IV* PART., CHAP. IV. — CALORIQUE
et l’on voit cependant quelle quantité de chaleur elle dégage; il faut Lien que les molécules qui sont en jeu pour produire cette action se trouvent elles -mêmes à des températures très-hautes. Ces effets sont , il me semble , la plus forte preuve que les vibrations moléculaires dégagent de la chaleur.
282. De l'ignition spontanée. — Nous appellerons ainsi le phénomène curieux découvert par Dœbereiner , en 1825. Ce phénomène est le suivant : du platine , en fil très-fin , en poudre , en feuille , ou en éponge , étant h la température ordinaire , si on le plonge dans un mélange d’hydrogène et d’air, pareillement à la température ordinaire, il suffit d’un instant pour qu’il y ait une vive ignition. Le platine devient chaud , rouge , rouge-blanc ; l’hydrogène brûle, et la combustion continue tant qu’il y a des élémens combustibles en présence. Quelîeest la cause qui détermine d’abord l’élévation de température? Les physiciens et les chimistes ont émis sur ce point des opinions très-diverses; celle qui me semble la plus probable , c’est que le mélange gazeux exerce sur le métal divisé une action pareille à celle des liquides sur les corps qu’ils mouillent ; que cette action moléculaire produit , aux points où elle s’exerce , une assez haute chaleur pour déterminer la combinaison de l’hydrogène avec l’oxigène , et que , la combustion une fois commencée , elle se continue d’elle-même par la chaleur qu’elle
On fait ces expériences d’une manière commode avec la lampe de M. Gay-Lussac {Fig. 1 55 ) ; il suffit de présenter au courant d’hydrogène quelques fragmens de platine divisé, et sans étincelle électrique on voit jaillir la flamme.
MM. Dulong et 'lhenard ont fait sur ce sujet de nombreuses expériences, desquels il résulte :
i°. Que le palladium, le rhodium et l’irridium se comportent^ comme le platine.
2°. Que l’osmium agit aussi , mais à 45°, et l’or à 120.