‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 118 sur 131 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

DE LA CHALEUR

un sillon dans l’acier , et en détachent des parcelles qui sont pareillement assez échauffées pour s’enflammer dans l’air, et pour tomber en globules arrondis par la fusion, et en partie brûlés. Au fond d’un canon de bronze , tourné verticalement et rempli d’eau , Rumford a fait jouer un foret très-vivement et sous une grande pression; dans •l’espace de deux heures, 4*45 grains (poids anglais) de bronze ont été réduits en poudre, et la chaleur dégagée a été capable de faire passer 26 livres d’eau de o h ioo°. Cette chaleur ne provenait pas sans doute d’un changement de densité dans la masso de bronze, ou dans la limaille détachée , car cette limaille avait sensiblement la même capacité pour la chaleur que le bronze en masse.

280. Des changemens d'état. — Nous avons vu que les changemens d’état des corps donnent naissance à des absorptions et h des dégagemens de chaleur dont il est facile d’avoir les mesures exactes ; mais on éprouve de grandes difficultés lorsqu’on essaie d’expliquer ces phénomènes par les différentes capacités pour la chaleur que prennent les corps dans les divers états , de solide , de liquide ou de vapeur.

281. Des actions moléculaires. — Tout corps solide dégage de la chaleur à l’instant où il est mouillé par un liquide. Cette vérité générale résulte d’une série d’expériences que j’ai faites en 1822. Les liquides étaient l’eau , l’huile , l’alcool et l’éther acétique ; les solides appartenaient au règne inorganique et au règne organique; ils avaient été réduits en poudre pour que l’effet fût plus sensible. Daus la multitude de ceux qui ont été essayés , il ne s’en est pas présenté un seul qui fît exception à la loi. Le plus souvent l’élévation de température n’était que de -f- ou -éde degré; quelquefois elle s’élevait jusqu’à 10°. L’action moléculaire qui s’exerce dans ces circonstances , entre le solide et le liquide, n’est point une action chimique; elle ne s’exerce à la fois que sur une très-faible partie de la masse ,

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