‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 48 sur 81 · DES VIBRATIONS DE. MUSIQUE. — CIIAP. V · texte numérisé non relu

DES VIBRATIONS DE. MUSIQUE. — CIIAP. V

et disposé des feuilles ou des lames de différentes substances-, il n’y a pas une de ces modifications qui ne donne au son untimbrcparliculier, et l’on peut ajouter que plusieurs combinaisons de cette sorte, imaginées par M. Grenié , n’ont pas été sans succès pour faire sortir des tuyaux d’anclies certains sons plus ou moins analogues aux sons des voyelles articulés par la voix humaine.

M. Grenié paraît être le premier qui ait donné aux anclics leur perfection actuelle ; autrefois la languette venait battre sur les bords de la fenêtre ; elle était trop large pour passer alternativement en dedans et en dehors, et le son quelle donnait avait toujours quelque chose de la voix criarde du canard.

Les embouchures de basson , de hautbois et de clarinette ne sont autre chose que des anches diversement ajustées. Dans ces instrumens c’est la pression des lèvres qui tient lieu de rasette.

5oo. Des instrumens à cordes. Tous les instrumens à cordes ont une caisse sonore , et tout le monde sait que la qualité du son dépend de la construction de la caisse. La corde, la caisse et l’air qu’elle contient, forment encore un système vibrant dont chaque partie imprime au son un timbre particulier. C’est la corde qui donne le ton , c’est-à-dire, que, dans le reste de l’instrument, toutes les pièces doivent se mettre à l’unisson avec elle , et pour cela se partager convenablement par des lignes nodales.

11 est clair, en effet, que la liaison de la corde avec tout le système ne peut pas modiGcr le son qu’elle doit rendre d’après sa longueur et sa tension , car les points par lesquels elle touche les chevalets sont inévitablement des noeuds, et ces noeuds une fois déterminés le son en est une conséquenccnécessaire. Il faut donc que la caisse soit d’une telle substance et d’une telle forme qu’elle puisse instantanément prendre l’unisson de toutes les cordes dans tous leurs tons, et il faut en outre qu elle puissç instantanément

aussi imprimer ses vibrations à la masse d’air qu’elle contient, et par conséquent que cette masse d’air soit apte à les recevoir. Ges conditions multipliées font assez voir combien il est difficile de faire un bon instrument à cordes, et par exemple , un boii violon. Car en supposant qüc la matière de la caisse vibre parfaitement bien, il pourra se faire que par sa forme la masse d’air qu’elle enveloppe reçoive mal ses Vibrations, et l'instrument sera mauvais. Un peu plus d’élasticité ou de rigidité dans le bois de la table supérieure , exigera saris doute urie autre forme dans la caisse, et c’est pour cela que deux violons également parfaits ont cependant des formés sensiblement différentes , et que deux violons de même forme peuvent être , l’un très-bon et l’autre fort médiocre.

Il suffit quelquefois d’un changement léger dans les pièces mobiles pour rendre un violon un peu meilleur ou un pep plus mauvais. Caries vibrations passent de la corde à la table supérieure par le chevalet $ et de la table supérieure à la table inférieure au moyen de (âme. La position absolue de ces pièces et leur position relative ne peut donc manquer d’avoir quelque influence sur la facilité avec laquelle le son passe de la corde à la caisse et de la caisse à la masse d’air. M. Savai t a fait des expériences variées et intéressantes pour montrer aux yeux par le mouvement du sable la transmission des vibrations dans les diverses pièces du violon , et il est parvenu ainsi à indiquer les fonctions principales que chacune d’elles doit remplir. Cependant la pièce la plus simple doit satisfaire à tant de conditions différentes, qu’il est à peu près impossible d’en faire une analyse exacte, et sans doute si l’on voulait la changer pour mieux l’approprier à tel ou tel but, il est. très-probable qu’elle deviendrait moins apte pour tel ou tel autre et que l’on perdrait d’un côté au moins autant que l’on gagnerait de l’autre.

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