‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 99 sur 131 · III* PART. , CHAP. TI. — CALORIQUE RAYONNANT · texte numérisé non relu

III* PART. , CHAP. TI. — CALORIQUE RAYONNANT

ceinte dont les pavois ont une température uniforme. — Concevons une enceinte fermée de toutes parts (Fig. 207); supposons, pour plus de simplicité, qu’elle ait la forme sphérique, qu’elle soit vide, et que tous ses points aient au même degré le pouvoir de réfléchir, de rayonner et d’absorber la chaleur. La surface extérieure de cette enceinte étant maintenue d’une manière quelconque à une température invariable et uniforme pour tous les points, la surface intérieure aura la même température avec la même invariabilité et la même uniformité. L’équilibre aura lieu dans toute l’étendue de l’enceinte , quelle que soit sa grandeur, qu’elle ait un pied de diamètre ou qu’elle ait un million de lieues. Cela posé on peut concevoir l’équilibre de deux manières : premièrement on peut imaginer que la surface intérieure ait perdu sa faculté rayonnante , que chacun de ses points n’énxelte rien dans l’espace vide , et ne reçoive rien , que tout reste enfin dans le même état, et que le calorique soit immobile; secondement, on peut admettre que, malgré l’équilibre, la surface intérieure conserve encore sa faculté rayonnante , que chacun de ses points émette dans tous les sens des rayons dans le vide , et qu’il en reçoive aussi dans tous les sens , que tout change enfin à chaque instant et que le calorique soit sans cesse en mouvement , et la température sans cesse en équilibre. Ce second principe , énoncé pour la première fois parM. Prévost, de Genève, est ce qu’on appelle le principe de V équilibre mobile de la chaleur. Certainement , si les parois de l’enceinte étaient lumineuses au lieu d’être chaudes , il est évident que la lumière remplirait toute l’étendue qu’elles embrassent , que les rayons se renouvelleraient chaque instant, et que dans toutes les directions chaque point en recevrait sans cesse autant qu’il en envoie. La clarté serait toujours la même, ou, si l’on veut, toujours en équilibre, et la lumière toujours en mouvement. Les analogies frappantes qui existent entre la lumière et le calorique rayonnant ne laissent

aucun doute sur la vérité du principe de l’équilibre mobile de la chaleur. Cependant ces notions fondamentales sur le calorique rayonnant restaient vagues, et les nombreuses expériences auxquelles elles conduisaient restaient sans liaison, lorsque M. Fouricr, en les soumettant h l’analyse mathématique , se plaça au premier rang parmi les géomètres et parmi les physiciens , car il eut la double gloire de reculer les bornes de l’analyse et de fonder en même temps une nouvelle théorie de la chaleur. C’est dans ses ouvrages , et dans ceux de M. de Laplace et de M. Poisson sur le même sujet, que l’on peut suivre dans tous ses jdéveloppemens celle branche féconde de physique mathématique , dont les géomètres du siècle dernier n’avaient pas même soupçonné l’existence.

Nous devons nous borner ici à indiquer quelques-uns des résultats les plus simples. Dans une enceinte vide , dont les parois sont maintenues à une température constante et uniforme pour tous les points , un thermomètre placé en un lieu quelconque se réchauffe ou se refroidit jusqu’il ce qu’il arrive enfin à la température de l’enceinte elle-même. C’est alors seulement que l’équilibre est établi et que le thermomètre reste immobile.

Ce résultat est indépendant de la forme et de la grandeur de l’enceinte; il est indépendant de l’état de sa surface, c’est-à-dire des pouvoirs réfléchissant, absorbant et rayon nant de ses différons points ; il est indépendant de sa température : qu’elle soit à îoo0 au dessous de o , ou à iooo° au dessus , tout se passe de même ; enfin , il est indépendant de la surface plus ou moins réfléchissante ou absorbante du thermomètre. Ainsi , quand l’équilibre est établi , le thermomètre s’approprie par l’absorption autant de chaleur qu’il en perd par l’émission; c’est ce qu’on exprime en disant que dans l’état d’équilibre le pouvoir absorbant d’un corps est toujours égal à son pouvoir rayonnant ; mais quand le corps se réchauffe, il reçoit plus qu’il ne perd, et au con-

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