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niasse, quelques flocons de mucus ^pais cl opaque, et conservant quoi que temps h sa surface une certaine écume, due à l'air dont se pénètre toujours la salive avant d'être crachée. Le plus souvent insipide et inodore, ce liquide a quelquefois offert une saveur manifestement salée ou sucrée, quelquefois une odeur fétide. Sa pesanteur spécifique s'est trouvée de fort peu supérieure à celle de l'eau : soit , par exemple , 1,0088, — l,00-'i3, — 1,0015, — etc. En règle générale, peut-être même universelle et absolue , l'alcalinité naturelle de la salive continue d'exister.
D. La salivation diminue pendant les repas, et augmente par la faim.
E. Pour peu que la sialorrhée soit considérable , une soif plus ou moins vive est un symptôme constant.
F. Généralement, mais non pas toujours , non pas nécessairement, les sujets atteints de sialorrhée présentent quelques uns des symptômes que voici : altérations du goût ; inappétence ; dérangement de la digestion stomacale; nausées; fer-chaud (454. D. 6.). C'est dire que la sialorrrhée se montre le plus souvent à titre de complication d'une gastrite, d'une gaslrorrhée, ou d'une pancréatite.
G. Lorsque la sialorrhée est abondante et qu'elle se prolonge longtemps, fût-elle le seul et unique mal chez l'individu donné, elle ne peut manquer d'avoir un effet fâcheux sur l'état général de l'économie. Elle entraîne à sa suite l'amaigrissement et une langueur plus ou moins prononcée.
H. Tantôt la sialorrhée débute vivement et se montre sur-le-champ très abondante. Tantôt c'est lentement et peu à peu qu'elle atteint un haut degré d'intensité. Elle offre, au surplus, de grandes variations dans sa marche, suivant une foule d'influences diverses, dans le détail desquelles je me garde bien d'entrer. Assez fréquemment, elle a une durée très longue : sur les vingt-neuf casrassemblésparM.Tanquerel des Planches, quatre seulement ont eu une marche aiguë; un seul cas, un seul, s'est produit sous un type véritablement intermittent. Quelquefois , la sialorrhée, après une opiniâtre chronicité , a été emportée par l'influence d'une maladie intercurrente.
L Dans certains cas , à ce qu'il paraît , la sialorrhée s'est montrée comme une crise salutaire , comme un accident heureux et passager, qui venait mettre fin à une maladie plus ou moins grave. On trouve plusieurs exemples de cette espèce dans la Sialologie de Schurig
973. Etiolorjie. — A. La sialorrhée est incontestablement plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Et, îi cet éj^ard, le relevé
de M. Tanquerel des Planches nous amène à admettre comme formule numérique le rapport de 3 : 1,
B. Des vingt-neuf cas de M. Tanquerel des Planches, pas un n'est arrivé avant l'âge de vingt ans. Est-ce un pur hasard ? ou bien faut-il y voir une immunité réellement naturelle à l'enfance et à l'adolescence ?
C. Ce qu'il y a de certain, c'est que le tempérament nerveux est une condition éminemment propre à favoriser le développement de la sialorrhée. Et voilà même déjà une raison qui nous explique pourquoi les femmes fournissent plus d'exemples d'un semblable flux, puisque c'est chez elles que prédomine le tempérament nerveux. C'est surtout chez des femmes éminemment nerveuses , chez des femmes névropathiques, hystériques et hypocondriaques, que la sialon hée est apparue aux observateurs. Et, si elle s'est quelquefois rencontrée dans l'autre sexe , c'est surtout aussi chez des hommes hypocondriaques. De là , dans la Nosologie de Sauvages, le Ptyalismus hypochondriacus (cl. IX, gen. xxiii, sp. 9).
D. Tout le monde connaît la sialorrhée qui est une des incommodités ordinaires de la grossesse durant les trois ou quatre premiers mois {Ptyalismus grmidarum. Sauvages, ibidem, sp. 15). Autre raison qui montre combien est vraie l'inégalité de prédisposition , entre les deux sexes , pour la production de la sialorrhée.
E. On a vu la sialorrhée se développer à titre de sécrétion supplémenlaire : par exemple, après la brusque suppression d'une leucorrhée, d'une sueur des mains, etc., et surtout après l'interruption et les dérangemens des règles. Chez une des malades de M. Tanquerel des Planches, la sialorrhée survint dans les orages de l'âge critique, persista pendant plusieurs mois , et ne cessa que pour être remplacée par un épiphora.
F. Quelquefois, c'est sous l'influence d'une émotion morale que naît d'emblée une sialorrhée idiopathique : c'est sous le coup d'une frayeur vive, d'une grande colère, d'un poignant désespoir; c'est à la vue ou même au simple souvenir d'un objet dégoûtant.
G. Nul doute que la sialorrhée ne puisse être directement déterminée par l'abus des sialagogues, et notamment par l'habitude de fumer du tabac. Mais, chose singulière et bien digne d'être notée, 31. Graves, de Dublin, a observé un cas dans lequel la salivation reparut plusieurs années après l'usage du mercure.
H. On a vu, j'ai vu moi-même une sialorrhée sympathique accompagner la névralgie faciale (névralgie de la cinquième paire). Ploucquet (Litteralura medica, art, Salivatio) avait formellement signalé ce fait,
FLUX. 553 sur la foi de deux dissertations spéciales touchant la névralgie en question (Forstmanu, Diss. de dolore faciei Fothergilln , Buishomg , 1790 , pag. 6. — Simon, Diss. de prosopalgiâ , Hall, 1793, pag. 9).
I. Sous l'influence d'un éraétique qui est en train de travailler l'estomac, on observe toujours, même avant tout vomissement, un certain degré de sialorrhée sympathique. C'est le Ptyalismus nauseosus de Sauvages (genre déjà cité, sp. 1). Quoi de surprenant, par conséquent, que la même sympathie s'éveille quelquefois en cas de gastrite ou de gastrorrhée ?
J. Nos lecteurs savent déjà que dans la pancréatite , que dans le cancer du pancréas, il est ordinaire d'observer une sialorrhée sympathique (639. B. C. — et 859).
974. Diagnostic. — En présence d'un ptyalisme , ne manquez pas d'explorer attentivement la bouche et l'arrière-bouche ; et si vous ne trouvez là aucune sorte de travail inflammatoire , c'est donc à la sialorrhée que vous avez affaire.