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558. Définition. — Sous le nom de méningite, on entend spécialement l'indammaiion de la membrane séreuse appelée arachnoïde, et du tissu celttilaire sous-séreux qui existe et se comporte d'une façon si remarquable entre cette séreuse et la substance nerveuse, et constitue là une sorte de membrane , une autre méninge, appelée pie -mère.
Quant à l'inflammation de la dure-mère , celle méninge de nature fibreuse et qui ne s'enflamme qu'assez rarement et guère autrement qu'à litre d'afTection traumatique, dans les plaies de tête (voir en Palhologic chirurgicale) , l'usage n'est pas de comprendre cette inflammationlà dans l'histoire de la méningile proprement dile; et cependant, là même, il y a toujours méningite dans le sens restreint du mol, puisque,
à coup Sûr , la dure-mère ne peut être enflammée sans que le feuillet arachnoïdien qui la tapisse ait une part au molimen inflammatoire.
559. Synonymie. — A. Arachnitis ou Arachnoïdite : chez la généralité des auteurs d'il y a dix à quinze ans; ce qui, toutefois, n'était pas un terme très exact. Car , la plupart du temps du moins, et surtout dans les cas graves, — en conformité, ou, disons mieux , à l'appui de l'assertion par nous ci-dessus avancée, que le siège réel du molimen inflammatoire est bien moins dans le mince tissu des membranes séreuses que dans le tissu cellulaire sous-séreux (303) , — les altérations anatomiques se montrent ici plus constantes et plus considérables dans l'épaisseur de la pie-mère que sur l'arachnoïde même.
B. Piitis: mot hybride, préféré par quelques médecins, en raison, sans doute, de la considération d'anatomie pathologique que je viens d'émettre (A). Mais ce mot, il faut le dire, n'a pas fait fortune.
C. Pie-mérite ! ! !.. (le croirait-on ?) dans les écrits de certains auteurs, qui ne reculent pas devant les mots les plus barbares, et ne se fout pas scrupule de violer les règles les plus élémentaires de la philologie.
560. Remarque jn éliminaire. — Quoi qu'en puissent penser et dire certains esprits , il est bien impossible , dans l'état actuel de la science , d'établir , autrement qu'au point de vue anatomique , une distinction complète , une démarcation absolue entre la méningite et l'inflammation du parenchyme nerveux subjacent. Oui , cela est impossible en tant qu'on envisage , non pas le cadavre , mais le malade vivant , en tant qu'il s'agit , non pas simplement de nécroscopie , mais de médecine clinique. En efl'et, les symptômes qui peuvent déceler une méningite ne sont rien autre chose qu'une perturbation des fonctions de l'encéphale ou de la moelle épinière, ou tout à la fois de l'un et de l'autre , selon le siège et l'étendue de la méningite même; voilà tout, ni plus ni moins. Or, en admettant ici , je le veux bien , qu'en certains cas ces troubles de sensibilité , d'intelligence et de locomotion ne soient dus qu'à l'ébranlement sympathique du parenchyme nerveux , toujours est-il, incontestablement, que dans bon nombre de cas, symptomatologiquement identiques à ceux où les méninges seules se montrent lors de l'autopsie entachées d'altérations phlegmasiques , le parenchyme nerveux lui-même peut aussi, soit concurremment avec les méninges , soit tout seul , présenter visiblement des altérationsde nature inflammatoire. Eh bien ! maintenant, qui oserait nier résolument qu'en aucun des cas de la première espèce il y ait inflammation commençante du parenchyme nerveux? Qui oserait nier, à l'égard d'un tissu si délicat , si éminemment irritable, la possibilité d'un molimen inflammatoire qui, bien que trop peu avancé pour avoir des traces caractéristiques et certaines sur le cadavre , n'en soit pas moins propre à entraîner sur le vivant les désordres fonctionnels les plus graves? Assurément, l'esprit des médecins penseurs a très souvent droit
INFLAMMATIONS SIÎREUSES. 5
de voir une encéphalite là où les yeux de ranatorao-pailiologiste ne voient qu'une méningite; thèse que Georget, entre autres, a embrassée et fort habilement mise en lumière dans son article Encéjjhalite du Dictionnaire de médecine en 1\ vol. (t. VIII, p. 1-50).
Ce ({ui vient surtout à l'appui de celte opinion , c'est que le même enscuîble symptomatique qu'on sera tenté d'attribuer h une méningite, comme au vice anatomique le plus constant en pareil cas , peut très bien avoir lieu sans que l'autopsie démontre rien d'indammatoire , ni dans les méninges, ni dans le parenchyme nerveux. Et alors, qu'y a-t-il de mieux à invoquer, qu'y a-t-il de mieux à supposer qu'une inflammation commençante de ce parenchyme même , qu'une inflammation encore trop peu prononcée , anatomiquement parlant , pour laisser là son empreinte après la mort?
Donc, encore un coup, ce n'est pas notre faute , mais c'est bien un vice inhérent à l'imperfection actuelle de la science, si nous ne faisons pas cesser toute confusion , en fait de symptomatologie et de diagnostic , 'entre la méningite d'une part, et l'encéphalite on la myélite d'autre part. Au surplus, sous le rapport thérapeutique , il n'y a pas lieu de regretter beaucoup ici l'incertitude du diagnostic anatomique , les ressources de l'art , quant à présent du nioins , n'étant point foncièrcnienj. différentes dans les divers cas. Cela posé, nous allons toutefois envisage spécialement en deux paragraphes : 1° la méningite encéphalique , 2" la méningite rachidienne.
§ Se la Méningite encéphalique.