‹ Élémens de pathologie médicaleChapitre 44 sur 63 · FLUX BILIEUX · texte numérisé non relu

FLUX BILIEUX

mi. Bibliographie. - Sauvages. - { Nosologia methodica. )

Class. IX, Fluxus, gen. xvii, Diarrhœa, sp. 8, D. biliosa. A LiBERT. — (iA^oso/. natur.) Famille II, Entéroses, genr. ii, esp. 2

Entérorrhée bilieuse. ' BouissoN. — {De la bile, de ses variétés physiologiques, de ses al -

térations morbides. Monipellier, 1843 , in-8°.) — Pag. 127-30

[Augmentation delà quantité de bile, ou Polycholie).

992. Définition. — i\ppûoxis flux bilieux une affection dont le principal caractère est de consister en évacuations plus ou moins abondantes de bile, soit par haut, soit par bas, soit par l'une et l'autre voie en même temps, de telle façon qu'on ait véritablement droit d'établir cette supposition-ci, à savoir, que, là, le phénomène essentiel et primordial est tout simplement un excès de sécrétion.

A Dieu ne plaise que nous dissimulions combien de doutes et d'obscurités entourent encore la question de la supersécrétion biliaire, et, comme on dit , de la polycholie ! Certes, dans bien des cas , il se peut faire que cette supersecrétion, au lieu d'être idiopathique , se produise secondairement sous la dépendance d'une hépatite, d'une duodénite, d'une gastrite. C'est là une face de la vérité, mais non pas, comme on le professa dans 1 école de Broussais, la vérité tout entière. Bien des fois aussi la supposition d'une supersécrélion idiopathique de la bile doit être une réalité, quoique, en prenant les cas un à un et isolément , il n'y en ait peut-être aucun où nous puissions affirmer la chose en toute certitude.

993. Synonymie. ~ Cholorrhée [Cholorrhœa), de Ploucquet (Literofur. rned., art. Bilis), et de quelques autres pathologistes. - Hypercholorrhéc, de M. Piorry {Traité deméd. prat., t. V, n. 8555-6)

99/1. Syrnptomatologie. - A. Assez ordinairement, un flux bilieux ne se manifeste qu'après le développement plus ou moins prononcé de

ces symplômes qui caractérisent ce qu'on nomme l'embarras gastrique. Amertume de la bouche ; enduit jaunâtre de la langue; inappétence; dégoût, nausées; teinte tant soit peu ictérique dans le blanc des yeux et au visage, surtout aux ailes du nez : voilà les symptômes qui préludent , pendant un ou deux jours ou davantage, à l'évacuation de la bile surabondante. Cette évacuation s'opère , je le répète , tantôt par les vomissemcns et par les selles tout h la fois, tantôt d'une S3ule manière exclusivement. Au surplus , les eiïorts de vomissement sont plus ou moins douloureux; les coliques, inséparablement liées aux déjections bilieuses, sont plus ou moins cruelles.

B. Inutile de dire que la bile rejetée n'est pas toujours pure. Elle se montre mélangée de chyme, de mucus, de matière stercorale, surtout dans les premières évacuations. Mais quelquefois elle finit par se présenter pure ou à peu près. Notons, d'ailleurs, qu'elle est tantôt jaune, tantôt verte.

C. Quelquefois, la quantité de bile évacuée est très considérable, très étonnante. M. Bouisson (/oc. cit.) nous dit avoir observé , à l'hôpital Saint-Eloi, le cas d'un officier qui, pendant le cours d'une maladie vénérienne, fut atteint tout-à-coup de vomissemens bilieux, et rendit énormément de bile, au point de remplir à plusieurs reprises une cuvette de grande dimension.

D. Généralement, le flux bilieux est un accident de courte durée et sans conséquence fâcheuse. Souvent , il ne paraît qu'à litre de crise salutaire pour enlever le malaise, la courbature et tous les phénomènes de l'embarras gastrique. Quelquefois même, il semble mettre fin à des maladies graves.

E. Mais, dans certains cas, le flux bilieux, à raison de son abondance extraordinaire, laisse après lui une faiblesse et un amaigrissement considérable.

F. D'autres fois, enfin, il se montre accompagné de tous les symptômes asthéniques et nerveux qui sont propres au choléra, et peut très vite aboutir à la mort. Au reste, ce dernier cas est rare, surtout en tant que flux bilieux véritablement pur et simple ; car d'ordinaire , sinon toujours, en pareille circonstance, il y a choléra proprement dit, tel que nous l'entendons ; il y a gastro-entérorrhée, il y a supersécrétion intestinale en complication avec la supersécréiion biliaire.

995. Etiologie. — On s'accorde à reconnaître que les climats chauds, surtout les climats très chauds, que l'été, que le tempérament bilieux, sont autant de conditions prédisposantes pour le développement d'une sécrétion excessive de bile.

Y a-t-il quelque chose de vrai dans cette assertion, répétée par tant d'auteurs, que les alimens indigpstes, et surtout les alimens gras, sont

une cause de supersécrélion biliaire? Assertion qui, à l'égard du beurre en particulier, est devenue un préjugé populaire des plus répandus et des mieux enracinés. Si nous ne sommes pas encore convaincus que le beurre fait de la bile, ce n'est pas faute d'avoir eu les oreilles mille fois rebattues de ce dicton vulgaire.

Ce qu'il y a de très certain, c'est le rapport de cause h effet entre les fortes émotions de colère ou de frayeur et le flux bilieux. Tant et tant de fois on a vu celui-ci se déclarer immédiatement à la suite de celle-là ! C'est même là , il faut le dire , que nous rencontrons l'exemple le plus clair et le plus frappant d'une supersécrélion idiopathique de la bile. Les évacuations suivent alors de trop près l'impression qui a ébranlé le moral, pour être imputables à quelque autre dérangement qu'une supersécrétion pure et simple. Et qu'y a-t-il, en vérité, de surprenant et d'incroyable à ce que la bile se produise en plus grande abondance sous le coup même d'une émotion violente, comme se produisent les larmes, comme se produit une sueur froide, etc., etc.?

Quant aux cas dans lesquels la supersécrétion de la bile et les évacuations plus ou moins abondantes de cette bumcur par haut et par bas ont lieu consécutivement à la présence d'une hépatite , d'une gastrite , d'une duodénite , c'est à peine si je dois ici les mentionner pour mémoire. Car, après tout, ils ne rentrent point dans le sujet du présent article, où je ne me suis proposé d'envisager le flux bilieux que comme affection idiopathique.

996. Théro^eutique. — Si le flux bilieux est peu considérable , à peine réclame-t-il un traitement; à peine indique-t-ill'emploi de boissous acidulées et de lavemens émoUiens. S'il devient excessif, les opiacés sont encore, à ce qu'il paraît, un excellent remède pour le modérer et y mettre fin , comme en fait foi le cas déjà cité de cet officier dont M. Bouisson nous a parlé , et chez lequel il arrêta les vomissemens bilieux par l'emploi de l'opium. Ai-je besoin de dire, au surplus, que, si la maladie revêt la forme du choléra, il faudra déployer avec énergie, mais avec à-propos et suivant les indications particulières du cas donné, les diverses ressources que j'ai indiquées dans le précédent article (990) ?

ARTICI.E VIX.

BRONCnORRnÉE.

' Roche.— De Bpoyxoç : voir l'article Bronchite. — Voir encore ci-dessus, art. II.)

997. Bibliographie. — Alat'.d. — {Du siège et de la nature des maladies. Paris, 1821, in-8°.— Chap. IV, § I", Des exhalations morbi figues directe^ çu immédiates,.. . Z° Des phlegmafo)T/iagies.)

^"^■^ PATIIOmCrlE MÉDICALE.

Laf.nnec. — (Traité de rAuscult.) Il- pariic, section I", cliap. i, art. 8, Bu catarrhe pituiteux, ou de la Phlegmorrhagie pulmo-

naire.

Andkal. — ( Clin. méd. , — t. ni, — Dans les Observations sur la bronchite.) Obs. XVI. Symptômes de bronchite chronique. Expec ioration séreuse très abondante. Blancheur de la membrane muqueuse. — Obs. XVII. Flux bronchique aigu déterminant la mort par asphyxie, chez un individu atteint de pneumonie et de bronchite chroniques. — Obs. XVIII. Flux séreux des bronches, dont rapparition subite coïncide avec la résorption d'un hydrothorax.

Roche. — (Dans. le Dict. de méd. et de chir. prat., — t. IV,

p. 272-8.) — Art. Bronchorrhée.

DELABERGEet MONNERET. — {Compendium , — t. I, p. 681-7.) —

Art, Bronchorrhée.

998. Vue générale et division du sujet. — Sous le nom de bronchorrhée, nous désignons un genre particulier de maladie essentiellement constitué par une sécrétion excessive de la muqueuse bronchique sans la présence d'une bronchite à laquelle cette supersécrétion soit imputable.

Or, ce cas existe-t-il en réalité? Personne aujourd'hui, je crois, ne songe à le contester. L'analogie et le raisonnement ne permettent guère d'en révoquer en doute la possibilité, voulût-on se bornera considérer la question à priori. (Mais l'observation est toujours là pour éclairer, à cet égard, quiconque ne condamne pas ses yeux à ne contempler la nature qu'à travers les nuages d'un système préconçu.

D'après le témoignage de divers observateurs très savans et très éclairés, il est constant qu'une expectoration fréquente et très abondante d'un mucus séreux, glaireux ou puriforme, sans aucun autre trouble de la santé dans le principe, a fini quelquefois par être suivie du marasme et de la mort, et cela sans que l'on ait pu reconnaître, une fois l'autopsie faite, d'autre cause du dépérissement, hormis l'énorme déperdition quis'opérait par leflux bronchique. M. Andral, par exemple, nous assure avoir constaté, en pareil cas, l'état pâle et parfaitement normal de la muqueuse bronchique , notamment chez un individu qui rendait habituellement dans les vingt-quatre heures un litre environ de liquide par l'expectoration [loc. cit.). M. Grisolle, cet observateur si exact et si consciencieux, affirme, lui aussi, avoir rencontré une fois, et bien vérifié le fait dont il s'agit ( Tr. élém. et prat. de path., t. I, p. UO).

Outre ces flux catarrhaux chroniques dont les bronches peuvent ainsi

FLUX. 573 être le siège, il est encore certains flux bronchiques aigus qui, par leur invasion soudaine, par leur nature purement séreuse, par leur extrême aboudance , ne peuvent pas du tout être confondues avec la bronchite.

Nous allons donc partager cet article-ci en deux paragraphes : l'un , pour la forme aiguë de la bronchorrhée ; l'autre , pour la bronchorrhée chronique.

999. Synonymie. — Asthme muqueux, d'Alibert (famille V, Pneumonoses , genr. i, espèce 2). — Phicgmatorrhagie pulmonaire, de M. Alard. — Phlegmorrhagie pulmonaire , de Laënnec. — Catarrhe pituiteux, de beaucoup de vieux observateurs.

§ I. Se la Bronchorrhée aiguë en particulier.

1000. Brève description. — La bronchorrhée aiguë, beaucoup plus rare que la bronchorrhée chronique, est, en général, un accident aussi grave qu'effrayant. Elle est caractérisée par la rapide apparition d'une expectoration très abondante de pituite incolore , transparente , filante et spumeuse, avec une dyspnée considérable, le plus ordinairement même avec une dyspnée suffocante (A6. A. y.).

Au début, il semble quelquefois que ce soit un simple rhume qui survienne ; mais au bout de peu d'heures , ou môme de quelques minutes, la violence de la toux, la gêne excessive de la respiration, l'intensité de l'angoisse (46. A. S.), et souvent la lividité de la face, les symptômes d'hypérémie encéphalique, le refroidissement des extrémités, etc., font trop bien voir la gravité de la maladie et l'imminence de la mort. On comprend sans peine que, chez les enfans, une telle affection ait pu quelquefois être prise pour le croup. Laënnec {loc. cit., p. 165) nous apporte un exemple d'une semblable erreur de diagnostic. Chez un enfant qu'on disait mort du croup , et à l'autopsie duquel il avait assisté , « les bronches ne contenaient autre chose qu'une sérosité un peu filante » et à peine spumeuse, qui les remphssait presque en entier. Leur * membrane interne présentait à peine çà et là quelques légères rougeurs. »

Que nous apprend, en cas de bronchorrhée, l'examen du thorax par la percussion et l'auscultation ? Le voici. Normalité parfaite de la sonorité thoracique. Râles divers : râles sous-crépitans, muqueux, sibilans, ronflans. Rien de plus facile à comprendre et à expliquer que le développement du râle muqueux et du râle sous-crépitant , par suite delà présence d'un liquide dans des ramifications bronchiques de plus ou moins gros calibre. Les râles sibilans et ronflans fournissent un argument assez fort en faveur de l'hypothèse d'une tuméfaction hypérémique de la muqueuse bronchique. Mais conclure de là à l'existence d'une vérilabli; bronchite, comme le veulent certains palhologisles , c'est assurément

57i PATHOLOGIE MÉUlCALli.

une conclusion illcgiiime et mal fondée ; car toute hypérémie , même slhéiiique , n'est pas décidément inflammatoire. Faut-il redire h nos lecteurs que l'hypérémie est très souvent une des conditions préalables de la supersécrétion (178. D. C)? Et, d'ailleurs, on pourrait, à la rigueur, pour l'explicaliou des râles sibilans ctronflans, invoquer, au lieu d'un boursouflemeut de la membrane muqueuse, les obstacles et les rétrécisseniens que doit opposer à la circulation de l'air uu mucus visqueux et tenace, çà et là demeuré adhérent dans les ramifications bronchiques.

Quelquefois, une bronchorrhée suraiguë peut être un accidentmortel. Mais cela n'arrive guère que lorsque le sujet est trop faible pour expulser, par les efforts d'expectoration, le liquide qui afflue dans les voies bronchiques; en d'autres termes, lorsqu'à la bronchorrhée se joint une hydropneuuionie (918-9). Le plus ordinairement, la bronchorrhée aiguë, après avoir jeté sa victime dans l'état le plus horrible et le plus alarmant, cesse et disparaît aussi vite qu'elle était venue. Chez quelques personnes, elle se reproduit par accès de temps à autre.

Dans certains cas , à la vérité très rares , la bronchorrhée aiguë se montre à litre de crise heureuse et salutaire, qui guérit en quelques jours, ou même en peu d'heures, une anasarque, une ascite, uu hydrothorax.

1001. Thérapeutique. — Une saignée peut être très utile chez les sujets d'un tempérament sanguin, d'une constitution pléthorique. Mais gardez-vous bien d'abuser de ce moyen , et surtout d'y avoir recours routinièrcment chez qui que ce soit. Craignezde trop affaiblir votre malade, et de le rendre incapable des efforts d'expectoration qui sont nécessaires pour dcbanasser les voies bronchiques , et prévenir l'hydropneumonic.

L'administration d'un vomitif (ipécacuanha , ou tartre stibié) est un moyen des plus efficaces, tant pour modérer la supersécrétion bronchique que pour faciliter l'expectoration du liquide une fois sécrété. C'est là un remède plus généralement applicable que ne l'est la saignée. Ce sera là, bien des fois , la seule ancre de salut. Au besoin, on répétera le vomitif plusieurs fois de suite.

Siuapismes, vésicatoires aux extrémités inférieures, et autres moyens de révulsion rapide, afin de s'opposer à la suffocation.

g IX. 3>e la Bronchorrhée chronique en particulier.

1002. Brève description. — La bronchorrhée chronique ne se présente guère que chez des individus déjà vieux, ou, du moins, parvenus à l'âge de virilité décroissante, et particulièrement chez ceux dont la

FLUX. 575 constitution a été affaiblie et ruinée par la misère , les fatigues ou les excès de tout genre. Beaucoup de goutteux, lorsqu'ils avancent en âge, se voient atteints de celte maladie. Ce qui, de toute évidence, y prédispose, ou, pour mieux dire, en prépare le développement, ce sont les récidives fréquentes de la bronchite aiguë. Il ne paraît pas que la bronchorrhée chronique puisse jamais être la suite de la forme aiguë que nous venons de décrire dans le précédent paragraphe (1000). Comme tant de flux catarrhaux qui sont la transformation insensible de l'inflammation d'une membrane muqueuse , elle succède ordinairement à la bronchite devenue chronique.

Chez une partie des sujets atteints de bronchorrhée chronique, l'expectoration est glaireuse, même puriforme, et se produit régulièrement, s'il est permis de parler ainsi , pendant tout le cours de la journée, comme dans les formes ordinaires de la bi'onchite chronique (510. C).

Chez quelques sujets, l'expectoration est purement pituiteuse. Et c'est surtout sous cette forme qu'on la voit se reproduire par accès, et à peu près périodiquement.

Assez ordinairement, il y a deux accès dans les vingt-quatre heures, l'ua au moment du réveil, et l'autre vers le soir. Certains malades, au contraire , ont leurs accès immédiatement après les repas. La quantité de pituite expectorée est toujours considérable. Laënnec {loc. cit.,\>. 167) dit avoir vu quelques malades en rendre deux à trois livres à chaque accès, dont la durée n'était cependant que d'une heure ou deux environ. Pendant l'accès, il y a toujours une dyspnée plus ou moins pénible, qui ensuite diminue ou cesse même complètement. C'est bien là ce que les anciens nommaient un asthme humide.

Quoi qu'il en soit, la bronchorrhée chronique, tout en étant une maladie apyréfique, tout en n'amenant avec elle ni fièvre ni sueurs nocturnes , n'en finit pas moins par produire un certain degré d'affaiblissement et de maigreur. Il est rare, mais non pas impossible, que la maigreur aille en pareil cas jusqu'au marasme. En règle générale, donc, la bronchorrhée chronique n'empêche pas la vie de se prolonger pendant un grand nombre d'années.

n C'est une chose fort remarquable, » dit Laënnec {loc. «Y., p. 168-9), > que l'énorme déperdition journalière qui peut avoir lieu par des flux » pituiteux, et le nombre d'années qu'ils peuvent durer sans que le " malade succombe. iM. Alard a réuni plusieurs faits intéressans de ce » genre. .Je connais moi-môme, à Paris, deux vieillards qui ont joué « l'un et l'autre un grand rôle sur la scène politique, et qui sont sujets » à des flux abondans de cette e.spèce. L'un d'eux , plus que septuagé- » naire, expectore , depuis dix à douze ans , tous les jours , dans deux

«accès phlegn.orrhngiques. environ quatre livres d'un liquide inco- . lore, filant et spumeux. L'autre rend tous les matins, par des vomis- «semens faciles, et qui se répèlent à de courts intervalles pendant » que ques heures de trois à six livres d'un liquide tout-à-fait

semblable a du blanc d'œuf mêlé à un tiers d'eau : quoique â^é de » plus de soixante ans, il se porte assez bien, et peut encore se pro- » mener h pied pendant plusieurs heures. »

Cependant, quelques sujets meui-eut d'épuisement au bout d'un cerlam temps par ic seul fait de la bronchorrhée. On eu trouve un exemple remarquable dans l'une des observations , plus haut citées (obs. XVP) de la Clinique de U. Andral. Il s'agit d'un homme de quarante-cinq ans, qui mourut dans un grand degré de dépérissement et d'émacialion api-es avoir expectoré chaque jour, pendant plus de deux ans , environ une pinte et demie d'un liquide pituiteux. A l'autopsie, on constata une pâleur remarquable de la membrane muqueuse trachéo-bronchique depuis un bout jusqu'à l'autie. Ou ne put reconnaître aucune autre cause de mort que l'abondance journalière de la déperdition pituiteuse.

D'autres malades, sans être encore réduits au marasme , succombent par suite de la difficulté de plus en plus grande qu'ils éprouvent à respirer et à expectorer, l'emphysème pulmonaire se surajoutant à la bronchorrhée, et s'accroissant de jour en jour par le progrès de la vieillesse, et les puissances expiratrices se trouvant en même temps de plus en plus affaiblies. Il n'est pas rare, en pareil cas , que l'impossibilité de l'expectoration détermine une hydropneumonie irrémédiable et meurti ière.

1003. Thérapeutique. — Mêmes principes de traitement que pour la bronchite chronique (513). Inutile de les exposer ici de nouveau : tant il est vrai, encore une fois, qu'entre les inflammations muqueuses chroniques et les flux catarrliaux (299. Q.) existe une filiation étroite, intime, et qui n'est pas de nature à toujours permettre, dans chaque cas particulier, un diagnostic précis. Force nous est donc de suivre d'autres indications que celles qui dériveraient d'une détermination rigoureuse de l'espèce même de la maladie (11/|) : force nous est donc de régler nos prescriptions d'après l'abondance de l'expectoration , d'après la dyspnée, etc., etc.

Au surplus, il est bien des cas où la bronchorrhée chronique ne réclame, de la part d'un médecin prudent et éclairé, qu'une thérapeutique palliative. Car, une fois enracinée et invétérée, elle constitue une sorte de fonction excrémentiiielle , qui est devenue nécessaire à l'équilibre général de l'économie, et qui ne pourrait être complètement supprimée sans danger, à moins d'établir artificiellement quelque

FLUX. 577 autre flux tout-à-fait équivalent, et, sans nul doute, tout aussi incommode.

ARTICI.I: VIII.

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