‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 5)Chapitre 28 sur 79 · TV · texte numérisé non relu

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I7’°i 'flerenceiq 2,0)

Mois.

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

ti,43

Novembre

Décembre

Moyennes

En discutant tous les résultats précédens et quelques autres encore que nous n’avons pas rapportés , on est conduit aux conséquences suivantes qui paraissent s’appliquer à tous les continens de l’hémisphère boréal.

i° Au mois d’août la température de la terre va en décroissant d’une manière à peu près uniforme depuis la surface du sol jusqu’à la couche invariable;

20 Pendant le mois de septembre la température est à peu près uniforme depuis la surface du sol jusqu’à la profondeur de 1 5 ou 20 pieds 5 plus bas elle décroît un peu et lentement jusqu’à la couche invariable;

3° Pendant les mois d’octobre et de novembre la température va en croissant, depuis la surface du sol jusqu’à

DE LA CHALEUR TERRESTRE. — CHAR. I. 64S

une profondeur de i5 ou 20 pieds; plus bas elle se trouve à peu près égale à la température de la couche invariable ;

4° Pendant les mois de décembre , de janvier et de février, la température va en croissant d’une manière à peu près uniforme, depuis la surface du sol jusqu’à la couche invariable ;

5° Pendant les mois de mars et d’avril , la température va en décroissant très-rapidement jusqu’à la profondeur d’un ou deux pieds; plus bas elle décroît moins vite, et finit par devenir croissante;

6° Pendant les mois de mai , juin et juillet, la température est encore décroissante, mais moins rapidement et jusqu’à une profondeur plus grande ; puis elle redevient encore un peu croissante pour regagner la température de la couche invariable.

Ainsi vv' (Fig. 354) étant la verticale d’un lieu , si l’on considèreau dessous delà surfacev des points p, p', p", etc., placés à diverses profondeurs et que l’on représente par des lignes telles que pa, pV, p''ah les excès de température que ces points ont au mois d’août sur la température moyenne du lieu, la ligne formée par les points a, a', a", etc., sera à peu près une ligne droite qui ne commencera à s’infléchir qu’à une grande profondeur; de même les ligues pf, p'f', pV, etc, représentant les abaissemens des températures que les points p,p', p", etc. , ont au mois de février au dessous de la température moyenne du lieu, la ligne formée par les points f, f', f", etc., formera une ligne sensiblement droite qui ne s’infléchira qu’à une grande profondeur. Ces deux lignes se rapprochent à mesure que la profondeur augmente, et les distances a f, a' f', etc., de leurs points cori’espondans font voir aux yeux comment les oscillations de température diminuent à mesure que l’on s’enfonce.

Par exemple , à Zurich la différence entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid , qui est à la surface de H. i\ 2

210, 6, n’est plus que de i5°à 1 pied seulement, et de 90, 7 à 6 pieds.

On pourra remarquer que Zurich et Edimbourg ont la même température moyenne, et que cependant la marche des thermomètres enfoncés dans le sol est très-différente à profondeur égale ; cela tient sans doute à une foule de causes , parmi lesquelles on peut mettre en première ligne la nature du climat et celle du sol. Dans les climats excessifs , les températures conserveront, sous les:l, quelque chose de la grande inégalité qu’elles ont à la surface; et le sol lui-même pourra modifier cette influence par la conducibilité et surtout parla facilité plus ou moins grande avec laquelle il laissera filtrer les eaux.

Au reste dans quelques années nous aurons des élémens plus précis pour discuter ces questions importantes; sur plusieurs points de laFranceet de l'Allemagne, on a commencé des séries d’expériences avec des thermomètres disposés à des profondeurs croissantes. M. Arago en a placé dans les jardins de l’Observatoire de Paris , cpii descendent jusqu’à 25 pieds : ces thermomètres sont nécessairement à Alcool, à cause de la pression; le réservoir en est cylindrique et de grandes dimensions; le tube est très -fin dans toute sa longeur , excepté à l’endroit où il sort de terre : là il devient plus large pour faciliter les observations; les centièmes de degré peuvent s’apprécier aisément.

Le sol dans ses couches superficielles , depuis quelques lignes jusqu’à un pouce de profondeur, a toujours une température très-différente de celle de l’air. Sa nature chymique, son état d’agrégation , ses facultés conductrices et rayonnantes, son humidité ousa sécheresse sont autant de causes qui modifient les degrés de chaleur ou de froid qu’il acquiert le jour et la nuit. Ces causes sont si nombreuses et si variables qu’il est difficile d’en faire J’analyse ou même d’en étudier les effets par l’expérience, ;

DE LA CHALEUR TERRESTRE. — C.HAP. I. G/jJ

pour les soumettre ensuite à quelques lois générales. Mais ou peut dire cependant que la surface du sol prend ordinairement pendant le jour des températures beaucoup plus hautes que la température de l’air et pendant la nuit des températures beaucoup plus basses. Dans nos climats il n’est pas rare de trouver le sol à 5o° pendant les chaleurs de l’été, et je l’ai vu une fois à 65° dans un jardin à Paris en i8a4 ; il arrive aussi très-souvent que pendant la nuit il tombe à 8 ou io° au dessous de la température de l’air, et dans les beaux jours d’hiver on peut observer des différences encore plus grandes.

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