‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 100 sur 131 · III* PART., CIIAP. II. — CALORIQUE RAYONNANT · texte numérisé non relu

III* PART., CIIAP. II. — CALORIQUE RAYONNANT

traire quand il sc refroidit il perd plus qu’il ne gagne. Dans tous les cas il y a échange et compensation plus ou moins complète ; c’est ainsi que se résout la question du chaud et du froid , c’est-ii-dire la question de savoir s’il y a des rayons frigorifiques comme il y a des rayons calorifiques. On voit , eu effet , que les rayons frigorifiques n’existent pas; dans une enceinte qui serait îi ioo° au dessous de o , un corps recevrait de la chaleur des différons points de l’enceinte, car il sc refroidirait moins vile que dans une enceinte à 200° au dessous de o , et moins vite h plus forte raison que dans un espace infini où il n’y aurait ni chaleur ni température.

2Ô2. Réflexion du froid. — Au foyer de l’un des miroirs [Fig. 2iô) on met au lieu d’amadou , un thermomètre différentiel ou même un thermomètre ordinaire; au foyer de l’autre miroir, au lieu du boulet rouge, on met un morceau de glace ou un matras rempli d’un mélange réfrigérant, et h l’instant on observe un abaissement de température : si l’on a employé le thermomètre différentiel , la boule focale tombe à plusieurs degrés au dessous de l’autre houle , et si c’est un thermomètre ordinaire , il tombe pareillement à plusieurs degrés au dessous de la température ambiante. Telle est l’expérience curieuse de la réflexion du froid; c’est M. Pictet, de Genève, qui la fit pour la première fois. Quelques physiciens ont voulu en conclure l’existence des rayons frigorifiques : il faut bien , disent-ils , que ces rayons existent et qu’ils soient distincts des rayons de chaleur, puisqu’en les accumulant sur le thermomètre au foyer d’un miroir , le thermomètre descend d’autant plus qu’on en accumule davantage; mais ce raisonnement tombe quand on considère le phénomène d’une manière complète : un thermomètre est toujours dans une enceinte ; suspendu dans un appartemement , ce sont les murs et les objets divers qui forment les parois de l’enceinte avec laquelle il échange sa chaleur; exposé à l’air libre , c’est la surface de la terre.

les nuages et le ciel qui forment une autre enceinte plus vaste et plus irrégulière , mais dont tous les points rayonnent de la chaleur sur le thermomètre et en reçoivent pareillement.

Ainsi , dans l’expérience précédente , les rayons de chaleur émanés du corps froid, en couvrant toute la surface du second miroir et en se réfléchissant vers le foyer où se trouve le thermomètre , produisent à peu près le même effet que s’ils étaient envoyés par le miroir lui-même. C’est donc comme si on présentait au thermomètre un corps froid , large comme le miroir.* Or il est visible {Fig. 208) que, si le segment ss d’une enceinte devenait plus froid que le reste des parois , le thermomètre c éprouverait un abaissement de température et un abaissement d’autant plus grand que le segment froid aurait lui-même plus d’étendue. Au lieu de refroidir les parois elles-mêmes, si on place un corps froid entre elles et le thermomètre , le même effet est produit , le thermomètre ne perd pas plus de chaleur qu’il n’en perdait, mais il en reçoit moins, parce que le corps interposé est moins chaud que la surface de l’enceinte qu’il cache au thermomètre , et dont il intercepte les rayons.

2 55. De la transmission du calorique rayonnant. — Ce n’est pas seulement à travers l’air que passe librement le calorique rayonnant , mais il passe encore de la même manière à travers l’eau , le verre et la plupart des corps diaphanes. Un écran de verre placé entre le corps chaud et le réflecteur ne diminue pas beaucoup l’élévation de température qu’éprouvait la boule focale , et le verre lui-même ne s’échauffe que très-peu; il en est de même d’une feuille mince de mica ou de chaux sulfatée. Cependant la lumière elle-même éprouvant quelque absorption dans les corps les plus transparens , on peut conclure par analogie, et vérifier aussi par expérience , que la chaleur rayonnante est en partie absorbée , quel que soit le milieu qu’elle traverse. Voici sur ç.e sujet deux résultats imporlans qui se dédui-

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sent des belles et nombreuses expériences de Delaroche.

Premièrement , la chaleur rayonnante qui émane des corps les plus chauds , traverse plus facilement les milieux diaphanes et s’y trouve absorbée en moindre proportion : par exemple , un écran de verre arrêtant les ~ de la cha-

leur émise par un corps à i8o°, n’arrête que les — de la chaleur émise par un corps à 40°°> ct lfl moitié seulement de la chaleur émise par la flamme d’une lampe.

Secondement, la chaleur rayonnante qui a traversé une première lame de verre est absorbée en moindre proportion lorsqu’elle en traverse une seconde ct une troisième. Il est probable que cette propriété singulière s’étend à tous les corps transparens, et qu’elle se manifeste aussi dans les milieux continus. D’après cela, les rayons de chaleur qui auraient traversé une couche d’air d’une certaine épaisseur , approuveraient qu’une moindre absorption en traversant les couches suivantes , et pourraient ainsi se propager à des distances beaucoup plus grandes sans être complètement éteints.

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