielle intéresse, là où elle a son siège, toute l'épaisseur de la moelle , il se peut fort bien quê dans le principe , et tant que les altérations inflammatoires de la substance nerveuse ne dépassent pas un certain degré, le coup porté à la sensibilité et à la contraci.lue musculaire soit circonscrit dans les liini.es mêmes où se d.slnbuent les nerfs qui émergent de la partie enflammée : mais le plus généralement, auss. Tou peu après l'invasion de la maladie, les altèrat.ons de la partie i mn ée dlviennent, sans doute, telles qu'elles y abolissent toute ap- Uiudëàla transmission de l'influx nerveux, et que, par conséquent.

INFLAMMATIONS PARENCIIYMATEUSES. 99

tout le reste de la riKielle au-dessous de l'inflammation , même avec persistance de la texture normale , n'en est pas moins frappé d'inertie , de sorte que le malade se trouve paralysé de toute la partie inférieure du corps , h partir de la sphère d'action qui correspond à la portion de moelle enflammée. N'oublions pas, au surplus, de noter que la rachialgie, lorsqu'elle existe, est bien aussi un symptôme fait pour caractériser le siège précis de la myélite, selon , par exemple , qu'elle se fait sentir à la nuque, au dos ou aux lombes. — Cela posé, indiquons en peu de mots les traits symptomaiiques qui appartiennent spécialement à chacune des trois variétés principales de myélite que voici, et qui sont prises au point de vue des trois grandes régions de la colonne vertébrale.

a. Pour la myélite cervicale.— Douleur à la nuque et tout le long du cou. Engourdissement et fourmillement , d'abord dans les doigts , puis dans toute la main , puis dans l'avant-bras, puis dans le bras. — Raideur tétanique du cou, qui se lient renversé en arrière. — Membres supérieurs paralysés: quelquefois atteints de contractions tétaniques, ou bien de convulsions. — Dans certains cas, dysphagie, au point même, parfois, d'en venir jusqu'au refus, jusqu'à l'horreur de toute' boisson , jusqu'à une sorte d'hydrophobie , dans le sens propre et étymologique du mot, et de produire ainsi les apparences de la rage. — Plus généralement, dyspnée, par suite de la paralysie du diaphragme , le nerf phréniqne étant, comme on sait , une branche du plexus cervical ; puis, par le progrès du mal , sufl'ocation, apnée complète et mort. ^ 6. Pourla myélite c/or^a/e. —Rachialgie bornée au dos.— Contractions tétaniques ou secousses convulsives , se produisant uniquement dans le torse, qui se renverse et se courbe en forme d'arc , tantôt en arrière (opisihotonos), tantôt en avant (emprosthotonos) , tantôt de côté (picurothoionos;.. Dans ce dernier cas , qui d'ailleurs est si rare, n'y a-t il pas lieu de croire , à ce qu'il me semble du moins , que la myélite sévit exclusivement ou principalement sur un seul côté de la moelle? C'est là une idée que je laisse échapper, qui me paraît très fondée, mais qu'il appartient aux observations nécroscopiques de vérifier quand l'occasion s'en présentera. - Ici encore, dyspnée plus ou moins forte, - non par la paralysie du diaphragme, qui , au contraire, reste seul ou à peu près seul chargé d'accomplir la respiration , - mais bien parce que la myé lue dorsale tarit les sources de l'innervation pour tous les autres mu des du thorax. - Quelquefois , dit-on , il y a perturbation des mouve mens du cœur, palpitations violentes , imminence de syncope voiro même syncopes répétées. '

y. Pour la myélite lombaire. - Douleurs plus ou moins vives vers la première ou les deux premières vertèbres des lombes. — Le plus ordi' nairement, simple paraplégie , avec constipation eiischurie- parfois"

au conlraiie , avec incontinence d'urine , comme aussi avec neiles involontaires et inaperçues. Dans certains cas , phénomènes convulsifs ou tétaniques dans les membres inférieurs. ■ — Généralement , chez les personnes du sexe, aménorrhée pendant toute la durée de la maladie. En cas de grossesse à terme , il y a souvent , «nais non pas toujours , inertie absolue de l'utérus, et, par conséquent, impossibilité d'accoucher par les seules forces de la nature.

E. La myélite peut avoir une marche aiguë ou chronique, a. La myélite aiguë est généralement accompagnée de symptômes généraux qui constituent une sorte de fièvre inflammatoire (280. D.). Elle peut être suraiguë , ne durer que cinq à six jours, voire même vingt-quatre ou trente-six heures seulement; alors elle est toujours mortelle. Elle est pourtant susceptible de se terminer par une complète résolution ; mais ce n'est guère qu'après un mois de durée ou davantage.

Ç. La myélite chronique met plusieurs mois, plusieurs années même, à parcourir toutes ses périodes. Elle peut préluder très longtemps par les fourmillemens, par l'engourdissement et la paresse des membres, avant que survienne une véritable paralysie. Ce qu'il importe, après cela, de remarquer, c'est que fort souvent il s'opère peu à peu dans les membres paralysés une rétraction (46. C.) qu'il est impossible d'empêcher, et qui fait, par exemple, que les doigts deviennent et restent crochus, recourbés sur eux-mêmes et contre la paume de la main ; que les orteils, pareillement , se trouvent repliés et comme recroquevillés dans un état de flexion excessive et permanente; que le pied demeure forcément étendu, et presque en alignement avec la jambe , etc. Quoi qu'il en soit, pour ne pas parler de la chance si rare et si exceptionnelle d'une complète guérison, deux chances, en règle générale, existent pour les malheureux paralytiques qui sont tels par le fait de la myélite chronique : l'une, de dépérir plus ou moins lentement, mais d'une façon incessante, et de mettre, par exemple, un ou deux ans, trois ou quatre tout au plus , à parvenir au dernier terme de la fièvre hectique, Ji mourir dans un marasme extrême, avec diarrhée colliquative, escarres au sacrum, etc.; l'autre, bien moins funeste, de vivre indéfiniment, vingt ans même ou davantage, avec leur mal devenu slationnaire , ou pour mieux dire , passé désormais à l'état d'infirmité proprement dite (26).

F. Quant aux altérations nécroscopiques qui, suivant le cas, sont ou paraissent être liées à la myélite, voici ce qu'il importe d'en dire.

a. Vétat Injperémigue de la moelle, voilà, d'abord, à peu près tout ce qu'il y a d'appréciable dans une première période du molimen inflammatoire , celle qu'on pourrait nommer période d'irritation , ou

INFLAMMATIONS PARËNCHYMATEUSES. 101

mieux, période d'innammalioii proprement dite , et dans laquelle la complète résolution des tissus enflammés, leur retour à l'état naturel , est encore chose possible. La substance nerveuse est alors injectée, ruisselante de sang sous le scalpel qui vient à l'inciser , voire même toute rouge , en nuances variables , depuis la teinte rosée jusqu'au pourpre le plus foncé. Quelquefois, en outre , elle oiïre un léger endurcissement, et dans certains cas une augmentation de volume très évidente : dernier caractère qui ne peut jamais se monirer dans le cerveau qu'à titre d'exubérance plus ou moins douteuse lors de l'incision de la dure-mère (619. D.), laquelle membrane, effectivement, enserre et contient, comme on sait, le viscère avec une exactitude à peu près parfaite, et ne lui permet guère d'augmenter de volume , tandis qu'au contraire la moelle épinière, libre et flottante qu'elle est dans l'espace assez large qui existe entre elle et la dure-mère rachidicnne , n'a rien qui fasse obstacle à son expansion,

g. Le ramollissement de la moelle est un effet assez commun de la myélite, et constitue une période de désorganisation. II présente des degrés variés, depuis une faible et douteuse diminution de consistance normale jusqu'à l'état semi-liquide, l'état de bouillie ou de crème, Tantôtja partie ramollie a une couleur rosée , rouge, pourpre , lie de vin , etc. , ce qui lient à la présence du sang ; tantôt elle est d'un blanc jaunâtre ou vcrdàire : ce qui , sans doute, ainsi que le professent plusieurs patliologisles, peut fort bien être l'effet d'une infiltration de pus, mais peut fort bien aussi, cela me semble encore plus évident, n'accuser rien autre chose que les dernières traces d'un sang, amassé d'abord par l'inflammation ou par une hémorragie, puis entré en voie de résorption. D'autres fois, enfin, ce ramollissement est tout-à-fait blanc. Et si, fort souvent, en pareil cas , l'injection et la rougeur de la moelle autour du ramollissement et les altérations évidemment phlegmasiques de la dure-mère ne permettent pas de douter que ce ramollissement ne soit alors un résultat d'inflammation, enest-il donc toujours ainsi? Ici, l'avouerai-je, aussi bien et même plus fortement encore qu'à l'égard de l'encéphale (619. D.) , je penche à me ranger du nombre do ceux qui considèrent les ramollissemens incolores de la moelle épinière comme étant, en règle très générale, peutêtre même universelle, le vestige d'un travail inflammatoire,— toujours, bien entendu, en se gardant de méconnaître Je ramollissement cadavérique et d'y voir un phénomène pathologique.

y. L'induration de la moelle, voilà encore nn vice anaiomique que selon beaucoup de pathologistes, il faut encore attribuer à la myélite.' Et, en effet, cela n'a rien que de conforme avec l'une des lois générale's de la terminaison des innammalions (281. E.). S'il en est réellement

ainsi, ce résultat doit pariiculicremcnt avoir lieu dans les cas où la myélite marche d'une façon lente ou du moins suraiguë. Quoi qu'il en soit, ce qu'il y a de certain, c'est que la substance de la moelle peut acquérir une consistance égale à celle du blanc d'œuf durci par la chaleur : parfois même, elle devient tellement dure qu'il est impossible de l'écraser entre les doigts.

625. Eliologie. — (287.) — Après avoir accusé les chutes h la renverse, les coups violens sur le rachis, les maladies des vertèbres, telles que la carie, le mal de Poit, etc. , les tubercules et autres productions hétérologues dans la moelle épinière et dans les méninges , que reste-t-il encore à noter de particulier, si ce n'est, peut être, les grandes et continuelles pertes de sperme, les excès de coït et de masturbation?

626. Diagnostic. — Au lit du malade , ne prétendons pas distinguer entre elle la méningite rachidienne et la myélite; non, pas plus que nous ne pouvons distinguer la méningite encéphalique et l'encéphalite : ne prétendons pas, encore un coup, les distinguer sur le vivant, autrement que par une sorte de divination , où l'on ne saurait se flatter de réussir que bien rarement, et où il n'est môme permis de s'engager que sur la foi de circonstances toutes particulières, dans le détail desquelles une pathologie élémentaire ne peut pas descendre. A cet égard, en vérité, point de règles vraiment scientifiques à poser. Tout au plus, je le répète, laisserons-nous aux hommes d'une expérience consommée et d'une rare sagacité l'espérance de deviner juste quelquefois.

C'est déjà pour le clinicien une lâche assez difiTicilc, assez lourde et sous laquelle on est fort excusable de broncher plus d'une fois, que celle de distinguer les inflammations de la moelle épinière et de ses méninges, myélite, méningite rachidienne, ou méningo-myélite , d'avec l'hémorragie intrà-rachidienne, maladie que nous avons reconnue et envisagée plus haut (26^0' ^^'^^^'^ tétanos, d'avec la para-

lysie saturnine, d'avec certaines convulsions hystériques, etc. , toutes maladies que nous étudierons en temps et lieu dans la suite de cet ouvrage.

627. Théropeuliqiie.—'yièmes prescriptions que pour la méningite rachidienne (570). - Quantaux médicamens strychniques (132. G. l'emploi n'en est point opportun, ni même, ce me semble , exempt de péril, tant (ju'il y a lieu de croire que les phénomènes inflammatoires sont en iiieine vigueur dans la substance de la moelle ou dans les méninges. Mais, des que la maladie paraît être entrée définitivement dans cette période où la paralysie subsiste , non plus h liire de symptôme d'une myélite désormais terminée, m:iis à litre d'infirmité consécutive, là précisément commence l'urgente indication d'avoir recours à ce genre de médicamentation.

INFLAMMATIONS PARENCHYMATEUSES.

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