ARTICLE XXXIX
AMYGDALITE.
(Nom de création contemporaine.)
Ghomel et Blaciie. — (Dans le Ripert.gén. dus se. méd.—l. II. — Art. Amygdales. § II. Maladies des amygdales.) — Pag. 489-97, Inflammation des amygdales.
628. Nosologie. — A. Sous le nom d'amygdalite , on désigne prccisémeut , comme de raison , une inflammation soit de l'une ou l'autre des amygdales, soit de toutes deux ensemble : ce qui est un cas des plus communs en pratique, et dans lequel, —indépendamment de la portion muqueuse qui revêt l'amygdale, fait en quelque sorte corps avec elle et participe forcément à l'inflammation, — il est assez ordinaire de voirie reste de la muqueuse pharyngienne plus ou moins envahi par la uiême inflammation. Disons-le tout de suite , si parfois l'amygdalite est bien circonscrite, bien isolée, — la plupart du temps, surtout à l'état aigu, il y a tout à la fois pharyngite et amygdalite , ou , en un seul mot, pharyngo-amygdalite.
B. Synonymes : — Cynanche tonsillaris, de Sauvages (cl. III, Phleg^ masiœ, gen. xx, sp. 1); —Angine ou Esquinancie tonsillairo, de divers auteurs. — Voir, au surplus, la synonymie de la pharyngite (436. B.).
C. La symptomatologie de l'amygdalite offre , comme de juste , les plus grands rapports , les plus nombreux traits de ressemblance avec celle de la pharyngite. J'engage donc les lecteurs studieux à consulter de nouveau l'histoire de cette dernière maladie, dans la partie qui touche au point de vue ici en question (437. C. — E.), afin qu'ils suppléent par là , et à l'aide de leur propre sagacité , tout ce que je m'en vais taire dans l'intérêt de la brièveté , et ([ue je ne juge pas indispensable de rappeler formellement. Ici, en eO'et, je me bornerai à insister sur les particularités symptomatologiques qui sont plus spécialement le propre de l'amygdalite. Et d'abord, à l'inspection de l'arrière-bouche, on voit que l'amygdale enflammée dépasse toujours, par le fait de sa tuméf;!ciion, le Jiiveau des piliers du voile du palais et forme une saillie plus ou moins volumineuse dans l'isthme guttural. Il n'est pas rare qu'en raison de cette obstruction de l'istlime guttural il y ait une dyspnée plus ou moins forte, voire même une dyspnée sufl"ocante , surtout en cas d'amygdalite double , et lorsque les deux amygdales se gonflent jusqu'à se toucher, jusqu'à clore entièrement le passage. Que sera-ce donc , si , ce qui , à la vérité , est un cas assez rare , les amygdales prennent en arrière et dans la cavité même du pharynx un déve- Joppement tel qu'elles pèsent sur l'épiglolte, notamment quand le malade est et demeure en décubitus, et qu'elles fassent ainsi obstacle à ce
que l'air, venu jusque là par les fosses uasales^ pénètre librcmeni dans l'ouverture du larynx? il se peut encore que , par le seul fait de la tuméfaction extraordinaire des amygdales, le refoulement du voile du palais aille jusqu'à comprimer la trompe d'Eustaclie , de telle sorte qu'il en résulte un degré plus ou moins considérable de surdité. Généralement, pour peu que l'inflammaiion soit vive , on observe un plyalisme abondant. Dans les cas les plus graves, dans ceux, veux-je dire, où l'isthme guttural est complètement obstrué ou à peu près, la déglutilion n'est pas seulement difficile et douloureuse , mais absolument impossible. La voix est toujours nasonnéc; quelquefois elle est tout-à-fait éteinte. Dans quelques cas , le malade ne peut pas ouvrir la bouche , ou ne le peut qu'à grand'peine; l'état des amygdales ne peut plus être constaté par inspeclion , mais souvent alors il est facile de reconnaître par le palper les tumeurs qu'elles forment sous les angles de la mâchoire.
D. L'amygdalite se termine le plus ordinairement par résolution. Toutefois, la suppuration ne laisse pas que d'être une terminaison assez commune : l'abcès crève naturellement dans l'intérieur de la gorge, si tant est ([u'on n'ait pas devancé cette issue spontanée en recourant au pharyngoiome ou au bistouri. ïl ne faut pas confondre avec la suppuration l'expuition d'une quantité plus ou moins abondante d'une matière sébacée , grisâtre, fétide, dont la supersécrélion dans les vacuoles de l'amygdale est, comme de raison, un eiTct constant du travail inflammatoire. La gangrène est une terminaison li és rare de l'amygdalite ; nous ne l'observons guère (|ue lorsque l'amygdalite se présente à titre de complication accidentelle , ou plutôt d'épi|)hénoiuène dans les fièvres typhoïdes; M. Guersant l'a observée une luis en coexistence avec une gangrène du poumon, voir son article Angine jangréneiise dans le Dictionnaire de. médecine en 21vol. (l'''-' édition du lléperloire), t. II, p. 379-80. Ce qui n'est pas rare, au contraire, c'est l'induration des amygdales à la suite de leur inflammation; en pareil cas, tout en reprenant une couleur rose pâle, tout en cessant d'être douloureuses, elles continuent de demeurer saillantes au-delà du niveau des piliers du voile du palais.
E. L'amygdalite est fort sujette à se rci>roduirc chez certains sujets , surtout chez ceux qui ont leurs amygdales indurées et saillantes par suite d'une première attaque. Souvent elle présente des récidives pour ainsi dire périodiques, qui rcviennctit, par exemple, tous les ans, voire même plusieurs fois par an.
629. l'Aioloijic. — Rien de particulier à dire là-dessus qui n'ait été déjà indiqué dans l'étiologie de la pharyngite (ii38), si ce n'est d'insister sur l'importance de l'état d'induration hypertrophique des amygdales comme condition prédisposante pour le retour de l'amygdalite (628, li.). ,
liNFLAM.MATlOiXS l'ARENCIlYMATEUSES. 105
(j30. Thérapeuliquc. — Comme pour la pharyngite simple (/i39). Remarquons seulement que l'amygdalite réclame, plutôt que la pharyiigito, toutes choses égales d'ailleurs , l'emploi de la phlébotomie de préféi cnce aux saignées locales , la phlébotomie étant efTectivement beaucoup plus propre à produire le dégorgement des organes parenchymateux. — Pour ce qui est de l'excision des amygdales , dans le cas de leur induration , excision que l'on doit pratiquer afin de prévenir les fréquentes récidives d'amygdalite , je dois renvoyer les lecteurs à la Pathologie chirurgicale.
ARTICLE Xïi.
JIÉPATITK.
(HTrarrri;, Ilipp., — dc H^rap, gén. HTraro;. )
631. Bibliographie. — RlORGAGM. — {Ds sed. et caus. morbor.) Epist. LXV, art. 9.
Am^M.— {Cliimiue méclicalc.) —T. II, p. 238-519. {Maladies du parenchyme du foie.) —Soas ce titre, l'auteur nous présente principalement des faits et des réflexions qui concernent la pathologie de l'hépatite.
Louis. — Dans les Mém. ou recherches anatotnico-pathol. (59). — VHP Jlém. Abcès du foie. — P. 351-^109.
MOMNERET etFLEURY. {Compend., t. IV, p. 531-57). — Art, Hépatite.
Joseph Frank. — {Prax. med. universœ prœcepta. Part. III, vol. Il, scct. II, fascicul. 1, Monographiœ de morbis systematis hepatici et pancrcatis. Leipzig, 1843, in-8".) Cap. vi. De hepatilidc , et cap. VII, Dejecinoris abscessuet phthisi hepaiicâ.
632. Nosologie. — A. L'inflammation du tissu propre du foie , ou , pour le dire d'un seul mot, l'hépatite, est une maladie qui , malgré les progrès déjà accomplis en fait d'observation clinique et en fait d'anatomie pathologique, présente encore bien des doutes, bien des obscurités, bien des difficultés infranchissables, non seulement sous le rapport dc l'insuffisance et de l'inceriitude de sa symptomatologic pour établir une base solide de diagnostic , mais aussi sous le rapport de ses caractères nécroscopiques. Surtout, c;;mme nous l'avons déjà proclamé ailleurs (192), il est bien impossible de dire où finit, pour le foie , l'hypcré.mie slhénique, où commence l'inflammation. L'hépatite est une réalité, sans nul doute : voilà une vérité générale qu'il est permis de poser à priori , voilà qui est démontré à posteriori grâce aux abcès du foie. Nul doute, encore un coup, à titre de principe, à titre de loi pathologique, que l'hépatite ne doive exister fort souvent sans en venir à !a suppuration. Mais enfin , dans chaque cas particulier pris isolément
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c'est à peine si, hors la suppuration , il y a jamais quelque moyen, même après l'ouvcrlurc du cadavre , de se prononcer, aulremeiit que d'une façon arbitraire, pour l'iiépalitc ou pour l'Iiypérémie hépatique. Aussi dois-je renvoyer mes leciciirs à l'hisloire de celle-ci (191-2), pour me dispenser de commettre ici des redites h propos de celle-là. A l'aide de ce renvoi , et aussi parce que je m'interdis d'entrer dans la discussion de controverses, aujourd'hui insolubles et complètement stériles pour la pratique , je serai bref dans le présent article.
B. Notons, avant de passer outre , que l'hépatite ne suppose pas du ^ tout nécessairement et n'entraîne avec elle qu'à litre d'exception l'inflammation de la tunique séreuse qui revêt le foie. En un mot , la péritonite péri-hépatique est une variété de péritonite partielle que l'anatomie pathologique ne permet pas de confondre avec l'hépatite , pas plus, par exemple, que la pleurésie avec la pneumonie , et môme beaucoup moins encore. Presque toujours l'hépatite existe sans la péritonite péri-hépatique, ou celle-ci sans celle-là. L'existence simultanée de ces deux affections est véritablement un cas rare dans toute la force du terme.
C. Voici les symptômes qui, plus ou moins constans en cas d'hépatite, se montrent propres à accuser le foie comme siège du mal , et qui sont, au reste, les mêmes que ceux que nous avons assignés h l'hyperémie sthénique de ce viscère (192. A.). Sentiment de tension et de pesanteur dans l'hypocondre droit et dans l'épigastre ; voire même douleur plus ou moins vive dans ces régions de l'abdomen, laquelle douleur s'exaspère généralement par la pression et par la toux. Manifestes apparences d'un excès de volume du foie, soit à la simple inspection , ce qui, à la vérité, est fort rare et vraiment exorbitant , soit du moins par le fait d'un examen méthodiquement accompli à l'aide de la palpation et de la percussion. Douleur sympathique dans le derrière de l'épaule droite, ou parfois aussi, dit-on, au-dessous de la clavicule du même côté : quelques auteurs ont nié ce symptôme, qui leur a paru une inexplicable chimère en tant que phénomène physiologi(iuement lié à l'hépalite, ou du moins, eu tout cas, ils ne l'ont admis que comme un épiphénomène entièrement fortuit; mais, i)our mon compte, je puis affirmer avoir trop souvent observé la douleur scapulaire dans les affections du foie , sans pouvoir l'imputer le moins du monde ni à un rhumatisme des parois thoraciques , ni h un état tuberculeux du poumon , ni h aucune autre maladie de poitrine , pour que je n'aie pas l'intime conviction que c'est là une incontestable manifestation des mystérieuses lois de la sympathie. Le décubitus latéral , soit sur le côté droit , soit aussi sur le côté gauche , est généralement douloureux , incommode , parfois même intolérable et impossible. Dyspnée (sans doute en raison
INFLAMMATIONS PARENCHYMATEUSES. 107
de l'accroissement de doulenr, ou du moins d'un certain degré de gêne, qui , en pareil cas , ne peuvent pas laisser que d'être liés aux mouvemeus du diaphragme); toux sèche; hoquet. Souvent bouche amère , enduit jaunâtre ou verdàtre de la langue , nausées et vomissemens bilieux. Souvent teinte jaune des conjonctives ; ou bien, même, jaunisse universelle, avec des selles décolorées et blanchâtres, comme de raison, et avec des urines foncées, d'un brun rougeàtre, qui teignent en jaune un morceau de linge ou de papier blanc. Le plus souvent, il y a constipation, surtout en cas d'ictère ; mais , d'autres fois, au contraire, il peut y avoir sécrétion plus ou moins abondante d'une bile très acre, qui, en se répandant dans l'intestin , ne manque pas de provoquer une entérite catarrhale, et, partant, la diarrhée ou même la dyssenterie. Avec une parfaite connaissance de l'anatomie et de la physiologie, il est facile , en y mettant quelque peu de réflexion, de prévoir lesquels d'entre le's différens symptômes ci-dessus énumérés doivent naturellement prédominer et s'exaspérer, suivant la région du foie qui se trouve plus particulièrement atteinte par l'inflammation , suivant,. par exemple, que cette inflammation occupe la partie concave ou la partie convexe du foie , et suivant, aussi, diverses autres circonstances à l'égard desquelles je laisse à la sagacité du lecteur de suppléer à mon silence.
D. L'hépatite peut suivre, cela va sans dire, une marche aiguë ou chronique.
a. i:hëpatiic aiguë, la plupart du temps , n'éclate avec un ensemble plus ou moins remarquable de symptômes spéciaux qu'après une période plus ou moins courte de symptômes généraux et fébriles : quelquefois, elle a pour préludes des symptômes gastriques, ou un ictère , sans fièvre aucune ; quelquefois enfin , sans la moindre apparence de période prodromique , elle se prononce tout-à-coup, les symptômes locaux et la fièvre apparaissent en même temps. Elle peut ne durer qu'un fort petit nombre de jours, pas même un septénaire, par exemple mais, d'ordinaire, elle atteint la fin du second septénaire; se prolongel-clle plus loin, il est alors fort à craindre qu'elle ne dégénère en maladie chronique. Sans compter ce passage de l'état aigu à l'état chronique, la maladie peut se terminer des diverses façons que voici :
r Par résolution, c'est-à-dire par un retour graduel et insensible du foie et de toutes les fonctions perturbées à l'état normal et sain
2^ Par délitescence à la suite de crises , telles qu'une épistaxis , un flux hemorroïdal , l'éruption naturelle des règles , une diarrhée, une .-.bondante d.aphoièse , etc. , qui font, par exemple , brusquement disparaître la tuméfaction du foie; et cela surtout, on doit môme dire à pou près exclusivement , dans les commencemens du mal. Encore est-il juste de remarquer que , dans le cas d'un si rapide dénouement , il y
a plutôt lieu de croire à une simple hyperémie qu'à une inflammation vraiment confirmée.
3" Par suppui ation. Terminaison fréquente après un coup ou une chute sur l'hypocondre droit , et aussi eu cas de ces hépatites lobnlaires, disséminées , et presque toujours latentes ou à peu près telles , qui surviennent à la suite des plaies de tête , ou sous l'influence de quelque autre condition génératrice de cette Dialhèse purulente, décrite et étudiée en Patholocjic chirurgicale (t. F"", chap. III, art. III, §.V1I. — Voir notamment les pages 161 — 2). La suppuration peut déjà se laisser reconnaître ou du moins deviner par les signes généraux que ce travail morbide , où qu'il se fasse , entraîne d'ordinaire : ainsi , en pareille occurrence , après la rémission des premiers symptômes d'hépatite , après un calme de courte durée , on voit survenir , en outre d'un sentiment incommode de chaleur et de pesanteur dans l'hypocondre, maintes alternatives de frissons et de sueurs dans le courant de la journée, avec cxacerbation de la fièvre vers le soir. Mais la chose devient encore plus claire , quand l'abcès fait saillie à l'extérieur , quand il se révèle par le soulèvement des fausses côtes , par rempàleraeni d'une partie plus ou moins étendue de l'hypocondre , et, enfin, par la fluctuation même. Les abcès du foie peuvent donc en venir à s'ouvrir spontanément à l'extérieur, et là, quelquefois, dégénérer en fistules incurables. Dans certains cas, aussi, par suite du travail d'absorption progressive et d'inflammation qui les accompagne , et par suite des adhérences que le foie contruclc alors avec les organes voisins, ils s'ouvrent dans l'estomac ou l'intestin , dans le péritoine (cas prompteraent mortel par le développement d'une péritonite suraiguë) , dans la cavité de la plèvre droite (cas bien moins grave, à tout prendre , que le cas précédent), ou bien même, enfin , dans le poumon droit, par oii tout le pus du foie peut se faire jour et se trouver expulsé sous forme d'expectoration plus ou moins laborieuse et de plus ou moins longue durée. Entre autres exemples dignes de remarque, je citerai une observation récemment publiée dans le Journal de médecine de MM. Fouquier , Trousseau, Beau, etc. (juillet 18/i3, p. 209 — 11), observation recueillie dans le service de M. Casimir Broussais, et de laquelle il résulte assez évidemment qu'un garde municipal, atteint d'hépatite aiguë , a guéri après avoir eu dans le foie un abcès qui s'ouvrit et dans le poumon et les intestins, et se vida par l'expectoration et par les selles. Si la suppuration du foie n'est pas un accident nécessairement, infailliblement mortel, toujours est-il qu'elle court grand risque de le devenir, soit parce qu'elle s'épanchera dans le péritoine ou dans la plèvre , soit parce que , tout en se faisant jour au dehors par une voie quelconque , elle ne tarit point et amène le marasme et répuiscmeiU des forces vitales, soit même,
INFLAMMATIONS PARENCHYMATEUSES. 400 enfin, parce que, demeurant confinée dans l'intérieur du parenchyme hépatique et se trouvant sans issue , elle détermine encore tous les phénomènes de la fièvre hectique. Entre autres exemples de ce dernier cas, je citerai le suivant, qui me tombe sous la main , et que j'emprunte à la Médecine clinique de Finel (p. 277) : — Une femme entre à l'infirmerie de la Salpétrière, le 13" jour d'une fièvre gastrique continue avec accès. Elle se plaint d'avoir éprouvé dès le principe une douleur dans rhypocondre droit. Les symptômes principaux qu'elle présente sont • ceux que voici : teint jaune ; bouche amère; langue couverte d'un enduit épais, jaune au centre; douleur à l'épigastre et à l'hypocondre droit; peau sèche ; pouls dur et fréquent ; dyspnée; toux sèche. Le soir, alternatives de frisson et de chaleur, suivis de sueur; nausées durant le frisson. 14« jour : plus de douleur à l'hypocondre ; accès de Oevre le matin et dans la nuit suivante. 15» jour : trois accès de fièvre 22» jour : la douleur de l'hypocondre reparaît; ictère très foncé; accès fébrile très intense. 24» jour: colique, dévoiement. 25» jour .-symptômes adynamiques. 35» jour : plus de dévoiement ; horripilations fréquentes entremêlées de bouffées de chaleur. 37» jour : commencement d'un œdème des extrémités inférieures. 44» jour : prostration extrême face h.ppocratique; mort. Nccroscopie: foie mou, jaur^âtre , renfermant un foyer purulent , qui contenait une à deux onces de matière ; vésicule volumineuse, avec des concrétions polyèdres, dont quelques unes dans lecpndmtcystique; le diamètre de ce canal était augmenté entre les " concrétions et la vésicule , et resserré dans le reste de son trajet
à° Enfln , par gangrène. Terminaison , à la vérité , très rare, mais qui pourra être, ainsi que le disent les auteurs , assez facilement reconnue aux signes que voici : affaissement subit des douleurs , météonsme, froid glacial des extrémités, odeur gangréneuse des gaz intestinaux et des selles.
e. L'hépaliie chronique tantôt fait suite à une hépatite franchemenf aigué dans toute la force du terme, tantôt se développe sourdement peu a peu et d'une façon tout-à-fait insidieu*. Dans ce dernier cas, elle prélude fort longtemps par un ensemble de symptômes bien peu caractensiiques, tels que l'inappétence, la bradypepsie . la dvspepsie , une production excessive de flatuosités , une constipation rebeile , etc iusqu a ce qu'enfin les douleurs de l'hypocondre droit, l'ictère, cl la'tuméraciion manifeste du foie viennent décidément accuser ce viscère si ce nest évidemment comme étant en proie .1 l'inflammation, du moins comme étant, de façon ou d'antre, le foyer principal de la maladie. Qu o.qu II en smr, 1 hépatite chronique peut durer indéfiniment, durer ell T'r""''' ^ '""'^Ji^«'-^'i^'""aire. Eu général , toutefois,
elle marche, quoi qu'à pas lenis ; si elle ne rétrograde pas, elle
avance; peu à peu , avec ou sans travail de suppuration , elle entraîne un clépérisscmeiit progressif, et, par les longues et tristes phases de la fièvre hectique, conduit enfin le malade au tombeau. Mais, quelquefois aussi , heureusement , elle peut rétrograder et se résoudre , je n'ai garde d'en douter , surtout sous les salutaires influences d'un bon régime et d'une médicamentalion ai)propriée. Dans les fastes de l'observation, en effet , combien ne peut-on pas compter de cas analogues à l'exemple suivant, que , par hasard, j'emprunte à un excellent opuscule du célèbre Tissot , à son traité De febribun biliosis (p. 91). Voici le fait, en , substance: — Un homme d'un tempérament atrabilaire (mélancolique) présentait une tumeur dure dans la région du foie, avec coliciues cruelles, couleur jaune de la peau, insomnie, affaiblissement, constipaiion (quelquefois 20 jours sans selles); — proscription absolue de la diète animale, légumes et fruits de la saison pour toute nourriture, hydromel ou petit lait pour toute boisson ; plus , toutes les deux heures, trois gros d'un élecluaire composé de jeunes feuilles de séneçon et de pissenlit, de casse, de manne, et de sirop de framboises; — ainsi fut obtenue, au bout de trois mois , la guérison d'une maladie qui paraissait depuis deux ans désespérée. Rappellerai-je encore deux exemples analogues h celui-ci et (jue j'ai déjà cités , d'après M. Andral, à propos de l'hyperémie hépatique (192. C.) ? Assurément, entre les guérisons de celte sorte que nos devanciers ont vues et que les praticiens d'aujourd'hui n'ont pas cessé de voir , l'hépatite chronique doit avoir .sa part, tout comme la simple hyperémie ou l'hyperlrophie du foie ont la leur.
E. Encore une fois, rcconnaissons-le bien haut, hormis le cas de suppuration, hormis les abcès ou l'infiltration purulente, l'anatomie pathologique est restée jusqu'ici impuissante pour nous enseigner des caractères différentiels qui soient aptes à distinguer sûrement et toujours l'hépatite aiguë d'avec une simple hyperémie, l'iiépatite chronique d'avec 'fine simple hypertrophie du foie. Ce qui augmente, assurément, les difiicullés du point en question, ce sont les nombreuses variétés que ce viscère peut olïi ir quant à st forme, quant à son volume, quant à sa couleur et à sa consistance, sans que ces variétés soient en dehors des conditions d'une santé parfaite, sans qu'elles paraissent le moins du monde liées à une perturbation quelconque des fonctions hépatiques. Ainsi donc , en résumé définitif, à un premier degré d'inflammation , rien autre chose que les caractères nécroscopiciues d'une hyperémie hépatique (191); à un degré plus avancé et dans lequel l'inflammation se révèle d'une façon incontestable, infiltrations purulentes ou abcès; généralement, dans les cas chroniques, induration et tuméfaction dufoie: vodà, dans l'état actuel de nos connaissances, l'anatomie pathologique tout entière de l'hépatite.
INFLAMMATIONS PARENCHYMATEUSES. l'f^P
F. Inmilo de dire que l'hépatite peut fréquemment se trouver en complication avec d'autres vices organiques plus ou moins graves : par exemple, avec un squirrlie, avec un cancer cncéphaloïde, avec un kyste liydatidique, etc.
633. Etiologie. — (287.) — Accusons spécialement : A. A titre de causes prédisposantes , premièrement, et par-dessus tout , les climats torrides , où l'hépatite se montre en quelque sorte comme une maladie endémique; puis, en second lieu, par conséquent, mais, bien entendu, dans un degré moindre, les climats chauds et les saisons chaudes; puis, en troisième lieu, la virilité et la vieillesse; puis, en quatrième et dernier lieu , d'après le dire des auteurs plutôt que d'après de légitimes prouves, le sexe mascuhn, les tempéramens bilieux et mélancolique , l'intempérance , l'abus des boissons alcooliques , une vie sédcniaire, les travaux de cabinet, les profonds et longs chagrins, les excès vénériens, etc., autant de points étiologiques qui se répètent de livre en livre , mais qui auraient bien besoin d'être vérifiés.
B. A titre de causes déterminantes, les coups et les chutes sur l'hypocondre droit, ainsi que les plaies qui pénètrent jusqu'au foie.
63^. Diagnostic. ~ 11 est bien malaisé au praticien de ne pas confondre avec l'hépatite la péritonite péri-hépatique ou diaphragmaiique , la phlegmasie des voies biliaires, et parfois même, aussi, la duodénite (^71-2) , tant dans les cas aigus que dans les cas chroniques. Mais l'hépatite chronique, surtout, est une maladie des moins faciles à reconnaître, toutes les fois qu'elle ne débute pas par un état franchement aigu et qu'elle se développe petit à petit : bien des lois, alors , c'est à peine si on peut en soupçonner l'existence. Je signale les difficultés du diagnostic, sans entrer dans la discussion des considérations qui peuvent aider à les résoudre, sinon toujours, du moins dans certains cas • si j abordais, en effet, unepareiUe tâche, je serais entraîné à de trop lo'n-s developpemens et hors des bornes que comporte le plan de mon oiivrage. Abandonnons donc de tels problèmes aux recherches et aux renexions des lecteurs qui auront déjà un certain fonds d'expérience clinique.
635. Thérapeutique. - (290.) - A. Pour le traitement médical de 1 hépatite aigue, nen, absolument rien à dire que je n'aie dit à propos de ihypercime hépatique : phlébolomie, saignées locales, et de pré ference, les sangsues à l'anus, etc. (192. D.j.Si la suppuration a lieu et qnun abcè.s,c manifeste à l'extérieur , si l'abcès, par exemple, fait sa.lhe a 1 hypocondre droit ou à l'épigastre , il faut alors que la chirurgie intervienne : car le mieux est. alors, d'ouvrir au nus une prompte is.sue ; et pour cela je renvoie le lecteur, comme de raison', a Ja Hathologu chuurgicalt, article Abci:s du foie.
112 PATnOLOGIK MÉDICALE.
' B. Pour ce qui est tic l'hépatite chronique , les moyens les plus vantés et qui paraissent effociivomenl avoir obtenu un heureux succès dans certains cas, sont ceux que voici. Diète exclusivement végétale. Abstinence des boissons alcooliques, l'uite des climats cliauds pour le séjour d'un climat tûmpéré, ou même d'un climat froid. Emissions sanguines, de temps à autre, suivant l'indication. Bains fréquens. Ilévulsifs cutanés , notamment sur la région de l'hypocondrc. Purgatifs répétés, et, de préférence surtout, la rhubarbe et l'aloès. Alcalisation de l'économie, par les pilules de savon médicinal, par les bicarbonates alcalins, parles eaux de Vichy, par celles de Carisbad (132, D. 'Q. Mercurialisation, jusqu'à salivation (132. G. t.) : calomel à l'intérieur; frictions sur l'hypocondrc avec une iwmmade mercurielle. Pourquoi pas toutes les ressources, tous les lâlonnemens de la médication dépurante (l/iZi-5) ? N'a-t-on pas préconisé l'acétate de potasse, l'extrait de saponaire, celui de pissenlit, etc. ?
ARTICStE XÏ.I.
SPLÉNITE.
( STt).y)vrTc; , Hipp. , — Je Stt/./iv , gén. SirUvo';, ralc.)
631. Bibliographie. — Forest. — {Observalionum et cwationum medicinalium ac chinirgicarum libri XL.) — Lib. XX, observ. V et VI.
Senneut.— (Practica medicina.) Lib. 111, part IV, c. 5, De liems inflammalione.
Stalpart Vander WiEL (célèbre médecin de La Haye). — (Oftservaiioîtum rariorum medico-analomico-chinirgicarum ccnturia prior. Leyde, 1727, in-8".) — Obs. XLVIII, Lien vomicd circumquaque cinclus.
Van Swieten. — {Commenlaria.) — In aphorism. 958.
ASSOLLANT. Recherches sur la rate. Th. inaug. Paris , 1802 , u" 112 (in-8''.)
CRUYEiLiiiER. — {Anat. paihol.) Livrais. II, planche 5' : - fig. 1-2, ' Splénite, pus concret combiné; - fig. 3 , Ramollissement aigu de
la rate. (Ramoll. en pulpe).
DALMAS. - (Dans le /^^cr/., t. XXVII, article /îa/e.) -Page 2d7-