LIVRE II
DE LA CHALEUR
même manière; la glace elle-même et les corps plus froids que la glace jouissent aussi de cette propriété fondamentale. Ainsi , tout corps , quel qu’il soit , est , par rapport à la chaleur, ce qu’est une bougie enflammée, par rapport à la lumière: de tous les points de la flamme partent des rayons lumineux qui se répandent au loin dans l’espace; pareillement, de tous les points d’un corps quelconque partent des rayons de chaleur qui traversent l’air et se propagent librement, jusqu’à ce qu’ils rencontrent quelques corps qui les arrêtent.
Pour étudier le calorique rayonnant , on se sert avec avantage d’un thermomètre particulier , que l’on appelle thermoscope ou thermomètre différentiel.
Themomètre différentiel — Cet appareil est représenté dans la figure 209. Pour le construire, on prend un tube dont le diamètre intérieur est de deux ou trois milli mètres , on souffle une boule à l’une de ses extrémités , et on le courbe à angle droit vers le quart de sa lougueur , en arrondissant la courbure; ensuite on y fait passer de l’acide sulfurique , coloré en rouge avec du carmin , de manière que la boule soit à peu près au quart pleine. On prépare un second tube pareil au premier et on le prépare tout-àfait de la même manière, à cela près qu’on n’y met point de liquide ; enfin on les soude bout à bout par leur extrémité ouverte, de telle sorte que leur ensemble forme les trois côtés d’un rectangle, comme on le voit dans la figure. Cela fait et l’équilibre de température étant établi , il est évident que l’extrémité de la colonne liquide reste au même point dans le tube , quelle que soit la température commune des deux boules; ce point est le o de l’échelle. Mais si l’une des boules est plus chaude que l’autre , l’excès de pression de l’air qu’elle contient met la colonne liquide en mouvement et la force à marcher vers la boul& la plus froide. C’est donc la différence de température seulement qui devient sensible sur cet instrument, et c’est pour cela qu’on l’appelle