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résineuse qui agit sur lui par influence; ou, si l’on veut , ses électricités naturelles sont séparées; la résineuse est refoulée dans les balles , où elle s’ajoute à la résineuse qui s’y trouve déjà , tandis que la vitrée est appelée dans l’anneau , où elle neutralise une égale portion de résineuse , en se recomposant avecelle.La charge primitive de l’anneau et celle du corps qu’on lui présente peuvent être telles que , pendant l’action par influence , l’anneau se trouve encore électrisé résineusement , ou qu’il reprenne son état naturel , ou même qu’il se montre avec une charge d'électricité vitrée. C’est ce que l’on peut vérifier avec le plan d’épreuve. Ces phénomènes sont plus apparens , lorsqu’on donne à l’anneau une charge primitive d’électricité vitrée ; alors , sous l’influence des corps résineux , qu’on en approche graduellement, les balles se rapprochent peu à peu , reviennent au contact, et divergent de nouveau ; ce qui prouve d’une manière évidente que leur électricité vitrée a été peu à peu appelée dans l’anneau , qu’elle y est venue en totalité ; et qu’eufin, pour une moindre distance du corps agissant , il s’est fait une décomposition nouvelle qui refoule du fluide résineux dans les balles, et qui leur donne une nouvelle divergence.
336. Les corps électrisés par influence retombent à leur état primitif dès que Vinjluence cesse. — Puisque la décomposition par influence est instantanée dans les corps conducteurs , la récomposition doit être instantanée dès qu’on détruit la cause décomposante. Or, on peut en général la détruire de deux manières : soit graduellement , en tirant des corps électrisés de petites étincelles avec un corps isolé , ou en augmentant la distance du corps conducteur qui reçoit son influence; soit subitement , en tirant du corps électrisé un étincelle totale, qui le décharge complètement lorsqu’il est lui-même conducteur. Dans le premier cas, la recomposition est graduelle comme la diminution de la force , et l’on s’ea aperçoit à la divergence
des balles , qui diminue de plus en plus ; dans le second cas , les deux, électricités séparées par influence se rejoignent par leur attraction mutuelle , et se recomposent en totalité, comme on le voit par le rapprochement des balles, qui est subit et complet. Dans ces phénomènes , ni l’un ni l’autre des fluides ne sort de la masse qui reçoit l’influence électrique; mais ils éprouvent tous deux un mouvement de translation dans l’étendue de cette masse , soit quand ils se séparent , soit quand ils se rejoignent ; et ces mouvemens rapides de l’électricité produisent dans les molécules pondérables des secousses mécaniques ou des effets chimiques très- remarquables.
Par exemple, une grenouille, préparée et disposée, comme on le voit dans la figure 65 , semble n’éprouver aucun effet lorsqu’on tourne lentement la machine qui charge d’électricité vitrée le conducteur c; cependant son électricité naturelle est décomposée par influence, la résineuse est appelée en R , tandis que la vitrée est repoussée dans le sol par le fil s, et dès qu’on tire une étincelle au conducteur, la recomposition subite des électricités de la grenouille imprime à tout son corps une sorte de convulsion , qui la fait sauter comme si elle s’élançait par un mouvement volontaire; preuve frappante que , dans le retour à l’état naturel , les molécules des corps sont agitées par les fluides qui se pressent pour se rejoindre. Les commotions de cette espèce s’appellent le choc en retour. L’expérience serait tentée sans succès sur une grenouille tuée depuis cinq ou six heures ; mais elle réussit très-bien avec une grenouille qui vient d’être coupée et dépouillée , et mieux encore avec une grenouille vivante , telle qu’elle sort de l’eau.
En présence d’une puissante machine , un homme qui communique au sol éprouve des secousses analogues; on en peut faire l’expérience avec un conducteur d’une grande superficie : deux personnes placées aux deux extrémités de CB conducteur, n’éprouvent pas d’effets sensibles pendant
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qu’il se charge; mais l’une d’elles s’approchant assez près pour tirer des étincelles , l’autre , à l’instant , éprouve toute la violence du choc en retour , sans qu’il paraisse aucune trace d’électricité ni de lumière , entre elle et le conducteur chargé.
Parmi les malheureuses victimes frappées de la foudre, on en compte un assez grand nombre qui sont mortes suLltcment , par la seule influence de la queue du nuage ; car un nuage orageux est analogue au conducteur de l’expérience précédente; il décompose par influence les électricités naturelles de tous les corps conducteurs qui sont dans sa sphère d’activité; et quand l’éclair jaillit , c’est toujours entre lui et l’un de ces corps : celui-ci est foudroyé directement , parce qu’on appelle alors la tête du nuage, et les autres sont foudroyés par influence ou par le choc en retour.
Quand le corps conducteur qui reçoit l’influenceélectrique n’est pas en communication directe avec le sol , il se peut faire qu’il perde peu à peu celle de ses électricités qui est repoussée, et qu’ensuite, la cause décomposante étant subitement détruite , il perde tout h coup , par une seule étincelle, l’autre électricité qui s’est accumulée sur sa surface. C’est ce qu’il est facile de vérifier avec un pistolet de Volta convenablement disposé en présence des conducteurs de la machine.
367. En touchant les corps conducteurs , lorsqu’ils sont soumis à r influence , on en peut tirer T une oui' autre électricité-, mais on ne peut les charger que d'une seule électricité, en les mettant en coimnunication avec le sol. — Reprenons l’un des cylindres isolés de la figure 66 , et supposons que ses électricités naturelles soient décomposées par l’influence de la machine ; son fluide résineux étant appelé en r , son fluide vitré repoussé en v, et la ligne neutre n n' marquant sur sa surface les points qui séparent les deux fluides contraires; dans cet état, si l’on vient le toucher avec un plan d’é-
preuve, on prendra de l’électricité résineuse dans la région tîr; de la vitrée dans la région nv, et l’on ne prendrait point d’électricité sensible sur la ligne neutre n n. Mais , si au lieu de toucher le cylindre avec un plan d’épreuve trèspetit, on vient le mettre en communication avec le sol , on obtiendra des résultats tout-à-fait dilTérens : s’il communique au sol par un point de la région nv, tout le fluide vitré s’écoule , et le fluide résineux reste en totalité , maintenu par l’attraction du fluide vitré de la machine; s’il communique au sol par un point de la région «r, c’est encore le fluide vitré qui s’écoule , et le fluide résineux qui reste. Phénomène remarquable , très-facile à' vérifier , et aussi très-facile à expliquer; carie fil de métal qui établit la communication avec le sol, éprouve lui-même la décomposition par influence; son fluide vitré est refoulé dans le sol , tandis que son fluide résineux est attiré, passe sur le cylindre , et neutralise, en s’y répandant, tout le vitré qui s’y trouve; le résultat est le même que si le cylindre avait été en communication avec le sol, avant d’éprouver l’influence des conducteurs de la machine. Or , si en touchant la région n r , avec le plan d’épreuve, qui est très-petit, on en tire de l’électricité résineuse , et si en la touchant avec le sol qui est très-grand, on en tire de la vitrée, il faut bien qu’il existe des corps isolés , d’une certaine dimension , qui n’en pourraient tirer ni l’un ni l’autre des fluides. Cette conséquence est Importante, et nous ne la présentons ici que pour indiquer d’avance , i“ que dans la décomposition par influence, le Heu et la forme de la ligne neutre dépendent d’une foule de conditions, et 2® que dans le contact des corps électrisés il se produit des phénomènes très-complexes.
368. Des électroscopes et de leurs usages. — Nous avons déjà fait connaître le pendule électrique, l’aiguille électrique et l’éleclroscopo de Colomb ; mais on a été conduit par les phénomènes de l’électricité par influence , h construire d’autres électroscopes qui conservent mieux l’électricité
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DE l’électricité.
qu’on leur donne , et qui sont plus propres à donner approximativement une idée des forces électriques qui les sollicitent. Tous ces appareils se composent essentiellement d’un vase en verre, d’un conducteur fixe d’un conducteur mobile.
Le vase en verre a la forme d’une cloche ou d’un flacon; l’orifice supérieur est étroit , et le fond peut être de verre ( Fig. 6g ); mais le plus souvent il est en métal {Fig. 67 et 68 ) , et alors il porte deux boules de cuivre ( Fig. 67 ) , ou bien il communique à deux petites lames d’étain ee^ {Fig. 68 ) , qui sont collées verticalement sur les parois intérieures de la cloche.
Le conducteur fixe est une petite lame métallique , qui se termine en haut par une boule {Fig. 67 et 68) ou par un anneau ( F ig. 69) ; elle est mastiquée avec de la gomme laque dans le col du vase , et même pour plus de précautions l’on vernit la surface extérieure du verre jusqu’à une distance vF.
Le conducteur mobile est suspendu à l’extrémité inférieure du conducteur fixe; c’est de sa nature que dépend le nom de l’électroscope : dans V électroscope à pailles , il se compose de deux pailles légères , que l’on suspend au conducteur fixe par de petits anneaux de fil de métal très-fin ( Fig. 69 ) ; dans V électroscope à lames d'or , il se compose de deux lames d’or qui se collent par la simple apposition , sur l’extrémité aplatie du conducteur fixe {Fig. 68 ) ; dans ïelectroscope à balles de sureau, il se compose de deux fils de métal très-fins , qui s’attachent comme les pailles , et qui portent à leur extrémité inférieure de petites balles de sureau bb' {Fig. 67 ). Ces conducteurs mobiles viennent dans leur plus grande divergence , toucher les boules ss' ou les lames d’étain ee' , pour se décharger de leur électricité; car s’ils allaient toucher la surface du verre , ils y resteraient adhérons et lui communiqueraient une électricité qui pourrait pendant long-lejnps troubler les résultats.
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Les expériences dont nous avons parlé (365 et 366) suffisent pour indiquer l’usage des éleclroscopes : lorsqu’on voudra simplement reconnaître la présence de l’électricité dans un corps , il faudra l’approcher graduellement du conducteur fixe de l’électroscope , et observer la divergence toujours croissante des conducteurs mobiles ; de deux corps de même forme , placés à la même distance , celui qui produira la moindre divergence aura évidemment la moindre force électrique ; mais les intensités ne seront pas proportionnelles aux angles d’écart , elles suivent une loi beaucoup plus compliquée. Lorsqu’on voudra reconnaître l’espèce d’électricité que possède un corps , il faudra préalablement donner à l’électroscope une électricité connue ; ce qui se fait de la manière suivante : on approche un corps électrique, et en même temps on touche avec le doigt le bouton de l’électroscope; le fluide repoussé passe dans le sol (367 ) , et en retirant le doigt d' abord, et ensuite le corps électrisé, l’électroscope reste chargé du fluide attiré -, c’està-dire du fluide contraire à celui du corps qu’on lui présente. Dans cet état, tout corps qu’on en approche, et qui augmente sa divergence , est certainement chargé de la même électricité que l’éleclroscope; mais l’inverse n’a pas lieu : tout corps qui diminue la divergence, n’est pas certainement chargé d’une électricité contraire h celle de l’électroscope; car les corps conducteurs, pris dans leur état naturel , doivent eux-mêmes produire cet effet sur les conducteurs mobiles, à cause de la décomposition par influence qu’ils éprouvent. Ainsi , l’augmentation de divergence est une épreuve décisive, taudis que la diminution est une épreuve incertaine ; à moins toutefois que celte diminution ne soit très-grande , et que le corps qui la.produit , étant approché davantage, ne soit capable de déterminer une divergence contraire, après avoir ramené jusqu’au contact les conducteurs mobiles de l’électroscope.
Quand l’air est humide, l’électricité se perd prompte-
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ment, et il serait impossible alors de faire des expériences comparatives avec les électroscopes , si l’on n’avait soin de dessécher l’air qu’ils contiennent , avec quelques fragmens de muriate de chaux; et même il est bon de dessécher aussi l’air qui les environne , en les enveloppant d’une cage , au fond de laquelle on place des corps propres à absorber l’humidité.
369. De ï électrophore . — Cet instrument , imaginé par Volta, repose encore sur les principes de l’électricité par influence; il se compose d’un de résine g {Fig. 70), d’un plateau p auquel est adapté un manche isolant m. La résine est coulée dans un moule en bois ou en métal : il importe que sa surface supérieure soit sensiblement plane, le plateau est en cuivre avec un rebord arrondi, OU simplement en bois revêtu d’étain , son diamètre est moindre d’un ou deux pouces que celui du gâteau. Après avoir électrisé toute la surface de la résine en la battant avec une peau de chat , on pose sur elle le plateau par son manche isolant, et avec le doigt on en tire une étincelle; c’est son électricité résineuse qui s’écoule dans le sol; ensuite en relevant le plateau, on le trouve fortement chargé d’électricité vitrée. On peut répéter l’expérience plusieurs centaines de fois de suite sans qu’il soit nécessaire de donner au gâteau une nouvelle charge avec la peau de chat. L’électricité de la résine agissant par Influence sur les électricités naturelles du plateau à travers la mince couche d’air qui l’en sépare , y produit une grande décomposition, et l’électricité vitrée qu’elle attire , ne peut pas venir la neutraliser, parce qu’elle ne peut pas s’accumuler sur un point pour vaincre la résistance de l’air. L’électrophore vaut à lui seul une machine électrique.
070. Expériences diverses. — Devant le conducteur c de la machine est un timbre t communiquant au sol, et un pendule isolé {Fig. 71); le conducteur électrisé vitreusement attire d’abord le pendule, le charge d’électricité
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vitrée, et ensuite le repousse : le timbre, au contraire, étant , par l’influence du condueteur, électrisé résineusement dans sa partie antérieure, attire le pendule quand le conducteur le repousse , le décharge de son électricité vitrée , pour lui en donner de la résinense , et le repousse vers le conducteur,» qui l’attire à son tour. De là les oscillations rapides du pendule , qui se continuent aussi long-temps que l’on tourne la machine pour électriser le conducteur.
Au lieu du timbre on peut prendre une boule de métal, et au lieu du pendule une araignée faite en liège , un peu brûlé à sa surface , et suspendue à un fil de soie ; h cause de l’imparfaite conductibilité du liège , les pâtes de l’araignée semblent s’attacher pendant quelques instans aux corps électrisés qu’elles touchent {Fi^. ^2).
Une feuille d’or battu, placée sur un petit plateau de métal communiquant au sol, et à quelques pouces au dessous du conducteur de la machine , est alternativement attirée et repoussée , et exécute ainsi une série d’oscillations analogues à celles du pendule; c’est de cette manière que l’on fait la danse des pantins, en disposant de petits bons-hommes de liège diversement ornés, entre deux plateaux de métal , distans de cinq ou six pouces , dont l’un communique au sol , et l’autre au conducteur de la machine.
Ces expériences , qui ne semblent que des jeux d’enfans,. ont suggéré à Volta une Ingénieuse idée pour expliquer le phénomène de la grêle. Nous reviendrons sur ce sujet dans la Météorologie; mais nous pouvons dès à présent indiquer l’expérience par laquelle Volta imite les divers mouvemens que les grêlons exécutent entre les nuages, avant de tomber en masse sur la terre, c {Fig. 74) est une grande cloche en verre, dont le fond est de métal et communique au sol; le plateau supérieur p communique à la machine, et dès que l’électricité se fait sentir , les balles de sureau qui étaient tranquilles sur le fond , s’élèvent, le touchent , retombent
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et s’élèvent de nouveau : pendant qu’elles exécutent ces mouvemens alternatifs , elle sc heurtent de mille manières , et donnent une idée de cette espèce de cliquetis ou de bruissement que l’on entend dans les nuages quelques instaus avant la chute de la grêle.