SUR LA PREMIÈRE ÉDITION
Les leçons que nous donnons à la Faculté des Sciences, M. Gay-Lussac et moi, s’adressent à un grand concours d’auditeurs. Il n’y a jamais eu en France et il n’y a nulle part en Europe une chaire publique qui , par son institution , puisse servir d’une manière plus efficace à répandre dans la jeunesse les connaissances de la philosophie naturelle. L’Université prend un soin particulier d’étendre notre cabinet de physique et d’augmenter nos collections d’instrumens. C’est par ces moyens que nous pouvons, dans le cours d’une année, embrasser toutes les branches de la science et faire toutes les expériences fondamentales qui se rapportent à chacune d’elles. Les plus longs développemens ne suppléeraient pas à la seule inspection des appareils et des phénomènes qu’ils peuvent produire; c’est surtout en physique qu’il faut voir et toucher : quand les yeux sont frappés par l’expérience, le raisonnement
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a plus de prise pour frapper l’intelligence. Cependant, nos paroles sont comptées par le temps, nos déductions doivent être courtes et rapides; et c’est, pour ainsi dire, d’un seul trait que nous devons faire passer l’esprit, de la contemplation des faits les plus simples à la conception des idées les plus générales. Celui qui écoute saisit au premier instant; il aperçoit, suivant le degré d’attention qu’il y porte, tantôt une faible lueur, tantôt une vive lumière; mais bientôt les traces de la vérité se perdent ou se confondent. C’est à peu près comme un vaste paysage dont on voit l’arrangement et l’ensemble; si l’on passe rapidement ou si la vue se tourne vers un autre point de l’horizon, il est à craindre qu’une seconde image ne trouble ou n’efface la première. Un simple dessin, une rapide esquisse suffît à l’esprit attentif pour réveiller ses souvenirs et rétablir l’ordre dont il avait été frappé.
Ces Élémens de Physique et de Météorologie sont à peu près le texte de mes leçons, et cependant ils n’en peuvent être qu’une esquisse. A plus forte raison ne peuvent-ils être qu’une imparfaite ébauche des leçons de M. Gay-Lussac, malgré tous les efforts que j’ai dû faire pour me rapprocher le plus possible de son plan et de sa méthode. Une foule de détails, de descriptions et de rapprochemens doivent être supprimés dans un livre, à moins de redoubler les longueurs et les embarras de style au milieu des-
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quels la vérité a déjà tant de peine à percer. Les difficultés qui se présentent , pour composer un ouvrage élémentaire de physique, sont sans nombre; on en a trop de preuves, et sans doute elles m’auraient retenu si le zèle des auditeurs de la Faculté et l’empressement avec lequel ils accueillent mes leçons ne m’eussent fait un devoir de tenter un nouvel effort pour leur être utile : puisque ma vie est consacrée à la science et à l’enseignement, il faut bien accomplir ma tâche avec tout le soin et tout le dévouement dont je suis capable.
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