‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 72 sur 81 · MICROSCOPE SOLAIRE · texte numérisé non relu

MICROSCOPE SOLAIRE

56o. Microscope solaii'e. Cet instrument dont les effets peuvent être comptés parmi les plus curieux et les plus instructifs de l’optique a été imaginé en 174$ 5 par Lieberkuhn , de l’académie de Berlin. Il a ^a plus grande analo-

gie avec la lanterne magique de Kircher : c’est encore un système de verre pour éclairer l’objet et une lentille de court foyer pour en donner une image réelle; mais la lumière qu’on emploie est alors la lumière du soleil.

Le microscope solaire qui nous parait maintenant leplus parfait , soit pour la netteté des images, soit pour la clarté et le grossissement, est représenté dans la figure a35, sur une échelle de demi-grandeur. Le système d’éclairage se compose d’un miroir plan de verre m, d’une première lentille éclairante r i, de i5 ou iS lignes de diamètre, et d’une seconde lentille d’un court foyer s u que l’on appelle le focus. Le miroir m réfléchit la lumière solaire, et dirige dans le tube t, parallèlement à s î>n axe, un faisceau qui en doit remplir toute l’étendue ; la lentille objective imprime à la lumière de ce faisceau un premier degré de convergence ; le focus qui la reçoit ensuite la fait converger davantage, et de telle sorte qu’elle aille faire son foyer à trèspeu près sur l’objet qui est en expérience. Pour remplir cette condition il est nécessaire que le focus soit mobile , et on le fait mouvoir en effet au moyen d’une crémaillière qui règne le long de sa monture et d’un pignon dont le bouton b est au dehors du tube.

L’ajustement de l’objet est un point important : lorsqu’on veut observer par exemple les corps très-petits contenus dans les liquides, comme les globules du sang ou les animalcules de différentes espèces, ou les molécules cristallines que déposent les dissolutions en s’évaporant , etc.; il suffit d’étalcr une goutte du liquide sur une lame de verre à faces parallèles et de porter cette lame sous la lumière du focus en tournant le liquide de son côté. Dans plusieurs autres circonstances l’objet doit être simplement placé entre deux lames de verre; et il y a des cas enfin où il faut l’enfermer dans une boîte à faces de verre remplie de liquide ; c’est ce qui arrive quand on veut observer la circulation du sang dans la queue des têtards ou dans les

extrémités de quelques poissons, et aussi quand on veut observer la circulation des globules du ckara. Tous ces objets, disposés comme nous venons de le dire, peuvent être ajustés au microscope d’une manière commode au moyen du mécanisme qui est représenté en r vf (Fig. 235). r et p'sont des lames carrées de cuivre unies aux quatre coins par de petites tiges de même métal; sur chaque tige est un ressort en spii'e qui pousse la troisième plaque q contre la plaque p'; c’est entre q et p' que se glissent les lames ou les assemblages de lames qui portent l’objet. Ce système de plaques doit encore tourner autour du tube t , pour qu’il soit possible de donner à l’objet toutes les positions sans le déranger et même sans perdre de vueson image.

L’objet ainsi ajusté et convenablement éclairé par le focus , il est facile d’en obtenir l’image amplifiée ; pour cela on fait mouvoir la lentille l, qui est véritablement la lentille objective ; celteîentille se déplace au moyeu d’une crémaillère adaptée à sa monture et d’un pignon dont le boulon est en b'; on l’approcbe et on l’éloigne de l’objet jusqu’à ce qu’on obtienne enfin une image nette et brillante sur un grand tableau de toile blaucbe ou de papier, placé à la distance de io, 1 5 , ou 20 pieds. Puisque l image est réelle , il eu résulte que l’objet se trouve au-delà du foyer de la lentille l , et il sera facile , d’après nos formules sur les lentilles (535), de déterminer avec précision la position de l’objet, lorsqu’on connaitra la distance focale principale de la lentille et la distance du tableau; il sera facile aussi d’en déduire le grossissement. Mais si l’on veut observer le grossissement d’une manière directe, il faudra prendre pour objet, un micromètre en verre portant des divisions de grandeurs connues, et mesurer l’étendue que ces divisions occupent sur le tableau.

Dans les microscopes anciens l’image est toujours sillonnée des couleurs du spectre, surtout près de scs contours et près desparlics les plus opaques ; MM. ^ incent elCharles II. 23

LIVRB HUITIÈME.

Chevalier sont parvenus à éviter cet inconvénient en adaptant, pour objectif, à leurs microscopes, des lentilles achromatiques d’un assez court foyer, comme, par exemple, de 2, 3 ou 4 lignes. Pour obtenir de forts grossissemens on peut employer ensemble deux ou même trois de ces lentilles au lien de la lentille unique que nous avons figurée en l.

Le microscope solaire, ainsi perfectionné, deviendra sans doute un instrument précieux pour une foule de recherches physiques et aussi pour les recherches de botanique et d’anatomie.

MÉGASCOPE.

56i. Mégascope. Cet instrument est destiné à donner des copies réduites ou amplifiées, d’une gravure, d’un tableau , d’une bosse ou d’un bas-relief qui n’a pas une trop grande étendue. Il a été imaginé par Charles vers 1780, et depuis cette époque on en a fait plusieurs applications intéressantes pour les arts. Le principe de sa construction est encore celui de la lanterne magique , de la fantasmagorie ou du microscope solaire ; le mégascope ne diffère de ces derniers instrumens que par la nature des objets dont il donne les images, et par la manière dont ces objets sont éclairés. Ainsi, en dernier résultat, il se réduit à une seule lentille ll', Fig. 236, au-devant de laquelle on place l’objet b dont on veut avoir l’image l'éelle sur un tableau, ou dont on veut prendre la copie. Mais voici les principales conditions qu’il faut remplir pour avoir en même temps des images parfaitement nettes et pour varier les grossissemens.

i° La lentille l 1/ doit avoir 28 à 3o lignes de diamètre afin d’embrasser un champ assez étendu et de donner assez de clarté à l’image 5 elle doit être montée dans un tube un peu long qui arrête la lumière des nuées et les reflets latéraux 5 ou peut encore , pour mieux assurer cet effet ,

mettre dans le tube un diaphragme convenable. EnGn , au lieu d’une seule lentille on peut en mettre plusieurs à une petite distance l’une de l’autre, pour donner plus de convergence aux faisceaux incidens.

2° Au-devant de l’ouverture , à laquelle on adapte avec soin la monture de la lentille , se trouvent fixées au même niveau deux barres de fer horizontales ; on en voit une en f r, et on voit leur ajustement en fk f'. Ces barres supportent une espèce de char ch qui roule sur des galets, et dont la planche verticale c est destinée à recevoir les objets. Une double corde, dont les extrémités reviennent dans la chambre noire, est attachée au char, et sert à le faire avancer ou reculer, pour approcher ou éloigner l’objet b. EnGn deux ou plusieurs miroirs plans de verre étamé sont disposés au-devant du volet pour réfléchir sur l’objet l’image du soleil , et projeter les ombres dans un sens ou dans l’autre ; lorsqu’on expérimente sur des bosses ou des basreliefs , les miroirs peuvent être fixés au char pour se mouvoir avec lui.

3° Le tableau sur lequel on reçoit les images peut être en papier ou en mousseline comme pour le microscope solaire; alors on observe par-devant. Cependant les jeux de lumière que donnent les reliefs se font beaucoup mieux sentir lorsqu’on reçoit les images sur une grande glace convenablement doucie ou dépolie; alors on observe par derrière, et dans ce dernier cas les images peuvent être calquées sur du papier végétal avec beaucoup plus de facilité.

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