‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 71 sur 81 · LANTERNE MAGIQUE · texte numérisé non relu

LANTERNE MAGIQUE

558 . Lanterne magique. Cet appareil, imaginé autrefois par le P. Kircher, mérite encore quelque attention de la part des physiciens, parce qu’il a été l’origine de plusieurs inventions , et parce qu’il n’est pas uniquement restreint à n’offrir à la curiosité que des images grotesques. 11 se compose ( Fig. 234) d'une lampe p destinée à produire la lumière, d’un miroir concaven de deux lentilles convergentes^: et c', dont le seul effet est d’éclairer convenablement l’objet b ; enfin d’une lentille à court foyer u,',

qui doit produire les images sur un tableau éloigné. L’objet est une lame de verre sur laquelle sont peints divers sujets en couleurs plus ou moins vives et plus ou moins foncées. Le miroir m et les lentilles c et c' sont ajustés pour donner en b sur le verre un cercle lumineux trèsbrillant. Ce verre étant placé un peu plus loin que le foyer principal f de la lentille l l', il est évident qu’il doit faire son image réelle à une distance plus ou moins grande de l’autre côté de cette lentille. C’est cette représentation amplifiée de l’objet qui forme le spectacle de la lanterne magique. Pour lui donner tout son éclat, on a soin de faire les expériences dans une chambre complètement obscure •, la lampe et les verres sont enfermés dans une caisse de bois ou de ferc-bîanc , et les spectateurs , placés devant le tableau, ne reçoivent d’autre lumière que celle de l’image et du champ circulaire dans lequel elle est circoncrite.

PHANTASMAGORIE.

559. Phantasmagorie. La phantasmagorie n’est qu’une modification de la lanterne magique : dans ces deux instrumensles objets sont éclairés et amplifiés par les mêmes verres, ajustés de la même manière 5 seulement dans la phantasmagorie, les objets et le tableau doivent éprouver un déplacement relatif, combiné de telle sorte que le tableau devienne toujours exactement le lieu de l’image. Par exemple, quand l’objet se rapproche du foyer son image est plus grande et va se faire plus loin ; il faut donc que le tableau s’éloigne d’une quantité convenable; au contraire, quand l’objet s’éloigne du foyer, son image est plus petite et vient se faire plus près, il faut donc que le tableau se rapproche ; et pour que ces chaugemens puissent s’accomplir, sans que l’image cesse d’être distincte et visible pour les spectateurs , il faut combiner un mécanisme assez simple pour que tous ces mouvemens soient

OPTIQUE. ■“* ClIAP. V. IîfSTIlUMENS. 35 I

exécutés sans bruit et avec précision. Ces conditions remplies il en reste encore une autre non moins importante, pour donner aux apparitions phantasmagoriques tous leur prestige; il faut que les spectateurs soient dans les plus profondes ténèbres et ne distinguent d’autre lumière que celle qui vient peindre avec éclat les différons traits de l’image. Pour remplir cette condition, le plus sur moyen est de faire le tableau avec du taffetas gommé ou plutôt avec une toile enduite de cire et très-unie ; alors sa translucidité est suffisante pour que l’image puisse être vue par derrière très-distinctement à la distance de 1 5 ou 9.0 pas. Les spectateurs qui la regardent n’ont aucune conscience de la distance absolue, parce qu’ils ne distinguent aucun objet intermédiaire, et ils ne peuvent se défendre d’une illusion complète. On ne leur montre d’abord qu’une image très-petite , qui paraît dans les ténèbres comme un point lumineux très-éloigné, puis, cette image se développant peu à peu , semble s’avancer à grands pas et même se précipiter sur les spectateurs. Ce phénomène de vision est remarquable et montre à quel point il est facile de nous tromper par les yeux ; car la connaissance des lois de l’optique et du mécanisme de l’appareil 11e saurait nous sauver de l’illusion.

La figure a33 représente le détail d’une phantasmagorie ; les objets sont peint sur verre, comme pour la lanterne magique, et glissent dans la coulisse c; on peut aussi eu faire passer plusieurs à la fois et les faire mouvoir pour imiter des jeux de physionomie.

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