NOMS
des
lieux.
Température
moyenne
de l’année.
Température
moyenne
du
mois
d’octobre.
Température
moyenne
du
mois
d’avril.
Caire .
Alger. . . . . .
Natchez .
Rame. ••• %■••••
Milan .
Cincinnati .
Philadelphie .
New-York .
Pékin .
Bude .
Londres .
Paris .
IO
Genève .
Dublin .
Edimbourg .
Gottingue .
Franecker .
Copenhague .
Stockholm .
Christiania .
Upsala .
Quebec .
Pétersbourg .
Abo .
Dronlheim .
Uleo .
Uméo .
Cap-nord .
Enontekies .
Nain .
Ce tableau fait voir que les moyennes d’octobre sont assez rapproche'es de celles de l’année , même pour des la-:
DE LA. CHALEUR TERRESTRE. — CHAP. I. 62 5
titudes très-différentes ; nous avons rapporté aussi les moyennes du mois d’avril , afin de montrer qu’en général elles sont un peu trop faibles pour représenter les vraies moyennes de l’année.
2° Comparaison des vraies moyennes et de celles qui seraient données par les observations de 9 heures pour V Observatoire de Paris , année 1829.
Noms des mois.
Moyennes températures des mois.
Moyennes tempe de 9 heures du r
Janvier. . . .
Février. . . .
Mars .
Avril .
Mai .
Juin .
Juillet. . . .
Août .
Septembre. .
Octobre. . .
Novembre. .
Décembre. .
Moyennes. .
La moyenne température donnée par la méthode directe est 90 1 ; celle qui serait donnée par le mois d’avril serait 90 8 , par le mois d’octobre io° o , et enfin celle qui -st donnée par les moyennes de 9 heures du matin est 6, qui ne s’écarte de la vraie moyenne q'ue d’un demilegré ; sur quoi l’on peut remarquer que si les observations le 9 heures sont bonnes pour donner la moyenne de l’anée , elles seraient inexactes pour donner la moyenne des lois 5 elles conduiraient à des résultats trop forts pour les lois chauds , et trop faibles pour les mois froids.
Enfin , F on 11e cherche la température moyenne de l’an- 2e que pour arriver à la température moyenne du lieu ;
celle-ci est la moyenne de toutes les moyennes annuelles. Il faut de nombreuses années d’observation pour obtenir un résultat qui approche un peu de la vérité, et même cette vérité n’existe que sous une condition : elle suppose que les changemens de température auxquels une localité se trouve soumise sont des changemens qui s’accomplissent par oscillation et non par progression. Si un climat pouvait être d’une manière indéfinie progressivement chaud ou progressivement froid, il ne faudrait pas chercher sa température moyenne sans cesse changeante 5 il faudrait chercher la loi de la progression croissante ou décroissante de celte température 5 elle serait irrégulière sans doute, mais elle existerait ; tout phénomène durable est soumis à une loi. Les observations tendent à démontrer que tous les climats de la terre sont stables, et que leurs vicissitudes ne sont que des périodes ou des oscillations plus ou moins étendues. Il existe donc une température moyenne propre à chaque lieu, et c’est là une donnée fondamentale que nous avons à déterminer. Dans les climats où les observations de plusieurs années successives donnent des moyennes très-différentes, il faut un trèsgrand nombre d’années pour obtenir une température moyenne qui approche de la vérité. S’il arrive, par exemple , que la plus grande différence entre les moyennes de vingt années consécutives s’élève jusqu’à 5° , on pourra supposer, avec quelque probabilité, que cent années d’observations donneront une moyenne qui sera encore en erreur de de degré ou de 7^ de degré. Au contraire, si la plus grande différence entre ces moyennes ne s’élève qu’à i°, on pourra supposer que cent années d’observation donneront une moyenne dont l’erreur ne dépassera pas 7^ de degré. Ces considérations deviendront plus faciles à comprendre par un exemple. Voici, d’après M. Bouvard ( Mémoires sur les observations météorologiques faites à V Observatoire royal de Paris ,
PE LA CHALEUR TERRESTRE. — CH AP. I. 627 Paris, 1827) , les moyennes annuelles de Paris pour vingt-
une années
de 1
806 à 1826 inclusivement:
to
to
IO
8 to
IO
IO
JO
définitive. . . .
Pendant ces 21 années, la plus basse moyenne appartient à 1816 : elle est de 90 \ \ la plus haute apparent à 1806 et à 1822 : elle est 120 1 5 leur différence , qui est la différence maximum, s’élève à 20 7 -, ainsi la moyenne io° 8, qui résulte des 21 aunées , est en erreur probable de 20 7 , divisé par 21 , c’est-à-dire o° , i3. Si l’on pouvait admettre que toutes les causes accidentelles qui modifient les températures annuelles se sont développées pendant la durée de cette période de 21 ans, et qu’on a touché les deux limites
extrêmes entre lesquelles s’accomplit l’oscillation des températures moyennes , il serait assuré que cent années d’observation donneraient la véritable moyenne de Paris avec une approximation de 7 divisé par 100, ou environ 3 centièmes de degrés. Mais si pendant le cours d’un siècle on tombe sur un moyenne un peu plus basse que 90 4 j ou un peu plus haute que 120 1 , on sera certain que la moyenne de Paris, déterminée par ces 100 années, se trouvera en erreur de plusse trois centièmes de degré.
Après avoir indiqué les procédés simples et précis par lesquels on peut arriver à connaître la température moyenne d’un lieu , nous allons essayer de présenter dans leur ensemble et de discuter les résultats qui ont été obtenus jusqu’à ce jour sur un grand nombre de points du globe ; nous prendrons pour guide le grand travail que M. de Humboldt a publié sur ce sujet dans le troisième volume des Mémoires de la Société d' Accueil. Nous emprunterons aussi plusieurs résultats consignés dans les autres ouvrages de cet illustre voyageur.
64o. Discussion des températures moyennes. — Lignes isothermes. Sur un même méridien, la température moyenne diminue en allant de l’équateur vers les pôles, et sur une même verticale la température diminue avec l’élévation absolue. Ainsi la latitude et la hauteur au-dessus du niveau de la mer sont les deux causes générales qui déterminent la température moyenne d’un point de la terre ; mais l’influence de ces causes est modifiée par une foule d’influences accidentelles ou locales : la distance à la mer, la présence des montagnes , la nature du sol , sa culture et son inclinaison, la direction des vents et tous les phénomènes atmosphériques, sont autant de causes secondaires , tantôt constantes et tantôt variables , qui modifient sans cesse les deux causes générales. On conçoit dès lors qu’il devient très-difficile d’établir de l’ordre au milieu de cette confusion, et de soumettre à une loi commune des phéno-
DÉ LA. CHALEUR TERRESTRE. — « CJIAP. I. 629
mènes si variés. Voici cependant quelques définitions qui nous serviront à rapprocher les résultats et à les embrasser dans une seule pensée.
Concevons, par exemple, qu’un voyageur fasse le tour du monde en partant de Paris, et qu’il passe par tous les points de l’hémisphère boréal, pour lesquels la température moyenne est, comme à Paris , de io° 65 la route qu’il aura parcourue formera autour de la terre une courbe d’egale chaleur ,- c’est ce que l’on nomme une ligne isotherme. Ainsi une ligne isotherme est celle qui passe par tous les points de la surface de la terre pour lesquels la température moyenne est la même. La ligne isotherme de xo° 6 est loin de coïncider avec le parallèle de Paris-, elle est irrégulière et sinueuse, c’est-à-dire quelle passe par des points dont la latitude est très-différente de la latitude de Paris. On peut concevoir de même la ligne isotherme correspondante à une autre température moyenne quelconque 5 elle pourra être sinueuse comme celle de Paris, mais suivant d’autres lois qui lui sont propres. L’espace compris entre deux lignes isothermes est ce que l’on appelle une bande isotherme ou une zone isotherme. Ainsi la zone isotherme de 1 o° à 5° est celle qui est comprise entre les lignes isothermes de io° et de 5°.
Nous nous bornerons ici à diviser l’hémisphère boréal en six zones isothermes , savoir :
i° La zone de 3o° à 23° 5 ; c’e3t la zone torride;
2° . . . de 23 5 à 20
3° . . . de 20 à i5
4°. . . de i5 à îo
5° ... de io à 5
6° ... de 5 à o
Nous rapporterons seulement, pour chacune de ces zones, les températures moyennes de quelques points h. 41
63o LIVRS NEUVIÈME.
ayant des longitudes très-difierentès, afin de donner une idée de leur disposition générale autour de la terre.
Zone torride , bande isotherme de 3o à 23°5.