‹ Élémens de pathologie médicaleChapitre 40 sur 63 · i2 PAiifor.<)(;ii, Mr.DiCAi.i · texte numérisé non relu

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qu'au monionl où elle forme uue lumeur appréciable au louclicr (9i!i9. li. ) El eucore est-ce une (lifiicullé assez épineuse que de ne pas confondre les tumeurs ducs à l'iiydronéphrose avec d'autres tumeurs rénales, notamment avec celles qui sont produites par une collection purulente en cas de pyélite , ou par une accumulation de sang dans la cavité du bassinet et des calices , ou bien par des acéphalocystes. Remarquons toutefois , 1° que dans la pyélite les urines se montrent généralement plus ou moins chargées de pus , et même de sang , à moins d'une interruption complète de communication entre le bassinet et la vessie ( cas assez rare) , — et que la tumeur purulente est presque toujours douloureuse, tandis qu'au contraire l'hydronéphrose est le plus ordinairement indolente ; 2" que dans le cas de l'hémorragie rénale, la miction du sang est presque toujours là, et même à un degré très prononcé, pour nous donner des lumières (237. A.); 3° que dans le cas d'une tumeur acéphalocystique , le diagnostic peut être, non pas toujours, non pas souvent, mais quelquefois, parfaitement édifié par suite de la perception de ce frémissement tout particulier qui ne se fait sentir au toucher que dans les tumeurs de ce genre , et aussi par l'évacuation des acéphalocystes avec les urines. Au surplus, il faut l'avouer , n'ayons pas la prétention de tracer , entre ces divers cas, un parallèle différentiel qui ait , dans l'application , une valeur constante et absolue.

B. Je me borne à rappeler que certains cas où l'hydronéphrose avait acquis des dimensions énormes ont été pris pour des cas de grossesse, ou d'hydropisie enkystée de l'ovaire. Le développement de toutes les considérations qui peuvent épargner au praticien la honte d'iuie semblable méprise serait bien long, et je me l'interdis, vu les limites où je suis tenu de circonscrire mon ouvrage.

952. Thérapeutique. — A. En présence d'une lumeur bien et dûment reconnue pour une hydronéphrose, que faire? Quelle conduite tenir? Pour moi , je ne vois guère qu'un seul cas où la médecine proprement dite ait le droit d'intervenir activement, dans l'espérance, bien que fort incertaine encore , d'accomplir la guérison radicale du mal. C'est lorsque l'examen de l'urine et la considération de diverses circonstances antécédentes ou actuelles autorisent à présumer que l'obslruction de l'uretère est due à un calcul , et que ce calcul a telle ou telle nature. En pareille occurrence, il est permis d'insislersur l'emploi d'une médicamentation lithontriptique (132. D. C )• Quant à la chirurgie , ne nous hiltons pas trop d'en réclamer le secours : ne conseillons^ pas la ponction avec le trois-quarls, dès que la tumeur rénale apparaît et se montre manifestement remplie par un liquide. Celte opération ne doit être faite ciu'antant qu'elle est réclamée, avec un certain degré d'ur-

llYDUOPlSlliS. 53 3

geiice, par des accidens vraiment sérieux, dus au volume énorme de la tumeur ou bien à ce que cette tumeur devient le siège d'une inflam matiou, d'une pyélite, qui reste rebelle aux moyens antiphlogistiques ordinaires. Autrement, quand l'hydi-onéphrosé est indolente et à peu près inoffensive, quand elle permet à la personne de prolonger indéfiniment sa vie dans le static quo, à quoi bon pratiquer une ponction qui peut produire l'inflammalion de la poche rénale, produire même, comme cela s'est vu quelquefois , une péritonite , et amener ainsi la mort de la personne? Ce serait là une opération insensée, j'allais presque dire criminelle.

B. Lorsque , chez un fœtus à terme , l'hydronéphrose , double ou même bornée à un seul rein, a des dimensions telles, rend le ventre tellement monstrueux, que l'accouchement naturel soit impossible, comment l'accoucheur doit-il agir? Voici, à cet égard, les préceptes que donne M. Bouchaconrt , et qui me paraissent parfaitement rationnels : i" commencer par opérer la ponction abdominale avec un trois-quarts, comme si l'on avaitaffaire à une ascile ; car, après tout, il se pourrait que le cas donné fût une ascite et non pas une hydronéphrose, la distinction étant assurément de toute impossibilité tant que l'enfant se trouve dans l'utérus; 2" si celte ponction est insuffisante, si elle ne vide pas et n'affaisse pas le ventre de façon à permettre que l'accouchement s'accomplisse, pratiquer une ouverture beaucoup plus large, et, au besoin, arracher les tumeurs,

IIYDBOMÈTRK. (891. E.)

(Modem. : — deMrlrpx, innUice. — Voyez ii" S80.)

953. Bihliograplde. — Vesale {De corporis hiancmi fabricâ, lib. vi, c. 9) — Attesteavoir trouvé,' — dans le cadavre d'une femme de cinquante ans, ouvrière à Augsbourg, qui depuis plusieurs années avait un ventre d'une prodigieuse grosseur, — l'utérus rempli d'un liquide séreux dont la quantité s'élevait à cent quatre-vingts livres (livres de douze onces, probablement).

Fernel— (/'«///o%m,— Ub. VI, c. 15) — Rapporte le cas d'une femme qui, chaque mois, h l'approche des règles, rendait par l'orifice utérin , une quantité considérabie de sérosité cilrine (de quoi remplir six ou huit ba.ssins) : !e venire s'affaissait, le flux menstruel avait lieu ; puis une nouvelle colleclion de sérosité se reformait pour être de nouveau expulsée à l'époque suivante ; enfin celte femme guérit , devint enceinte , et mil au monde un enfant bien porlanl.

PATHOLOGIE MÉDICALI'.

Mauriceau. — ( Traité des maladies des femmes grosses et de celles qui sont accouchées. Paris, 5' éd. 1712, 2 vol. in-/i% i. If, p. Th) . — « II y a encore d'autres femmes, » dit cet auteur, « qui croyant » être effectivement grosses d'enfant, n'ont que des hydropisies de » matrice comme il est arrivé à une marchande de bois carré 1» Paris, » que j'ai bien connue , laquelle n'a jamais eu d'enfaus, quoiqu'elle » en ait eu des passions étranges, jusques au point d'en espérer à » cinquante-cinq ans, à cause qu'elle avait encore pour lors quelque » peu de menstrues. On persuada une fois à cette femme, sur le » récit des signes qu'elle disait avoir , durant l'espace de dix mois » entiers, qu'elle était grosse , de quoi la sage-femme et plusieurs » autres l'assurèrent (aussi le croyait-elle elle-même, car il n'est » pas difficile d'être persuadé de ce qu'une forte passion nous fait « espérer), à cause qu'elle avait effectivement le ventre enflé, et «disait même sentir mouvoir son enfant, et le croyait si' bien » qu'un jour se trouvant plus mal qu'à l'ordinaire , après avoir fait » préparer une très belle couchette pour l'enfant qu'elle s'imaginait * avoir, elle envoya quérir sa sage-femme, qui, étant venue, lui «dit que c'était effectivement pour accoucher; mais un jour ou «deux après, ayant toujours espéré un enfant jusqu'alors, elle » vida seulement des eaux et quelques venls, qu'elle rendit par la » matrice ; après quoi il fallut replier la belle toilette que l'on avait «préparée. »

Geoffroy — (Dans Lamédecine éclairée par les sciences physiques, journal de Fourcroy , t. II, u" 2) — Rapporte le cas d'une femme qui pendant six années présenta des alternatives d'hydromèlre et de pertes atjueuses à époques irrégulières , sans éprouver un notable dérangement de santé et sans qu'elle voulût faire aucun remède. Vers l'âge de quarante- deux ans, ces accidens, après avoir diminué peu à peu , cessèrent totalement , avec la cessation définitive des règles et sans incommodité subséquente.

Desormeaux. — ( Dans le Dict. de méd. en 21 vol. , t. XI , page 177-85. — Art. Hydromètre, % l" , H. ascitique). — Travail reproduit dans le Répert., t. XV, p. 555-62.

DUGÈS. — (Dans le Dict. de méd. et de chir. prat. , t. X , p. 1 51-6) . Art. ffydromètreou ffydi^ornétrie.

Tessier ( de Lyon). Be Vhydropisie et delà tympanite utérines hors de l'état de gestation. (Dans Gazette médicale, année 18^i4 , nM).

954. Remarque préliminaire. -—Avant tout, il s'agit de savoir si l'hydromètre proprement dite , telle que nous l'entendons et la posons

iiyDiioPisiEs. 535 dans le présent article, si une hydropisie utérine sans le moindre commencement de grossesse, et par la simple rétention d'un liquide séreux peu à peu sécrété à l'intérieur de l'utérus, est ou non une réalité. Quelques médecins n'hésitent pas à se déclarer pour la négative , à qualifier de chimère l'idée d'une affection pareille. Et il paraît que dernièrement encore , au congrès scientifique de Strasbourg, en septembre \Sh2, deux hommes d'une très importante autorité, MM. Stoltz et Nœgele , se sont inscrits en faux contre la possibilité de l'hydromètre proprement dite. C'est au bruit des paroles prononcées par ces accoucheurs célèbres que M. Tessier, de Lyon , s'est ému, et qu'il a pris la plume pour réfnter l'opinfbn trop absolue qu'ils ont soutenue ou que leur a prêtée M. Pétrequin dans le compte-rendu du congrès. Pour ma part, je suis tout-à-fait convaincu que les observateurs d'il y a deux ou trois siècles, dans l'enfance de l'anatomie pathologique, ont pris des hydropisies enkystées de l'ovaire pour des hydropisies utérines. Puis , en combien de livres n'a-t-on pas cité de semblables faits sur la foi seulement de la dénomination qui, à tort ou à raison , y avait été attribuée dans le principe ! Telle est, par exemple, ma conviction en ce qui concerne le cas de Vesale. Je ne voudrais pas affirmer sans réserve, à l'égard de certains autres cas , tels que ceux de Fernel , de Mauriceau et de Geoffroy, que la grossesse y était absolument étrangère ; qu'elle n'y éiaitpour rien ; en un mot, que ce n'étaientpoint là des cas d'hydramnios. Mais je ne voudrais pas non plus me permettre d'assigner des bornes, sans raisons irréfragables et péremptoires, à ce que peut la nature dans la voie des phénomènes pathologiques. J'aimerais mieux dire, comme Baudelocque, d'illustre mémoire, le disait, que l'hydromètre est une affection à tel point rare qu'à peine chaque siècle en fournit-il aux fastes de l'art un ou deux exemples. Loin que l'hydromètre nous paraisse une impossibilité physique, l'analogie ne nous commande-t-elle pas, au contraire , de l'admettre et de la poser à priori , de pair et pour ainsi dire côte à côte avec l'hydropisie de la cavité du tympan et avec celle du smus maxillaire , deux maladies incontestablement étaWies par l'observalion et que tous les auteurs s'accordent à reconnaître. Encore bien même que ce ne fût jamais l'hydromètre proprement dite qui donnât à l'utérus un développement excessif et en quelque sorte ascitique, et qu'il fallût, dans le cas d'un semblable développement, accuser ou un kyste ovarique ayant oblitéré l'utérus, ou un hvdramnios, ou des hydalides, toujours est-il que dès à présent un fait reste irréfragablement acquis à la science : c'est l'hydromètre dans de" médiocres proportions , c est un ceriaui degré do distension de la cavité utérine par de la sérosité, ou mieux, par du mucus séreux , à cause d'une obstruclion quelconque de l'orifice , comme M. Lisfranc, entre autres observateurs ,

PATIlOLOGlIi; MÉDICALE.

• nous en fournit Ja preuve dans deux cas de sa Clinique ( t. 111 )

955. Synonymie. — Hydrornetra ascitica , de Sauvages (class x" Cacliexiœ, gen. xiii , sp. 1 ) : en tête des autres espèces qu'il pose sous les noms de H. gravidarwu ( Hydropisie utérine des femmes grosses. ~ Hydramnios ), H. (développement d'hydalidesdans la cavité de l'utérus) , etc. — Hydrornetra independcns , de J. P. Franck: par opposition , aussi à une hydromètre de la grossesse {B. gravidarum) et a une hydromètre hydatidienne (//. hydatidea).

956. SymptomatoLogie. — A. Tuméfaction graduelle de l'utérus, soit seulement appréciable au toucher, soit portée jusqu'à augmenter visiblement le volume de l'hypogastre et mêuil de tout l'abdomen. Sentiment de pesanteur sur le périnée , difficulté et gêne pour marcher el pour fléchir le corps en avant, et tout cela généralement dans un degré proportionné au volume de l'utérus. ïiraillemens douloureux dans l'épigastre , les aines , les lombes et les hypocondres. Suppression des règles. Stérilité. OEdème des membres abdominaux , à raison , sans doute, delà compression qu'exerce l'utérus sur la veine cave, sur l'une ou l'autre des veines iliaques ou sur toutes les deux à la fois. Flot du liquide {Path. chir., t. p. 76), très sensiblement produit par une percussion méthodique de l'utérus, dans le cas où l'hydromètre atteint à de grandes proportions. Voilà les principaux symplômesque nous devons, à la suite de tant d'auteurs , accuser et enregistrer. Mais , au surplus , il n'y a là d'essentiel et de caractéristique que la tuméfaction de l'utérus et le flot du liquide.

B. Sous le l apport de la marche que la maladie en question peut affecter, il y a lieu de distinguer, à l'exemple deDésormeaux, deux espèces principales , savoir : 1° une hydromètre dite permanente , se prolongeant des années entières, même jusqu'à la fin delà vie , étant par conséquent de nature à donner à l'utérus des dimensions extraordinaires, et, au cas qu'elle guérisse ou par les efforts spontanés de la nature ou par l'intervention de l'art, guérissant radicalement et pour toujours; 2° une hydromètre fugace et périodique, c'est-à-dire qui s'évacue, puis se reproduit, puis s'évacue de nouveau, et ainsi à plusieurs reprises par intervalles plus ou moins longs ; exemple , le cas de Fernel et celui de Geoffroy.

957. Etiologie. — Deux conditions sont nécessaires pour le développement de l'hydromètre : 1° l'occlusion du col utérin; 2° la supersécrétion d'un liquide séreux à l'intérieur de la cavité utérine, sans résorption qui fasse équilibre. Chacune de ces conditions, même prises isolément l'une de l'autre, est et doit être rare ; à plus forte raison devons-nous comprendre et prévoir l'extrême rareté des cas où toutes deux se trouvent réunies. A l'égard de la preiliièrc condition, bornonsnous à dire que le cancer du col utérin, l'engorgement inflammatoire ou

HYDROPiSltS. 537

riiypertrophieclecelte partie, l'obslructiondu conduit par un nnicusépais ' et tenace, et bienniieuxencore, l'adhérence coniractéeentrelesdeux lèvres utérines par suite de dystocie ou de toute autre cause (299. P. ), sont évidemment autant de circonstances particulières où ladite condition peut se trouver remplie: on a même accusé aussi, mais sans beaucoup ^ de fondement, un resserrement spasmodique. Quant à la seconde condition , il est clair qu'une niélrile catarrhale est éminemment propre à la remplir : et voilà pourquoi les auteurs ont dû s'accorder à reconnaître, parmi les causes de l'hydromètre , la leucorrhée chronique et les coups sur l'hypogastre.

95b. Sémé'iotique. — A. Constater le développementdel'utérus, leflot du liquide dans la tumeur, ou bien les évacuations séreuses par l'orifice utérin, et en même temps l'absence des signes de grossesse, ce n'est pas encore assez pour reconnaître là en toute certitude l'hydromètre proprement dite et noul'hydramnios. il faudra être sûr, parfaitement sûr, pour une raison ou pour une autre, que le rapprochement des sexes n'a pas eu lieu; qu'une imprégnation ne peut en aucune façon avoir été le point de départ de la maladie ; en un mot , que la grossesse est , dans le cas donné , une hypothèse tout-à-fait impossible.

B. Le pronostic est peu grave ou du moins, veux-je dire, peu alarmant pour la vie du sujet, lorsque l'hydromètre se présentera seule ou comme le mal principal. Ai-je besoin d'ajouter qu'il n'en est pas de même, si, par exemple, l'hydromètre se montre liée à un cancer utérin?

959. Thérapeutique. — Rien ou fort peu de chose à espérer , ici , de la part des purgations et des autres médications réputées hydragogues. Faut-il , suivant le conseil de quelques auteurs, avoir recours à de fortes et fréquentes secousses du corps, parle moyen de l'éternument, du vomissement, du saut, etc., dans le but de rompre les obstacles qui bouchent ou oblitèrent l'issue de la cavité utérine? Un tel résultat est possible, assurément, dans certains cas exceptionnels; mais sienne l'obtient pas dès les premiers essais, on se gardera d'insister. Ce serait surtout chose bien puérile que de s'entêter à prescrire éternellement des sternutatoires. Je comprendrais mieux que l'on s'opiniâtrât dans l'emploi des injections émoUientes, des douches ascendantes, et autres moyens réputés propres à combattre la mélrKe leucorrhéique et l'engorgement du col utérin. Au surplus, lorsque tous ces moyens seront restes inefficaces, on aura la ressource d'introduire un stylet mousse ou une sonde dans l'orifice utérin, et d'ouvrir ainsi une issue au liquide, tt, au besom, si ces instrumens ne peuvent trouver leur route il sera permis de pratiquer la ponction avec le trois-quaris, mais plutôt par le fond du vagin que par la paroi antérieure de l'abdomen

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