ACOUSTIQUE
470. L’acoustique a pour objet de déterminer les lois suivant lesquelles le son se produit dans les corps et se transmet ensuite jusqu’à nos organes. Cette science est du ressort de la physique, parce que les corps, tandis qu’ils retentissent, et qu’ils produisent du bruit ou du son, éprouvent dans leur masse des modifica tions remarquables, tout-à-fait dépendantes des forces physiques qui les constituent. Nous verrons qu’ils sont alors ébranlés dans toutes leurs parties, et que les molécules qui les composent exécutent des oscillations ou des mouvemens de vibrations si rapides, qu’il est impossible d’en compter le nombre par des observations directes. L’étendue et la durée de ces mouvemens, la direction suivant laquelle ils se propagent, et l’harmonie qui doit exister entre eux, pour qu’ils se soutiennent et se perpétuent sans se détruire, sont les phénomènes les plus frappans qui se présentent aux physiciens pour étudier l’arrangement moléculaire des corps , leur élasticité et toutes les circonstances de leur structure intérieure.
Pour prendre une première idée du nombre et de la variété des phénomènes que l’acoustique embrasse, il suffit de remarquer que tous les sons que nous pouvons entendre, que toutes les nuances que notre organe peut saisir entre eux, correspondent certainement à des mo-
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diG cations physiques différentes dans l’air qui nous apporte ces impressions, et dans le corps sonore, plus ou moins éloigné, duquel l’air les a reçues. C’est la série de ces mouvemens divers, communiqués de proche en proche depuis le corps sonore jusqu’à nous, qu’il s’agit de développer. Ainsi l'acoustique prend le son à sa naissance; elle constate, pour ainsi dire, le mouvement de toutes les molécules du corps qui le produit, elle montre comment il se communique à l’air, comment il en traverse la masse, et comment il vient enfin ébranler les membranes extérieures de notre organe; là, la science est à son terme; dès que le nerf acoustique est frappé, il n’y a plus de traces perceptibles de modifications matérielles, et, par conséquent, plus de phénomènes ph}Tsiques.
Ces notions générales font assez voir en quoi l’acoustique diffère de la musique : la première de ces sciences considère le son hors de nous et des sensations qu’il peut produire; la seconde le considère en nous, dans les émotions qu’il peut faire naître, dans les sentimens ou dans les passions qu’il peut exciter ou modifier.
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