‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 73 sur 131 · DENSITÉS · texte numérisé non relu

DENSITÉS

lro PART, j C1IAP. VII. DENSITÉS. 3ü 9

Les mouvemens très-pclits que la dilatation peut produire h l’extrémité h sont déjà amplifiés dans le même rapport que les liras de levier; ensuite les dents dd' engrènent dans un petit pignon , qui tourne autour de l’axe central c, et l’aiguille li , tournant autour du même axe , amplifie encore les mouvemens du pignon. On calcule les dimensions pour que les ioo° du thermomètre de centigrade correspondent à peu près à une révolution entière de l’aiguille. Les instrumens de cette espèce doivent être gradués sur le thermomètre à mercure, de degré en degré, ou au moins de io° en io°.

219. Thermomètre de Breguet. — Cet instrument est le plus délicat et le plus commode de tous les thermomètres métalliques; il se compose d’un petit ruban de métal, de 1 à 2 millimètres de largeur, qui est roulé en spire , comme le représente la figure 177; la spire est attachée par son sommet à une pièce de cuivre, qui la laisse parfaitement libre et isolée , et , à son extrémité inférieure , elle porte une aiguille horizontale très-légère , dont la pointe parcourt la circonférence du cercle divisé cc'; le cercle est évidé , et repose sur trois pieds très-minces , afin que l’air puisse circuler aisément entre tous les tours de la spire. Une cloche recouvre l’appareil, pour le garantir de l’agitation extérieure.

Le ruban de la spire est composé de trois couches métalliques superposées , argent , or et platine ; la couche d’or, qui est au milieu , sert à souder les deux autres ; ce système a d’abord une épaisseur sensible ; mais on le lamine jnsqu’à le réduire à une épaisseur totale de ^ de millimètre; on peut juger par là de la masse excessivement petite de l’instrument , et par conséquent de la rapidité avec laquelle il prend la température de l’air qui le touche.

Par l’inégale dilatation du platine et de l’argent , la spire se tord ou se détord , quand la température s’élève

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on s’abaisse , et l’aiguille marche pour obéir à ces mouvemens. On gradue cet instrument en comparant sa marche à celle d’un thermomètre h mercure très-sensible.

220. Pyromètres métalliques. — On nomme pyromètres les inslrumens qui sont destinés à mesurer les hautes températures , et en général on appelle hautes températures celles qui sont supérieures au point d’ébullition du mercure. On a fait des essais sans nombre pour construire des pyromètres avec les métaux; mais tous ces inslrumens ont deux grands inconvéniens : d’abord ils ne reviennent pas exactement au même point pour le même degré de chaleur, parce que les pièces se tourmentent au feu, et ensuite il n’y a aucun rapport certain entre leurs indications et les indications du thermomètre centigrade.

Cependant il peuvent être utiles dans les applications des arts , où l’on ne cherche pas à obtenir des évaluations numériques de températures , mais seulement h produire des degrés de chaleur déterminés , tantôt plus forts ou plus faibles, suivant les effets que l’on veut obtenir. Le pyromètre qui paraît le plus commode pour cet usage est représenté figure 178; il se compose d’une plaque ou d’un tourteau d’argile , sillonné dans sa longueur par une rainure un peu profonde , et d’une règle de fer ou de platine , placée de champ dans la rainure; la règle s’appuie d’une part contre un talon fixe, et de l’autre elle presse le petit bras d’un levier coudé dont le grand bras fait l’office d’aiguille et parcourt un arc divisé. Le talon fixe et l’axe de rotation du levier étant portés l’un et l’autre par le tourteau d’argile , qui se dilate moins que le métal , on voit que l’aiguille doit prendre diverses positions , suivant les divers degrés de chaleur; mais lorsqu’on essaie d’évaluer les résultats en degrés centigrades , les nombres que l’on donne sont tout-h-fait illusoires , et n’ont sans doute aucun rapport avec la vérité.

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