‹ Élémens de pathologie médicaleChapitre 21 sur 63 · HYPERTROPHIE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE CARDIAQUE

Synonym. : — Hypercardiolrophie, de M. Piorry.

715. Bibliographie. — Corvisart. — [Essai sur les mal. et les lés. or y. du cœur ) IP classe , art. II , De l'anévrisme actif du cœur, ou avec épaississement de ses parois ; — art. iil, De l'anévr. actif du cœur ou avec épaiss. etc. , affectant la totalité de cet organe ; — art. iv , De l'anévr. act. etc. , affectant le ventricule gauche; — art. v, De l'anévr. act. etc. , affectant le ventritnde droit ; — art. YI, De l'anévr. act. etc., affectant les oreillettes.

Laennec — ( Tr. de l'Auscult. ) IIP partie , secL ii , chap. 2 , De l'hypertrophie du cœur ; — chap. 4 , De la dilatation avec hypertrophie des ventricules du cœur ; — chap. 5, De la dilatation de l'un des ventricides avec hypertrophie de l'autre ; — chap. 6 , De la dilatation et de l'hypertrophie des oreillettes du cœur.

HOPE. — {A treatise on the diseases^of the heart, etc. ) Part III, chapter I, Hypertrojjhy of the heart.

BOUILLAUD. — {2'r. clin, des mal. du cœur) — t. II, p. Û73-592 ( hypertr. du cœur. )

Cruveilhier. —{Anat. pathol.) Livraison XVII, planche iv. — ÎOn trouve là la description et la représentation d'un cas remarquable d'hypertrophie avec dilatation du ventricule gauche , coïncidant avec l'hypertrophie du ventricule droit , sous la dépendance d'un

état anévrisuial de la crosse aortique.

Chomel. — ( Dans le Répertoire , t. VIII , art. Cœur , § v , Des maladies du cœur en particulier. ) — Pag. 284-303 [hypertrophie et dilatation du cœur. )

Delaberge et Monneret. — [Compendium , t. II , p. 339-61 ). — Art. Cœur ( Hypertrophie du ).

BIZOT. — [Recherches sur le cœur et le systhne artériel clœz l'homme. Dans les Mém. de la Société médicale d'observation de Paris; t. I", 1836, in-S") V partie, Dimensions du cœur et des pjrincipales artères suivant l'âge, le sexe, la taille des individus, les diverses maladies, etc..

ana 2 grammes.

un demi-grain, trente grammes, cinq gouttes.

iiYPEinuoPiULS. 237

riGEAUX. — ( Traité pratique\des maladies du cœur) — Pag. 363-429 ( lujpcrtrophie des parois du cœur. )

Veknois. — iMém. sur les dimensions du cœur chez l'enfant nouveauné : suivi de recherches comparatives sur les mesures de cet organe, à l'état adulte. Paris, 1840, iu-8°.

Aran. — {Manuel prat. des mal. du cœur) II" partie, II" classe, chap. 1 , Hijpei'tr. du cœur.

FORGET. — {Recherches cliniques sur les maladies du cœur. Dans la Gazette médicale , aimée IShU, passim.) — Chap. Il, Recherches clin, sur les rapports des altérations valvidaires avec l'affection connue sous le nom d'anévrisme du cœur {Gaz. médic. , W' 23 , 25, 28 et 30); — chap. III, Be l'hypertrophie concentrique du cœur {Gaz. méd., n" 3 6).

DECHiUiBRE. Be l'hypertrophie concctvitrique du cœur. (Dans la Gaz. méd. , année 1844 , n" 38.)

716. Idée sommaire de l'hypertrophie cardiaque et de ses diverses espèces sous le point de vue de l'anatomie pathologiqiœ. — Le cœur, ce muscle creux, est, ainsi que tout muscle, fort sujet à l'hypertrophie. Mais, à la différence de tant d'autres muscles, où l'hypertrophie, même poussée à l'extrême, devient à peine une difformité véritable, et ne fait que déparer , en les exagérant au-delà des proportions naturelles , les formes extérieures du corps humain , le cœur , merveilleux instrument d'hydraulique vivante, moteur consacré à la tache incessante d'entretenir et de régler la circulation du sang , n'a même besoin que d'un assez faible degré d'hypertrophie pour être aussitôt gêné dans l'accomplissement de cette essentielle fonction , et pour devenir ainsi le point de départ d'une maladie sérieuse et grave , le premier anneau , si l'on me permet cette manière de parler , d'un funèbre enchaînement de phénomènes morbides et mortels. Que sera-ce , à bien plus forte raison , lorsque ce viscère aura acquis, comme cela se peut très bien, un volume tout-à-fait extraordinaire, un volume double, triple, ou même quadruple du volume normal ? Et, pour ce qui est de fixer un étalon de ce volume normal, au milieu de tant de variétés individuelles qui sont et doivent être en corrélation nécessaire avec les différences de stature , de corpulence et de tempérament, quelle est la meilleure base d'appréciation pour les investigations nécroscopiques? Après tout , il faut le dire , — oui , après tant de chiffres accumulés par les laborieux observateurs qui ont mesuré le cœur sur une infinité de cadavres, — c'est encore la base proposée par Laënnec, à savoir, la grosseur même du poing chez le sujet donné. Au reste, les analomo-pathologistes ont établi et dû établir, en fait d'hypertrophie cardiaque , plusieurs distinctions plus ou moins importantes : 1" quant à ses effets en ce qui concerne la capacité des ca-

vilés cardiaques ; 2" qnam à ses différences de siège cl d'éiendue Sous le premier rapport, en dFet, il y a trois cas à distinguer; c'est à savoir quavec un épaiss.ssement plus ou moins considérable des parois du cœur, on peut rencontrer tantôt des ventricules et des oreillettes de grandeur naturelle, tantôt le rapetissement de ces cavités, tantôt au contraire leur dilatation. En d 'autres termes , pour emprunter à ^I. Bouillaud sa nomenclature, l'hypert.-ophie du cœur peut être divisée en hypertrophie simple, en hypertrophie concentrique, et en hypertrophie excentrique ou anévrismakî. Ce dernier cas est. à ce qu'il me paraît du moins, le plus commun; il est , à coup sûr, le plus tranché , le plus remarquable , Vanévrisme actif àe Corvisart, la cordiectasie hypertrophiqne d'Ahbert (fam. VI, Angiosas, gen. vu, esp. 1); c'est particulièrement ce cas-là que j'envisagerai pour esquisser la symptomatologie du sujet ici en question. EnDn , sous le rapport du siège : tantôt l'hvpertrophie du cœur est générale, mais rarement, même jamais , en ce cas, égale dans tous les points , et pour Jes quatre cavités ; tantôt elle est partielle. On distingue donc : l'hypertrcphie du cœur gauche, et celle du cœur droit; l'hypertrophie bornée à un seul ventricule ou à une seule oreillette ; bien plus, l'hypertroph.ie qui affecte isolément un siège encore plus restreint, comme, par exemple, la cloison inter-ventriculaire , la pointe du cœur, les colonnes charnues de la valvule mitrale, etc. ,' etc. Mais , en résumé , il faut ,bien le reconnaître , ces distinctions , dû moins pour la plupart, sont purement anatomiques, ne ressortissent pas du tout au domaine de la clinique , n'ont point de symptomatologie spéciale, et, partant, ne peu^^ent point être diagnostiquées , malgré la prétention contraire de certains médecins, qui, à les en croire, auraient le talent de tout découvrir , de tout voir en ce genre par les nuances , à eux seuls connues etsaisissables , des bruits cardiaques. Aussi , dans' un livre élémentaire tel que le mien, où je dois surtout exposer la science faite et non pas me laisser entraîner aux interminables discussions delà science qui est encore à taire , je pense qu'en fait de symptomatologie Je mieux sera de me borner à une description générique , qui aura surtout pour base , ou , si l'on aime mieux dire ainsi , pour type , l'hypertrophie intégrale de tout le cœur. Pour ce qui est de compléter mon aperçu d'auatomie pathologique, je crois à propos de remarquer, 1° qu'm général l'hypertrophie cardiaque est beaucoup plus prononcée sur la partie gauche ou aortique du viscère que sur la partie droite ou veineuse ; 2° que , pour le ventricule gauche , d'ordinaire on la trouve qui va diminuant insensiblement de la base à la pointe, et avec une épaisseur moindre à la cloison inter-ventriculaire qu'à la paroi externe ou propre du susdit ventricule; 3" que, pour le ventricule droit, l'hyperirophie est presque partout uniforme , si ce n'est vers les valvules U^cuspides et à leurs piliers, ainsi qu'à l'origine de l'artère pulmonaire ,

HYPERTROPHIES. 239

autant de points où elle offre orclinaircnieiit un degré plus considérable ; U" enfin , que , la plupart du temps aussi , le tissu musculaire du cœur , indépendamment de l'augmentation de volume, se montre plus ferme et plus coloré que dans l'état normal.

717. Si/mptô}7ies. — La voussure insolite de la région précordiale , ](! caractère extraordinaire de la matité, soit en étendue , soit en degré, dans la même région : voilà deux symptômes , pourainsi dire , physiques, mécaniques, qui sellent à l'hypertrophie cardiaque, mais seulement lorsque celle-ci est déjà parvenue à des dimensions assez considérables. iMême avec un cœur excessivement volumineux , avec un cœur de grosseur bovine , la matité précordiale , ainsi que l'absence de murmure respiratoire qui se rencontre là à l'auscultation comme symptôme 1 nécessairement corrélatif, peut encore se trouver circonscrite dans un I espace de fort médiocre étendue , si une lame du poumon gauche, I comme cela se voit chez bien des sujets , revêt en partie le cœur , et se itrouve ainsi interposée entre ce viscère et la paroi thoracique : mais , alors la matité , fût-elle resserrée dans ses hmites normales , présente au tact et à l'ouïe du praticien exercé quelque chose de plus frappant, et , pour ainsi dire , de plus compacte qu'à l'ordinaire. Si l'hypertrophie ;afFecte exclusivement ou principalement le ventricule droit, la matité :précordiale doit, comme de raison, se montrer plus étendue et plus •marquée à droite qu'à gauche. Le choc du cœur hypertrophié se montre généralement à titre d'impulsion très forte, plus ou moins prolongée, ■en raison même du plus ou moins de volume qu'a l'hypertrophie; il «soulève la tête de l'observateur pendant l'auscultation ; souvent il est visible de fort loin ; souvent aussi, à chaque coup , son retentissement se fait entendre à l'oreille du malade , et ne cesse de bruire , en écho :impo'rtun et sinistre, surtout dans le silence des nuits d'insomnie. ID'ordinaire, c'est-à-dire lorsque l'hypertrophie affecte uniquement le icœur aortique , ou du moins lorsque c'est là qu'elle prédomine , le (choc se fait sentir et voir , comme à l'état normal , entre les cartilages de la sixième et de la septième côte du côté gauche : lorsque l'hypertrophie affectQ exclusivement ou principalement le ventricule droit, ce qui est le cas le plus rare , — il paraîtrait, à en croire le témoignage de maints observateurs très dignes de foi, que l'impulsion se fait ressentir plus fortement sous la partie inférieure du sternum que dans le lieu physiologique ci-dessus rappelé. Mais, et c'est là un point fort important à remarquer , toutes les fois que l'hypertrophie est excessive , toutes les fois que le cœur devient énorme , est à l'étroit dans la poitrine et qu'il lui reste à peine assez de place pour se mouvoir, il n'y a plus de choc, à proprement parler ; et ce qui tient lieu de ce choc, à I chaque systole ventriculaire , c'est un soulèvement extrêmement visible,

des parois pré cordiales , et qui se fait , non pas d'une façon brusque et instantanée , mais comme par une impulsion prolongée. Quant aux phénomènes d'auscullaiion, voici ce qu'il en est dans l'hypertrophie cardiaque : avec ou sans concomitance de bruits étrangers, avec ou sans bruits desoufllet, de scie, etc. (Zi6. F. c), qui, à ce qu'il me paraît du moins, ne tiennent en rien à l'hyperirophie même, mais bien à d'autres conditions, soit encore anatomiques, soit névropathiques ou hématologiques, les bruils naturels du cœur prennent, eu général , un caractère sourd ; quelquefois même, lorsque l'hypertrophie est très considérable , le second bruit est peu sonore , à peine sensible , voire même réduit à néant ; il y a plus encore, quelquefois, — mais cela,il est vrai, est rare, — l'auscultation la plus attentive et la plus habile ne retrouve rien du tictac normal, pas môme quelque reste du premier bruit; et, plus les bruils de tictac se montrent faibles et sourds dans la région précordiale, moins leur retentissement s'étend au-delà de cette région ; en d'autres termes , moindre est ï étendue des battemens du cœur, ainsi que le disait Laënnec (Zt6. F. t.). Combien de fois arrive-t-il que ces bruits ne soient déjà qu'à grand'peine appréciables sous la clavicule gauche et vers le haut du sternum, et, à plus forte raison, qu'ils soient imperceptibles et nuls dans le côté droit ! Cependant, faut-il ajouter, en ce qui touche à l'hypertrophie isolée ou prédominante du ventricule droit, l'on s'accorde généralement à professer que les battemens cardiaques se font entendre alors d'une manière plus marquée dans le côté droit que dans le côté gauche du thorax. Quoi qu'il en soit, plus ou moins longtemps avant que les phénomènes précités d'habitude extérieure et d'auscultation fassent leur entrée en scène et se prononcent de manière à constituer ce qu'on peut à bon droit nommer le second degré de la maladie , cette maladie a son premier degré , sa période de symptômes prodromiques (53. C. y. — D. et J), ou période initiale, dans laquelle commencent à se manifester quelques phénomènes de perturbation dans la circulation et la respiration , ces deux fonctions solidairement liées entre elles. Sentiment de gêne et d'oppression dans la région précordiale; dyspnée habituelle ; essoufflement facile et prompt à se produire par suite d'une marche rapide , d'un exercice tant soit peu fort , d'une lecture à haute voix , etc. , etc. ; petite toux sèche ; palpitations d'ordinaire médiocres et rares , et qui consistent généralement dans une simple augmentation , subite et momentanée , de force et de fréquence dans les battemens du cœur , plutôt qu'elles ne se caractérisent par des irrégularités et des intermittences dans le rhythme deces battemens: tels sont les troubles fonctionnels qui, encore un coup, se manifestent dans le premier degré de la maladie , et vont se prononçant de plus en plus dans le second degré. Ajoutons , en outre , qu'à litre de

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symptômes secondaires , mais qui , pourtant, méritent considération, il faut compter le pouls plein, fort , vibrant (/i6. F. S.), et la face vultueuse (/i5. G. y.) : symptômes qu'on observe assez souvent , en cas surtout d'hypertrophie du ventricule gauche; bien entendu que , pour ce qui regarde le pouls, je ne veux parler que d'une hypertrophie pure et simple , que d'une hypertrophie non compliquée de rétrécissement de l'orifice aortique. Assez souvent, aussi, de fréquentes hémoptysies se montrent comme maladie symptomatique de l'hypertrophie cardiaque (330. B.), mais comme étant plus particulièrement, — à ce qu'assurent les auteurs, et à ce que la théorie semble, en effet, appuyer et très bien expliquer, — sous la dépendance de l'hypertrophie du ventricule droit, soit que cette hypertrophie existe seule, soit que , suivant la règle ordinaire , elle accompagne l'hypertrophie gauche. A plus forte raison encore, le pouls des veines jugulaires, - pouls jugulaire ou veineux, comme on voudra l'appeler, — symptôme fort insolite, mais réel dans certains cas , et toujours , ce me semble , assez facile à disimguer d'avec le pouls des artères carotides, - doit être spécialement rattache a l'hypertrophie droite. Enfin , ce qui constitue décidément le troisième degré de la maladie , c'est lorsque, au développement de plus en plus prononcé , de plus en plus fâcheux , des symptômes locaux soit physiques ou matériels , soit fonctionnels, précédemment énumérés' vient se surajouter un grave et funeste appareil de symptômes généraux' Orihopnee; accès de dyspnée suffocante ; quintes de toux convulsivelace violette et livide, notamment aux lèvres, aux joues et au nez- anorexie ; dyspepsie ; ûèvrehectique; hydropisie débutant par l'œdème des pieds et des jambes, puis devenant générale, même universelle dans toute la force du terme (anasarque , ascite, hydropéricarde, elc ) • voila jusqu où la maladie pousse ses funestes progrès; voilà par où elle mené 1 homme au tombeau.

lis Durée e( ternlmaison de la maladie. - La maladie que l'hvpertrophie cardiaque constitue est toujours une maladie chronique C'est peu a peu et d'une manière lente qu'elle marche du premier degré au deuxième , de celui-ci au iroisième degré , et de là au dénouement mortel. Ce n est pas par mois, mais par années, qu'il faut d'ordinaire en compter la durée. Souvent même, cette maladie reste stationnaire pen dant un temps indéfini. Et, quant à moi , je suis convaincu que la termma,son par la mort n'est pas la seule et unique issue , l'issue inévitablement fixée par un inflexible destin. La rétrogradation du mal „e guenson complète ne sont pas, à mon sens du moins , au-de sus de essources de la nature , surtout secondée par l'art , et secourue par un régime et un traitement appropriés. Bien entendu , au surplus m'en "0 peut gnéru- d'une hypertrophie cardiaque qu'ani'ant ZlZ^^^^Z

2!i2 PATHOLOGIE MÉDICALE.

tropliic est idiopalhique, — et non pas symptomatiquc, comme il arrive, par malheur, trop souvent, de quelque vice analomique essentiellement permanent et fixe, qui fasse obstacle à la circulation du sang, et contre lequel elle soit une sorte de palliatif , un moyen d'équilibre et de résistance, en un mot, une ressource, insuffisante il est vrai, mais réelle, de la force médicatrice (121. B.). Dans le premier degré de la maladie particulièrement, la guérison est peut-être même un fait beaucoup plus commun qu'on ne pense ; mais , il faut l'avouer , ce fait n'est pas susceptible d'une démonstration rigoureuse, attendu l'impossibilité, en pareille circonstance, d'établir un diagnostic parfaitement certain.

719. Complications les plus ordinaires. — Sans reparler de l'hémoptysie ni de l'hydropisie , accidens déjà mentionnés, et qui là , en vérité , méritent plutôt le nom de symptôme que celui de complication; sans compter non plus les vices organiques valvulaires , qui , trop souvent, sont là à titre de mal primitif et fondamental, nous devons signaler, parmi les accompagnemens les plus ordinaires de l'hypertrophie cardiaque, la bronchite chronique et l'emphysème pulmonaire, qui tantôt la précèdent et paraissent réellement contribuer, pour une certaine part, à en opérer le développement, tantôt, au contraire, s'y surajoutent deutéropathiquement : double rôle, qui n'a rien, assurément, d'incompréhensible et de surprenant , vu la solidarité réciproque de la respiration et de la circulation.

720. Ftiologie.— VSige viril et la vieillesse, le tempérament sanguin et surtout le tempérament athlétique, le caractère impétueux, violent, irritable : voilà les conditions personnelles dans lesquelles on est le plus exposé , suivant l'accord à peu près unanime des auteurs , à être atteint d'hypertrophie cardiaque. Tout ce qui augmente la force et la fréquence des mouvemensdu cœur, et, s'il faut entrer dans le détail, accusons les efforts habituels et excessifs pour la course, pour la lutte, pour soulever et transporter de lourds fardeaux , pour les exercices d'équitation, etc. ; accusons l'usage des instrumens à vent, le chant, les cris, la déclamation; accusons aussi, avec bien des médecins, les fréquens accès de colère, les vives et profondes douleurs de l'âme; puis, dans un ordre de choses plus matérielles et plus basses, l'abus des boissons alcooliques, et le coït trop souvent renouvelé, surtout pour les personnes chez lesquelles cet acte produit une sorte d'extase convulsive : voilà , en ce qui concerne le régime de vie, les influences qui peuvent contribuer plus ou moins puissamment à la production, ainsi qu'à l'aggravation d'une hypertrophie cardiaque, Enfui , il est des états pathologiques qui entraînent à leur suite cette hypertrophie comme un de kurs effets les plus directs et les plus incontestables : ce sont tous les vices anatomiques qui font obstacle à la circulation; ce sont, par

HYPERTROPHllIS. 2/|3

exemple, les vices des valvules auricuio-ventriculaires (valvule uiitraie, ou valvule tricusi)icle),ou des valvules signioïdes, — les anévrismeset les rotrécissemens de l'aorte, — les épanciicmensplcuréliques, — les adhérences du péricarde après une péricardito, — les pneumonies (à ce que disent quelques uns, non sans apparence de raison), etc. , etc. Cette puissance que les palpitations répétées, môme sous une influence purenunit dynamique, et que les obstacles apportés au jeu régulier de la circulation possèdent pour liypertrophier le cœur, je l'ai déjà signalée, et j'en ai, pour ainsi dire, donné la clef, dans la théorie générale de riiypertrophie (691. A.).

721. Diagnostic. — Combien n'ya-t-il paslà de difficultés , de problèmes ardus et épineux! Combien de cas où le talent du praticien le plus expérimenté doit, en bonne conscience, avouer la nécessité du doute! Y a-t-il hypertrophie ou non? Voilà déjà un point qu'il n'est pas toujours très facile de décider. Gardez- vous de croire, surtout, que l'auscultation soit ici une source de lumières infaillibles et qui se retrouvent à tout instant chez tous les sujets. Non , il n'en est pas ainsi , quoi qu'en puissent dire certains enthousiastes. L'insuffisance d'une séméiologie fondée sur les bruits cardiaques est une cliose avouée par tous les observateurs dont la bonne foi , dont le sens calme et rassis égalent l'aptitude spéciale et l'expérience consommée en ce genre d'exploration. Sans doute, je le répète, l'auscultation , dans l'hypercardiotiophie , rencontre souvent un tic-tac sourd, presque nul, avec ou sans concomitance de bruits étrangers. Mais ce n'est pas là un signe pathognomonique; tant s'en faut. L'hypercardiotrophie exisle, souvent aussi, sans de tels phénomènes séméiologiques ; et, réciproquement, ces phénomènes existent quelquefois saiis hypercardiotrophic. C'est ce que reconnaissait et imprimait, tout récemment encore, M. Beau , l'un de nos observateurs les plus distingués, et de ceux qui se sont le plus occupés d'étudier les bruits cardiaques {Journal de MM. Foiiquie?-, Troimeau, Beau, etc., décembre 18/i3, p. 358). Et ce qui est vrai des phénomènes d'auscultation l'est, à plus forte raison , de tous les autres signes , pris un à un et isolément. Ce n'est qu'en embrassant tous c-s signes dans une appréciation large et complète qu'il est véritablement permis d'inscrire, dans bien des cas, l'hypertrophie du cœur sur la feuille de diagnostic. Et, si cela seul est déjà une lâche entourée d'écueils, que sera-ce donc pour affirmer si cette hypertrophie est ou non Hée à l'existence de quelque vice valvulaire, et à l'insuffisance ou au rétrécissement des orifices? iMais ce qu'il importe bien , avant tout, d'éviter, et ce que les praticiens éclairés, circonspccis et qui savent douter, éviteront toujours, c'est de proclamer à la légère, sur la foi do signes équivoques, bruit de soufïlct, palpitations, etc. , l'existence d'une

Iiypercardiolropliie cliez les sujets anémiques, cliloroliqucs , névropaibiques , où de tels phénomènes se présentent si souvent sans aucun vice organique du cœur. Méprise que je n'imagine pas, qui s'est faite et se fait encore quelquefois, soit ignorance, soit élourdcric! Méprise qui tournera cruellement à votre honte , si , en conséquence d'une telle erreur de diagnostic, vous avez prononcé un pronostic sinistre que l'avenir ne doit pas justifier, si vous avez déclaré atteinte d'un trait mortel, suivant la célèbre épigraphe de Corvisart, une personne qjii doit ensuite recouvrer une sauté florissante et fournir une longue carrière !

722. Thérapeutique. — (692.) — Le traitement n'est que palliatif, il faut l'avouer, et ne fait que retarder la mort, du moins dans la grande majorité des cas , si tant est même que nous ayons raison de penser que quelquefois, et par exception singulière, il peut opérer , surtout au premier degré de h maladie , une cure radicale.

En tout cas, voici quelles sont les bases du traitement.

Grand repos de corps et d'esprit. Au besoin, exiger que le malade change de profession ; qu'il renonce à des occupations qui ne peuvent qu'aggraver son mal , si même elles n'en sont pas la seule et unique cause. Émissions sanguines. Essayer même, dans les limites d'une prudence éclairée , la dure et rigoureuse méthode de Valsalva.

Emploi habituel et persévérant des préparations de digitale. Et, lorsque la digitale ne suffit pas pour calmer l'excès de la dyspnée, ni pour procurer le sommeil , administrer les opiacés et autres narcotiques , — l'acide cyanhydriquc, par exemple.

M. Magendic conseille l'usage de l'iodure potassique, dont la vertu atrophique lui paraît devoir être mise à profit contre l'hypertrophie du cœur. Il a obtenu , assure-t-il, des succès h l'aide d'une solution dont je ne crois pas hors de propos , vu la célébrité et l'autorité de ce médecin, de donner ici la formule.

(lius , au besoin, quatre ou huit grammes do teinture alcoolique de digitale.) T. Une ou deux cuillerées à bouche de la solution ci-dessus, dans un peu d'can ou de tisane, matin et soir.

SOLUTION ATROPHIQUE DE M. MACENDIE.

2i. lo lur. potass.

EiUi distilli'c de laitue.

Eau distillée de menthe.

Sirop de guimauve.

16 grammes.

AThOiMJlKS.

CIÏAPITEE VI.

ATROPHIES.

723. Bibliographie. — Nacquart. — (Dans le Dict. des se. méd. ,

t. II, p. 637-Zi4.) — Art. Atrophie.

Barbier. — {Précis de nosologie et de thérapeutique. Paris , 1827 .

2 vol. in-8°) Classe IV* des Lésions pathogénèses : les oligolrophics

AKmAL. — {Pi'écis d'anat. -path.) V partie, sect. ii, chap. 2,

art. 2, De l'atrophie. — (T. V\ p. 184-9). LoBSTEiN. — [Tr. d'anat. path.) Liv. I", art. 2, Changement de

forme et de vohcme par atrophie . — (ï. I", p. 60-92.). Feurus. — (Dans le Répert.,~.X. IV, p. 305-73.) — Art. Atrophie. Canstatt. — ( Dans le Handwoerterhveh der Physiologie. Public \

par le prof. Rodolphe AVagner, de Goeltingiie, Brunswick, 1842,

in-8^— p. 27- 34.)— Art. Atrophie.

ARTICI.I: PREMIER.

KOTIO.XS GÉ.XÉEALES.

724. Définition. —Var atrophie, j'entends ici, suivant l'usage généralement adopté parmi les médecins d'aujourd'hui , un vice anatomique local, qui consiste en ce qu'un organe déterminé, ou une partie quelconque du corps, présente un rapetissement considérable, plus ou moins descendu au-dessous du volume normal, à raison d'un défaut de nuirition,— en un mot, parce que, aux molécules naturellement emportées" par la désassimilation, il n'en succède pas de nouvelles, qui soient assimilées en proportion correspondanie. Connue tant d'autres termes, au surplus, le terme d'atrophie, par une métonymie aussi familière au lan^a^c scientifique qu'au langage vulgaire, sert également à désigner, s^lon l'occasion, selon le besoin du discours, la cause ou l'cfTet; c'est à' savoir que lanîôt il indique la pcriurbaiion même de l'acte nuiri'tif la marnï-re vicieuse dont fonctionne la force plastique (76), taniôt, connue je viens de le dire, le résultat anatomique de celte altération fonctionnelle

725. Ftfp2ologie.-Àrp,,^l„ (do « privatif et 'l>o=.-,;). C'est un mot

2U& PATHOLOGIE MÉDICALU.

de très ancienne dale dans le vocabulaire médical. Ce n'est pas, il est vrai, un terme de l'époque liippocrali((ue ; mais déjà, au temps de Celse, ainsi que cet auteur lui-même nous l'apprend (lib, III, sect. xi),ce terme avait cours parmi les médecins grecs; et nous le retrouvons effectivement dans les œuvres de Galien. A la vérité, il signifiait ordinairement alors une diminution générale de volume dans la masse entière du corps, un amaigrissement universel et ce que nous nommons aujourd'hui de préférence le marasme {Li5. B.), plutôt qu'il ne servait à indiquer le rapetissement particulier d'un membre on d'un organe. Sauvages, dans le dernier siècle, l'entendait encore de semblable façon , lorsque, sous ce même nom, il posait comme un genre à part, dans sa classe des Cachexies, ordre des Amaigrissemens ou Consowptions, l'amaigrissement sans fièvre (gen. m, Atrophia), par opposition à la consomption accompagnée de fièvre et qui se produit tantôt sans toux (gen. i, Talcs. — Étisie), tantôt avec de la toux et une expectoration purulente (gen. il, Phthisis). Je croisa propos de remarquer, au surplus, que, d'entre ces espèces du genre Atrophia de Sauvages, celles qui ont vraiment quelque droit d'être reconnues et légitimées en bonne nosographie doivent naïurellement rentrer dans notre genre Anémie, genre ci-dessus étudié (162-9); et qu'en effet elles y rentrent toutes, hormis une seule, la quinzième et dernière {Atrophia lateralis. — Atrophie de la moitié du corps), laquelle appartient, bien et dûment, à la famille des atrophies, telles que nous les comprenons et les posons dans le présent chapitre.

726. Synonymie. — Asthénies nutritives (Roche et Sanson). — OH gotrophies (Barbier, d'Amiens): de 'OXi'yoc, peu. Par un raffinement de précision, oii il y a peut-être, dois-je le dire? plus de puritanisme que d'utilité réelle. Il est trop clair, en effet, que, dans les parties qu'on dit atrophiées, la nutrition, en règle générale du moins, est affaiblie, diminuée, mais non pas abolie et réduite à zéro.

727. Sièges divers de l'atrophie, — L'analogie, à priori, nous indique que toutes les parties du corps, tous les organes, tous les tissus sont susceptibles de devenir en proie à l'atrophie. Mais les parties qui présentent les exemples les plus ordinaires et les plus remarquables de ce vice de nutrition sont : les membres, les mamelles, le cerveau, les poumons, le cœur, le foie, les reins, les testicules, — l'œil, après l'évacuation de ses humeurs, par maladie, par accident traumatique. ou par ponction chirurgicale, — la glande parotide, par suite de la compression prolongée qu'elle vient h subir en cas de tumeurs volumineuses développées dans son voisinage, etc. , etc. On a vu quelquefois l'atrophie occuper en totalité une moitié latérale du corps. Invoquons, entre autres autorités, la Nosologie de Sauvages {loc. cit.). Dans le marasme, cet état si commun à rencontrer, ce symptôme de tant et tant de

ATllOPHltS. 247 maladies différemes; dans le marasme , dirons-nous, que les anciens envisageaient comme une atrophie universelle, la vérité est que, pour la arande' majorité des cas, au moins, une semblable qualification ne doit pas du tout être entendue à la lettre : le défaut de nutrition atteint alors principalement, si ce n'est même exclusivement, le système ccUulo-adipeux et le système musculaire; les viscères, notamment les viscères parenc'iymatenx, ne participent que peu ou pointa la diminution aénérale du corps; parfois même le marasme est, en effet, lié h l'hypertrophie de quelque viscère important, — à l'hypertrophie du cœur, par exemple, ou bien à l'hypertrophie de la rate.

728. Symptomatologie. —Tontes les fois qu'un organe est frappé d'atrophie , il va sans dire que ses fonctions s'affaiblissent , ou même se trouvent annihilées, suivant le degré de rapetissement où cette atrophie le réduit. Delà, en règle générale, la mort ou une infirmité (26) : car une atrophie, une fois confirmée et vraiment digne de son nom , est presque toujours incurable. Tel viscère , à raison de sa haute importance physiologique , n'a besoin que d'un très faible degré d'atrophie pour mettre la vie en péril. Tel autre organe, au contraire , dont les fonctions, d'ailleurs plus ou moins précieuses, ne sont point essentielles au salut de l'économie animale, peut tomber dans l'atrophie la plus complète, sans compromettre le moins du monde les jours de la personne ainsi atteinte, mais même sans la troubler dans la possession d'une bonne et brillante santé , en un mot, sans lui infliger rien autre chose qu'une imperfection plus ou moins déplorable sous le rapport de l'intégrité organique , de la force ou de la beauté.

729. Etiologie. — Les causes principales qui peuvent déterminer l'atrophie d'un organe donné sont les suivantes : inflammation aboutie à suppuration, ou bien incomplètement résolue, de manière que l'organe ait perdu les conditions de texture qui lui sont nécessaires pour l'accomplissement de son office physiologique; compression prolongée de cet organe, soit par le fait d'une tumeur, soit par un épanchement, soit de quelque autre façon; compression, ligature, ou oblitération quelconque de la principale artère qui doit naturellement fournir le sang à l'organe donné; interruption plus ou moins complète de l'innervation, soit par compression, ligature ou section des nerfs] qui sont destinés à animer l'organe, soit par suite d'une affection particulière des centres nerveux; suspension trop longtemps continuée des^actesg physiologiques à l'accomplissement desquels la nature a voué l'organe (ainsi, par exemple, les membres inférieurs s'atrophient chez les hommes de cabinet qui ne marciient pas, ou qui passent leurs journées entières dans un fauteuil ou une voiture; les testicules, chez les hommes qui observent exactement le vœu de continence). De ce qui précède, il résulte évidemment

PATHOLOC.IE MÈDICALK.

que l'atrophie d'un organe doit être, le plus souvent, une affection symptomatKjue et deutéropathique. Mais, quelquefois aussi, c'est véritablement une affection protopathique, notamment lorsqu'elle est le résultat de l inaction à laquelle un organe se trouve condamné par le genre de vie et la profession de l'individu.

730. Après les considérations générales qui i)récèdent, je ne crois pomt a propos de considérer en particulier et une à une toutes les atrophies des divers organes de l'économie. La plupart sont peu importantes a. étudier. Je me bornerai donc à esquisser en peu de mots, dans les articles qui vont suivre, celles que voici : 1- l'atrophie encéphalique- 2» 1 atrophie des membres ; 3- l'atrophie hépatique; k" l'atrophie pulmonaire; 5° l'atrophie cardiaque; 6° enfin, l'atrophie testiculaire.

ARTICIiE II.

ATROPHIE EPICKWIALIQUE.

731. Bibliographie. — LkLLmmî).— [Recherches anatomico-path. sur l'encéph.) Voir la lettre VIII, et notamment p. 221 et suiv. [Destruction cérébrale chez le fœtus.)

Cazauvieilii. — Recherches sur l'ogénésie cérébrale et la pa^^alysie congéniale. ( Dans les Archives, mai et juin 1827. )

Cruveilhfer. — [Anat. path. ) Livraison V, planche 4 et 5 [Idiotie par atrophie générale ou partielle du cerveau) ; — livraison VIII, pl. 5, Hémiplégie d7^oite incomplète, facultés intellectuelles ordinaires, atrophie sans lésion organique de l'hémisphère gauche du cerveau (Observation communiquée avec la pièce anatomique, par M. Guéneau de Mussy) ;— livr. XVII, pl. 1«, Atrophie des circonvolutions.

Andral. — [Clin.méd. ,X.y) Livre II, ordre Observations sur l'atrophie des hémisphères cérébraux. — ( p. 596-611 ).

Delaberge et MONNERET. — [Compendvum , t. II, p. 139-48).— Article Cerveau [Atrophie du).

Calmeil. — (Dans le Répertoire, t. XI.) — Article Encéphale, § ix, Agénésie de l'encéphale. — ( p. 598-605 ).

732. Un mot sur une question de synonymie, à savoir, ce que vaut la distinction faite entre l'atrophie et l'agénésie de l'encéphale. — Quelques auteurs, et notamment M. Cazauvieilh, ont particulièrement insisté pour établir une distinction formelle, et en quelque sorte classique, entre l'atrophie proprement dite de l'encéphale , d'une part, et l'agénésie du même viscère , d'autre part: Si l'encéphale, disent-ils, devient en totalité, ou dans l'une quelconque de ses parties, moindre de

AThÛPIilliS. 249

ce qu'il était auparavant , eu d'autres termes, si , du volume naturel où il était parvenu , il se réduit à un volume plus petit , voih\ l'atrophie ; si , d'autre part, l'encéphale éprouve chez le fœtus un arrêt de développement, s'il reste en totalité ou en partie dans une sorte d'état rudimentaire, voilà l'agénésie. Assurément cette distinction ne laisse pas que d'avoir à un certain point de vue, à un point de vue pUis théorique que praiique, sa raison et son fondement. Mais, après tout, par exemple, Jors même que la petitesse excessive de l'un des hémisphères cérébraux est un vice congénial, est-il d'abord permis de décider affirmativement que c'est là un pur et simple arrêt de développement, et qu'il n'y a pas eu là , par l'effet de quelque maladie, une décroissance alrophique de l'organe, accident, à coup sûr, tout aussi naturellement possible dans la vie fœtale que dans la vie extrà-utérine ? Et , de plus , dans le cas , théoriquement vrai sans nul doute, mais, après tout, pratiquement impossible à reconnaître, où le cerveau , une fois parvenu à un certain volume , à un certain point de son évolution naturelle , s'est arrêté là sans rétrograder , qu'est-ce autre chose , à parler véritablemeirt , qu'un arrêt de nutrition? L'accroissement des organes n'est, au fond, qu'un mode particulier de la nutrition. Aussi M. Isidore Geoffroy- Saint-H ilaire , I notre guide et notre législateur en fait de tératologie ( 24 ) , n'a-t-il I pas cru devoir choisir d'autre terme que celui d'atrophie pour qualifier I les hémitéries qui consistent en ce qu'un organe a un volume beau- I coup moindre que ne le comporte le type normal {Hist. des anomalies , IP partie, liv. I", chap. 4. ). Voilà pourquoi , en défmitive, et tout . bien délibéré , nous allons embrasser à la fois , dans les considérations . qui vont suivre , l'atrophie encéphalique acquise , comme on dit en I termes d'école (97. A. S.), et l'atrophie congéniale, celle-ci étant, (disons-le sur-le-champ, la plus intéressante, la plus remarquable , et, îpar conséquent, devant surtout servir de base à l'aperçu que je m'en ' vais tracer.

733. Diverses espèces d' atrophie encéphalique sous le rapport du , siège. — Des différentes parties de l'encéphale, il n'en est peut-être aaucunedont l'atrophie isolée et spéciale ne se soit offerte à l'observation inécroscopique. On a constaté: 1° celle des hémisphères cérébraux, ou ' de l'un d'eux seulement , ou d'un lobe unique, ou bien même de quel- ■ ques circonvolutions ; 2° celle des couches optiques et des corps striés,

les hémisphères ayant leur volume cl leurs circonvolutions suivant le t type normal; 3" celle du cervelet ou d'un de ses lobes, du mésocéphale,

'^-s tubercules quadrijumeaux , etc., etc. Le cas le plus commun est îropliie totale ou partielle des hémisphères.

1?>U. Syrnfdomotolofjlc. ~ A. Poi,,- ce qui est , d'abord , de la con- ■ .^uralion extérieure du crâne en cas d'atrophie congéniale de la totalité

^âO PATHOLOGIE AlÉDiCALE.

OU d'une notable partie de la masse encéphalique, disons qu'en général cette configuration se montre alors irrégulière et difforme. Le crâne peut présenter un défaut de volume , un manque de proportions, en exacte correspondance avec l'atrophie du viscère; il peut présenter, par exemple, un aplalisseiiient plus ou moins bizarre vers les pariétaux, vers le frontal et l'occipital, ou bien , ce qui est plus commun , une inégalité manifeste et choquante de l'une de ses moitiés latérales. D'autres fois , pourtant , gardons -nous de l'oublier , il peut encore être bien conformé, quoiqu'avec une atrophie considérable d'un hémisphère cérébral, ou même avec absence complète des deux hémisphères.

B. Quant aux vices fonctionnels qui se trouvent liés à l'atrophie encéphalique, les voici , en prenant , je le répète, pour type de notre description les individus chez lesquels cette atrophie est congéniale. La sensibilité tactile, chez quelques uns de ces malheureux, est imparfaite , engourdie , obtuse , mais n'est presque jamais totalement abolie; et , d'ordinaire , cette anesthésie incomplète n'existe que d'un seul côté du corps. Quelquefois , mais rarement , il y a quelque imperfection grave des sens spéciaux: surdité h divers degrés, troubles de la vue, absence du goût ou de l'odorat. Presque toujours le moral reste audessous des conditions ordinaires de l'humanité : ainsi la mémoire est infidèle , l'intelligence courte et bornée; de telle sorte que ces pauvres cnfans n'apprennent qu'à grand'peine à lire et à travailler, si tant est même qu'ils n'en soient pas entièrement incapables; tantôt une apathie stupide et que rien n'émeut, tantôt un naturel violent et colère, un caractère absurdement inégal , une brutalité effrénée des passions. En un mot, la plupart des sujets atteints d'atrophie encéphalique dans un degré tant soit peu considérable sont idiots ; mais, il faut le dire, il y a des exceptions , et qui sont môme de nature à surprendre: ainsi, par exemple , le sujet d'une des observations ci-dessus citées de VAnatomie pathologique de Î^L Cruveilhier avait joui d'une intelligence ordinaire, quoique avec une atrophie excessive de l'hémisphère gauche. Mais le symptôme le plus constant , le symptôme qui ne fait défaut que très rarement dans l'atrophie encéphalique, c'est la paralysie. Ainsi, l'on rencontre une paralysie plus ou moins complète des quatre membres, ou d'une moitié latérale du corps, ou d'un seul membre, suivant, sans nul doute, le siège , l'étendue et le degré de l'altération cérébrale. Ai-je besoin dédire que l'hémiplégie , plus fréquente, suivant M. Cazauvieiih , à gauche qu'à droite , occupe toujours les membres du côté opposé à l'hémisphère atrophié? Comme exemple fort remarquable d'une hémiplégie incomplète , quoique avec une atrophie excessive d'un hémisphère, nous citerons encore la même observation de M. Cruveilhier; l'homme qui en est le sujet pouvait marclier à l'aide d'un bâton

ATfiOPUlliS. 251

M. Cruveilhier, — pour se rendre compte d'un tel fait, en opposition avec les hémiplégies complètes qui se maintiennent sous l'influence d'altérations cérébrales bien moindres en apparence, consécutivement, par exemple, à une hémorragie intrà-cncophalique, — invoque ingénieusement , et d'une façon assez plausible, l'intégrilé supposée intacte des libres du cerveau , atrophiées , il est vrai , mais qui n'avaient point subi de compression , ni n'avaient été interrompues dans leur continuité. Ajoutons, enfin , que beaucoup de ces idiots paralytiques sont aussi en proie à des accès jikis ou moins fréquens d'épilepsie ; et qu'au nombre des symptômes qui se rencontrent quelquefois dans l'atrophie encéphalique , il importe encore de signaler le strabisme , l'embarras de la parole, les rétractions (^i6. C. ) des membres paralysés.

C. N'oubhons pas de remarquer, comme un trait des plus caractéristiques dans l'habitude extérieure du sujet , que les membres paralysés par le fait de l'atrophie encéphalique sont eux-mêmes atrophiés, et, partant, plus ou moins difformes.

Il va sans dire que l'atrophie encéphalique est un mal indestructible ; mais elle ne laisse pas que d'être con)palible avec la prolongation indéfinie de l'existence. S'il est vrai de dire que les individus nés avec un tel vice de conformation meurent presque tous dans le cours de l'enfance et de la jeunesse, on en a vu , il faut aussi le dire , qui sont parvenus à une vieillesse avancée ; on en a vu de septuagénaires. Au surplus, en règle générale, ces individus ne succombent point par le cerveau , mais meurent d'une maladie de quelque autre organe. Ainsi , par exemple, pour citer encore une fois, sous ce nouveau rapport, l'observation sus-menlionnée de M. Cruveilhier, ce fut une hypercardioirophie , une hypertrophie du ventricule gauche , qui vint emporter avant le temps le malheureux paralytique dont l'infirmité existait toujours au même degré depuis la plus tendre enfance, ou, pour mieux dire , était pour lui de date immémoriale.

735. Quelques détails d'anatomie pathologique. — Tantôt l'encéphale présente encore, dans la partie même où il est atrophié, l'aspect, la consistance et tous les caractères qui sont propres au parenchyme nerveux; tantôt, au contraire, on ne retrouve plus, à la place de la substance nerveuse, qu'un tissu cellulaire plus ou moins lâche , ou bien un kyste séreux, autre cas assez souvent rencontré par les observateurs, notamment au défaut des couches optiques et des corps striés : voilà ce que c'est que l'atrophie portée à son extrême degré.

Lorsque, avec une atrophie encéphalique congéniale d'une étendue considérable, existe une conformation régulière du crâne, l'autopsie fait voir que la poche formée par la dure-mère a aussi sa capacité normale , mais qu'un liquide séreux lient là-dedans le vide laissé par le cerveau.

Tantôt ce liquide ne représente pas autre chose qu'un épanchenienl dans la grande cavité de l'arachnoïde ; tantôt, au contraire , il est con tenu et comme isolé dans un kysie particulier, qui est adhérent au parenchyme même de l'encéphale.

C. Pour ce qui est de l'atrophie des membres paralysés chez les sujets dont le cerveau s'est atrophié dès avant la naissance, ou dans les premiers temps de la première enfance, IVl. Cazauvieilh, qui a étudié avec som et h l'aide de nombreuses dissections ce point d'anatomie pathologique , nous apprend que , dans ces membres-là , l'atrophie est commune à tous les tissus , à tous les organes. Ce ne sont pas seulement les muscles qui se trouvent amincis et réduits à un état rudimenlaire • mais les os eux-mêmes sont plus courts et plus grêles que ne le veut l'anatoinie normale,

736. Étiologie — Dans tout le cours de la vie exlrà-utérine, il ne paraît pas, tel est du moins mon sentiment, que l'atrophie encéphalique puisse se produire autrement qu'à titre d'affection deutéropa- Ihique, autrement qu'à la suite de quelque vice matériel grave , qui soit propre au parenchyme même de l'encéphale, comme, par exemple, l'hypérémie encéphalique chronique (184. G. — et 186. B.), l'hémorragie intrà-encéphaliquc (249-63) , l'encéphahle (619), etc., — ou bien qui soit de nature à exercer une compression sur ce viscère , comme , par exemple, un fongus de la dure-mère, un épanchement de sang à l'intérieur du crâne, etc., etc. Mais en est-il toujours de même pendant la vie intrà-utérine? Faudra-t-il admettre, par exemple, avec M. Lallemand [Icc. C7V.),que l'atrophie congéniale de l'encéphale' dans toutes ses formes , dans tous ses degrés , doive être imputée à une encéphalite, dont les traces caractéristiques peuvent très bien avoir disparu, sous l'influence d'une absorption plus complète que dans les cas ordinaires, supposé, surtout, que le mal soit advenu à une époque voisine de la conception? Cette manière de voir est, assurément, trop absolue et trop exclusive. Tout au plus la regarderons-nous comme vraie pour quelques cas seulement. Mais ce qui me semble impossible à nier, c'est que, dans un certain nombre de cas, l'atrophie encéphalique congéniale doit être un vice primordial , un pur et simple arrêt de développement , un effet de je ne sais quelle inertie mystérieuse de la force plastique.

737. J)ia(jnostic. — L'atrophie encéphalique congéniale n'est guère facile à diagnostiquer que lorsque le sujet compte déjà quelques années d'existence. Les circonstances où l'altération des puissances musculaires s'est fait apercevoir, l'aspect des membres atrophiés, raccourcis, et parfois dans un déplorable état de rétraction (46. C), l'imbécillité ou un complet idiotisme, et, avec tout cela, la régularité presque conslante des

ATROPHIES. 253

fonctions nulrilives (digestion , respiration , circulation, etc.) ; en voilà assez pour appuyer et pour fixer nos conjectures , et pour reconnaître la vérité par voie d'exclusion , l'esprit éloignant à l'instant , en pareille circonstance, l'idée d'une encéphalite, d'un abcès, d'une tumeur intrà-crànienne , etc. Mais le diagnostic offre-t-il la niôine facilité , quand il s'agit d'un enfant à la mamelle , ou même d'un enfant un peu plus grand, à l'âge des premiers essais pour se tenir debout et pour marcher ? Si cet enfant a présenté en venant au monde une atrophie manifeste d'un ou plusieurs membres, la question est aussitôt jugée. Mais il n'en est pas ainsi , lorsque les parens ne s'aperçoivent que plusieurs semaines, plusieurs mois après la naissance, de la faiblesse dont un côté du corps est atteint, et lorsque l'atrophie des membres s'effectue graduellement. Car il est bien clair que ces mêmes accidens pourraient être produits par le développement de quelque autre affection de l'encéphale, comme, par exemple, une tuberculisation , un abcès , etc. En pareil cas, il convient de suspendre son jugement, jusqu'à ce que l'enfant ait pris quelques années de plus. Alors, si la santé générale paraît bonne, si l'intelligence ne se développe pas et reste toujours dans un degré infime , si l'hémiplégie se dessine davantage , si l'inégalité des deux moitiés latérales du corps va se prononçant de plus en plus au fur f-t à mesure de la croissance , on peut alors , je le répète , croire , avec une grande probabilité, à l'existence d'une atrophie encéphalique. Néanmoins, encore une fois, soyez fort réservé pour proclamer irrévocablement un si triste diagnostic, pour déclarer la fatale incurabilité du mal. Eu effet, beaucoup d'enfans d'un tempérament phlegmatique très prononcé, et à plus forte raison lorsqu'ils sont décidément scrofuleux, ont, suivant une expression vulgairement usitée , les reins faibles, marchent tard, restent pendant longtemps maladroits, vacillans, et sujets à de fréquentes chutes ; et si , outre cela, leur parole éprouve du retard à se développer, on peut concevoir, avec quelque apparence de raison, des craintes sérieuses sur l'état de leur cerveau : cependant on voit leur intelligence grandir petit à petit, leur attitude et leur marche devenir de plus en plus ferme, et ils finissent par rentrer dans les conditions communes des autres enfaus de leur âge.

738. Thérapeutique. — Entièrement nulle, ou consistant tout au plus dans l'emploi de quelques secours palliatifs, selon les circonstances particulières du cas, qui par essence est toujours, comme on le sait dcja inguérissable. Voyez plus tard , au surplus, l'article Idiotisme iu ^o.io{j,ojj/ucsympto.^^^^^^ pour l'éducation dont bien des idiots ài^ut encore iusccpliblcs.

PATHOLOGIE MÉDrCALE.

ARTICIE III

ATllOI'niE DES MEMBRES.

739. NotÂon sommaire. — L'airopliie d'un niombre est décidément confirmée , quand il y a une diminution telle des masses musculaires que ce membre en est disgracieusement, si ce n'est même hideusement grôle, et se trouve réduit à une impotence complète, ou du moins à une faiblesse excessr\-e. Cette atrophie est toujours l'effet de quelque autre affection , sous l'influence de laquelle elle survient et se développe à litre d'affection symptomatique. Ainsi, par exemple, nous venons de la signaler, dans l'article précédent, comme un des symptômes les plus importans et les plus caractéristiques de l'atrophie end'phalique. Mais, dans d'autres circonstances, elle survit au mal primitif qui l'a produite; en un mot , après avoir été symptomatique dans le principe , elle peut être ensuite idiopathique (97. D.), et réclamer quelques moyens particuliers de traitement. C'est pourquoi j'ai cru devoir consacrer à l'atrophie des membres un article spécial, qui sera d'ailleurs fort court.

740. Aperçu éfiolofjique. — Les causes principales de l'atrophie des membres sont les suivantes :

l'Défaut d'influence nerveuse. — Soit par suite d'une affection grave du ccntreencéphalo-rachidien, comme par exemple, une lu-morragieintràencéphalique (249-63), une hémon agic iiitrà-rachidienne (264), une encéphalite ou une myélite chronique (619. C. y. — et 624. E. ç.), uneatro^ phie encéphalique (7 32-5), une compression prolongée de l'encéphale ou de la moelle par une tumeur quelconque, etc. — Soit enfin par une lésion ou une affection spéciale des nerfs principaux qui sont destinés à animer le membre, c'est-à-dire par la section ou la ligature de ces nerfs, et par lofait d'une névralgie longtemps persistante; c'est ainsi , par exemple, que l'on voit souvent le membre abdominal s'atrophier dans la sciatique chronique. C'est sans doute, aussi, à une altération particulière des cordons nerveux qu'il faut attribuer certaines atrophies dont un membre peut se trouver affecté à la suite d'une compression violente, à la suite de contusions graves qui, sans luxation, sans fracture, produis'ent sur-le-champ un profond et opiniâtre engourdi.s.sement.

2" Insuffisance de l'aliflux sanguin pour la nutrition; comme, par exemple, lorsque l'artère principale d'un membre est comprimée par une tumeur, ou lor.squ'ellc a été liée pour cause d'anévrisme.

0° Inaction complète et prolongée des muscles. Ainsi les membres subissent-ils un certain degré d'atrophie dans la plupart des cas de fracture et de luxation , en raison de l'immobilité forcée à laquelle ils se trouvent alors condamnés. Ain.si en est-il, à plus forte raison , dans les

ATRornits. 555 cas de luxations non réduites, ou bien de fractures qui ne se consolident pas et qui aboutissent à In lorniatioii d'une articulation contre nature. Ainsi en est-il à la suite de ces grandes dilacérations qui ont intéressé muscles, tendons et ligamcns, ont voulu un long et absolu repos, ont entraîné une abondante et opiniâtre suppuration , et apriL's la guérison desquelles le membre n'a pu recouvrer tous les mouvemcns qui lui sont naturels, ni surtout la pleine et entière liberté de les exécuter dans toute leur étendue normale. Ainsi en est-il après les phlegmons vastes et profonds qui décollent la peau , dissèquent les muscles et produisent d'éternelles suppurations. Ainsi en est-il encore pour les membres perclus de goutte ou de rhumati.sme , pour les membres atteints de ce qu'on nomme une tumeur blanche, etc. Sans doute, dans les cas qui précèdent, on doit souvent, outre la fâcheuse et incontestable influence du repos, accuser encore quelques autres causes, telles que la compression exercée par les bandages, l'abondance même de la suppuration, et peut-être aussi la participation des nerfs au travail pathologique dont un membre est devenu le siège. Quoi qu'il en soit , c'est particulièrement dans ces caslà , il est bon de le remarquer, qu'on voit l'atrophie persister idiopathiquement après la guérison particulière du mal primitif qui a entraîné ce vice de nutrition; et c'est, par conséquent aussi, dans ces cas-là, qu'un traitement spécial peut être, avec succès, dirigé contre l'atrophie même dont il est question.

7il. Thérapeutique. ■ — Toutes les fois que Talrophie d'un membre se montre et persiste à titre symptomatique , il est évident que le point vraiment important doit être de traiter et de guérir , si c'est possible, le mal dont elle est le symptôme. Mais quand l'affection protopathique a cessé d'exister, quand on est en droit de penser que l'atrophie du membre n'est plus rien qu'un mal local et idiopaihique, on doit attaquer et combattre celte atrophie par divers moyens de traitement qui, en pareille circonstance , réussissent quelquefois, et dont voici les principaux :

Exercice méthodique du membre atrophié, dans la juste mesure que comporte la puissance restée à ce membre , ou qui lui sera acquise au fur et à mesure des progrès de la cure.

Frictions avec une brosse , Ou avec des flanelles sèches et chaudes.

Linimens alcooliques , ammoniacaux , camphrés , etc.

Onctions avec la moelle de bœuf , avec le baume ncrval , ou autres pommades analogues.

r; Sinapismes, vésicatoires , nioxas, promenés sur toute l'éteudue de membre atrophié.

Bains locaux, préparés avec les tripes, ou la gélatine, avec Rm in rouge, avec les^eaux sulfureuses naturelles ou arlificielles.

^•^O PATHOLOGIE MÈDICAr.E,

Douches de vapeur simple ou aromaiique, ou bien avec les eaux thermales de diiïéreiUes sortes.

Boues de Saint-Amand et autres boues minérales.

ImmerMon du membre dans le sang de bœuf à l'instant même où ce sang vient d'être tiré et a encore toute sa chaleur naturelle.

Électrisation.

Emploi des médicamens strychniques (132. G. S.).

ARTICX.S IV. •

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