‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 109 sur 131 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la Chaleur de combinaison et de la Chaleur animale.

271. Toutiî combinaison chimique dégage de la chaleur ou du froid. Celte vérité générale est établie sur l’ensemble des faits que la chimie a pu recueillir, soit dans la nature inorganique , soit dans le développement de la végétation , soit dans l’accroissement des corps vivans et dans le renouvellement continuel de leur substance pondérable. Toutes ces quantités de chaleur dégagées ou absorbées , tantôt par l’intime union des élémens matériels , tantôt par leur ségrégation , peuvent être comparées et mesurées comme les chaleurs spécifiques ou les chaleurs latentes.

Nous nous contenterons d’indiquer ici les méthodes par lesquelles on détermine la chaleur développée par la combustion , et la chaleur développée par la respiration des animaux.

272. Chaleur produite par la combustion . — Pour mesurer la quantité de chaleur dégagée pur la cire d’abeille, par exemple , on pèse une bougie, on l’allume et on la laisse brûler paisiblement sous la bouche du serpentin du calorimètre de Rumford [Fig. 216). Les produits de la combustion s’élèvent rapidement, parcourent les circonvolutions du serpentin , y déposent l’excès de leur chaleur, et sortent à la température de l’eau du calorimètre. Au commencement de l’expérience la température de l’appareil est à 5 ou G° au dessous de la température ambiante, et à la fin

elle est à 5 ou G0 au dessus; par cette précaution on est dispensé de tenir compte de la chaleur gagnée ou perdue h l’extérieur.

Connaissant le poids du calorimètre lui-même et la capacité du cuivre dont il est fait; connaissant le poids de l’eau qu’il contient et la température h laquelle elle s’élève ; connaissant enfin le poids de la cire brûlée , on peut déterminer , par le calcul et en faisant les corrections convenables, toute la quantité de chaleur que dégage 1 gramme de cire en brûlant dans l’air. On trouve ainsi que isr- de cire produit assez de chaleur pour élever de i° un poids d’eau liquide d’environ io,ooo'5r- ; on a coutume d’exprimer ce résultat d’une autre manière, en disant qu’il produit assez de chaleur pour élever de io,ooo° la température de iSrd’eau. Le premier énoncé représente une réalité, le second est tout-à fait conventionnel; car on ne sait ce que c’est qu’une température de io,ooo8.

Le même procédé s’applique h la combustion des autres substances, mais dans tous les cas il a l’inconvénient de laisser échapper uue grande partie de la chaleur rayonna ntc, qui traverse l’air ambiant sans être recueillie dans l’appareil.

MM. Lavoisier et de Laplace faisaient brûler les corps dans la chambre intérieure de leur calorimètre ; mais il y a aussi quelque inconvénient à cette méthode, parce qu’il faut renouveler l’air qui alimente la combustion , et tenir compte des effets qu’il peut produire.

M. Despretz a aussi fait quelques expériences par une autre méthode.

Voici un tableau des résultats qui ont été obtenus. La lettre a indique les nombres de Rumford , les lettres ll ceux de MM. Lavoisier et de Laplace , et la lettre d ceux de M. Despretz. j

IVe PART. , CHAP. II. - CALOR IQUE. [\ I 3

Tableau des quantités de chaleur dégagées par la combustion de diverses substances.

Page 1