OBÉSITÉ
[Obeailas, de Columclle. — Obesus, deCelse.)
705. Bibliographie. — PsEUDO-HlPP. — Dans le traité Du régime hygiénique ( Ilept (Stat-ryjç ûyteiv^ç ). Ed. Kuhn, t. I, p. 619.
Celse. — Lib. I, c. I, sect. 11 (Là on lit un résumé élégant et concis des moyens propres à amaigrir les personnes obèses).
Galien. — Dans son Hygiène : — liv. V (Éd. de Bâie, t. IV, p. 267, lign. 11 et suiv.), Moyens de corriger la maigreur ou l'obésité; — liv. VI (Éd. citée, ibid., p. 282, lign. 20 et suiv.), Histoire d'un individu obèse, ramené à un embonpoint raisonnable, par suitedu régime que Galien lui prescrivit. — Galien avait même écrit un traité spécial Sur le régime propre à amaigrir ( Xlff-t t-^; ).£-rr-njvoûanq èiaiz-nq ) ; il le cite dans son Hygiène, mais ce traité est un de ses ouvrages perdus.
AviCENNE. — Lib. I, fen m, doctrina k, c. 5, De macrefaciendo pinguem.
— Lib. IV, fen vu, tractatus U, c. 5, De superflud pinguedine; — c. 6, De extenuando.
Sennert. ■ — {Pract. medic.) lib. V, part, i, c. U, De corpulentiâ nimid. — Sennert fait mention d'une femme obèse, fort célèbre en son temps, épouse d'un cordier de Strasbourg, et qui, à l'âge de 38 ans, pesait 480 livres.
PloucQUET. — (Literatura medica) Art. Obesitas. — Entre autres citations, Ploucquel a recueilli quelques cas des plus remarquables par l'énormilé du poids que le corps avait acquis : savoir, 1° une petite fille de 20 mois , pesant 70 livres; 2° un enfant de 3 ans, 82 livres; 3° une fille de U ans, 256 livres ; U" des hommes, de U21, 509, 58U, 590, et même 800 livres.
DUPUYTRiiN. Observation sur une obésité, suivie de maladie du cœur et de la mort. (Dans le Journ. de Cormsart, Leroux et Boyer. — t. XII, p. 262 — 7â.) — C'est une femme d'une quarantaine d'années qui fait le sujet de cette observation. Autopsie très détaillée : mensuration des épaisseurs de la couche graisseuse dans les diverses parties du corps.
Perv^'^'Y et Laurent. — (Dans le Dict. des se. méd., t. XXXVII, p. 1 —
10). — Article Oôc'stYe.
Brillât -Savarin. — (Physiologie du goût, éd. Paris, 1825, 2 vol in '8°. — 4° édition, 183^1.) Méditation xxi, De Vobésilc; —
HYPERTROPmiiS. 223
Méd. XXII , Traitement préservatif ou ciiratif de l'obétdté. — Sous les frivoles apparences d'un badinage spirituel, il y a là des idées vraies et justes, des préceptes sages et utiles; il y a là des anecdotes piquantes, qui, après tout , pour parler le langage de la science, sont des faits, et ont, à ce seul titre , leur valeur. Or, la science doit prendre son bien partout oii elle le trouve. Raige-Delor-AIE. — (Dans le Répertoire, — t. xxv, p. 555—69.) — ■ Article Polysarcie.
706. Nosologie. — A. L'obésité est l'hypertrophie générale et excessive du tissu adipeux , de telle sorte que, pour le moins, Je corps , ainsi surchargé de graisse , perde ses formes naturelles et son agihté! Si une personne, toute grasse qu'elle soit, n'a encore rien d'informe dans sa corpulence, rien de gêné dans l'exercice de ses fonctions locomotrices ou autres par le fait de son embonpoint, elle n'est que grasse, voilà tout, elle n'est point obèse. Il n'y a obésité que là où se montré un certain degré de difformité et de gêne. Au sens propre, et sauf plaisanterie hyperbolique , parler d'obésité, c'est donc toujours parler d'un état pathologique, si ce n'est même décidément morbide. Inutile de dire combien l'obésité diffère de la corpulence athlétique, qui fait un tempérament à part (80. C. Ç.),mais jamais une maladie; qui n'a rien d'incompatible, tant s'en faut, ni avec la santé la plus florissante, la plus intacte, ni avec la pureté la plus académique de formes et dé contours; qui, en un mot, en grossissant même à l'excès le volume des muscles , ne laisse pas que de respecter jusqu'à un certain point les lignes, les saillies et les dépressions de la conformation normale, et, en augmentant le poids de la personne, augmente aussi en même'tenàps, et dans une proportion encore plus grande, les forces de locomotion. B. Synonymes :
a. Polysarcia, de Sauvages ( class. X, Cachexies, genre iv, — espèce unique, Polysarcia adiposa), et de Cullen, (genre lxvii, dans la classe des Cachexies, ordre des Intumescences). Etymologie : lloXu beaucoup, et i:âpÇ, gén. 1^.^x6^, chair. Quelques auteurs contemporamsont francisé le mot. Mais polysarcie est un terme qui, jusqu'ici, n'a guère passé en usage, et dont l'étrangeté pédantesque n'a pas même pour passeport, dans le sens d'obésité, une valeur étymologique d'irréprochable et parfait aloi.
e. Adéliparie, dans la Nosologie d'Alibert, famille IX, Ethmoplécoses ( c'est-à-dire maladies du tissu cellulaire) , genre i-, en deux espèces • esp. 1-, Adéliparie universelle; esp. 2% Adéliparie partielle (Tumeurs graisseuses , ou lipomes). Étymologie : A^.v , trop, et A.Trapogras. *'
22^1 PATHOLOGJL MÉDICALE.
C. L'obésité ne présente pas chez tous les sujets Je même degré de développement dans les diverses parties du corps. Il est des personnes chez lesquelles elle occupe principalement et presque exclusivement la région abdominale, et qui, sans un embonpoint excessif des autres parlies, ne sont défigurées et incommodées que par l'énormilédece qu'on appelle familièrement une grosse bedaine. C'est là un cas que Vogel a posé dans son système nosographique comme un genre à part (gen. CGCXC), sous le nom de Steatites, et avec la définition que voici : Intumescence graisseuse de l'abdomen , au point de simuler la grossesse. Brillai-Savarin , qui était , à ce qu'il dit, un type de celte variété d'obésité, proposait d'appeler cela du nom de gaslrophorie; et, du nom d'à gaslrophorcs,\Qs individus ainsi conformés. Chez d'autres sujets , c'est surtout le visage que l'excès de complexion graisseuse déforme et dénature ; avec leurs joues bouffies outre mesure, avec leur large menton à Iriple étage, ils ne possèdent plus, en vérité, ni le jeu expressif, ni même, pourrait-on dire, les apparences de la physionomie humaine. II y a des femmes chez lesquelles l'obésité exagère particulièrement le volume des mamelles, et, au lieu de gracieux hémisphères, n'offre plus là que deux masses informes et qui, abandonnées à elles-mêmes, succombent et se laissent, pour ainsi dire, honteusement choir sous l'énormité de leur propre poids. Chez quelques individus, enfin, la graisse se multiplie et s'amasse surtout dans l'intérieur de la poitrine, et autour du péricarde, de manière à comprimer le cœur et l'origine des gros vaisseaux, et, par conséquent, à produire des palpitations, des syncopes et la mort, comme M. Cruveilhier, entre autres, affirme l'avoir vu ( Essai sur l'anal, patk. , t. I, p. 182).
D. En somme, l'obésité est un mal sous un iriple rapport. Des quatre conditions qui constituent la parfaite normalité de l'organisme , elle en atteint et en détériore trois, la beauté, la force et la santé. 1° Elle détruit toute la grâce et toute l'harmonie des formes. 2° Elle augmente la masse à mouvoir, sans augmentera proportion les puissances motrices : d'où, à l'endroit de la locomotion, une inévitable lenteur, une déplorable paresse. 3° Enfin, elle entraîne toujours, tout au moins, un certain degré de dyspnée dans la marche et dans tous les travaux musculaires.
E. S'il est très rare, et peut-être même ( car, à la rigueur, je le concéderais) inouï et impossible, que l'obésité devienne par elle-même , et sans aucune complication, la cause de la mort, il est incontestable et l'on il maintes et maintes occasions de vérifier qu'elle accroît singulièrement les chances de ce funeste dénoûment, toutes les fois que survient, chez une personne obèse, une maladie de l'appareil respiratoire ou du cœur. C'est là un point de pathologie sur lequel, dans ces derniers temps, un
iivpi:;uiuui'Hii.s. 223 de nos plus habiles et de nos plus consciencieux observateurs, M. Jiriquet, a judicieusement insisté, cl à l'appui duquel il a publié un fait très intéressant et très probant, dans un article d'un journal malheureusement mort-né, et, par conséquent, aujourd'hui à peu près introuvable [L'Institut médical, i\° du 10 novembre 1839). Aussi ai-je cru à propos de conserver et de transcrire textuellement ici cette observation, avec les réflexions mêmes dont M. Briquet l'a accompagnée.
« Christine Morel, âgée de cinquante-quatre ans , ancienne vivandière » de la garde impériale , depuis une quinzaine d'années fileuse , et » menant une vie très sédentaire , douée d'un embonpoint énorme , » ayant la respiration habituellement courte et très gênée , et quelques » battemens de cœur , ne pouvait ni marcher vite , ni monter un escaher 1) sans être essoufflée.
"Cette femme toussait depuis six semaines, et n'était alitée que dc- » puis quinze jours, époque à laquelle il est survenu de la lièvre, une "gêne extrême de la respiration, et un peu d'infiltration de la partie » inférieure des membres abdominaux.
» Elle fut apportéeà l'hôpital Cochin le 21 janvier 1839, dans l'état sui- »vant, qui était le même que celui dans lequel elle se trouvait depuis » plusieurs jours:
"Face vultueuse, gonflée, d'une couleur rouge foncé, ainsi que "la peau des parties supérieures; volume énorme du corps; le thorax , » les mamelles, l'abdomen et les membres sont couverts d'un panniculé « graisseux , sur lequel la peau est tellement tendue qu'il est impossible » d'y faire un pli. Poitrine donnant à la percussion un son normal ; dana » tous ses points expansion vésiculaire très faible, et en arrière un.peu de »râle muqueux et de râle sibilant. Battemens du cœur très fréquens, «assez sourds, sans impulsion: respiration excessivement courte et "gênée, cinquante inspirations à la minute; décubitus impossible sur » le dos ; la malade change à chaque instant de position pour se soulager » de rétoulleraent qui la tourmente; peu de toux , point d'expectoration , " pouls assez mou; cent huit pulsations à la minute; un peu de rêvas- » série durant la nuit ; langue chargée d'un enduit blanchâtre ; peu de "Soif , anorexie, constipation. Tuméfaction générale de la surface du » corps ; léger œdème des pieds.
» Une saignée faite la veille , et dont le sang n'était pas couemieux , n'a ') point amené de soulagement notable.
"Prescription. Deux saignées, l'une le matin, l'autre le soir; pédi- "lavessinapisés; julep avec huit grains de poudre de digitale;' tisa rie » pectorale édulcorée avec l'oxymel scillitique.
» Le» saignées ne purent être pratiquées en raison de l'obésité dft lu malade. L'ctouffcnient augmenta durant la journée, ti le i2S au niatin
la
» il était survenu de l'assoupissement.; un râle trachéal se faisait enten- » dre; ainsi que toute la partie supérieure du corps, la face était violette, » et le pouls insensible aux artères radiales.
» Deux larges vésicatoires aux jambes.
» Mort vers deux heures de l'après-midi.
» Autopsie. Cadavre chargé d'une énorme quantité dégraisse; le » lambeau formé par la paroi abdominale antérieure et par la partie anté- '>rieure du thorax, qu'on est dans l'usage d'enlever lors des autopsies, » pèse près de vingt hvres. Sous la peau des membres on trouve partout » un pannicule graisseux de plus d'un pouce d'épaisseur. La peau du » thorax et de l'abdomen est extrêmement tendue. L'abdomen lui- » même est très volumineux. Il existe une très légère infiltration des » pieds.
» Injection de la pie-mère à un degré très modéré; pas de graisse "autour des membranes du cerveau ; cet organe lui-même est à l'état » normal ; la membrane muqueuse du larynx est d'un rouge uniforme » assez foncé; il y a un amas de graisse assez considérable sous la mu- «qucuse, à l'endroit d'insertion de l'épiglotte.
» Les deux poumons sont d'un médiocre volume ; ils sont dépourvus » d'adhérences, souples, de consistance et d'apparence tout-à-fait nor- » maie; ils sont partout crépitans, aussi bien en haut qu'en bas, et en » avant qu'en arrière; ils sont secs, et ne donnent à la coupe ni sang ni » sérosité spumeuse ; leur tissu, parsemé de ramuscules vasculaires noi- » râtres, est d'un rouge brun assez foncé; leur surface offre des saillies » lanchâtres qui dépendent de l'emphysème de quelques lobules; la » face interne des bronches est d'un rouge uniforme foncé, plus pro- » noncé dans les grosses bronches que dans les petites; la muqueuse y a » conservé sa consistance.
» Un ou deux verres de sérosité citrine se trouvent dans la cavité de «chaque plèvre; point d'altération sur la plèvre elle-même; un peu de )) sérosité citrine dans le péricarde , dont la séreuse est à l'état normal. » Cœur assez volumineux, entouré de beaucoup de graisse, mou, à » parois un peu épaisses, de couleur d'un jaune pâle, semblable à celle » de la chair cuite , d'un tissu assez mou pour que la cloison inter- » ventriculaire s'écrasât sous la pression du doigt ; les autres parois ont » un peu plus de consistance ; la membrane interne en est parfaitement » blanche , et transparente et lisse dans tous ses points ; pas d'ossifica- » lion aux valvules; une des valvules mitrales est garnie d'un rebord » blanchâtre un peu saillant et dur; les cavités droites contiennent une » assez grande quantité de sang noir, les autres sont vides. Des masses * graisseuses assez considérables existent dans les médiastins, autour du « cœur et au-devant du rachis. Le diaphragme est refoulé du côté du
llYPEllTROPHlliS. 227
" thorax, do maiiière à rétrécir considérablement ie diamètre vertical de «cette cavité. Accumulation énorme de graisse dans les mésentères, " dans les é|)ipIoons et sous le péritoine; la cavité de l'abdomen en est " remplie à un point tel ([u'on n'aperçoit qu'à peine les intestins qui son^ " peu voluunneux, très contractés. L'estomac, caché parla graisse con- "tient un liquide verdàlre; ses parois sont molles, légèrement raar- «brees, d'une couleur violette, et un peu ramollies dans leur portion » cardiaque; les intestins, légèrement rosés à l'extérieur, sont d'un blanc «rosé à l'intérieur, et lecouverts d'un mucus transparent. Le foie est «médiocrement gros, rougeâlre, non graisseux; plusieurs concrétions «bihaues uniformes existent dans la vésicule , qui contient, en outre " une bile roussâtre et très visqueuse. La rate, peu volumineuse es* «comprimée par ses membranes, qui sont rétractées et recouvertes eu » partie de larges plaques fibro-cartilagineuses et de nombreuses granu- » lations carlilagmeuses; ces membranes n'ont pas permis au tissu de la «rate de se développer, et l'ont rendu semblable à un caillot de san-en " partie desséché. Les reins sont assez gros et d'un tissu rougeàtre • ils sont I un et l'autre enfouis dans unp masse de graisse. L'utérus contient ..quelques corps fibreux à sa surface et dans son épaisseur; quelques » uns forment de simples granulations déjà dures, blanches, sans aucune .. trace de vaisseaux sanguins ; les autres sont gros comme des noisettes • » tous sont arrondis. Il n'y a point de graisse sous la séreuse ni sous la ..muqueuse de l'estomac et des intestins; on n'en trouve point non a. plus sous la membrane séreuse du foie, de la rate, des reins et » de I utérus. La membrane interne des veines est à l'état normal
..II faut, pour recueillir de ce fait toutes les conséquences qu'on en ppeut tirer, l'envisager sous deux aspects; d'abord sous celui des » esions matérielles qu'on a rencontrées à l'autopsie, puis sous celui de » la comphcation grave que l'obésité de la malade est venue y aionter ,. ..Avant d'examiner quelle part le ramollissement jaune du cœur'a .prise dans la terminaison rapide de la maladie, il n'est pas hors de » propos de s arrêter sur un point aussi remarquable de ce cas intéres » sant. On sait que divers auteurs, depuis M. Lallemand, cherchent à » rattacher les ramollissemens aux inflammations. Or, dans ce cas on ■nn'a pu trouver dans le cœur aucune trace, aucun vestige d'hyperémie .«récente. On sait encore que plusieurs médecins, etLaënnec en narti -culier , regardent l'espèce de ramollissement dont il est ici que.stion comme une modification qui se développe durant le cours des maladies chroniques, et comme un clfct de cachexie : ce médecin célèbre disait " que es sujets qui la présentaient avaient le teint pale et jaunâtre 'et -que leur peau était flétrie, etc. Or , chez notre malade , l'affection inor
>) bide avait été fort aiguë, et ce sujet , loin d'être cachectique, offrait » tous les attributs de la pléthore.
» Ce cas présente donc un ramollissement jaune , en quelque sorte «aigu, indépendant de tout état cachectique, de toute fièvre typhoïde »qui l'aurait précédé, et dépourvu de toute connexion avec aucun » phénomène inflammatoire appréciable. S'ensuit-il qu'il soit primitif? je » n'oserais l'assurer.
» Maintenant quelle est la gravité de cet état morbide ? Il est évident » qu'il n'est pas la cause de la mort si rapide; en effet, il se rencontre » très ordinairement à la suite des maladies de long cours, après les » phthisies , après les péricardites chroniques , après les fièvres typhoïdes » qui ont emporté le malade au bout d'une cinquantaine de jours. Laën- » nec dit textuellement que les sujets qui présentent un cœur affecté » de ramoUissement jaune dans toute son étendue, paraissent l'avoir » porté dans cet état depuis longtemps ; et plus bas il ajoute que cette » lésion lui paraît être une affection peu grave, et curable par les toni- » ques et par les analeptiques.
» Il est probable que ce ramollissement a été la cause de la fréquence » extrême et de la mollesse du pouls, et que son influence ne s'est fait 1) ressentir qu'indirectement sur la respiration.
«Quelle a été la part d'action de la bronchite? Anatomiqueraent 'i parlant, l'hyperémie de la muqueuse des voies aériennes s'est montrée » fort étendue, puisqu'elle occupait le larynx, la trachée-artère et les » bronches jusqu'à leurs divisions secondaires; mais la -coloration était » uniforme, la mort a eu lieu en quelque sorte par asphyxie, et pendant » la vie il n'y avait pas eu de douleur dans le thorax , et presque point de ») toux ni d'expectoration ; par conséquent tout porte à penser que la n bronchite n'était pas aussi considérable que les apparences cadavériques » pourraient le faire croire.
» L'hypertrophie du cœur n'était pas assez forte pour constituer un » danger, il n'y avait pas de rétrécissement notable aux orifices de cet » organe ; enfin , la malade n'avait durant le cours de sa maladie présenté » aucun de ces phénomènes qui caractérisentles fièvres graves, il n'yavait «jamais eu ni délire, ni langue sèche, ni vomissement, ni diarrhée. » Tout se bornait donc à une bronchite avec hypertrophie du cœur à un .) degré modéré et ramoUissement jaune , toutes affections peu dange-
reuses pour le moment.
;> Il faut donc de toute rigueur s'arrêter à l'état d'obésité excessive » de ia malade pour y trouver les raisons des accidens graves qui ont » fini par causer la suffocation et la mort. En effet, la bronchite et le » ramollissement, en accélérant la circulation et la respiration, ont causé
HYPERTUOPIllES. 229
» le besoin d'ime plus grande quantité d'air dans le poumon. Or, la con- » formation du sujet s'opposait à ce que ce besoin fût satisfait. Chez lui , » le diamètre vertical de la cavité thoracique, très notablement diminué » par le refoulement du diaphragme , ne pouvait être augmenté , attendu » que la plénitude excessive de l'abdomen ne permettait ni aux parois '> abdominales , déjà fort tendues , de se distendre davantage , ni au » diaphragme de s'abaisser. L'ampUation des diamètres horizontaux "éprouvait de semblables difficultés, le mouvement de diduction des » côtes était empêché par le poids considérable de la masse graisseuse » qui SLuxhargeait la poitrine et par la tension extrême de la peau du ') thorax.
» Il est résulté de cette disposition qu'un poumon sain et perméable » ne suffisait pointa la respiration; il y a eu suffocation et mort. Si » donc cette terminaison funeste est promptement arrivée dans un » cas où le poumon lui-même était en quelque sorte à l'état normal, » quel danger n'y a-t-il pas pour les personnes trop chargées d'em- "bonpoint, lorsqu'elles viennent à être prises d'une pleurésie avec 1) épanchement, ou d'une pneumonie? Evidemment, chez elles, l'obésité » est une circonstance qui devra donner à la maladie un caractère de » gravité qu'elle n'aurait pas eu sans cela , et qui pourra amener promp- » tement un danger de mort , ou tout au moins d'imminence de suffo- M cation.
«On peut conclure et de ce fait et des considérations précédentes , » que, dans tous les cas où une maladie quelconque accélère la respira- » tion , l'obésité, en s'opposant à l'accomplissement d'un besoin urgent » et vital , constitue une compHcalion de la plus haute gravité, et dont il » faut que le médecin tienne compte , et pour le pronostic qu'il en » tirera, et pour la vigueur qu'il devra mettre dans le traitement. »
Ainsi donc, ajouterai-je , vu l'extrême fréquence des maladies aiguës du poumon et du cœur , nous avons tout lieu de souscrire à cette proposition aphoristique de Celse : « Les obèses , généralement , sont suITo- » qués par les maladies aiguës et par la difficulté de respirer, et souvent » meurent subitement : ce qu'on voit à peine arriver pour un corps de » moindre embonpoint ('). »
707. Etiolo(jie. — II faut ici principalement accuser: lo une nourritare trop copieuse et qui a pour base exclusive, ou tout au moins générale, des ahmens d'une vertu nutritive très grande; 2» une vie sédentaire oisive, calme et gaie, avec de longs sommeils, sans peines d'esprit, sans
(') Obesi pleramquè aculis morbis et dilïicultale spirandi slrangulantur, subiloque scepù moriunlur : quod in corpoie temiiore vix evenit.
Ccls., De re med., lib. Il, Prœfat., §vi.
PATHOLOGIK MÉDICALE.
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S V rin 5 , " r"*^""' '"^"'^ ^'"^^ '^'^"^^ ^''^P'"'- de Brillat-
cSp ? ' "^^"''^ ^''^e"^ fondée? Ce
patisseues, etc., avaient entre tous les alimens le plus haut deeré de puissance engraissante. Les raisons qu'il apporte en faveur de cette thèse sont peut-être plus spécieu.ses que sohdes. C'est là une question d hygiene qu. réclame . pour être éclaircie et ou.ièrement résolue , des recherches bien plus longues et bien plus sérieuses. Mais toujours est-il que, jusqu a plus ample informé, mieux vaut, dans le doute, s'abstenir de ces alimens . ainsi frappés de suspicion. En fait de boissons , un
,/ejuge populaire attribue à la bière la vertu d'engraisser les personnes quienfomun usage habituel; mais c'est encore là un point, il faut bien le dire, qui n'est pas indubitablement démontré.
708. (Juelques mots de diagnostic comparatif: ~ Il est assez facile ce me semble, de toujours reconnaître l'obésité d'un premier coup d œ.l ; avec un peu d'attention et d'expérience, il n'est guère possible de confondre cet excès de corpulence adipeuse , ni avec un excès de corpulence musculaire, ni avec l'anasarque, ou intumescence séreuse des hydropiques, ni avec l'emphysème général du tisSu cellulaire souscutane. En eflet, 1" chez les sujets de constitution athlétique , ainsi que nous en avons déjà faitplus haut la remarque, les formes musculaires,au heu d'être enfouies et cachées, comme chez l'obèse, sous Une couche graisseuse, — se dessinent, au contraire, sous la peau, d'une façon plus prononcée et plus saillante qu'à l'ordinaire ; et de plus , l'énorme voumedu corps n'en détruit pas du toutl'agiUté, et ne fait qu'en accroître la puissance et l'énergie pour tous les efforts de locomotion. 2" Quant aux hydropiques, ils n'ont jamais, comme les obèses , un teint naturel, encore bien moins un te;nt brillant et fleuri ; et, au lieu de chairs fermes et rebondies , la main qui presse constate un empâtement plus ou moins mou , qui cède sous le doigt et en garde l'impression. 3° Enfin , le ballonnement emphysémateux du corps présente un excès de tension , une élasticité exquise , une sonorité tympanique , qui décèlent à merveille la nature gazeuse de cette intumescence , et n'ont absolument rien de commun avec l'obésité.
., HYPERTROPHIES. 231
709. Thérapeutique. — A. Réformer le régime alimentaire, diminuer le nombre des repas, réduire la quantité de nourriture à la ration congrue , ou bien , — si l'estomac , soit par nature , soit par habitude , commande impérieusement, irrésistiblement de manger beaucoup , — avoir recours alors , pour le remplir et le rassasier , à l'usage des alimens les moins nutritifs.
B. Exercice très actif du corps tous les jours, jusqu'à la fatigue, jusqu'à la sueur : "par la marche, la course , la chasse, l'escrime, la natation , le jeu de paume , etc , selon les convenances.
C. Conseiller aux hommes obèses une pratique régulière du coït dans la mesure même que peuvent leur permettre les forces et les dispositions particulières de leur constitution.
D. Interdire l'habitude d'un trop long sommeil.
E. Usage d'une ceinture autour de l'abdomen et des lombes , surtout lorsqu'il y a un degré extraordinaire d'obésité abdominale. Quelques uns, et Brillât-Savarin entre autres, recommandent chaudement ce moyen, dans l'espérance, — - fort incertaine, à ce qu'il me semble du , moius , — de réprimer ainsi et d'arrêter cette exubérance locale de l'hypertrophie adipeuse ; c'est à la condition assez pénible de porter la ceintm-e jour et nuit. Quant à moi , je ne crois ce moyen un peu utile qu'à titre de palliatif, pendant la station et la marche, pour soutenir et alléger le ventre , fardeau en pareille circonstance bien lourd à traîner, et qui , abandonné à lui-même , souvent retombe fort incoramodément sur les cuisses.
F. Purgations réitérées , pendant longtemps , à intervalles assez rapprochés, tous les quinze jours, par exemple, "ou même toutes les semaines. C'est là une médication éminemment propre à combattre l'obésité. Aussi , dans ma thèse Des purgatifs , en traçant le tableau des indications diverses et nombreuses auxquelles ces médicamens satisfont, n'ai-je pas manqué de signaler formellement l'indication anii-obésiqiœ (pag. 61-2). Bien entendu, au surplus, que cette médicamentation , comme toutes les autres qui vont être ci-dessous indiquées, exige le concours d'un régime hygiénique rigoureusement observé.
G. Bains de vapeur.
H. Comme autant de moyens propres ài déterminer à la longue l'amaigrissement du corps, nous avons encore à signaler particulièrement les substances que voici: 1" le café , pris plusieurs fois par jour, et chaque fois à pleine tasse; 2" les acides , comme , par exemple, le vinaigre prodigué en assaisonnement, ou môme bu tout pur, l'oxymel scillitiquc, la limonade, etc. ; 3" l'iodurc dc'potassium. M'^is, si l'excès de l'obésité peut quelquefois jusiilier , de l'a part mênîc du médtxiu
le plus prudent, le recours à un large emploi des acides, ainsi qu'à Tioduration de l'économie, c'est toujours à la condition expresse de surveiller avec le plus grand soin les effets de ces remèdes extrêmes sur l'individu donné , et d'inlerrompre un tel système de traitement dès l'instant qu'on s'apercevra, aux plus faiblesindices, que l'obésité ne s'en trouve entamée et diminuée qu'au prix de dangers plus grands et qui menaceraient de plus près la vie.
ARTICLi: IV.
HVPKRTBOI'HIE PAPULO-I'RURIGINEUSE DE LA PEAU,
(Prurigo des auteurs.)
710. Bibliographie. —Consuhez, comme de raison, les divers auteurs de pathologie cutanée que j'ai signalés ailleurs (292).
711. Nosologie. — A. Le tiire du présent article vaut à lui seul, en vérité, toute une définition , ou peu s'en faut.
Quelle est , en effet , l'affection que je vais signaler sous ce titre ? — Un exanthème de forme papuleuse {U5. D. t. ) , à papules généralement arrondies et bombées , grosses environ comme une tête d'épingle ou un très petit pois , et de même couleur que le reste de la peau , mais avec des démangeaisons vives , souvent atroces , qui donnent à un tel exanthème son caractère de véritable maladie.
B. Si, au lieu d'employer ici le terme, communément usité, de prurigo, j'ai cru à propos d'adopter une dénomination complexe, une périphrase pour désigner la maladie , c'est parce que bien des auteurs confondent, soiis le nom de prurigo, la maladie ici en question, et celle qui consiste purement et simplement dans un prurit nerveux sans aucun vice anatomique de la peau. Or, une telle confusion est vraiment digne de blâme, sinon dans l'intérêt de la pratique, qui peut-être n'a pas de remèdes différens à administrer pour l'un et l'autre cas , mais du moins dans l'intérêt de l'exactitude nosographique, qui ne laisse pas que d'avoir, à nos yeux, des droits très respectables. M. Baumès, qui, lui aussi, s'est fait un devoir de protester contre la confusion dont je parle, et de distinguer en nosographie, d'une façon expresse et catégorique, le prurigo de forme anatomique , ainsi pourrait-on dire, d'avec le prurigo d'essence nerveuse, ou, si l'on aime mieux, de pure sensation, iious avait donné l'exemple en signalant particulièrement le premier genre de prurigo sous le nom d'en/pf.ion popiilo-prurigincuse éparse {Nmw. deimatologie , t. I,p. 521), par opposition au lichen agrius (378) , exanthème papuleux, mais dont les papules , indépendamment de leur rougeur inflammatoire et de leur forme généralement
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tonique plutôt qu'héinispliériquc, ont de plus pour caractère d'Ctro iigglouiérccs et en masse dans un espace circonscrit.
C. L'hypertrophie papulo-prurigineuse occupe ordinairement, et comme avec une sorte de prédilection singulière, le dos, les épaules, les lombes, les fesses, la face externe des bras , des avant-bras et des cuisses. Sans prétendre , ce qu'à Dieu ne plaise , nier absolument qu'elle puisse se trouver bornée au scrotum , à la marge de l'anus , aux alentours de la vulve , je soutiendrais volontiers la thèse qu'en ce qui touche aux cas communément nommés prurigo scrod , pntrigo podicis, prurigo pudendi muliebris, on a là à reconnaître et à accuser, en règle générale, j'allais dire en règle à peu près constante, non pas une simple éruption de papules pâles et éparses, mais un érythème papuleux ou autre, on bien quelque autre inflammation cutanée, ou bien, enfin , un prurit purement nerveux.
D. Tantôt les démangeaisons sont modérées et tolérables ; tantôt , au contraire , elles sont cruelles , horribles , et constituent un véritable martyre. Différence qui sert de fondement à deux espèces de Willan : l'une, appelée p7'ii7ngo rnitis ; l'autre , pwj/o formicans. C'est qu'en eflet il semble quelquefois au pauvre malade qu'une légion de fourmis le dévore, comme on dit , entre cuir et chair. La chaleur du lit, l'exercice, les libations alcooliques, les excès de table augmentent ordinairement les démangeaisons. Sous l'impérieuse impulsion de cette sensation morbide , on se gratte avec les ongles jusqu'à déchirer les papules, qui, après avoir été ainsi entamées, se montrent surmontées, ou plutôt revêtues d'une petite croûte noirâtre formée par la dessiccation d'une goutte de sang. L'atrocité et la conlinuilé des démangeaisons peuvent parfois être portées au point d'empêcher loutà-fait le sommeil, et, partant, d'amener un amaigrissement et une débilité déplorable.
E. Ces papules prurigineuses ne se produisent pas toutes en même temps et, pour ainsi dire, d'un seul jet, mais bien, au contraire, par éruptions successives. Les unes apparaissent et sévissent dans toute la plénitude de leur cruelle importuniié, tandis que les autres déjà s'affaissent , s'éteignent et se résolvent. En somme , l'hypertrophie papuloprurigineuse peut durer des mois et des années.
F. L'hypertrophie papulo-prurigiueuse est fort sujette à se reproduire chez les individus qui en ont été une fois atteints.
G. Il ne nous est point permis de déterminer quel est dans le derme l'élément anatomique qui sert particulièrement de siège à l'hypertrophie papulo-prurigineuso ? Quelques uns ont présumé que c'étaient les papilles. Cette hypothèse a , sans doute, ses raisons ; quelle hypothèse
n'a pas les siennes? Mais, quant à celle-là, je ne crois pas à propos d'en dire davantage.
H. A ceux qui trouveraient à redire que j'aie classé dans la famille des hypertrophies la maladie ici en question, et non pas, comme tant de dermatologues , dans la tribu des inflammations cutanées , je répondrai que c'est là précisément, de ma part, une protestation contre ce dernier classement trop banal et trop peu fondé , plutôt qu'une conviction nosographique irrévocablement, inébranlablement fixée dans mon esprit. En vérité, je répugne à concéder que ces papules pâles , ces élevures cutanées purement prurigineuses, jamais douloureuses au toucher, soient encore de l'inflammation ( "293. B. ). Après cela , si l'on veut, je suis prêt à confesser que je n'ai peut-être pas bien réussi à trouver , pour la maladie qu'elles constituent, la véritable et légitime place qui doit lui appartenir dans les cadres de la nosographie. Que d'autres , mieux ,inspirés que moi , fassent donc ce que je n'ai pu faire : il ne m'en coûtera pas de les applaudir et de les suivre.
712. Étiologie. — A. L'enfance et la vieillesse senties deux âges où l'hypertrophie papulo-prurigineuse se produit le plus fréquemment. C'est surtout dans le dernier âge que cette maladie se montre quelquefois d'une opiniâtreté désespérante et qui résiste à toutes les ressources de la thérapeutique. Et voilà, apparemment, pourquoi Willan et ses imitateurs , qui se complaisent, comme on sait , à multiplier les espèces en pathologie cutanée, posent en espèce à part le prurigo senilis, comme si l'hypertrophie papulo-prurigineuse avait chez les vieillards un type essentiellement distinct , comme si le susdit prurigo senilis ne rentrait pas naturellement, selon le cas , dans l'une ou l'autre de ces deux espèces de la même école , le prurigo mitis ou le prurigo fo7'micans.
B. En fait de causes qui appartiennent ou à une mauvaise hygiène ou déjà, même, à l'ordre pathologique, accusons bien haut la malpropreté , et moins résolument, mais non pas pourtant sans justes motifs , l'abus des boissons alcooliques ; accusons la présence despouxsur le corps, — la gale , — les inflammations cutanées, surtout à l'état chronique. Très souvent , en effet , l'hypertrophie papulo-prurigineuse ne survient qu'à litre deutéropathique consécutivement au règne plus ou moins long d'une urticaire , d'un eczéma , d'un ecthyma , ou de n'importe quelle autre inflammation cutanée, soit pour compliquer cette inflauimation , soit pour y survivre et y succéder.
713. Diagnostic comparatif. —Les aiiecilons avec lesquelles l'hypertrophie papulo-prurigineuse a le plus de ressemblance , mais dont , avec un peu d'expérience et d'attention, il est facile de la distinguer,
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sont celles que voici : 1° le prurigo nerveux, où il ne s'agit que de regarder la peau pour y constater l'absence complète de papules; 2" certains cas qui appartienuent au genre lichen des auteurs , je veux dire les cas qui consistent aussi en une éruption de p,apules éparses, plus ou moins prurigineuses, mais rouges , ou tout au moins rosées , ayant ainsi quelque chose d'inflammatoire dans leur aspect, et, par cela même, très distinctes , pour tout observateur attenVif, de l'exanthème incolore qui fait l'objet du présent article , sans compter que les papules du lichen ont en général pour caractère d'être coniques et non pas hémisphériques ; je ne parle pas des lichens à papules groupées ou agglomérées, du lichen cii^curnscriptiis deWillan, àn lichen urticatus de Bateman (325, A. ), de Yérythème papuleux formellenaent reconnu par nous ( 316. L. ) , encore bien moins du lichen agrius ( 378 ) , car il n'y a pas là la moindre chance de méprise: 3" enfin, certaines éruptions de papules sans changemens de couleur à la peau, mais aussi sans le moindre degré de cuisson ni de prurit, comme j'ai déjà eu occasion d'en citer un remarquable exemple ( 293. B. ) . papulations indolentes qui ne sont un mal qu'au point de vue de la beauté corporelle , et qui pourraient en imposer , si l'on en jugeait d'un preraier coup d'œil et sans interroger la personne qui les présente.
1\U. Thérapeutique. — Saignée, dans une raisonnable mesure, chez les sujets pléthoriques. Médication dépurante (lZi4-5), — même poussée jusqu'aux essais les plus énergiques, même jusqu'à l'emploi des plus terribles médicamens , — comme les arsenicaux, par exemple, —si l'opiniâtreté et l'intensité du cas l'exigent. Bains, chauds ou froids, acides ou alcalins , sulfureux , avec ou sans addition de gélatine : chaque sorte de bains a ses succès, qui ont lieu dans tel cas plutôt que dans tel autre, mais qui , on doit l'avouer, se rencontrent et s'obtiennent par tâtonnement, non par une prévision siire de la théorie; toujours est-il qu'il ne faut , dans aucun cas , manquer à prescrire des bains d'une nature quelconque. Dans l'intervalle des bains , on conseillera pour calmer les démangeaisons: 1° les lotions à l'aide d'eau froide , tout simplement, ou mieux encore, avec addition de vinaigre ou de quelque autre acide, d'alcool ou de camphre; 2° diverses pommades, notamment celles à base de calomel , de camphre ou d'extrait de saturne , celles à base alcaline, et entre autres, la pommade suivante , que , pour mon compte, j'affirme avoir vue souvent réussir dans des prurigo jusque là rebelles :
l'ATUOLOGIE MÉMCAI-E,
^. Chaux éteinte, en poudre impalpable. |
Carbonate de soude (
Extrait gommeuK d'opium
Axonge
Essence de bergamotte