HYDROCÉPHALE [883. G
('YcîpoxtVaXov des Grecs, nous apprend Celse, lib. IV, c. ix, sect. l ; mais alors ce n'élail, il est vrai, que pour dé.Mgner ce que les modernes ont appelé Hydrocéphale externe, c'esl-à-dire l'œdème du cuir chevelu. — De Ki<f7.).-n, Icte. — Voyez n" 880.)
92k. Bibliographie. — Pseudo-Hipp. — (Dans le IP livre du traité Des maladies — 11 )— Ed. Kuhn, t. Il, p. 227-8. (Sym-
ptômes et traitement d'un genre particulier de maladie que l'auteur grec pose comme étant dû à une iiydropisie encéphalique' : r,v u^up ÈTTt Toi lyy.tfâ.loi yivoroLi. — Il cst vrai de dire que l'histoire de cette maladie paraît avoir été plutôt écrite sous l'inspiration de conceptions théoriques que sous la sévère dictée d'une observation exacte et rigoureuse.
WoRGAGNL — {De sed. et caus. morb.) Epist. XII , article 1-8 , et art, 13-5.
LiEUTAUD. — [Histor. anatomico-medica) Lib. III, sect. Y, articul. 1, Ilydrocephalos ; — art. 2, Aqua extra cercbrum; — art. 3, Aqua in ccrebriventricidis; — art. h, Aqua inths et extra cerebrum.
iTARn. — (Dans le Dict. des sciences médic, — t. XXII, p. 219-56). Article Hydrocéphale.
Joseph Frank. — {Praxeos medicœ universœ prœcepta. — T. VU, Leipzig, 1832) Cap. iv, De hydrocephalo.
DUGËS. — (Dans le Dict. de méd. et de chir. prat. , — t. X, p. 130-/il.) — Article Hydrocéphalie.
GUERSANT et Blache. — (Dans le Répert. , t. XV, p. 697—509.) — Article Hydrocéphale (Hydrocéphale aiguë).
Breschet. — (Dans le Répert., — t. XV , p. 509 - 50,) — Article Hydrocéphale ou Hydrocéphalie chronique.
Barrier. Mémoire^ sur les tumeurs tuberculeuses du cervelet , comprimant le sinus droit et prodidsant l'hydrocéphale chronique ventriculaire. — Mémoire déjà cité (781).
Monneret et Fleury. — (Dans le Compendium, — t. IV, p. 571-83Û.) — i\rûdc Hydrocéphale.
RiLLiET et Barthez. — ( Tr. clin, et prat. des mal. des enf.) ip classe, chap. Y, Hydrocéphalie. (T. PS p. 777-816.).
TiîOiJSSEAU. De la compression dans le cas d'hydrocéphalie chronique. (Dans le ,/ourn. de méd. de MM. Fouquier , Trousseau, Beau, etc. , avril \%hZ-)
Loir. Mémoire sur l'hydrocéphalie chronique aoec développement extraordinaire du crâne et intégrité des sens. (Pans lîevue médicale, novembre 18/i3.) — I'<= observ. Hydrocéphalie chron. avec dév. extraord. du crâne. Premiers ^symptômes quatre mois après la naissance, à la suite de convulsions. Enfant âgé de sept ans et demi. Intégrité des sens. Sensibilité vive. Facultés intellectuelles peu développées. Mouvemens volontaires en partie conservés. Menéres supérieurs habituellement rétractés. Station impossible. Memb)^es inférieurs et bassin peu développés. Hypertrophie des os du crâne. Fonctions organiques se faisant bien. Déjections fécale et urinaire involontaires. Etai général bon. — II« observ. Hydrocéphale chron. avec dév. extr. du crâne. Chute sur la tête à la naissance. Enfant de dix ans et demi: Intégrité des sens. Sensibilité consolée. Mouvemens volontaires en partie conservés. Membres supérieurs dans l'extension forcée. Station impossible. Membres inférieurs peu développés. Hypertrophie des os du crâne. Déglutition des liquides, difficile. Excrétions fécale et urinaire paraissant involontaires. Fonctions nutritives en bon état. Voracité. Nul amaigrissement.
925. Synonymie. — Hydropisie du cerveau : vulgairement. —Hydrocéphalie, d'Alibert (famille VII, Leiicoses, genr. i, en deux espèces , — esp. i,H. idiopathique , — esp. 2, H. symptomafique), de M. Breschet, et de beaucoup d'autres auteurs. — Hydrocéphalite : pour exprimer précisément le cas où une accumulation extraordinaire de sérosité dans la cavité arachnoïdienne , dans les ventricules cérébraux , dans le tissu de la pic-mère, etc. , est l'effet d'une méningite ou d'une encéphalite. D'où, arec un degré encore plus grand de précision anatomique, qui jusqu'à présent , il est vrai, n'est d'aucun intérêt pour la pratique médicale , les termes de : Hydroméningite ou Hydrencéphalile. — A un autre point de vue , dans le seul but d'énoncer exactement le siège particulier de l'épanchement ou de l'infdtration : Hydro-arachnoïdie ; Hydrencéphale ou Hydrencéphalie ; Hydrocéphale ou Hydrencéphalc ventriculaire ; OEdème cérébral ou encéphalique, ou bien encore Encéphalomalaxie séreu.se, etc., etc. — A un point de vue purement fvmptomatiqup : Apoplexie .séreuse, lorsque l'hydrocéphale, quelle que .soit sa nature et quel que soit son siège , se développe d'une .'"açon suraiçîuë , et plonge tout-à coup le sujet dans un état comateux.
926. Division de cet article. — .Te vais con.sacrei; un premier paragraphe h dire quelques mots de l'hydrocéphale aiguë non indammaloire. Oiinnt ?i l'hydrocéphale aiguë qui .se montre i)lus ou moins fréqncnmicnt liée à cet ensemble symptomalique qu'on nonmic vulgai-
508 PATIIOLOGIK MÉDICALL.
reincnl une lièvre cérébrale , nous ne devons la considérer que comme un des accidens analomiques de la méningite ou de rencéplialitc , ou de ces deux inflammations réunies, et nous n'avons donc plus à nous en occuper.
Un second paragraphe aura pour objet l'hydrocéphale congéniale , qui n'est, après tout, qu'une sorte d'hydrocéphale chronique, niais dont l'invasion et les développemens sont un mystère caché dans les ténèbres de la vie intra-utérine.
Enfin , dans un troisième et dernier paragraphe, nous envisagerons l'hydrocéphale chronique acquise.
§ I"'. X>e l'Hydrocéphale aiguë non inflammatoire.
927. Aperçu nosologique. — A. Commençons par proclamer bien haut et par mettre à l'abri des contestations la réalité de l'hydrocéphale aiguë non inflammatoire. S'il est douteux, s'il est impossible de prouver péremptoirement que cette maladie puisse jamais se produire à litre primitif et vraiment idiopathique, les faits abondent du moins pour nous la montrer comme un des accidens les plus graves de l'h^dropisie générale, ou comme une métastase de l'hydropisie ascite ou de quelque autre hydropisie locale. Invoquons , entre autres , l'imposante autorité de M. Andral, qui, dans son Précis d'anatomie pathologique ( t. \"', p. 321 , et p. 325) , nous fournit deux cas de ce genre : 1° un cas consécutif à la disparition d'une ascite, chez un individu atteint d'un vice organique du cœur; 2° un second cas, sous véritable forme d'apoplexie (apoplexie séreuse) , chez un sujet pléthorique préalablement atteint d'autres hydropisies. On trouve dans la thèse inaugurale, déjà citée (556) , de M. Piet, page , un exemple fort remarquable , présenté peut-être à tort sous le titre d'hydrocéphale aiguë essentielle , mais qui me paraît évidemment , du moins , devoir être considéré comme une hydrocéphale non inflammatoire sous la dépendance de ce qu'on nomme aujourd'hui la forme aiguë de la maladie de Bright (675. B. « ) : — Une petite fille de neuf ans, au quinzième jour d'une scarlatine très bénigne et en pleine desquamation , se lève la nuit (au mois de juillet), ouvre la fenêtre pour prendre le frais, se plaint bientôt du froid ; on la recouche aussitôt; le lendemain , amygdalite, oedème de la face , dureté de l'ouïe, diminution des urines ; puis, attaque subite d'amaurose , avec immobilité complète de la pupille ; convulsions très fortes du côté droit ; assoupissement {sangsues sur la tête; émétique; tisanes diurétiques) ; cinq jours après l'invasion des accidens, l'œdème diminue, ainsi que les symptômes cérébraux ; guérison rapide. Un fait où se révèle avec évidence , bien
HYnnopisiES. 509 mieux encore que dans l'heureuse oi rapide guérison du cas précédent, la nature non inllammatoire d'une hydrocéphale, c'est celui qui s'est présenté à l'observation de lleyfeldcr (Voyez Gazette médicale , année 1839 , p. ^57 , d'après un journal allemand) : — Une jeune fdle chlorolique était atteinte d'ascite et d'anasarque , par suite d'une affection du foie; avec le progrès de la maladie, survint la cécité ; puis, chaque fois que la ponction de l'abdomen et la scai ification des membres furent pratiquées, la vue se rétablissait pour être de nouveau abolie lorsque l'hydropisie revenait au même degré qu'auparavant; l'autopsie constata d'ailleurs l'existence d'un épanchement considérable de sérosité dans les ventricules cérébraux. Récemment, M. Lasserre, dans un mémoire cidessus cité (877), a éclairé, avec beaucoup de talent, et par des faits très bien choisis, la question des hydrocéphales métastaliques qui , chez les nouvelles accouchées , se produisent assez fréquemment après la brusque disparition d'un œdème considérable dont les membres abdominaux étaient devenus le siège dans les derniers temps de la grossesse: il ne m'e semble plus permis de conserver le moindre doute à l'égard de ces métastases séreuses , après avoir lu les observations IIMVsV-- et IX« dudit mémoire ( Obs. Il, loc. cit., p. 750): OEdème énorme des membres inférieurs , même un certain degré d'anasarque ; accidens cérébraux; amélioration dès l'établissement de la sécrétion laiteuse ; albuminurie passagère ; guérison. — Obs. IV , loc. cit. , p. 1U2 : Inûltration considérable des membres inférieurs , disparue après l'accouchement ; accidens cérébraux graves; mort ; œdème du cerveau , avec hydrocéphale ventriculaire. — Obs. Y, loc. cit., p. 753: Avec les mêmes circonstances antécédentes que dans l'observ. IV , accidens cérébraux et pulmonaires graves; mort; œdème du cerveau avec hydrocéphale ventriculaire, sans compter d'autres vices organiques , et notamment un rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche. — Obs. IX, /oc. «V. , p. 771: Anasarque, surtout considérable aux membres inférieurs; après l'accoucheraeni , symptômes propres à l'œdème des poumons; suffocation imminente; accidens moins prononcés du côté du cerveau : saignée, sans amendement de la maladie ; tartre stibié à haute dose; la sécrétion laiteuse s'établit ; guérison.) Enfm , je n'hésite point à le dire , quel est le médecin qui , déjà vieilli dans la pratique , et surtout dans la pratique des hôpitaux , avec la facilité que celle-ci donne pour la vérification nécroscopique du diagnostic, n'ait vu bien des cas semblables à ceux que je viens de citer; qui n'ait vu , par exemple, maintes cl maintes fois les phénomènes de compression cérébrale apparaître peu h peu ou toui-î.-coup comme complication ultime chez les hydropiques, et qui n'ait en pareille circonstance constaté, à l'antop.sio, soil im épanchemeni dans In cavité
arachnoïdionne , ou dans les ventricules cérébraux, soit une évidente mfiliratiou du parenchyme encéphalique, soit tout cela en même temps ?
Bien plus, au rapport de ceux qui ont été à même de faire leurs observations sur de grandes masses de vieillards , et notamment entre autres témoignages, d'après ce que M. Piet nous assure avoir vu pendant son séjour à Bicêtre (/oc. av.), il paraîtrait qu'à cet âge, une apoplexie séreuse , sans aucune autre hydropisie pour condition préalable , n est pas un événement très rare. Plusieurs fois , chez des vieillards qui, d'un état de santé en apparence fort bon , étaient tombés en quelques heures dans un collapsus complet, avec dilatation des pupilles, insensibihté absolue et respiration stertoreuse, on n'a remarqué, à l'ouverture du crâne , rien qu'un épanchement ventriculaire abondant , et pas d'autre vice de l'encéphale ou des méninges, pour rendre raison de la maladie et delà mort. C'est surtout chez des sujets qui avaient eu , plus ou moins longtemps auparavant , des hémorragies intrà-encéphaques. Serait-ce là l'hydrocéphale aiguë idiopalhique?
B. Somme toute , et pour résumer en peu de mots la syraptomatologie de l'hydrocéphale aiguë non inflammatoire , il y a deux cas principaux à distinguer.
a. Premier cas : développement graduel des symptômes jie compression cérébrale. Les malades commencent par éprouver uiie céphalalgie grave et sourde , avec paresse de l'intelligence et disposition à l'assoupissement: leurs sens, surtout la vue et l'ouïe , ont moins de finesse , moins de netteté. La torpeur intellectuelle augmente de plus en plus ; les idées peuvent rester encore assez justes , mais ne se combinent qu'avec une extrême lenteur et ne se traduisent par la parole qu'avec beaucoup d'hésitation. Quelquefois, mais rarement, il y a des instans de subdelirium (46. B.). Le plus souvent, c'est sans lé moindre phénomène de délire que les malades finissent par tomber dans une somnolence continuelle, d'où on ne les tire qu'eu leur parlant très haut, qu'en les piquant ou les pinçant ; et encore est-ce à grand'peine qu'on leur arrache quelques paroles : les pupilles sont dilatées , l'iris ne se remue que fort peu en présence d'une vive lumière; s'il y a encore, de temps à autre, quelques mouvemens volontaires, ou pour mieux dire , instinctifs et automatiques , pour varier la position des membres et du corps, ces dcplacemens ne s'exécutent que d'une façon excessivement lente , et accusent ainsi l'affaibhssement profond de la contractililé musculaire. Enfin, le coma va s'aggravant et se prononçant davantage, et au coma succède lecarus {hQ. E.S) : les pupilles sont énormément dilatées et absolument immobiles; les malades ne remuent plus du tout, et gisent en supination avec le relâchement le plus complet de tous
leurs membres, et quelquefois avec une respiration slertoreuse. Ausuri plus, rien n'est plus variable que la durée qui s'écoule depuis le début des accideus cérébraux jusqu'à ce que ces accidens aient atteint leur comble: chez celui-là , trois jours ; chez celui-ci, moins encore; chez d'autres malades, huit jours ou davantage,
g. Second cas : forme apoplectique. Les symptômes de compression cérébrale se produisent lout-à-coup dans leur plus haut degré d'intensité. La personne tombe comme foudroyée dans un état de carus , avec ou sans respiration stertoreuse. Généralement, le pouls est rare et lent. Riais, notons-le bien , il est aujourd'hui avéré qu'en pareille circonstance la face peut être indifféremment pâle ouvultueusc. On a dit que , dans le cas d'épanchement borné à un seul des ventricules latéraux , il y avait tout simplement une attaque d'hémiplégie. Mais cela me paraît avoir été imaginé dans le cabinet , plutôt que reconnu dans le champ même de l'observation clinique et nécroscopique. Et , en vérité , je ne sais pas si cela est possible; car il est malaisé de comprendre la possibilité de l'hydropisie bornée à un seul des ventricules latéraux , vu la communication qui existe réellement entre ceux-ci par l'intermédiaire du troisième ventricule.
G. Si, en règle ordinaire, l'hydrocéphale aiguë non inflammatoire est une maladie ultime, une maladie morielle qui , souvent même , tue en quelques heures, il importe bien d'être averti qu'elle peut quelquefois se résoudre. Quelquefois, en effet, dans des cas où l'état comateux et apoplectique doit être très vraisemblablement imputé à l'hydropisie en question, on voit les malades reprendre peu à peu connaissance, comme j'en ai cité des exemples (A.) ; on les voit recouvrer progressivement l'usage de leurs sens et de leurs esprits , ainsi que la liberté de leurs mouvemens, surtout sous l'influence d'une évacuation considérable de sérosité par ponction , purgation ou autrement; il suffit de quelques jours , voire même d'un seul jour chez certains sujets , pour que les symptômes de compression cérébrale disparaissent entièrement : heureuse et rapide disparition qui est une raison de plus à l'appui de l'hypothèse d'une hydrocéphale.
D. Pour clore, enfin , cette description de l'hydrocéphale aiguë non inflammatoire, arrêtons-nous encore un moment sur les résultais de l'observation nécroscopique: récapitulons-les d'une façon sommaire. En général, la cavité de l'arachnoïde ne présente que peu ou point de sérosité. Ce qui se rencontre ordinairement, c'est 1" une énorme infiltration de la pie-mère ; 2° un état évident d'infiltration, et, coumie on dit, un œdème de la substance môme de l'encéphale ; 3" un épanchement venlriculaire plus ou moins considérable. El, fort souvent même, c'est tout cela tout h la fois. Vaine prétention , soit dit en passant, que
512 PATIlorOGIl- MÉDICALE.
relie (1(> poser vu aiilaiii dVspèces nosographiqiies distinctes toutes CCS variétés anal()mi(iii('s de l'hydrocéphale! Il n'eslpas rare qu'aux parties déclives et à la base du cerveau la sérosité fasse entre la pie-mère et le feuillet arachnoïdien , une couche de 15 à 20 millimètres d'épaisseur ; on la voit s'écouler aussitôt qu'on pique avec la pointe du scalpel le feuillet arachnoïdien. La pie-mère se détache de la surface encéphalique avec la plusgrande facilité: ce qui exclut l'idée de la niéningoencéplialite (56^. II). Dans beaucoup de cas, encore bien que le parenciîynie encéphali(iue, pâle et humide , se montre imprégné d'une sérosité qui suinte en mille gouttelettes sous les incisions du scalpel, il n'est point du tout ramolli , et offre encore sa consistance normale : n'est-ce pas là une preuve de plus pour révéler la nature non inflammatoire de l'hydrocéphale qu'on a sous les yeux ? Reste la question de savoir, il faut bien l'avouer, si cette infiltration du parenchyme encéphalique a pris naissance du vivant même de la personne , ou si elle n'est qu'un phénomène cadavérique dû à la propriété hygrométrique dont, suivant les observations de M. Natalis Guillot (56Zi. C), le parenchyme encéphalique se montre doué en lui-même et indépendamment de l'état de vie. Problème qui vient à peine d'être posé dans la science, et qui est sans doute encore bien loin d'aboutir à une solution complète! Quant à l'épanchement ventriculaire, il s'élève souvent à cent grammes (trois à quatre cuillerées de sérosité dans chaque ventricule), quelquefois, mais rarement, à deux cents grammes ou même davantage. Quoi qu'il en soit, au surplus, la sérosité est incolore ou légèrement citrine, d'une limpidité et d'une transparence parfaite.
928. Etiologie. — Développement d'une hydropisie générale (883. A. — et 887. k.), brusque résorption d'un œdème, d'une ascite, etc. (908. D. 8.). Etat puerpéral , chez les femmes dont la grossesse s'est accompagnée d'un œdème considérable des membres abdominaux (927. A.). Attaques plus ou moins anciennes d'hémorragie intra-encéphalique (927. A.). Voilà tout ce qu'il nous est permis d'accuser ici.
929. Diagnostic. — L'hydrocéphale aiguë non inflammatoire court risque d'être confondue, au lit des malades, selon les formes symptomaliqucs qu'elle affectera : 1" avecla méningite, l'encéphalite ou la méningoencéphalite ; 2" avec l'hyperémie encéphalique apoplectique (185), l'hémorragie intrà-cncéphalique ou l'hémorragie méningée. Le plan et les limites d'un traité élémentaire tel que le mien ne peuvent me permettre d'entrer dans le développement de toutes les considérations propres à fonder le diagnostic comparatif de ces diverses maladies. Je me bornerai donc à remarquer que, s'il est des cas où le praticien le plus consommé ne saurait décider la (juestion, il en est beaucoup dans lesquels , en tenant parfailcmenl compti^ de toutes les circonstances pré-
HYDROnSll'S. 513 sentes et passées , on peiii dingnosiiquer avec une certaine assurance riiydrocépliale aiguë non inflaninialoirc.
930. Pronostic. — Il est très grave. iNéanmoins , nous ne devons pas toujours nous interdire tout de suite la moindre espérance, notamment à l'égard des nouvelles accouchées, qui peuvent fort bien être heureusement délivrées de l'hydrocéphale par l'établissement de la sécrétion lactée, ou par quelque flux artificiellement provoqué.
931. Thérapeutique. — Traiter le plus activement possible l'hydropisie générale par les moyens appropriés (889). Au besoin , faire la ponction de l'abdomen, pratiquer des incisions sur les membres œdémateux, etc.
Purgation drastique. Vésicatoire à la nuque.
Ajoutons que l'hydrocéphale aiguë non inflammatoire n'indique assurément pas l'emploi des émissions sanguines, mais qu'elle ne les contre-indique pas d'une manière absolue. C'est à la sagacité du médecin expérimenté de se décider pour ou contre, dans l'arène même de la pratique, et selon les circonstances particulières du cas donné, avec ce coup d'œil rapide et sûr, et, comme on dit, avec ce tact médical que les livres ne suffiront jamais seuls à former.
g II. De l'Hydrocéphale congéniale.
932. Symptomatolocjie. — A. Commençons par décrire l'extérieur des cnfans qui viennent au monde avec une hydrocéphale , déjà toute développée plus ou moins longtemps avant le terme de la vie fœtale.
a. V.n règle générale, la forme de la tête est irrégulière, plus volumineuse qu'il ne faut, et quelquefois toute de travers. L'énorme volume du crâne fait un frappant contraste avec le reste du corps , et surtout avec la face, qui est petite et qui, la plupart du temps, au lieu d'être ovale comme dans l'état normal , représente plutôt une sorte de triangle dont la base correspond à la ligne inférieure du front et le sommet au menton. Les pariétaux,— ainsi quele coronalct l'occipital, tous les deux se trouvant même encore séparés chacun en deux pièces distinctes chez quelques sujets, — ofl^rent une ossification peu avancée, et qui se montre, — ai-je besoin de le dire? — d'autant plus imparfaite que l'on s'éloigne des points centraux, durs et proéminens , par où elle a dù commencer; ces os sont. très minces , et môme en grande partie inachevés, avec maintes places qui ne présentent encore que l'état membraneux ou cartilagineux , à peine interrompu çà et là par quelques irradiations osseuses. Les sutures manquent complètement. Au lieu de sutures, que irouvc-t-on? Des espaces membraneux qui ont parfois une largeur de cinq à dix centimètres, ou même davantage , et où fort
souvent, il faut le dire , se rencontrent quelques points d'ossification , quelques rudimens d'os wormiens. C'est par le fait do ces espaces , surtout, que peut exister la monstrueuse ampleur de la lêle. Le plus grand d'entre eux est , comme de raison , à la fontanelle antérieure (fontanelle sincipitale ou bregmatique). Quehjuefois , n>ais assez rarement , le crâne a présenté aux observateurs le flot du liquide {Patli. chir., t. Pr, p. 76), sous une percussion méthodiquement pratiquée ad hoc. Quelquefois aussi, il a présenté un amincissement qui allait jusqu'à la transparence , ou peu s'en faut , de sorte que, par exemple , on y apercevait distinctement les sinus de la dure-mère. Comme les voûtes orbitaires , quand l'hydrocéphale est portée à un degré excessif, sont déprimées , ne font plus avec le front le même angle que dans l'état normal, et, de concaves qu'elles doivent être, deviennent convexes; il résuite de là un rétrécissement tel de la cavité des orbites, que les yeux se trouvent repoussés en dehors et en bas , de manière que la pupille peut rester forcément tournée et cachée contre la paupière inlérieure. Bien des fois aussi , à un pareil degré du mal , le conduit auditif externe est aplati, et présente un plus grand diamètre en largeur qu'en liauteur. En certains cas, qui ne sont pas relativement très rares, on voit, dans les intervalles que les os du crâne laissent entre eux, des tumeurs qui parfois ne contiennent que de la sérosité, et qui parfois renferment en outre une portion de l'encéphale (et ce dernier cas se nomme une hydro-encéplialocèle).
Ç. Quelquefois , par exception , l'hydrocéphale congéniale peut exister avec une tôle régulièrement conformée, bien et dûment ossifiée et d'un volume ordinaire , voire même d'un volume beaucoup plus petit que ne le comporte l'éiat normal. C'est que , en pareille circonstance, il y a une alropliie encéphalique (736 B.), si tant est même que ce ne soit pas là un cas d'absence complète de l'encépha'e. Quelquefois aussi, il est bon de le dire , les os du crâne , au lieu d'être plus minces, ont au contraire une épaisseur double ou triple de celle que comporte l'état normal.
B. Ce n'est pas sans difficulté ni sans péril que les fœtus hydrocéphales à terme peuvent sortir du sein maternel et arriver à la vie extrautérine. Le volume de leur lête ne peut moins faire, évidemment, que de rendre l'accouchement pénible cl laborieux. Souvent l'intervention du forceps est absolument nécessaire. Bien plus, la rupture de l'utérus est à craindre; et quand le crâne de l'enfant est par trop volumineux, raccoiichement n'est possible qu'à la condition de perforer le crâne, et d'ouvrir ainsi une issue à la sérosité qui le distend et l'agrandit ou tre mesure (voyez les divers traités de tocologie). Or donc, dans bien des cas, les enfans hydrocéphales ne sont que des enfans mort-nés.
HYDUOPISIES. 515
Mais d'autres fois ils naissent sains et saufs, et ont dès lors quelques chances, chances faibles mais réelles, de conserver la vie pendant un temps plus ou moins long (D).
C. La plupart des enl'ans nés avec une hydrocéphale, et qui n'en .•onlinuent pas moins de vivre, restent plongés dans une somnolence continuelle. D'autres, quoique mieux éveillés, n'apprennent à marcher et à parler que fort tard; marchent mal, et trébuchent facilement; bredouillent et ne font preuve que d'une intelligence bornée ; aiment peu à se mouvoir, et à peine ont-ils fait quelques efforts qu'ils tombent déjà de lassitude. Notons que , d'ordinaire, l'hydrocéphale congéniale n'est pas un mal stationnaire, mais qu'elle continue après la naissance de croître de plus en plus : la tête acquiert une grosseur de plus en plus disproportionnée, tandis que le reste du corps est presque toujours frappé d'un arrêt de développement, surtout dans les membres inférieurs, qui parfois même sont ou deviennent difformes. Un des symptômes les plus constans, c'est la cécité : moins souvent que la vue, mais enfin quelquefois, chacun des autres sens peut se trouver isolément aboli ; généralement, après tout, les enfans hydrocéphales sont tout à-fait aveugles, sourds, privés d'odorat et presque de goût, et donnent seulement quelques signes d'une sensibilité tactile, d'ailleurs assez peu vive. Chose surprenante de prime abord , il y a des sujets qui , malgré une hydrocéphale très volumineuse, conservent dans une pleine et parfaite intégrité leurs cinq sens, ainsi que leurs facultés intellectuelles et morales : la raison en est sans doute, 1° en ce que le cerveau peut réellement n'être que peu ou point comprimé par l'accumulation de la sérosité, lant que le crâne, n'étant pas complètement ossifié, se laisse distendre et agrandir; 2° eu ce que le viscère peut jusqu'à' un certain point s'habituer à une compression légère et lentement survenue. Toujours est-il que, chez les sujets dont je parle, si l'on vient à comprimer assez fortement le crâne , on détermine aussitôt le coma et des convulsions, phénomènes qui ne manquent pas non plus de disparaître dès que l'on cesse de comprimer. On a vu, quelquefois, les symptômes changer suivant que l'individu était debout ou couché. Enfin, n'oubfions pas de signaler, parmi les symptômes le plus ordinairement liés à la persistance d'une hydrocéphale congéniale , les vomissemens fréquens, la constipation opiniâtre, les accès de convulsions et les urines peu abondantes. Encore un point bien digne de remarque ' c'est que, même au sein d'.me afi-ection si grave, le développement de la menstruaiion et celui d,' 'instinct érotiqueont pu s'ofl^rir à l'ohser- \ation,
D. i:n i-égle générale, ou , pour mieuxdire, à peu près constante les er.fans nés avec une hydrocéphale meurent quelques jours après leur
516 PATIIOLOGII' MÉWCALE.
iKiissance. Cependant, on a droit de les considérer comme viables; il n'est pas du tout impossible que, par exception, ainsi que je l'ai déjà dit, un hydrocéphale, quand il n'apporte en naissant qu'un degré médiocre de la maladie, et qu'une tête encore peu monstrueuse , vive plusieurs années et atteigne même à un âge très avancé. Les fastes de l'observation nous montrent certains hydrocéphales qui vécurent jusqu'à quinze, vingt, trente, quarante, cinquante, voire même soixante-dix ans : on en cite un qui ne mourut qu'à soixante-dix-neuf ans.
E. Les tumeurs que la sérosité forme et soulève en divers points du crâne des hydrocéphales viennent-elles à se rompre d'elles-mêmes, ou bien à être ouvertes , même fort méthodiquement : sur-le-champ 1» mort a lieu, du moins en règle générale. Une chute sur la tête peut fort bien mettre fin tout-à-coup à la vie de ces malheureux. Hormis le chapitre de ces accidens, la mort s'annonce d'ordinaire plus ou moins longtemps d'avance par l'apparition de certains symptômes, qui, selon les cas, peuvent être le coma, le carus, les convulsions, la dyspnée et la respiration slertoreusc, la paralysie, etc.
F. 11 est sans exemple, je crois, qu'une hydrocéphale congéniale bien caractérisée ait été guérie, et que les choses, en pareil cas, soient revenues avec le temps à leur état naturel.
933. Détails wcroscopiques — A. Le cerveau des hydrocéphales s'est offert aux observateurs dans les différens états que voici : 1° maintes fois, converti en une poche pleine de sérosité, et réduit ainsi à l'état de membrane, souvent sans les moindres traces de circonvolutions et d'anfractuosilés; 2° maintes fois aussi, rapetissé, resserré dans un espace étroit, les hémisphères ayant une forme aplatie au lieu de leur convexité normale; 3° tantôt ramolli, tantôt dur, tantôt d'une consistance naturelle; h° extraordinaircment atrophié, dans certains cas, au point de ne peser, ])ar exemple, que quarante à cinquante grammes ; 5° dépourvu lout-à-fait de substance corticale ou grise, et ne consistant tout entier qu'en une masse blanche et homogène; 6'' assez fréquemment altéré et déformé dans quelques unes de ses parties seulement, plutôt que dans son ensemble, de manière, par exemple, à présenter le corps calleux relevé jusqu'au niveau de la voûte du crâne (avec absence à peu près totale de la faux de la dure-mère), les ventricules latéraux énormément dilatés tout en restant distincts, les corps striés plus ou moins déprimés, les couches optiques devenues presque invisibles, le septum lucidum perforé ou même tout-à-fait détruit , etc. Le cervelet, à fort peu d'exceptions près, est resté normal. Très souvent, on a constaté une injection sanguine très prononcée de la pie-mère.
B. Quant à préciser le siège de la collection séreuse, commençons par reconnaître que c'est le plus généralement la cavité des ventricules.
HYDROPISIES. "^S^ll^ 517
Mais, au rapport de divers observateurs, la sérosité peut aussi se trouver accumulée dans d'autres endroits, savoir : 1° entre le crâne et la durenière ; 2"entre celle-ci et le feuillet arachnoïdien qui la tapisse (ce que j'ai grand'peine à croire et ce que je suis bien près de déclarer impossible); 3" dans la cavité de l'arachnoïde ; k" dans la fosse de Sylvius, cet intervalle des deux lames du septum lucidum (Breschet, loc. cit.) ; 5" dans des cavités accidentelles; 6" dans des kystes hydatifères.
G. La quantité de l'épanchement hydrocéphalique chez le fœtus à terme et le nouveau-né est très variable. Il n'est pas rare qu'elle s'élève au poids de deux kilogrammes ; ajoutons qu'elle peut être encore plus considérable.
934. Complications fréquentes. — Dans un assez bon nombre de cas, l'hydrocéphale congénialese montre accompagnée de quelque autre anomalie, comme, par exemple, un spina-bifida , un bec-de-lièvre , l'absence des yeux, la fusion des deux reins en une seule masse au-devant delà colonne vertébrale, le volume excessif des capsules surrénales, une éveniration plus ou moins considérable , l'extrême petitesse des membres abdominaux, l'état cartilagineux de tout le squelette à l'exception des vertèbres, l'imperforation de l'anus, etc. , etc. , etc.
935. htiologie. — Quelle sombre nuit nous voile jusqu'à présent les causes de l'hydrocéphale congéniale ! Mêmes hypothèses, mêmes doutes, mêmes ténèbres que pour tout ce qui concerne l'origine de tous les faits lératologiques. On a pu tour à tour accuser, avec plus ou moins de raison, un excès d'éréthisrae dans le mystérieux travail par où la nature accomplit l'imprégnation, la trop fréquente répétition du coït pendant la grossesse , les violences extérieures dont le fœtus dans le sein même de la matrice ne laisse pas que de subir les atteintes, l'influence des émotions trop vives éprouvées par la mère, la perversion de l'évolution organogénique en raison de la diathèse scrofuleuse de l'un des parens ou de tous deux, la syphilis ou quelque autre condition morbide encore plus obscure , les hydatides du placenta ou du cordon ombilical , l'ascite , ou mieux encore, l'hydropisie générale chez le fœtus et, — le croirait-on ? — la diminution de la sécrétion urinaire chez la mère (Joseph Frank, loc. cit., § xx, n. k). Y a-t-il quelque chose de vrai dans l'opinion de Bichat, qui attribuait la fréquence relative de l'hydrocéphale chez le fœtus à ce que l'arachnoïde , ainsi que ie cerveau, serait dans la vie utérine le siège d'un mouvement de îiutrition beaucoup plus active qu'à tout autre âge {Anat. gén. Syst. séreux, art. IV, § i", Etat de ce système dans le premier â(je)1 Mais ce qui ne me paraît pas contestable, c'est de considérer l'encéphalite, maladie assurément susceptible de se développer chez l'embryon, comme une des causes les plus ordinaires de l'hydrocéphale congéniale. Ce qu'il n'est pas non plus
permis de révoquer en cloute, c'est, de la part de la mère, le rôle important, quoique tout-à-fait occulte, de je ne sais quelle idiosyncrasie, de je ne sais quelles conditions fatalement inhéi enles à la constitution ; autrement, comment concevoir le cas de cette jeune femme juive dont Joseph Frank nous parle {lac. cit.) pour l'avoir vue et lui avoir donné des conseils malheureusement infructueux, laquelle, sur huit accouchemens, tous les huit survenus au septième mois de la grossesse, mit sept fois au monde un enfant hydrocéphale? Enfin, un fait de pure et simple observation, mais qui doit être noté comme une donnée dans l'intérêt delà solution des problèmes étiologiques, c'est que l'hydrocéphale, déjà évidente, a été rencontrée par Osiander {Annalen der Entbindungslehranstalt zu Gœttingen, livre I", p. 58-61) dès le second mois de la grossesse ; et il paraît clair {;u'elle peut prendre naissance indifféremment à une époque quelconque du cours ultérieur de la vie intra-utérine.
936. Diagnostic. — Je me bornerai à dire que l'on doit bien prendre garde de confondre les nouveaux-nés purement et simplement atteints d'une hydrocéphale :
1° Avec les monstres exencéphaliens, (Notencéphales, Proencéphales. Podencéphales , Hyperenccphales, Iniencéphales, Exenccpbales) , pscudencéphaliens ( Nosencéphalrs , Thlipsencéphales , Pseudencéphales ) , anencéphaliens, (Dérencéphalcs, Anencéphales). — Voyez, à cet égard, le Traité de ^\. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire {Ik), t. IT, p. 293-37/4.
2" Avec ceux qui portent une des variétés quelconques de l'encéphalocclo simple (Isid. Geoffroy-Saint-Hilaire, op. cit., t. I, p. 3^i9-51).
3" Avec ceux qui ont, à l'extérieur du crâne, une de ces tumeurs constituées par l'exlravasation du sang, le plus ordinairement sur l'un des pariétaux, et surtout produites dans les accouchemens longs, pénibles, laborieux et où interviennent des manœuvres plus ou moins violentes (Hydrocéphale sanguine , d'Aétius ; Céphalématome, de quelques auteurs contemporains).
Dans les bornes oij je suis obligé de me contenir, je ne puis qu'indiquer les difficultés, les problèmes du diagnostic, et non pas me laisser entraîner à l'étude complète des rapports et des différences qui existent entre l'hydrocéphale congéniak- et les divers cas sus-mentionnés.
Ç)'6l. Pronostic. — A peu près sans espérance. (932. D.)
938. Tltprnpeutique. — Il ne s'agit pas de guérir l'hydrocéphale congénialc. Tàcl;ons seulement de pallier le mal et de prolonger la vie, si faire se peut ; et voilà, certainement, une lâche où il sera beau, mais où il sera bien rare de réussir. Les conseils de l'art ne pourront avoir du succès qu'autant qu'ils seront secondés par la vigilance ininterrompue d'un dévouement maternel véritablement poussé au-delà des bornes or-
IIYOUOPISIES. 619
dinaires, et, pour ainsi dire, jusqu'à un point d'exallalion merveilleuse. Avant tout, il faut soigneusement garantir le crâne de toute injure extérieure; et c'est particulièrement dans ce but, entre autres précautions que je me joindrais à Van Swieten [Cominent. in aph. 1218) pour reconmiander l'emploi d'une calotte ou d'un serre-tête de maroquin qui serve , non pas tant à comprimer le crâne hydrocéphalique qu'à le protéger, qu'à en soutenir et à en raffermir les faibles parois. Je me dispense, au surplus, de redire ici tous les systèmes de bandage, toutes les coiffures, toutes les espèces de bourrelets qu'on pourrait mettre à profit dans le même but.
iiprès cela , il est assurément fort raisonnable de soumettre les enfans hydrocéphales à diverses médications qui paraissent plus ou moins propres, selon le cas, à prévenir les accroissemens de l'épanchemenl intra-crânien.
Médication corroborante. Médicamens anli-scrofuleux. Purgations. Sirop des cinq racines et autres diurétiques. Vésicatoires, sétons , cautères ou moxas, à la nuque ou en d'autres points. Au besoin , et d'après l'indication fournie par l'apparition de phénomènes accidentels d'hypéréniie encéphalique, application de sangsues derrière les oreilles ou sur les côtés du cou , pédiluves sinapisés, etc. Mais c'est à peine si j'oserais accorder jamais mon assentiment à l'emploi de la compression , même douce et modérée, même conduite avec une attentive prudence.
Devrais-je passer sous silence la paracentèse du crâne? Bien des fois déjà, en divers temps et en divers pays, cette opération a été pratiquée, tantôt avec le trois-quarts, tanlôt avec la Jancet'.e, sur un des points membraneux où l'on n'a pas à craindre de piquer les sinus de la dure-mère. iMais , dans tous les cas authentiquement connus, elle n'a eu que des effets malheureux. La mort est survenue à l'instant même, ou bien peu de jours après. Quelquefois, il est vrai, mais par exception bien rare, la victime n'a pas succombé à la première ponction , et a pu en subir de nouvelles (trois, quatre, huit ou davantage), auxquelles on la condamnait par suite de la reproduction plus ou moins rapide de l'épanch emont hydrocéphalique. Toujours cst-il que le funeste dénouement de la maladie paraît avoir été constamment avancé par l'intervention malencontreuse de l'opéraiion. Et, après tout, en effet, l'incertitude du diagnostic quant au siège précis de l'épanchement et quant à la disposition du cerveau, la chance probable de léser ce viscère ou les sinus de la dure-mère, les dangers infiiilliblcinent attachés au vide brusque et soudain du crâne et à l'inii oduciion de l'air, l'inéviiable reproduction delà sérosité, ce sont déjà aulant d'argumens à priori contre une opération que les fastes de l'observation jusqu'à présent, et à part quelques assertions douteuses el suspectes, ne nous montrent que bonne
520 PATHOLOGIE MÉDlCALt:.
h hàLerla morl. Aussi, voit-on les nicillours auteurs, les vériiablos maîtres de l'art, prosci irc d'un accord à peu près unanime la paracentèse du crâne. Les cliirurgicns les plus éminens, — comme, par exemple, Royer (7'r. des maladies chirurcj., t. V, p. 216) , — ne la veulent point admettre .ne lui veulent pas reconnaître un droit de cité dans la pratique d'une sage et bonne chirurgie.
§ III. De l'Hydrocéphale chronique acquise.
939. Bref aperçu. — Chez certains enfans, avec ou sans préexistence d'une disposition congéniale plus ou moins évidente, une hydrocéphale bien et dûment caractérisée apparaît à une date plus ou moins éloignée de la naissance, et augmente graduellement le volume de la tête. C'est là ce que nous appelons l'hydrocéphale chronique acquise.
Los circonsianccs qui dès la naissance et dans les premiers temps de la première enfance annoncent assez ordinairement la future apparition d'une hydrocéphale chronique, sont: 1° une tête plus grosse et plus lourde qu'il ne faut par rapport au reste du corps; 2° les yeux trop saillaiis, et, comme on les appelle vulgairement, à fleur de tête; 3" les arcades surciliaires trop haut situées; h° les caroncules lacrymales peu apparenlcs, cl, pour ainsi dire, cachées; 5° les veines du front et des tempes, plus larges que de coutume; 6° les fontanelles trop spacieuses et demeurant, comme on dit, longtemps ouvertes ; 7" le relard de développement de l'intelligence, delà parole, et de la faculté de marcher; 8° un certain penchant à la somnolence.
La maladie une fois déclarée, le volume du crâne va s'agrandissant et peut atteindre à des dimensions énormes. Je ne sache pas, en ce genre, de cas plus extraordinaire que cette tête dont parle Joseph Frank pour l'avoir vue et examinée dans le musée de Cruikshank, et qui avait 52 pouces de circonférence, c'est-à-dire dans notre nouveau style métrique, environ 1 mètre et ^lO centimètres (') ; c'était la têle d'un enfant qui, à huit mois, avait été atteint d'hydrocéphale, et qui était mort à seize mois (J. Frank, loc. cit., § xxi, n° 3). Il y a dans les annales de l'art nombre d'exemples où la tête présenta, chez des enfans à la mamelle, une circonférence de 18 pouces (50 centiûiètre.s), et, chez des adolescens, une circonférence de 30 ou même de 35 pouces (80 à 95 centimètres, évaluation approximative en nombres ronds). Il va sans dire que, dans un semblable agrandissement du crâne, se trouvent élargis les espaces membraneux qui existent entre les diverses pièces os-
(1) C'est par inadvertance que, dans le Iraité de M. Grisolle (t. 1, p. 698), re to\ir de tête, déjà si prodigieux tel qu'il élait réellenienl, a clé évalué à plus de deux mèlies.
IIYDHOPISJES. 521
seiisoH : ainsi , par exemple, Joseph Frank cite un enfanl d'un an el demi, chez qui l'espace laissé entre le coronal et les pariétaux avait 3 pouces (8 à d ceniimètres) , et l'espace correspondant à la suture sagittale, 9 pouces (24 à 25 centimètres). Quelquefois même, c'est-à-dire quand l'hydrocéphale ne commence à se développer que chez un enfant déjà grand ei dont les sutures crâniennes sont formées, il arrive que les divers os de la voûte, depuis plus ou moins longtemps réunis et engrenés les uns aux autres, mais non pas encore pourlant soudés indissolublement, se désarticulent peu à peu sous l'effort du liquide qui les presse intérieurement, vont s'écartant de plus en plus, et finissent par laisser entre eux, comme dans une hydrocéphale congéniale, ou développée peu de temps après la naissance, des espaces considérables de parties molles en forme de cloisons membraneuses. Il y a plus encore; il se peut, et je ne sais même si j'avais besoin de rappeler ici d'une façon expresse une particularité déjà signalée dans la description de l'hydrocéphale congéniale (932. A. a), il se peut, dis-je, que dans ces espaces mous et membraneux, ei notamment à l'endroit de la grande fontanelle, la durc-mèrc soulevée par l'accumulation de la sérosité fasse hernie, et (|u'elle constitue là une sorte de tumeur ou poche plus ou moins saillante.
Quant à ce qui resterait à dire concernant la symptomatologic de l'hydrocéphale chronique acquise , soit encore sous le rapport de l'habitude extérieure, soit sous celui des désordres fonctionnels , soit enfin sous celui de la marche , de la durée et de l'issue de celle maladie, je n'aurais qu'à répéter la symptomatologie de l'hydrocéphale congéniale (932) ; et j'y renvoie donc les lecteurs.
Rien de particulier non plus à noter ici en fait de résultats nécroscopiques : rien, encore un coup, que je n'aie déjà indiqué (933).
Quant à ce qui concerne l'étiologie de l'hydrocéphale chronique acquise, rappelons d'abord que, dans bon nombre de cas, commeje l'ai fait entendre dès le com.mencemeni même de ce paragraphe, cette affection est due en grande partie, si ce n'est même exclusivement, à une prédisposition originelle, souvent très'reconnaissable à l'instant de la naissance, et sur le compte de laquelle nous avons précisément à invoquer les mômes causes qu'à l'égard de l'hydrocéphale congéniale (935). De plus, il me semble hors de doute que, indépendamment d'une telle prédisposition, elle peut aussi très bien être produite, d'une manière véritablement accidentelle, et à titre incontestable de maladie acquise dans toute la rigueur du terme, par l'action de diverses causes que nous avons dû accuser ailleurs comme étant propres à eiigendrer une hydrocéphale aiguë de nature phlegmasique ou non (565 et 928). Si ces causes-la ont parfois l'elfet ici en question, c'est qu'elles agissent alor. d'une façon donce et lente; c'est que, surtout, l'ossification en-
core imparfaite du crâne permet au mal de revêtir, au lieu de la forme aiguë , une forme chronique, par cela même qu'elle n'oppose pas une barrière inflexible à l'exlension de l'épanchemeni séreux, et qu'elle se prête facilement à une dilatation indéfinie de la cavité crânienne, où par conséquent le cerveau reste plus à l'aise qu'il ne l'eût été dans le cas contraire. Accusons notamment, sans hésiter, comme causes occasionnelles de l'hydrocéphale chronique acquise, les violences extérieures qui viennent, par malheur, à frapper le crâne d'un jeune enfant; voir, entre autres exemples, à l'appui de cette vérité étiologique, le fait rapporté par Joseph Frank (^e. cit., n" 5, en note). De plus, enfin, je crois devoir encore reconnaître et signaler ici expressément une cause sur laquelle M. Barrier a, dans ces derniers temps, fixé à très juste titre l'attention des médecins. Cette cause, c'est la gêne particulière de la circulation veineuse de tout l'intérieur du crâne, en raison do la compression exercée sur le sinus droit par une de ces productions hétérologues si communes dans l'enfance, c'est-à-dire par un volumineux tubercule. Il faut pour cela deux conditions très bien mises en lumière par M. Barrier. Tl faut : 1° que le tubercule occupe la partie médiane du cervelet; 2" qu'il fasse en haut une saillie assez considérable pour refouler la lente cérébelleuse et comprimer le sinus susdit. Voilà certes une cause bien réelle ; mais après tout, il faut le dire, elle est exceptionnelle et rare; et je ne comprends guère, en vérité, comment il se peut que MM. Rillict et Barthez ne soient pas éloignés de la proclamer comme la seule et unique en fait d'hydrocéphale chronique acquise.
En ce qui touche à la séméiotique, voici d'abord un conseil que je crois à propos d'adresser aux jeunes praticiens; prenez garde, leurdiraije, de proclamer tout de suite et à la légère l'existence d'une disposition certaine à l'hydrocéphale , de poser en manière de prophétie assurée la prodiagnose de cette maladie, toutes les fois qu'un enfant aura la tête d'une grandeur extraordinaire, ou que l'ossification de la fontanelle sincipitale lardera de se faire; car l'un et l'autre cas ont été observés sans que subséquemmenl une accumulation morbide de sérosité se formâtaudedans du crâne. L'hydrocéphale est-elle décidément constituée? Le diagnostic n'est rien moins que difficile, en règle générale. Quelquefois, je dois le dire, peut-être scra-t-on exposé à se méprendre en présence de l'une ou l'autre des deux affections que voici : 1" l'hypertrophie de l'encéphale, maladie d'ailleurs si rare, si peu connue, si peu étudiée jusqu'à présent, que je n'ai pas cru — est-ce à tort ou à raison? — devoir lui consacrer un article à part dans le chapitre des hypertrophies ; SM'aiïeciion cancéreuse, conmiuuémenl désignée sous le nom de fongushématodc, ùa fuiigus de la dure-mère, cas excessivement rare dans l'enfance. Quant à distinguer la tête d'un enfant hydrocéphale
HYDIIOI'ISIES. 523
d'avec celle d'un ciifaiil géant, ou, pour mieux dire, destiné à devenir tel, il faut particulièrement avoir égard à la disproportion qui existe , dans cette tête-ià, entre le crâne et la face: non pas pourtant qu'il soit impossible de rencontrer la coïncidence d'une liydrocépliaie avec une face dont les os aient une grandeur vraiment gigantesque. Cela s'est vu. Au surplus, ajouterai-je par manière de parenthèse, c'est bien moins de leur vivant qu'après leur mort que les sujets hydrocéphales peuvent en imposer pour dos géans : c'est lorsque les os de leur crâne, une fois séparés d'avec le reste du squelette, se retrouvent isolés au sein de Ja terre. C'est, par exemple, en s'appuyant sur la découverte de pareils ossemens dans certaines fouilles que l'on a parfois conclu à l'existence passée, anté-historique ou anté-diluvienne , de races humaines d'une stature prodigieusement, ou, pour mieux dire, fabuleusement haute.
Ici encore, comme à l'égard de l'hydrocéphale congéniale, le pronostic doit être sombre et sinistre (937): la mort, voilà toujours la règle; la prolongation de la vie jusqu'à un âge plus ou moins avancé est une chance fort exceptionnelle. Toutefois, peut-être doit-on admettre une légère différence à l'avaniage de l'hydrocéphale acquise. Celle-ci, à ce que nous racontent quelques auteurs, se serait parfois guérie, et notamment à la suite du développement des écrouelles, qui auraient joué là le rôle de phénomène critique (5Z|. F.). Mais de tels faits ont-ils toute l'authenticité désirable?
Après les considérations thérapeutiques que j'ai données relativement à l'hydrocéphale congéniale (938), et auxquelles je renvoie nos lecteurs, je n'ai rien, absolument rien à ajouter, en ce genre, sur le compte de l'hydrocéphale chronique acquise, dontle traitement doit être précisément soumis aux mêmes principes.
ARTICIiZ: VIII.
HYDRAMNIOS. ( 883. J. )
(Auteurs contemporains : - de 'Aij.viov, amnios, voy. no 884. )
m. Bi/jliorjrophie. — Pseudo-Hipp. — Dans le Traité i)e /«««^i^re frhnmine {Uz^;, yv,a,,,d-nç fû^toç). Ed. Kuhn , t. Il, p. 571 et suiv.
— Dans le I" livre du Traité Des inaiadics féminines (ruvoct/n'wv itpSTov). — Les deux passages que je cite ne me semblent guère avoir trait qu'à l'hydropisie utérine des femmes grosses. c'c*st-àdire à notre hydramnios.
flOUStN. (Cilé par Ploucquet, art. //j/drops utcri.) Diss. sur h traifernnnt de l' hydropisie de la matrice, accompagnée d'inflammation dam Vétoi de grossesse. Paris, 1783, in-8". Desormeaux, dans 1 ariirlc que je vais citer ci-après, exprimait le regret de n'avoir pu
^^'l f'ATIlOLOGIl- MÉDICALE.
se procurer celle disserlalion, où il avait espéré, dit-il, trouver quelque lumière,
iTARi). — (Dans le Did. des se. méd., t. XXII, p. 317-9). — Art. Hydromètre, § xiil-xvii. (Deuxième espèce : Hydrcmiètre dam la grossesse. A. Hijdromètre inti^a-membraneux. Par opposition à : — B. H. extra-membraneux. Entre le chorion et les parois utérines ; — et G. H. inter-membraneux . (?), Entre le chorion et l'amuios.)
Desormeaux. — (Dans le Dict. de méd. en 21 vol., t. XI).— Art. Hydromètre 2° Hydrom. des femmes enceintes. — Article reproduit dans le Répert., \. XV, p. 562-9; avec un appendice (p. 569-72), par M. Paul Dubois, sur les pertes d'eau qui ont lieu chez quelques femmes pendant le cours de la grossesse, et qui n'empêchent pas, en général, le développement du produit de la conception, que nous devons imputer, suivant toute apparence, à l'Hydromètre extra-membraneux d'Itard (Fausses eaux , vulgairement. — IJydrallante, de Dugès, art. Hydromètre du Dict. de méd. et decliir. prul.; car, suivant lui, c'est dans l'allantoïdc qu'on serait en droit de supposer, avec le plus de vraisemblance, le siège et la source des fausses eaux. — Hydrorrhée, de M. Cazeaux et de M. Chailly.)
GoDEFROY (professeur à Rennes.) Note pour servir à l'histoire de l'hydramnios. (Dans h Journ. des conn. médico-chir. , novembre imix.)
(iHAirxY. — {Iraité pi-atique de l'ai't des accouchemens, 2° édition, Paris, 1845, in-8".) JP partie, chap. iv, art. iv, § 1, Hydropisie de l'amnios; — De l' hydrorrhée.
Cazeaux. — Traité tliéorique et pratique de l'art des accouchemem, l'èàil. Paris, 18/j5, in-8".) IP partie, titre iv, chap. i, art. h.
9Zil. Nosologie. — A. Comme la quantité du liquide normalement contenu au dedans de la membrane ammios est fort variable, il n'est pas permis de fixer précisément , à cet égard, les limites où commence l'état pathologique : d'autant que l'augmentation des eaux de l'amuios peut même aller, parfois, jusqu'à un degré considérable sans se montrer incompatible avec la vie du fœtus, ni sans ajouter quelque chose aux malaises ordinaires de la femme grosse. Toutefois, de l'aveu à peu près unanime des hommes qui font autorité en matière de tocologie, dès que les eaux de l'amuios dépassent deux litres ou seulement même un litre et demi, le cas doit être regardé comme un cas décidément pathologique.
B. Ce qu'il y a de plus essentiel et de plus caractéristique entre les
HYnROPISTES. 525 symptômes de l'iiydramnios, c'est un accroissement rapide de l'utérus, hors de proportion, surtout, avec l'époque où en est la grossesse. A cela il se joint, d'ordinaire, un sentiment de pesanteur excessive dans le fond du bassin, et souvent aussi, une douleur sourde dans l'utérus. Quand l'iiydramnios existe à un degré très prononcé, l'avortement en est presque toujours la conséquence; et, ou général, c'est à cinq ou six mois de grossesse que le mai, développé depuis plus ou moins longtemps, entraîne un semblable effet. En pareille circonstance, les eaux qui s'écoulent de l'utérus vont communément à dix ou douze litres. Quelques observateurs les ont vues plus abondantes encore. Dans certains cas, elles ont été évaluées en poids, ancien style, à 30, à 36, à /|0 livres, voire même davantage (15, 18 ou 20 litres, en mesure de capacité, nouveau style). Généralement, ces eaux si extraordinaires sous le rapport de leur abondance ont, sous le rapport de leur apparence physique et de leur nature chimique, une ressemblance parfaite avec les eaux ordinaires de l'amnios. Mais quelquefois, à ce qu'il paraît, elles se sont montrées troubles, lactescentes, floconneuses, et en tout semblables à l'épanchement séro-fibrineux d'une membrane séreuse enflammée.
C. Si l'hydramnios simple, sans inflammation de l'amnios, ni du placenta, ni de l'utérus, entraîne le plus souvent la nécessité de l'avortement, c'est apparemment par le seul fait de la distension excessive qu'éprouve l'utérus, et qui doit naturellement l'excitera entrer en contraction. Quelquefois, cependant, la grossesse n'en parvient pas moins à terme ; mais d'ordinaire, alors, l'enfant est chétif, faible, à peine viable, et ne tarde pas à périr. Quelquefois, aussi, le fœtus meurt sans être immédiatement expulsé ; et avec sa mort coïncide assez ordinairement une augmentation rapide de la collection séreuse. Tantôt, dans le cas que je viens de signaler, le fœtus garde ses apparences physiques assez intactes, quoique avec une macération proportionnée au temps qui s'écoule entre sa mort et son expulsion ; tantôt il est complètement déformé, changé en une masse presque méconnaissable et infiltrée tout entière d'une sérosité brunâtre. Parfois même, quand le cas en question survient dans les premiers mois de la grossesse , le cadavre du fœtus peut tomber en déliquium et disparaître dans les eaux de l'amnios, devenues plus ou moins troubles et sanieuses; ou bien, aussi, il peut se durcir et se conserver indéfiniment.
942. Etiolofjie. — Quoique n'ayant pas cru nécessaire d'étudier ex j/rofesm l'inflammation de l'amnios dans la tribu des inflammations séreuses (306), je ne suis pas de ceux qui la qualifient de chimère. Je ne doute pas, au contraire, qu'elle ne soit une réaliié; que, notamment, elle ne sévisse quelquefois à titre d'hydrophlegmasic, comme tous les autres genres de la même tribu nosographique; et que, en un mot, elle
ne soii une des causes les plus positives de l'Iiydramnios. Témoin l'observaiiou du docteur Mercier, communiquée eu 1812 à la Société de médecine de Taris, et citée par Desorraeaux, qui nous en redit les principales circonstances. — Grossesse de cinq mois ; eau froide bue en grande quantité , le corps étant en sueur; invasion d'une maladie semblable , par ses symptômes, à une métro-péritonite violente; amendement marqué, à la suite d'nn traitement antiphlogistique ; matrice devenue aussi volumineuse que si la grossesse eût été à terme; avorlement, le quinzième jour de la maladie; deux fœtus; amnios de l'un de ces fœtus, épaissi, contenant plus de dix livres d'une sérosité trouble et floconneuse , et recouvert intérieurement d'une couche pseudo-membraneuse.
11 paraît aussi que la placentite , sans inflammation de l'amnios luimême, peut se montrer accompagnée d'un hydramnios simple et uniquement dii à un travail de supersécrétion : voyez , par exemple, la II* observation de M. Godefroy {loc. cit. ). En d'autres termes, sous l'influence des conditions palhogéniques qui produisent dans le placenta et même sur toute l'élendue des parties extérieures de l'œuf un molimen hypérémique poussé jusqu'à l'inflammation (178. D. ^.),tout peut se borner , du côté de l'amnios , h l'accroissement de la sécrétion dont cette membrane est naturellement le siège (178. D. G. ), i
Desormeaux pensait que la pléthore éiait une condition des plus propres à favoriser le développement de l'hydramnios simple , la condition quelquefois la plus importante à considérer pour le traitement prophy- < lactique et cùratif de cette hydropisie. Et il est vrai de dire qu'à l'appui de I cette opinion il nous rapporte une observation bien digne de remarque. i « Une jeune dame, » raconte-t-il, « épilepiique dès sa naissance, devint ( » enccinle ; les accès d'épilepsie furent presque suspendus, etla grossesse s » n'olTrit rien de remarquable, si ce n'est que l'abdomen était plus vo- f «lumineux qu'il ne semblait devoir l'être. A quatre mois et demi ou i » cinq mois, des contractions utérines se manifestèrent sans cause appa- d « rente, et expulsèrent avec une grande quantité d'eau un fœtus mort s » depuis quelque temps el tellement infiltré d'une sérosité rougeâtre ii »que la forme des parties était absolument méconnaissable. Une se- t » coude grossesse survint. Des signes de pléthore exigèrent l'emploi d 1) réitéré de la saignée. L'avortement eut encore lieu avec les mêmes C! » circonstances, mais seulement du sixième au huitième mois. Je pen- i\ 1) sais que la saignée avait eu une influence favorable pour prolonger le i » terme de la grossesse. Dans une troisième grossesse, je la mis eu usage i » dès que h; plus léger indice de pléthore se fit apercevoir. La gro.ssesse m » se prolongea jusqu'au conmiencement du neuvième mois. 11 n'y eut lu » pas d'hydropisie de matrice, et cette dame donna le jour à une petite \\
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» fille bien portante et qui s'est élevée jusqu'à l'âge de quatre ans. Une ') quatrième grossesse pendant laquelle la saignée ne fut pas ménagée » parvint à son terme naturel, et donna naissance à un enfant fort, qui » est encore vivant. Lors d'une cinquième grossesse, l'avis d'un médea ciu qui n'avait pas été témoin de ces antécédens , et qui redoutait » l'usage répété de la saignée chez une épileptique , jeta de l'indécision «dans l'esprit delà famille; il fallut attendre des signes évidens de » pléthore pour tirer du sang. Une saignée seulement fut pratiquée. La » grossesse se développa sans accidens ; mais vers le sixième mois la ') matrice prit rapidement un grand développement. Dès que je m'en » aperçus, je fis une saignée. Il était probablement trop tard; l'hydro- » pisie prit un accroissement rapide, les contractions utérines se mani- « fesièrent , et l'avortement eut lieu en même temps que l'expulsion > d'une grande quantité de liquide que je puis bien évaluer à quatre ou ■) cinq pintes. Enfin une sixième grossesse, dans laquelle je puis dire » que la saignée fut prodiguée, eut un résultat complètement heureux. »
Enfin , et même , ce semble , à beaucoup plus de titre que la pléthore , la grossesse gémellaire doit être signalée comme particulièrement sujette à entraîner avec elle le développement de l'hydramnios. C'est du moins, de l'avis unanime des auteurs spéciaux, ce que tend à établir le relevé des observations publiées jusqu'à ce jour.
Voilà tout ce que l'on sait concernant l'étiologie de l'hydramnios. 943. Diagnostic. — Signes de grossesse, actuellement existans, antécédemment reconnus; développement excessif de l'utérus; flot du liquide {Path. chir., t. I", p. 76.), sensible à une percussion méthodique, dans l'étendue occupée par ce viscère : voilà de quoi étabhr parfaitement le diagnostic de l'hydramnios. Le volume de l'utérus peut, sans doute, n'être pas plus grand que dans la grossesse à terme; mais ce qui doit alors nous éclairer, c'est qu'il dépasse les bornes voulues par l'époque certaine ou présumée de la grossesse. Quel doute est-il permis de garder, quand, au sein de la collection liquide , on sent évidemment, soit à l'aide du toucher vaginal , soit par la simple palpation du ventre , le battement d'un corps solide , qui ne peut être qu'un fœtus '? !l n'en est pas de même lorsque l'hydramnios survient avec la mort du fœtus dans les premiers mois de la grossesse, et que, au Heu d'avorter sur-lechamp , la femme reste plus ou moins longtemps atteinte de cette liydropisic: comme le fœtus, en pareille occurrence, est trop petit pour donner la sensation du ballottement, et que, parfois même, il tombe en déliquium ( 9^d. C. ) , il est à peu près impossible de ne pas confondre un semblable cas avec l'hydromètre proprement dit, jusqu'à ce qu'ait lieu l'cxpul.sion du liquide ; mais , lors de cette expulsion , l'aspect de la poche mend)raneuse qui renfermait le liquide lèvera tous lesdoutes.
9Zi^. Pronostic. — Très fâcheux à l'égard de l'enfanl , qui , pres(iuc toujours, naît avant terme, ou ne vient à terme ({ue faillie, chéiif, souffreteux et pour périr bientôt. Peu fâcheux à l'égard de la mère , du moins en règle générale. Alors même que ravortement ne vient pas promptement mettre fin à tout le mal, alors même que l'Iiydramnios se maintient et continue môme de s'accroître quelque temps après la mort du fœtps , tôt ou tard la nature, d'elle-même et sans secours , finit par expulser les eaux de cette grossesse avortée, et , avec les eaux , les membranes, ainsi que le fœtus et le placenta: le siège' propre de l'hydropisie n'existe plus , celle-ci ne peut donc se reproduire , l'utérus revient à son volume normal, comme après l'accouchement , et tout est dit. Notons , toutefois , qu'à en juger d'après une observation de Desormeaux, ci-dessus transcrite (9Zi2), on a quelque raison de craindre que l'hydramnios ne se développe de nouveau dans les grossesses subséquentes.
9û5. Thérapeutique. ~ La règle , assurément, est de se borner à faire de la médecine symptomatique et palliative , jusqu'à ce que la nature elle-même mette fin au mal par un accouchement à terme , ou par un avortement plus ou moins hâtif. Du moment où les symptômes se montrent le plus pénibles et le plus alarmans , l'utérus n'est pas d'ordinaire éloigné d'entrer en contraction. Comme ces symptômes ne dépendent que du grand voluine d'eau qui déplace , qui comprime et qui gêne les viscères abdominaux , et même aussi le cœur et les poumons , le moment où ils acquièrent le plus de gravité est coliii où l'orifice utérin va s'ouvrir. Mais esl-il toujours prudent d'attendre les efforts de la nature, et n'y a-t-il pas des cas où la vie de la femme courrait risque de succomber auparavant ? Les accoucheurs les plus sages elles plus éclairés s'accordent à professer ([ue parfois, et surtout eu raison d'une dyspnée suffocante , il peut y avoir urgence d'ouvrir artificiellement une issue aux eaux. Les uns ne craignent pas d'adopter, dans ce but, la paracentèse pratiquée entre l'ombilic et le pubis ; il y a effectivement , dans les fastes de l'art , quelques exemples d'une telle oi)ération sans suites graves. Les autres jugent préférable de faire la ponction par le vagin et au voisinage de l'orifice utérin ; et certes, en opérant ainsi, on n'a pas à craindre la dangereuse éventualité de l'épanchement d'une certaine quantité de liquide dans la cavité du péritoine. Mais ce qui me paraît encore une meilleure méthode , c'est celle pour laquelle Desormeaux a pris parti ; c'est de se borner à rompre les membranes à travers le col utérin , si tant est que celui-ci soit perméable. Il est évident que, de cette façon, l'avortement surviendra bientôt après. Mais la même chose n'arrivera-t-elle pas après un mode quelconque de ponction utérine ? Et doit-on avoir pour but principal , pour but religieuse-
HYnnopisiES. 52 u
ment imprescripiiblc , de ménager la vie du l'onfant, tandis que celui-ci, dans toutes les observations jusqu'ici recueillies, s'est trouvé ou déjà mort à l'instant de l'accouchement, ou bien excessivement débile , à peine viable, de manière à expirer au bout d'un petit nombre d'heures, même sans que l'hydropisic de l'amnios fût poussée à un degré li-ès considérable?
ARTICI.I: IX.
HYDRONÉPHROSE. (891. D.)
( Rayer : — de Nc^po'? , rein. — Voir 880. )
9^6. Bibliographie. — Billard. — {Imité des mal. des enf. nouveau-nés et à la mamelle. 3« édit. , avec notes d'Ollivier d'Angers. Paris, 1837, in-8°. — Pag. 467-71). — LIIP et LIV observations.
Rayer. — [Traité des maladies des reins, — t. III , p. Zi76-507.) BouCHACOURT. Mémoire sur la dégénérescence hydatique et -f kydatiforme des reins chez le fœtus. (Dans Gazette médicale année 1845, n° 5.)
m. Synonymie. — Hydropisie du rein. — Kystes urinaires • par opposition aux kystes séreux et aux kystes hydatidifères ou acéphalocysiiques du rein. — Hydrorenal distension , des auteurs anglais. — Dégénérescence hydatifornie des reins , de M. Bouchacourl.
948. Symptomatologie. — A. Tantôt l'hydronéphrosè demeure tant dans son origine que dans ses accroissemens progressifs , complètement latente, complètement étrangère à la production de quelque symptôme que ce soit, jusqu'au moment où elle vient à former dans le flanc une tumeur palpable. Tantôt , au contraire , plus ou moins longtemps avant l'apparition de cette tumeur , les sujets ont commencé par ép^-ouver des douleurs sourdes ou vives dans la région rénale , quelquefois même de véritables coliques néphrétiques (525. C), et, en un mot, divers symptômes en rapport avec les causes variées qui peuvent 'mettre obstacle au cours des urines et par là entraîner la dilatation du bassin et des calices, et sur le compte desquelles je vais revenir innt • l'heure (950).
B. Quant à cette tumeur formée par une hydronéphrose , elle est ordinairement indolente ; la consistance en est molle ; la forme' bombée comme un gros intestin distendu ; on y peut percevoir une fluctuation plus ou moins .sensible , on bien même le flot du liquide dans toute la
force (lu terme [Path. dur. , t. I", p. 76). Le volumç de la tumeur peut varier entre celui du poing et celui de l'utérus parvenu aux dei niers mois de la grossesse : on l'apprécie assez bien , au surplus , à l'aide de la palpation et de la percussion. Pour peu que la tumeur soit considérable , la région rénale reste toujours plus ou moins bombée latéralement , ainsi qu'en arrière.
C. L'hydronéphrose d'un seul rein , eût-elle même d'énormes dimensions , peut fort bien se concilier avec toutes les apparences de la santé la plus florissante. Comme le rein resté sain supplée parfaitement le rein altéré et métamorphosé en une poche inerte , il n'y a rien d'anomal ni dans la quantité ni dans la qualité des urines, à moins d'une complication telle qu'un diabète, une hématurie, une néphrite albumineuse, etc. Mais si, dans le rein jusque là resté sain , il survient un accident qui suspende la sécrétion ou l'excrétion de l'urine pendant quelques jours, même pour un seul jour, une prompte mort peut alors avoir lieu,
D. L'hydronéphrose double n'est compatible avec la vie qu'à deux conditions : il faut , 1° que l'un des deux reins , pour le moins , ne soit pas encore réduit à ce degré d'atrophie où la sécrétion urinaire devient impossible ; 2'' que la poche en laquelle l'organe se trouve transformé ait encore avec l'uretère une communication, si étroite qu'elle soit, par où l'urine sorte goutte à goutte. D'ordinaire, en pareil cas , les sujets ne s'alitent que peu de jours avant la mort ; ils succombent atteints tout-à-coup de pyélile, ou bien tout simplement d'anurie.
E. Quand un fœtus à terme apporte avec lui , comme cela s'est vu déjà tant de fois , une hydronéphrose volumineuse , et surtout une double h ydronéphrose , c'est assurément une cause de dystocie , et le mal peut être tel qu'il exige l'intervention de secours chirurgicaux tout particuliers (952. B.). Ai-je besoin d'ajouter qu'un nouveau-né qui présente une double hydronéphrose n'est p^s viable ?
9i9. Détails unatomiques. — A. Quelquefois , quand Tobstacle au cours de l'urine existe dans l'uretère ou dans la vessie , l'hydronéphrose consiste uniquement en une dilatation du bassinet. Elle forme alors une tumeur sphéroïde plus ou moins considérable au dedans de la scissure du rein. La substance propre de cet organe , refoulée de dedans en dehors et diminuée de volume, semble, suivant l'expression pittoresque de M. Rayer, une sorte de casque qui coiffe la tumeur. Notons, de plus, qu'elle offre ordinairement une surface inégale et bosselée.
B. Mais, dans le plus grand nombre de cas d'hydronéphrose , les calices eux-mêmes se montrent distendus et dilatés comme le bassinet , avec une atrophie très considérable du parenchyme rénal , à tel point même que parfois le rein se trouve transformé en une, sorte de vessie énorme et toute bosselée dont la surface présente à peine quelques
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îlots de parenchyme resté intact, a l'examen intérieur de la inmenr, on la trouve mulliloculaire , mais avec des (lHlerences remarquables qui sont en rapport avec le degré de dilatation de l'organe. A un degré peu avancé, les calices forment autour du bassinet, déjà plus ou moins élargi, autant de petites cavernes excentriques parfaitement distinctes, ne communiquant point du tout entre elles et ne communiquant que par une ouverture étroite avec la cavité centrale, etbeaucoup plus grande, que le bassinet constitue. A un degré plus avancé de l'hydronéphrose , les cavernes formées par les calices diminuent de profondeur , et en même temps devieiiiioni plus largement béantes dans le bassinet, au point même de s'y confondre presque entièrement.
G. Quant à la nature du liqui'le contenu dans la tumeur en question, il faut distinguer les deux cas qwe voici : V toutes les fois qu'une hydronépbrose est ancieuiîc et ({u'elle exisle par le fait de l'occlusion complète de l'uretère , ce n'est pas do l'm ine q;:e l'on y trouve , à parler proprement , mais c'est une sorle de sérosité très albumineuse , dans laquelle , toutefois , M. Rayer assure avoir constamment rencontré une certaine quantité d'urée ; 2° cj[uand il n'y a qu'un obstacle incomplet au cours de l'urine produite par le rein affecté, la tumeur contient de l'urine à peu près semblable à celle qui est contenue dans la vessie. Je crois ici à propos de faire remarquer que c'est en raison de cette nature séreuse ou urinaire du liquide qu'il n'est pas permis à la nosographie de confondre l'hydronéphrose avec les collections purulentes que produit la pyélite et qui peuvent aussi distendre intérieurement le rein, et le changer en un vaste kyste (525. D. — et 526. G.),
950. Eticlogie. — Tout ce qui intercepte le cours de l'urine, de manière à la faire amasser peu à peu dans le bassinet et les calices ; cal- ' culs ou hydaiides à l'entrée de l'uretère , ou dans n'importe quel point du trajet de ce canal ; compression , rétrécissement , oblitération dudii canal , de quelque façon que ce soit ; rétention prolongée et habituelle de l'urine dans la vessie , en vertu de l'une quelconque des causes diverses qui peuvent amener un semblable résultat : voilà autant de conditions propres à engendrer l'hydronéphrose. Pourvu que la pyélite ne se mette pas de la partie, et que du moins elle ne se développe pas à un degré assez prononcé pour produire une accumulation de mucus puriforme ou de véritable pus , le rein se trouve alors purement et simplement atteint d'hydronéphrosc. Dans le principe , le liquide qui s'accumule est de l'urine. Mais à la longue , le rein s'atrophiant , la sécrétion urinaire cessant , la résorption enlevant certains élémens à l'urine .Jusque là accumulée , l'hydronéphrose finit par ne présenter que le liquide séro-albumineux dont j'ai parlé (9/49. C). 9.Ô1. IHarivostic. — A. I/hydronéphroso ne peut êli-e reconnue